L'amour du prochain existait bien avant les religions monothéistes
Publié le 2 Juillet 2026
L'amour du prochain — que l'on qualifie plus largement en sciences de comportement altruiste, d'empathie ou de coopération — existait bien avant l'apparition des religions monothéistes (comme le judaïsme, le christianisme ou l'islam).
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En réalité, les monothéismes n'ont pas inventé ces valeurs : ils les ont codifiées, universalisées et intégrées dans un cadre divin. Voici comment ce sentiment et ces pratiques s'exprimaient bien avant eux.
1. L'explication biologique et évolutive
Avant d'être une vertu religieuse, l'altruisme est un mécanisme de survie. L'être humain est un animal social. Durant des centaines de milliers d'années, au sein des groupes de chasseurs-cueilleurs du Paléolithique, un humain isolé était un humain mort.
Les anthropologues et psychologues évolutionnistes ont mis en évidence deux leviers majeurs qui existaient des millénaires avant la moindre ligne de texte sacré :
La preuve par l'archéologie : On a retrouvé des squelettes d'hommes de Néandertal ou d'Homo sapiens anciens portant des traces de handicaps lourds ou de graves fractures complètement guéries. Cela prouve que ces individus, incapables de chasser ou de se défendre seuls, ont été nourris, protégés et soignés par leur communauté pendant des mois, voire des années.
L'amour du prochain chez les peuples précolombiens se traduisait notamment par :
- Une obligation d'entraide communautaire stricte (l'isolement ou l'égoïsme y étaient vus comme des folies).
- Une prise en charge collective et institutionnelle des veuves, des orphelins et des infirmes.
- Une éducation axée sur la compassion, la modestie et le respect de la dignité humaine au sein du groupe.
2. Les morales des civilisations polythéistes
Bien avant le monothéisme, les grandes civilisations de l'Antiquité, pourtant polythéistes (croyant en plusieurs dieux), avaient déjà érigé la compassion et la protection des faibles en piliers sociaux.
3. Les philosophies sans Dieu unique
Dans ce que le philosophe Karl Jaspers appelle "l'Âge axial" (autour de 500 av. J.-C.), plusieurs grands penseurs à travers le monde ont théorisé l'amour du prochain sans s'appuyer sur un dieu unique.
En somme, l'amour du prochain est ancré dans la nature humaine et dans l'histoire bien avant l'avènement du monothéisme. Ce que les religions monothéistes ont apporté de radicalement nouveau, c'est l'idée que tous les humains sont égaux car créés à l'image d'un Dieu unique, transformant la solidarité locale (le "prochain" de la tribu ou de la cité) en un impératif d'amour universel s'appliquant même à l'étranger.
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