Kamel Hamadi
Publié le 7 Avril 2008
De Idir, à Lounis Aït Menguellet en passant par Djamel Allam et la génération raï (notamment Mami et Khaled[1]), tous, ont croisé la route du maître bénéficiant de son influence et de son prestige pour les uns, de son génie créatif pour les autres. Mais malgré une carrière exemplaire et prolifique, Kamal Hamadi demeure une figure méconnue de la jeune génération et son œuvre mérite davantage d’être connue dans toute sa dimension. Slimane Azem, pour la chanson et Sacha Guitry pour le théâtre l'ont beaucoup marqué dit-il. Malgré son oeuvre unique en son genre dans ses aspects quantité, qualité et variété, Kamel Hamadi est resté peu médiatisé et reconnu contrairement à d'autres artistes[2].

Biographie et évolution musicale
Son itinéraire singulier commence le 22 décembre 1936 à Aït-Daoud, un petit village perché sur le flanc du Djurdjura dans la région de la Grande Kabylie où il naquit. Quatorze années plus tard, il quitte sa Kabylie natale pour s'établir dans la capitale afin d’y travailler dans le textile et y perpétuer l'art de la composition musicale.
Kamel Hamadi a débuté dans la couture pour devenir par la suite homme de théâtre et de radio avec une inspiration prolifique dans la chanson kabyle et autres. Alors que tout le prédestinait à la vie tranquille et anonyme d’un modeste ouvrier du textile, de fil en aiguille, s’est tissé un tout autre destin.
En 1952, son rêve se matérialise au hasard d’une rencontre avec Boualem Rabia, artiste reconnu parmi l’élite musicale de la capitale. L’homme « providentiel » le fait connaître auprès d’Arab Ouzellag qui l’encourage à persévérer dans la voie de l’écriture. Une année plus tard, sous l’impulsion de Saïd Rezoug , Kamal Hamadi fait ses premiers pas à la radio. Sa première chanson, en arabe dialectal, est interprétée à Radio Alger par Abdelkader Fethi. C’est ainsi qu’il passe de l’ombre à la lumière.
En 1954, Larbi Zeggane endosse le nom d’artiste de Kamal Hamadi pour échapper à la colère familiale[3], troque définitivement son ciseau contre une plume et devient un subtil ciseleur de vers et un brodeur de mélodies accompli. C’est ainsi qu’il taille ainsi depuis un demi-siècle, des œuvres sur mesure pour les plus grands interprètes de la chanson kabyle et maghrébine, parmi lesquels figurent, l’illustre Mohamed El Anka, Hanifa[4], Aït Menguellet, Atmani, Karima, Smaïl Ahmed, Khaled, Mami et Noura[5], son épouse, «première star algérienne, avec Slimane Azem, de l’industrie musicale française» couronnée d’un disque d’or en 1970.
Très tôt « prisonnier de la magie du cinéma égyptien » Kamal Hamadi n’a pu résister à la tentation de devenir chanteur. En octobre 1959, il embrasse donc une carrière d’interprète et enregistre à Paris, pour le compte des éditions Tepaz, quelques titres de sa composition dont yid-em yid-em et lheq n rekba, plébiscités par le public. Mais le jeune homme se sait, avant tout, né pour écrire. De la puissante verve du poète jailliront deux milles œuvres ; des chansons, des pièces de théâtre, des opérettes, qu’il présente vingt ans durant à la radio où il s’impose comme un élément essentiel.
En 2008, il est élevé au rang de Chevalier de la Légion d'Honneur.
Liens internes
- Musique kabyle
- Musique algérienne
Sources
Notes et références de l'article
- ↑ "Aïch Rebel Sun" a été écrit pour Khaled par Kamel Hamadi.
- ↑ Artiste au destin tragique et romanesque, souvent comparée à Edith Piaf.
- ↑ Noura, de son vrai nom Fatma Zohra, née en 1942 à Cherchell en Algérie.
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