Maurice el Medioni

Publié le 12 Mars 2008

Maurice El Médioni (מוריס אל מדיוני) est un interprète et un pianiste de chaâbi algérois et une grande figure de la musique judéo-arabe. Originaire d’une famille de musiciens d’un quartier juif d'Oran en Algérie, il demeure l’un des plus fidèle interprète et représentant de la musique arabo-andalouse et sépharade et l'un des rares artistes vivant qui à joué avec des artistes comme Lili Labassi, Line Monty, Lili Boniche, Sami El Maghribi, Raymond Leyris ou encore Reinette l’Oranaise. En 2006, l'inventeur du style "pianoriental" publie son quatrième album, enregistré à New York avec le groupe cubain de Roberto Rodriguez.

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Biographie et évolution musicale

Dans sa ville natale dans les années 50, il commence par façonner progressivement les nouveaux sons du raï.

En 1961, Maurice El Médioni quitte l’Algérie pour émigrer en Israël où il s'y séjournera quelques temps avant de s’installer en France, à Paris puis à Marseille où il vit et travaille toujours.

Amateur de jazz, Maurice El Médioni s'intéressera également au boogie woogie et à la musique latine et devient l’inventeur du style pianoriental (fusion de jazz et de rumba transposant avec aisance le quart de ton du oud arabe sur le clavier occidental, pour le mâtiner de jazz, de boogie-woogie et de tempos latinos. On le voit régulièrement accompagnant Fouad Didi dans des concerts de musique arabo-andalouse.

En 2006, à l'âge de 78 ans, Maurice el Medioni publie son quatrième album, enregistré à New York avec le groupe cubain de Roberto Rodriguez, un percussionniste cubain de New York qui dit de lui : 

« Maurice El Medioni est un vrai original. Dans sa musique, on entend de tout : de la liturgie juive au Raï, des romances espagnoles à la Salsa, jusqu’au Jitterbug et au Jazz. La musique est aussi riche et exquise que celle des grands musiciens originaires de Cuba... En écoutant sa musique, la connexion entre arabe et Sépharade est devenue très claire ; il y a la présence forte des rythmes africains et de belles et romantiques mélodies, comme dans une chanson cubaine. »

 

 

Maurice El Médioni grew up in Algeria, in the Mediterranean port of Oran where he lived with his family in the Jewish quarters in the 1930s. Médioni´s life took a drastic turn when his brother purchased an old piano at the flea market and brought it home. Within days, Maurice, nine years old, taught himself, without the guidance of a teacher, to play popular French songs he had heard on the radio. As the influences in his life changed so did his musical style. When Algeria was liberated from the French in 1942, Maurice was playing the piano for the American troops at the US Forces Red Cross Bar in Oran. With Maurice´s permission, the soldiers used his piano to play the popular jazz and boogie-woogie numbers. By observing the dancing fingers of the soldiers he quickly learned to play these musical styles and incorporated them into his unique style. To meet the requests of the soldiers, he picked up boogie-woogie and Latino numbers. Later, befriending three Rai singers from Algeria, he was brought into the Andalous music culture, where he introduced the piano into the Rai music. Maurice gained popularity in his area and soon became the respected pianist for "l´Opéra" in Oran, joining talented musicians from many different parts of North Africa as well as other Jewish artists like Lillie Boniche and Lili Labassi. In 1962, after 8 years of civil war, Algeria gained independence from France and most Algerian Jews, including Maurice and his family, were forced into exile: "Life was good in Algeria, but when we left, we had to live hand to mouth. It's very tough to be driven from your country when you don't want to leave. It's not like being an emigrant searching for a better life." After his many years at the top of the music scene in his homeland, Maurice adapted quickly and again reached stardom in Paris, where he remained for many years. Later, the unique musical style of Maurice was recognized internationally and his career skyrocketed as demand grew. Today, at the ripe age of 77, he resides in Marseilles. He still charms the ears of onlookers, using his left hand to form the eclectic sounds of Boogie, Jazz and Cuban rhythms and his right hand shaping a unique Arabic style.


Lien internet

 

Rédigé par Mario Scolas

Publié dans #Musiques algériennes, #Maurice el Medioni

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Biographie


Lili Boniche est né en 1921 dans une venelle de la populaire Casbah d'Alger. Ses parents bijoutiers étaient eux-même originaires d'Akbou en Kabylie. Ce, fils de
bijoutier, a quitté l'école à 11 ans. Il aurait même eu à 15 ans, une heure de concert en direct à Radio-Alger pour l'animation d'une émission consacrée au répertoire hawzi.


Son père, mélomane et bon joueur de mandole, a toujours encouragé les dispositions musicales de son
fils en le faisant admettre, dès l’âge de dix ans, comme élève par Saoud l'Oranais, maître du «hawzi», l’un des
dérivés populaires de la musique classique arabo-andalouse tel que pratiqué à Tlemcen et dans la
capitale algérienne. Il fréquente ensuite des écoles de musique réputées comme Moutribia et al-Moussilia.


«Mon père était kabyle. Quand il parlait avec sa mère, nous, les enfants, n'y comprenions rien. Il était bijoutier à Alger et jouait merveilleusement de la mandoline, pour les amis et la
famille. Il ne voulait pas que j'y touche, mais, dès mes 10 ans, je la volais régulièrement quand il n'était pas à la maison», raconte Lili Boniche.


Dès les années 1940, il popularise le style francarabe, symbole d’une Algérie coloniale et cosmopolite. Au terme d’une pause de 30 ans, le « Crooner de la Casbah », redevient à la mode
dans les années 1990, porté par un Paris branché et métissé.


Lili Boniche est un innovateur dans le sens où il modernise radicalement son style pour satisfaire un public en quête de modernités. Il se produit dans une multitude de cabarets orientaux où le style oriental se mêle allègrement aux rythmes occidentaux, au jazz et aux musiques afro-latines en vogue.


Parmi ses titres les plus fameux, mentionnons Alger Alger, Pedro le toreador, Alleche tu ne m'aimes pas, une chanson de Lili Boniche "Ana el
warka" (je suis la feuille) fut utilisée pendant près de huit ans pour le générique de l'émission culturelle de France 2, Des mots de minuit.


La chanson "on m'appelle l'Oriental" a été composée par le juif tunisien Joseph Hadjedj dit "José de Souza".


Ana El owerka est une oeuvre des algérois Mustapha Kechekoul (pour les paroles) et Mustapha Skandrani (pour la musique).


On retiendra sa chanson, intitulée "Il n'y a qu'un seul Dieu" : « Tu n'es pas mieux que moi / Je ne suis pas mieux que toi / La plus belle des choses, c'est de
garder la foi / Que tu portes la croix, le chadaï ou le voile / Nous finirons tous en haut dans les étoiles. ».


Lili boniche s'est déjà lancé dans les affaires à Alger et s'était spécialisé dans l'exploitation des salles de cinéma. Jusqu'en 1962, il gère quatre des plus beaux cinémas d’Alger. Lorsque
l'indépendance de l'Algérie est proclamée, il quitte définitivement son pays natal et revient à Paris.


Dans la capitale, Lili Boniche se reconvertit dans la restauration d'entreprise, 300 couverts au début, «18 000 dix mois plus tard». Au bout de dix ans, il bifurque vers les
fournitures de bureau, avant d'abandonner les affaires. «Je ne faisais plus rien, juste chanter pour les amis. Je suis revenu sur scène à la fin des années 80. Je vis en France depuis
près de quarante ans, et mes seuls amis sont ceux de là-bas. Ils viennent régulièrement chez moi à Cannes. On se fait de grands repas et on joue pendant des heures. Je prie tout le temps pour que
la paix revienne en Algérie. Je voudrais tant y chanter avant de mourir.».


Redécouvert en 1990, il donne alors à nouveau des concerts, dont certains ont fait l'objet d'enregistrements en direct.


Le 10 juin 1999, il donne un unique concert à l’Olympia, accompagné au piano par son ami Maurice El Médioni, né à Oran. Il évoque Alger et El Hadj el Anka, «notre maître à tous» et rend hommage au musicien Mustapha Skandrani.


Il revient sur scène après une longue période d' absence en 2003, avec un album intitulé, Oeuvres récentes produit par Jean Touiton, avec lequel il s'écarte de la chanson judéo
arabo andalouse.


A ses côtés on retrouve des musiciens tels que Matthieu Chedid, Jean Pierre Smadja
alias Smadj de DuOud, le batteur Manu Katché, l'ex bassiste d'Elliott Murphy et des Modern Lovers, Ernie Brooks ou encore du réalisateur de clips et un photographe français Jean-Baptiste Mondino
qui signe les guitares d'une chanson et la pochette. A la même époque le spectacle les Orientales créé par le groupe marseillais Barrio Chino qui rend hommage à la chanson francarabe et reprend
bien sûr quelques standards du "crooner de la casbah".


Lili boniche s'est éteint à l'âge de 86 ans en laissant le souvenir impérissable d'un artiste flamboyant et séducteur.


Une grande perte pour la musique algérienne. Que les
soirées étaient belles en écoutant Lili sur les ondes de la chaîne arabe de Radio Algérie. Dommage que la radio et la télévision algériennes ne diffusent jamais tout ce patrimoine de la musique
judéo-arabe : Sassi, Lili Labassi, Saoud l'Oranais, Reinette l'Oranaise, Reinette
l'Algéroise, Alice Fitoussi, Blond-Blond. Celu
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A
Et Cheikh Raymond? l'as classé quelque part? Il chantait la malouf à constantine.
Répondre
L

Je n'ai pas oublié tonton Raymond ...j'ai posté un article sur le nom de Leyris...je devrai rajourter des liens...