Il était une Bergère (et ron ,et ro petit patapon)

Publié le 25 Mai 2026

Derrière cette comptine apparemment innocente et sa ritournelle entêtante, se cache une histoire bien plus sombre, truffée de double sens historiques et de sous-entendus érotiques.

​Voici ce qui se trame réellement derrière les moutons et le fromage de la bergère :

​1. La version premier degré : La cruauté pastorale

​Si on s'en tient aux paroles littérales, l'histoire est déjà assez rude pour une chanson d'enfant :

  • ​Une jeune bergère fait un fromage de brebis.
  • ​Son chat regarde le fromage, et elle lui interdit d'y toucher sous peine de bâton.
  • ​Le chat y goûte quand même (la tentation est trop forte).
  • La sentence tombe : La bergère, furieuse, tue son chat.
  • ​Prise de remords, elle va à confesse auprès du curé pour demander l'absolution pour le meurtre de son chat.

​2. Le double sens coquin (Le véritable sens du XVIIIe siècle)

​Il faut se remettre dans le contexte de l'époque. Au XVIIIe siècle, les chansons pastorales utilisaient constamment des métaphores pour parler d'amour, de séduction et de sexualité de manière déguisée.

​Dans le langage vert de l'époque :

  • Le « chat » ou le « minou » (sans surprise) représentait le sexe féminin ou, par extension, le jeune homme entreprenant qui cherche à s'en approcher.
  • Le « fromage » (ou la crème) symbolisait la vertu, la pureté, ou la virginité de la jeune fille.
  • Le « bâton » avait une connotation phallique évidente.

​Quand le chat « met la patte dans le fromage », cela signifie de manière très imagée que la bergère a cédé à la tentation et a perdu sa vertu.

​3. Le rôle très ambigu du curé

​C'est la fin de la chanson qui confirme que l'histoire parle de tout autre chose que d'un produit laitier. Dans les couplets traditionnels (souvent coupés dans les versions modernes pour enfants), le dialogue avec le prêtre devient carrément suspect :

« Mon père, je m'accuse d'avoir tué mon chat. »

« Ma fille, je vous donne pour votre pénitence... »

 

​Dans certaines versions anciennes, le curé demande un baiser à la bergère en guise de pénitence, ou lui demande de « venir le voir en secret ». La chanson égratigne au passage le clergé de l'Ancien Régime, souvent caricaturé dans les chansons populaires pour son hypocrisie face aux plaisirs de la chair.

​En résumé

Il était une bergère n'est pas du tout une chanson sur la fabrication du fromage, mais une chanson libertine et satirique sur la perte de la virginité et la confession galante, que le temps et les cours de récréation ont polie pour en faire une comptine enfantine.

​C'est le cas de beaucoup d'autres chansons d'ailleurs, comme Au clair de la lune ou Une souris verte !

Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Pédagogie, #Chanson française, #Chanson enfantine

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