Residente - René

Publié le 9 Mai 2020

La chanson, la plus personnelle de sa carrière, est sortie en février dernier et est devenue très virale grâce à ses paroles autobiographiques. Il est devenu un énorme succès, avec plus de 201 356 993 vues depuis le 28 févr. 2020
sur YouTube.

La chanson déjà émotionnelle de Resident, «René» a été relancée avec une «édition de quarantaine» beaucoup plus sentimentale et personnelle que sa version originale.

L'artiste a enregistré une nouvelle version de sa chanson la plus personnelle de la maison, avec sa mère et plus de 30 musiciens. De son côté, le musicien panaméen Rubén Blades participe à nouveau à la clôture de la chanson avec une apparence stellaire au rythme des percussions.

René, viens, on va étudier
Oui, je vais te poser une question, tu dois me répondre
Avec quelle partie du corps les Indiens Taïnos jouaient au base-ball ?
René, réponds-moi, oui c’est facile
Écoute-moi, écoute-moi, regarde-moi
Avec quelle partie du corps ? Réfléchis, ils jouaient au ballon, les Indiens Taïnos ?
Je sais, je te la chante et comme ça, après, tu vas l’apprendre

Tête, genou, muscles et hanche
Tête, genou, muscles et hanche
Tête, genou, muscles et hanche
Tête, genou, muscles et


Depuis tout petit, je voulais être joueur de base-ball, je n’y arrivais pas
J’ai donc appris à frapper des coups sur une piste
Je suis revenu prendre de l’alcool dans mon bureau
J’écris bien sobre, mais j’écris mieux ivre
Quand je tombe dans la dépression, je raconte mes problèmes à la fenêtre de l’avion
Le stress me rend malade, ça fait dix ans que je ne dors pas
Le FISC enquête toujours sur moi
Je suis en train de divorcer, mais peu importe, je continue à faire des rimes
Je commets des erreurs, mais je fais ce que je peux
J’ai appris à atterrir sans filet et

Même si, dans la rue, on me reconnaît, mes amis ne me connaissent plus
Je suis triste et je me moque
Le concert est plein, mais je suis vide
Dans l’industrie de la musique, tout n’est que mensonge
Mon fils doit manger, je poursuis donc ma tournée
Il ne me reste que ce que j’ai
Je ne sais pas où je vais, mais je sais d’où je viens
J’ai grandi avec Christopher, mon copain
Ensemble, on a jeté des pierres, brisé quelques fenêtres
On courait dans la rue sans chemise, sur le terrain de Trujillo, on dévalait la côte à vélo
On faisait voler la boue ; on roulait, un gobelet en plastique dans le caoutchouc, pour faire comme si on conduisait une voiture

On rechargeait nos batteries avec du malt indien et du pain à l’ail, personne ne nous arrêtait
On était inséparables jusqu’à ce qu’un jour, il soit tué parmi quatre policiers
Ma joie demeure brisée, les lumières se sont éteintes sur le stade de football

Il ne reste presque plus personne ici
Parfois, je ne veux plus être ici
Je me sens seul ici, au milieu de la fête
Je voudrais me trouver là où personne ne me dérange
Brûler mon cahier, déposer mes valises
Je voudrais appeler le 7-5-5-0-8-2-2 pour voir qui répond
Les disputes avec mon beau-père quand je perdais mon sang-froid
Je les résolvais en regardant un match de base-ball

Il m’a invité à me bagarrer quelques fois
J’ai fugué quelques fois
Mais jamais la nourriture n’a manqué
Il nous défendait en jouant de la musique pendant les mariages
Parfois, il cuisinait au four, parfois c’étaient conserves et micro-ondes
On partageait tout, la table était ronde
Classe moyenne-inférieure, on n’a jamais été propriétaires
Nos rêves nous ont été voles par le prêt bancaire
Le compte épargnait se vidait, mais le fait que maman dansait le flamenco éclairait nos journées
Elle a arrêté sa carrière pour s’occuper de nous quatre
Et on est devenus sa pièce de théâtre

Elle nous a mis de l’argent plein les poches
Et sa vie a été autant notre réussite que notre défaite
Mion beau-père est parti avec d’autres « poissons »
On a quitté la Treizième Rue
Je suis allé tenter ma chance dans un océan de paille
Et ma vie entière, je l’ai rangée dans une boîte
On m’a accordé une bourse à l’université d’art
Ils ont tué la moitié de mes amis
Je recommencé à rapper, recommencé à croire
Je suis revenu, j’ai sorti un disque ; le monde, je n’en ai fait qu’une bouchée
Au Porto Rico, ils ont licencié des employés, insulté le gouverneur et sont passés à la télé

Ils ont censuré quatre années de mon calendrier
Ma grand-mère est morte, elle ne m’a pas vu jouer au stade
J’ai dit tout ce que j’ai ressenti, ils ne veulent plus de moi ailleurs que dans mon propre pays
Mais, même si mes chansons, c’est un Allemand qui les chante
Je veux être enterré dans le vieux San Juan
Peut-être que je dissimule ma tristesse, mais je suis fait de riz et de pois cajans, de pois d’Angole
Et ça me fait mal, peu importe que peu importe que le rhum du matin me console
Et tout au fond de ma chair, si j’ai merdé, je dédié à mon pays quatre étages d’excuses


Il ne reste presque plus personne ici
Parfois, je ne veux plus être ici
Je me sens seul ici, au milieu de la fête
Je voudrais me trouver là où personne ne me dérange
Brûler mon cahier, déposer mes valises
Je voudrais appeler le 7-5-5-0-8-2-2 pour voir qui répond

Et s’ils me répondent, je voudrais leur dire que je veux revenir
Que je veux sortir de cet hôtel et disparaître
Et s’ils me répondent, je voudrais leur dire que je veux baisser le rideau
Et parfois, j’ai la pression qui monte, j’ai peur que l’avion tombe
Peu m’importent les tournées, les disques, les Grammys

Et dans la Onzième Rue, je veux revoir la comète de Halley avec ma maman
Je voudrais revenir à l’époque où mes fenêtres recevaient le soleil et la chaleur me réveillait
À l’époque où on m’appelait pour jouer, à l’époque où je rappais gratuitement
Je voudrais extraire les lettres des balles d'emballage (?) et rejouer en deuxième base
En été et à Noël, nettoyer la maison avec mes frères en écoutant Rubén Blades
Je voudrais revenir, aller au ciné pendant la semaine et arriver à l’école d’art le matin
Je voudrais rester là, je ne veux pas partir de là
Je voudrais revenir à l’époque où on ne me laissait pas entrer parce que je m’habillais mal
Je voudrais ressentir à nouveau, revenir à l’époque où il ne fallait pas faire semblant

Je voudrais redevenir moi

Tête, genou, muscles et hanche
Tête, genou, muscles et hanche
Tête, genou, muscles et hanche
Tête, genou, muscles et hanche
Tête, genou, muscles et hanche
Tête, genou, muscles et hanche
Tête, genou, muscles et hanche
Tête, genou, muscles et hanche

 

Voz – Residente 
Voz – Flor Joglar de Gracia 
Voz – Rubén Blades 
Piano – Leo Genovese 
Congas – Daniel Díaz 
Violin – Sara Caswell  
Violin – Aurelie Gallois
Violin – Sara Ryan 
Violin – Olivia de Prato 
Violin – Rodrigo Cramaro 
Violin – Christine Brebes 
Violin – Megumi Saruhashi 
Violin – Pochi Cardozo 
Violin – Giannis Poulios 
Violin – Luisa Bastidas 
Violin – Sergio Sanagustin 
Violin – Claudina Klejles 
Violin – Paloma Piantino 
Violin – Darío Genovese 
Violin – Sergio Reyes 
Viola – Leonor Falcón 
Viola – Pedro Vizarro 
Viola – Lois Martin 
Viola – Victor Lowrie 
Viola – Javier Peña 
Violoncello – Agustín Uriburu 
Violoncello – Violeta García 
Doublebass – Demian Cabaud 
Doublebass – Francesco Marcocci 
Doublebass – Apostolos Sideris 
Doublebass – Stefano Battaglia 
Doublebass – Giuseppe Cucchiara 
Doublebass – Mariano Sarquiz 
French Horn – John Clark 
French Horn – Rafael Oliveros 
Mezcla – Roberto Almodóvar 
Editing – Alejandro Pedrosa

Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #René, #Residente, #Musiques latines, #2020, #Rubén Blades

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