Sommes nous tous des migrants ?
Publié le 13 Juin 2026
Pour un catholique, dire "nous sommes tous des migrants", c'est se rappeler une vérité théologique profonde : personne ne possède la Terre, nous en sommes seulement les locataires et les gardiens, et notre premier devoir est la fraternité.
Du point de vue chrétien catholique, la réponse est un grand oui spirituel et théologique, qui dicte ensuite une attitude morale très concrète dans le monde réel.
Dans la tradition catholique, la figure du migrant n’est pas seulement une question politique ou sociale : elle touche au cœur même de la foi et de l'identité du croyant.
1. Une identité spirituelle : Le chrétien est un "pèlerin"
Pour l'Église, l'existence humaine elle-même est conçue comme un voyage. Le chrétien est fondamentalement un homo viator — un homme en chemin.
- La Terre n'est qu'un passage : Saint Paul l'écrit clairement : "Notre citoyenneté, à nous, est dans les cieux" (Phillippiens 3,20). Sur cette Terre, personne n'est définitivement "chez soi". Riche, pauvre, sédentaire ou exilé, chaque être humain est un migrant temporel en route vers la patrie céleste (le Royaume de Dieu).
- Une histoire de migrations : Le texte biblique lui-même est l'histoire d'un peuple en mouvement. D'Abraham qui quitte sa terre sur l'ordre de Dieu, à l'Exode d'Égypte, jusqu'à la Sainte Famille (Jésus, Marie, Joseph) fuyant en Égypte pour échapper au roi Hérode. Jésus lui-même a été un enfant réfugié.
2. L'enseignement du Pape François : "Accueillir le Christ dans le migrant"
Le Pape François a fait de la question des migrants l'un des piliers de son pontificat, en s'appuyant directement sur l'Évangile (notamment Matthieu 25 : "J'étais un étranger, et vous m'avez accueilli").
Pour la théologie catholique actuelle :
- Le migrant n'est pas simplement "un autre" à aider par charité, il est une icône du Christ. En accueillant l'étranger, on accueille Dieu lui-même.
- Le Pape rappelle souvent que les frontières nationales ne doivent jamais effacer le principe de la destination universelle des biens : la Terre appartient à toute l'humanité, et le droit à la vie et à la dignité prime sur le droit de propriété d'un État.
3. La tension entre universalisme et réalité politique
C'est là que réside la nuance de la doctrine sociale de l'Église. Bien que spirituellement "tous migrants", l'Église reconnaît la réalité des nations .
Est-ce que cet ancrage dans les textes bibliques ou la position des papes récents résonne avec ce que vous imaginiez de la position de l'Église ?
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