Islam : entre péché et homosexualité

Publié le 18 Mars 2009

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De l'amour chez les Arabes (par le peintre-miniaturiste, Al-Wâssiti de Baghdad, Xè siècle)

 

 

 

“Pour l'amour d'un chrétien”

 De bon matin, un faon gracieux me sert à boire.

 Sa voix est douce, propre à combler tous les vœux.

 Ses accroches cœurs sur ses tempes se cabrent.

 Toutes les séductions me guettent dans ses yeux.

 C'est un Persan chrétien, moulé dans sa tunique,

 qui laisse à découvert son cou plein de fraîcheur.

 Il est si élégant, d'une beauté unique,

 qu'on changerait de foi - sinon de Créateur -pour ses beaux yeux.

 Si je ne craignais pas, seigneur, d'être persécuté par un clerc tyranique,

 je me convertirais, en tout bien et tout honneur.

 Mais je sais bien qu'il n'est qu'un islam véridique....

Extraits de Abou NAWAS ( D.An 815), d'après son œuvre « Le vin, le vent, la vie »


L'islam, à l'instar des autres religions du  Livre, (expression islamique pour désigner les religions monothéistes qui ont précédé l'islam) considère l'homosexualité comme étant un péché contre l'ordre établi par Dieu. La charia condamne  par ailleurs fortement l'homosexualité dans toutes les écoles juridiques et prescrit la peine capitale comme sanction en cas de cette  pratique. Le judaïsme, le christianisme et l'islam, se sont structurées et, par-delà toutes les scissions (karaïsme, protestantisme, shi‘isme, etc.) que chacune a pu connaître, se sont confirmées dans leur unité au cours des longs siècles de leur histoire par le double effet, inspirateur et régulateur, d'un livre. Cet effet est particulièrement fort dans l'islam, puisque la langue elle-même, l'arabe coranique, y constitue une source et un facteur essentiels pour la vie religieuse et sociale. La fonction herméneutique - avec des instances, des critères et des modalités d'exécution qui sont différents selon telle ou telle religion, mais sont partout affirmés - est donc fondamentale dans l'expression historique et dans la justification rationnelle (théologie) des pratiques respectives.

Pour l'
Islam, fonctionnant sur le mode congrégationiste et institutionnel assez  proche de celui du judaïsme, la position risque d'être plus uniforme, en dépit des courants, dans la mesure où l'homosexualité est l'un des interdits de l'Islam.
 
A l'époque des Lumières, Avicenne (980-1063) préconisait les joies de l'amour comme remède aux maux psychiques et physiques. Il disait : « Lâche la bride aux jeunes pour les rapports sexuels, par eux ils éviteront des maux pernicieux ».


Le livre "Canon de la Médecine" du savant Avicenne (Xième siècle) servit de base à l'enseignement des facultés européennes jusqu'au milieu du XVIIe siècle. Mais la plupart des commentateurs du Canon d'Avicenne qui la mentionne à plusieurs reprises en parlent peu. Un médecin du XVème siècle, est plus explicite. Selon lui, il faut amener les homosexuels à la tristesse par l'invective et le blâme, puis les torturer en les affamant, les fatiguer en les privant de sommeil, les jeter en prison, enfin les fouetter jusqu'au sang.

De même, Malek Chebel, anthropologue et psychanalyste affirme que : « l'homosexualité est une pratique arabo-bédouine plus que proprement islamique. Elle est vigoureusement condamnée par les textes sacrés, Coran et hadith compris, et abhorrée par la sunna ».  Il a par ailleurs forgé une expression assez juste, « homosensualité », pour désigner : « une attitude des Orientaux en général et des Arabes en particulier, qui consiste, en l'absence de partenaire de l'autre sexe, à reporter sur leurs pairs l'excédent de sensualité qu'ils n'arrivent pas à écouler autrement ».

Anthropologue et spécialiste de l'Islam, Malek Chebel a écrit plusieurs ouvrages consacrés au corps, à la sexualité et à l'homosexualité dans l'Islam. Il est, depuis plusieurs années, l'un des protagonistes et des farouches partisans d'une interprétation du Coran qui voudraient tenir compte de l'évolution du monde. Mais seul Allah peut les expliquer.

 



A l'appui de quoi, il cite Abou Nouwas (762-812) célébrant des thèmes bachiques et amoureux :

« J'ai quitté les filles pour les garçons/et pour le vin vieux, j'ai laissé l'eau claire»



Ibn 'Abbâs a dit : "On doit croire aux versets ambigus, mais il ne faut pas régler sur eux sa conduite".

Le verset (III, 6) blâme donc ceux qui s'attachent aux versets ambigus, les interprètent ou leur donnent un sens qu'ils n'ont pas dans la langue arabe de la Révélation. Il les appelle "déviés" (Ahl zaygh" - c'est-à-dire gens qui se détournent de la vérité-, infidèles (kâfir), hérétiques (zindîq) innovateurs (ahl al-bida) ignorants. Il précise que ces gens ont pour mobile le désir de créer de l'agitation et de la confusion dans les rangs des croyants. Or Dieu précise (dans le verset en question) qu'il s'est réservé l'exclusive interprétation des versets ambigus. Nul autre que Lui ne sait ce qu'ils signifient : "Dieu seul peut les expliquer".

De nombreux experts qui traitent de la question (imams, chercheurs, activistes) et des musulmans LGBT (sigle de « Lesbian, Gay, Bisexual and Transgendered people ») tentent de réconcilier ces deux identités apparemment contradictoires : islam et homosexualité, en revenant aux valeurs premières de l'islam.

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L'orientation sexuelle n'est pas selon moi une question centrale dans l'islam et l'homosexualité a toujours existé avant, pendant et après Mahomet. De plus, il y avait une pratique du viol masculin à l'époque pour punir les adversaires, on parle encore des 'personnes n'ayant pas de désir sexuel envers les femmes' dans le Coran. Le sexe est certainement vu comme un concept hétérosexuel mais il ne faut pas oublier qu'une religion s'adresse à la majorité des personnes pour les convaincre. Tout acte sexuel non-conforme à l'époque du Prophète est châtié car il existe des conséquences néfastes sur la société (problème de légitimité des enfants, d'héritage, de pouvoir,...), comme l'homosexualité n'entraîne aucune conséquence alors c'est une attitude licite selon la législation religieuse.

Les homosexuels dans notre société actuelle doivent être respectés, et leur choix doivent l'être tout autant. Respectés, non encouragés.

Je ne peux être en accord avec ce qu'ils font, mais je respecte ce qu'ils sont.

Je suis musulman, musulmane, et je peux connaître, des homosexuels, je peux travailler avec eux, partager des luttes avec eux.

Leur vie sexuelle les regarde, et chacun doit respecter, les choix d'autrui, tant qu'on ne les lui impose pas.

Nous savons qu'à l'intérieur de la communauté musulmane, des femmes et des hommes se sentent attirés par une personne du même sexe, et c'est une épreuve, ils le vivent parfois au cœurs d'une infinie souffrance, ou parfois plus assumée.

Nous devons dialoguer avec eux, ne pas les condamner, mais les comprendre, leur expliquer.

Le fait de ne pas partager, les opinions et les actions, des homosexuels, quand à leur sexualité, ne m'empêche pas de respecter ce qu'ils sont.

C'est d'ailleurs ce que chacun d'entre nous doit attendre, de ses semblables, le respect, de l'être, même s'il existe un désaccord, sur la croyance et le comportement.

Bien que nous ayons de grandes réserves, sur le mariage homosexuel, ou sur l'adoption d'enfants, par des couples homosexuels, nous n'hésiterons pas à lutter contre les discours et les mesures, homophobes, dont les homosexuels pourraient être les victimes, et de nous engager avec eux, dans les causes communes, et nobles.

Lorsque le musulman, la musulmane sont face à un homosexuel, leur discours doit être celui-ci :  Je ne suis pas d'accord avec ce que vous faîtes, mais je respecte qui vous êtes. Vous pouvez être musulman, Vous êtes musulmans, quel serait le droit à moi, de vous juger ? .Etre musulman est entre vous et Dieu .

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Abdellah Taïa : écrivain marocain

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Ihsane Jarfi - R.I.P.

Liens utiles

1. Jeûner souvent, car cela galvanise la foi, préserve la chasteté, et dissipe les pensées malsaines.
2. Manger et boire modérément, car les excès culinaires stimulent le désir sexuel.
3. Se tenir à l'écart de tout ce qui pourrait s'avérer être sexuellement stimulant, comme les photos ou films érotiques, les chansons mettant en scène des activités sexuelles.
4. Se faire des amis bons et vertueux.
5. S'occuper l'esprit en effectuant des actes d'adoration.
6. S'investir dans des activités sociales de sorte à se changer les idées et à garder l'esprit occupé.
7. Contempler des beautés naturelles comme des fleurs et des paysages pittoresques, qui évidemment ne sont pas stimulantes sexuellement.

 
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La première publication gay du monde arabe et en langue arabe est marocaine et obtient un énorme succès auprès de ses lecteurs. Pas moins d'un million de visiteur dans les semaines de son lancement officiel.  Ce projet est comme une bouffée d’oxygène pour une communauté stigmatisée et criminalisée, le magazine Mithly est loin de faire l'unanimité qui est devenu la nouvelle bête noire des homophobes et islamistes.
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Mithly est un jeu de mot en arabe qui veut dire à la fois « comme moi » et « homo » - et son but est la lutte contre le climat de stigmatisation  que vit  la communauté LGBT marocaine. 

Dans ce gay-magazine, pas question de trouver photos pornographiques ou érotiques mais de découvrir des informations pratiques, des actualités people et des témoignages de coming-out, un article sur la journée mondiale de la femme, voire encore un essai littéraire de l'écrivain  Abdellah Taïa qui affirme son homosexualité à travers ses récits autobiographiques  et une réponse à la polémique islamiste entourant la venue d’Elton John au Maroc. Deux cent copies ont été distribuées sous le manteau à Rabat en avril 2010. Le dossier du mois de mai était consacré au suicide extrêmement élevé dans la communauté homosexuelle au Maroc, selon l’association kif-kif. Adresse de contact : editor@mithly.net

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Sexion d'Assaut, un groupe de rap racaille tient des propos homophobes

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Halim Corto interprète son titre contre l'homophobie "Juste par amour"

Références
  • ALDRICH, Robert. (2002). Colonialism and homosexuality. New York - Londres : Routeledge, 436 p.
  • CHEBEL, Malek. (2003) [1995, 1988]. L’esprit du Sérail : Mythes et pratiques sexuels au Maghreb. Paris : Payot et Rivages, 281 p.
  • CRUZ-MALAVE, Arnaldo. MANALANSAN IV, Martin F. (dir.). (2001). Queer globalizations ; citizenships and the afterlife of colonialism. New York : New York University Press, 274 p.
  • D’EMILIO, John. (1997). Capitalism and Gay Identity. In LANCASTER, Roger N. DI LEONARDO, Micaela (dir.). The Gender sexuality reader. New York - Londres : Routeledge, p. 169-179.
  • ERIBON, Didier (dir.). (2003). Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes. Paris : Larousse, 544 p.
  • GREENBERG, David F. (1997). Transformations of Homosexuality Based Classifications. In LANCASTER, Roger N. DI LEONARDO, Micaela (dir.). The Gender sexuality reader. New York - Londres : Routeledge, p. 179-193.
  • HAYES, Jarrod. (2000). Queer Nations. Marginal Sexualities in the Maghreb. Chicago - Londres : The University of Chicago Press, 307 p.
  • HAWLEY, John C. (dir.). (2001). Postcolonial queer ; theoretical intersections, New York : South University of New York Press, 334 p.
  • MURRAY, Stephen O. ROSCOE, Will (dir.). (1997). Islamic homosexualities ; culture, history and literature. New York : New York University Press, 331 p.
  • SCHMITT, Arno. SOFER, Jehoeda (dir.). (1992). Sexuality and eroticism among males in Moslem societies. New York : Harrington Park Press, 201 p.
  • SERHANE, Abdelhak. (2000) [1996]. L’Amour circoncis. Paris : Paris-Méditerranée (coll. Documents-Témoignages), 240 p.
  • TIN, Louis-Georges (dir.). (2003). Dictionnaire de l’Homophobie. Paris : Presses Universitaires de France, 451 p. Voir les chapitres « Islam », « Maghreb », « Hétérosexisme ».

Périodiques
  • COURTRAY, F. (1998). La loi du silence : de l’homosexualité en milieu urbain au Maroc. Gradhiva, vol. 23, p. 109-119.
  • GROTTI, Laetitia. DAIF, Maria (2004). Etre homo au Maroc. Tel Quel, mars-avril, n°120.
  • MAUVEL, Maurice. (1979). Cultures en contact : remarques épistémologiques à propos de l’immigration maghrébine. Pluriel-Débat, vol. 20, p. 63-68.
  • SCHIBIKH, Stéphane (dir.). (2005). Wesh City, juillet-novembre, n°1-3, Paris : Studio Presse.
  • ZERAOUI, Fouad (dir.). (2004-2005). Baby Boy, novembre-novembre, n°1-17, Paris : Kelma Group.

TRAVAUX UNIVERSITAIRES ET RAPPORTS

BARRAUD, Sébastien. (2005). Etre un homme homosexuel et d’origine maghrébine à Paris et en région parisienne : stratégies psychosociales, identités intersectionnelles et modernité. Mémoire de DEA interdisciplinaire en migrations et relations interethniques, sous la direction de François VOURC’H, Université Paris VII - D. Diderot, Paris.

HAMEL, Christelle. (2003). L’intrication des rapports sociaux de sexe, de « race », d’âge et de classe : ses effets sur la gestion des risques d’infection par le VIH chez les français descendants de migrants du Maghreb. Thèse de doctorat d’anthropologie sociale et d’ethnologie, sous la direction de Marie-Elisabeth HANDMAN, EHESS, Paris.
 
HAMZIC, Vanya. (2005). Queer Muslims : Time of Itjihad (or Coming Out to Creator). Philadelphia : Meeting of American Academy of Religion.

MONHEIM, Monique. (2004). Destin de l’homosexualité masculine maghrébine : entre unions « imposées », prostitution et mort sociale ? Bruxelles : Rapport au C.A.W. Mozaïek Adzon.

 
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ROMANS, FILMS ET ARTICLES DE PRESSE
  • DJELLAD, Djallil. (2000). Cet Arabe qui t'excite. Paris : Balland (coll. Rayon), 186 p.
  • LANGE, Rémi. (2003). Tarik El Hob. Le Chemin de l’Amour. Film, Eklipse Video, 70 min.
  • RACHID O. (1995). L’enfant ébloui. Paris : Gallimard. Du même auteur : Plusieurs vies (1996), Chocolat chaud (1998), Ce qui reste (2003).
  • VALOIS, Philippe. (2005). Un parfum nommé Saïd. Film.
  • ZERAOUI, Fouad. (1997-2005). Articles de presse : reportages, interviews, débats. Sur l’Internet : http://www.kelma.org/PAGES/DOCUMENTS/dossiers.php.

Rédigé par Last Night in Orient

Publié dans #Religion, #Homophobie, #homosexualiré

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T
ou son les preuves
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L
Preuves de quoi, de qui ?
S
J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter. <br /> Cordialement
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L
<br /> superbe page !<br />
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M
<br /> à mon avis le vrai problème dans ces pays arabes (tout comme en afrique noire) c'est que les ceux qui ont des pratiques homosexuelles sont obligées de se cacher et de vivre dans la clandestinité<br /> pour deux raisons :<br /> 1- d'abord parce que les lois et les politiques de leurs pays les sanctionnent sévéremment<br /> 2- ensuite quand bien même l'homosexualité serait dépénalisée la communauté est victime de l'hostilité et de la discrimination de la société avec toutes les violences que ça induit.<br /> ces deux facteurs font qu'en afrique noire ou dans les pays arabes l'amélioration des conditions des LGBT n'est pas pour demain d'autant plus qu'il est rare de trouver des relais locaux ouvertement<br /> gay qui osent mener cette lutte.<br /> Le drame dans tout ça c'est que la contamination ne se limitera pas aux LGBT, loin de là, car par souci de se prémunir des représailles la plupart des gay sont mariés ce qui est assez triste pour<br /> leurs femmes qui se trouvent de fait exposées à la maladie. je ne sais pas trop dans les pays arabes quelle est la proportion mais une étude avait été faite récemment au senegal et elle montrait<br /> qu'un peu plus de 80% des hommes ayant des raports sexuels avec des hommes (HSH) sont mariés : donc j'imagine les ravages que ça peut occasionner si le SIDA se répand dans une telle communauté.<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Intégrisme et néoracisme : La bataille dans la société civile.<br /> <br /> Inscrire la bataille des idées dans le champ des dynamiques sociales semble nécessaire à la compréhension du néoracisme anti-musuman.<br /> <br /> 1) La bataille de certains secteurs des religions dans la société civile suscite un néo-racisme. Ni l'un ni l'autre n'ont à ce jour guère d'importance. Mais il vaut mieux limiter les dégâts car la<br /> dynamique est montante. Trois points :<br /> <br /> - A la base de ce néo-racisme il y a une haine compréhensible portée contre certains secteurs religieux sexistes et autoritaires mais étendue a tous les croyants de cette religion. C'est dans cette<br /> extension que se situe précisément le racisme car la colère initiale est juste mais c'est l'amalgame qui est faux.<br /> <br /> - Cet amalgame est socialement favorisé par les communautarismes. Tous ceux qui mettent dans une même communauté le barbare et le croyant ordinaire ont une grosse part de responsabilité dans ce<br /> néo-racisme. Ce concerne aussi bien RL que le PIR lorsqu'il s'agit de l'islam.<br /> <br /> - Le problème est qu'il n'est pas aisé de faire une stricte séparation en affectant par exemple telle pratique sociale à tel courant religieux historiquement répertorié. C'est là une recherche<br /> vaine (que j'ai néanmoins tentée et mise en débat) . En outre, le citoyen s'il se doit de s'instruire sur les phénomènes sociaux n'a pas à se poser en expert ou chercheur spécialisé.<br /> <br /> - Il suffit de remarquer qu'il existe dans chaque religion des croyants<br /> <br /> 2) Venons-en aux dynamiques sociales et historiques.<br /> <br /> Juste quelques positions qui mériteraient plus de développements pointé pour donner un cadre de compréhension.<br /> <br /> - La sécularisation avait complété la laïcité pour parvenir à la paix sociale entre athéisme et religion en France et en Europe. On assiste à un reflux de la sécularisation lié à la "montée du<br /> religieux".<br /> <br /> - La séparation de l'Etat et de la religion autorise la liberté de conscience dans la société civile. Cette dernière est donc livrée à un retour du religieux qui se manifeste par l'offensive des<br /> secteurs non sécularisés des religions, des trois grands monothéismes.<br /> <br /> - Sur ce secteur, l'islam n'est pas en reste. C'est au sein des groupes musulmans non sécularisés ou identitaires que sévissent les "barbus" (avec guillements svp), autrement dit les<br /> fondamentalistes (versus connaissance des textes sacrés), des intégristes (versus application stricte des textes dans la pratique sociale) ce que l'on rassemble souvent sous le terme de radicaux<br /> tant au plan des moeurs (sexo-séparatisme) que de la politique (refus du principe démocratique et de la laicité). Ce phènomène ne mérite pas d'être gonflé exégérément. Que connais-t-on de<br /> l'audience de ces individus ?<br /> <br /> - Un phénomène fondamentaliste-intégriste existe aussi chez les juifs identitaires et traditionnalistes et chez les chrétiens. Il prends des formes différentes.<br /> <br /> 3) S'il ne faut pas gonfler le phénomène d'emprise comme le fait Marine Le Pen il importe aussi de ne pas le favoriser.<br /> <br /> L'islam et l'islamisation (au sens de montée de l'islam visible) dans la société civile est contestée par certains comme Michel Onfray (1) mais soutenue par des islamo-habermassiens comme<br /> l'écologiste Christian Le Bras (2), qui pratique le clientélisme musulman dans sa ville. Ce communautarisme actif est aussi détestable et dangereux que le racisme antimusulman.<br /> <br /> Ce qu'il importe de faire c'est de lutter contre les discriminations mais pas de favoriser l'islamisation. Par ailleurs, les musulmans doivent avoir des lieux de prière comme les autres croyants.<br /> Ils doivent savoir qu'il ont le droit de s'habiller comme ils veulent mais qu'ils n'ont pas à imposer le voile aux femmes ni à interdire la jupe. L'homosexualité est aussi de droit. En fait, de<br /> nombreux français et résidents étrangers, au-delà de leur position droite-gauche, tiennent à la liberté de moeurs. Je le dis aisément car cela me vient de très nombreux débats sur le sujet.<br /> <br /> Christian DELARUE<br /> <br /> 1) Michel Onfray : "C'est l'islam qui est un problème, pas la burka !"<br /> http://www.youtube.com/watch?v=raaMi_iYPLs<br /> <br /> 2) Islam et laïcité : bonne année 1432 pour Europe Ecologie | 24heuresactu.com<br /> <br /> http://24heuresactu.com/blog/2010/12/10/islam-et-laicite-bonne-annee-1432-pour-europe-ecologie/<br /> <br /> <br />
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