L'art de la Aïta, musique et poésie traditionnelle du Maroc

Publié le 20 Avril 2009

L'islam a su intégrer d'antiques cosmogonies du continent africain. On assiste régulièrement au mariage musical du visible et de l'invisible, une excellente communication entre le monde des génies et celui des humains, à la fois rite de fécondité (chez les africains en général les enfants ont de tout temps été ce qu 'il y a de plus important. On souhaitait toujours aux gens d'en avoir beaucoup. Ils faisaient la fierté, l'honneur et la joie des parents surtout de la femme) et transe thérapeutique durant laquelle, on observe une désorientation, voire même une distorsion du temps et de l'espace qui favorisent de nouveaux apprentissages.

 

Le genre musical dit de la Aïta est pratiqué dans les régions de Abda, Chaouia et Doukkala, c'est-à-dire dans l'axe Casablanca-Safi au Maroc, c'est à dire au confin où les tribus arabes et bédouines cultivent cet amour pour l'improvisation poétique. Aujourd'hui encore, beaucoup de groupes s'inspirent de leurs compositions qui restent d'actualité. L'art de Aïta s'inspire de la vie sociale de l'homme marocain et repose souvent sur le thème de l'Amour, le plaisir le beauté et la nature. Notons que cet art a connu son apparition dans les régions comme Safi, Casablanca, El Jadida, Beni Mellal, Khouribga, Marrakech ; Kalaât Sraghna, Kénitra, Khénifra et Taounat.

 

 

 


L'art de aïta est un patrimoine culturel et historique qui a connu des changements au fil des années. A l'origine, l'Aita est un appel de ralliement, elle est en rapport avec les pleurs et les joies et elle constitue, comme toute poésie digne de ce nom, un écho répertoire des joies et soucis quotidiens qui dessinent en filigrane le destin des êtres humains et à travers eux des peuples et figure la partie intime et toujours vivante de la mémoire comme un cœur qui bat. Cette musique de la plaine qui a pris naissance dans le domaine des tribus Abda, Doukkala et Chaouia au gré des fêtes et des circonstances de la vie. La pratique de la aïta au Maroc est une coutume ancestrale qui conférait à des gens connus pour leur probité et leur modestie la faculté de décrire par le chant et la parole, la vie quotidienne, les problèmes et entraves de leurs semblables. Ces troubadours, transmettaient leur savoir oralement par l'entremise de la poésie, du chant et du jeu théâtral. Il est fréquent de voir ce groupe chanter et à l'intérieur même de la chanson, y introduire une saynète théâtrale.

 

L'art de Aïta veut dire, selon son acception traditionnelle, l'Appel, c'est-à-dire l'Appel de la tribu et le retour aux ancêtres pour semer la volonté dans le cœur des hommes et inviter la Muse de la poésie et de la chanson. On distingue plusieurs sortes de Aïta : Azzaaria ; Al Haouzia, Al Jablia, Al Gharbaouia, Al Marsaouia et Al Mallalia.

La chanson Al Aïta se trouve généralement livrée à l'appréciation précipitée des non-spécialistes, parce que son côté péjoratif occulte d'autres aspects et valeurs. Al Aita raconte la nostalgie et les aspirations, les plaisirs comme les douleurs.

 

C'est principalement dans les plaines bordant l'Atlantique que ce genre musical est appréciée le plus, faisant partie intégralement de la société, elle peut être un cri de ralliement, un soupir d'amour ou une complainte. Par beaucoup d'aspects, elle s'apparente à la geste Hilalienne (une tranche importante des tribus des Béni Hilal).

 

Tous ces styles se retrouvent dans les mariages urbains ; Les orchestres chargés d'animer l'évènement sont tenus de jouer tous ces répertoires. Un mariage marocain célébré en ville est presque à lui seul un festival. Ces mariages ont permis l'émergence de beaucoup d'artistes dont l'expérience ne cesse de s'enrichir et de se renouveler au fil des manifestations. Cela est également vrai dans le domaine de la chanson populaire comme le chaâbi par exemple.

 

Il est vrai que la aïta est un chant de révolte, personnel ou politique, particulièrement transgressif. Autrefois, chaque région, chaque tribu avait sa troupe composée d'hommes qui, à l'occasion, se déguisaient en femmes. Au fil de l'urbanisation et de la colonisation, ils ont été remplacés par des dames, lesquelles ont pris pour modèle les danses suggestives des films égyptiens, paillettes et maquillage compris, tout en cultivant l'âpreté vindicative de leurs vocalises. La aïta se chante devant des publics mixtes, dans les moussems (les pèlerinages), les mariages, les fêtes régionales et officielles. Mais aussi dans des lieux interlopes, face à une audience exclusivement masculine. Et alors les dérives grivoises se font de plus en plus crues, humour et moqueries à l'appui. Il existe à Safi une Aïta spéciale appelée Haçba. Son répertoire est limité à quelques exemples du genre. Son caractère triste et secret la rend inaccessible partout ailleurs pour un public habitué généralement aux styles francs et modulants.

La aïta Jabalya est un genre musical issu du nord-ouest marocain, que les « Jbala » (montagnards) aiment profondément. Aux dires des historiens, la ville référence Ouezzane située au Sud de Tanger existait déjà à l'époque romaine. Elle est réputée en particulier pour son artisanat du bois, de la laine appelée « El mharabla », lainage à bouclettes fait à la main. Les travaux de la laine servaient de modèle et il est fréquent de dire : " KHerqa Ouazzania ou lem rehbla". Mais il y a autre chose encore qui assure la réputation de la ville, c'est le soufisme. Une confrérie appelée Tariqa El Ouazzania du nom de la ville s'est implantée donnant rapidement naissance à d'autres écoles religieuses, d'autres tariqa formant  « Ahel el touat ». Tous les arts sont représentés et la musique occupe une place de choix avec la « Aïta Jabalya » appelée aussi la « Chanson de Jabala ».

 

Les Ayout sont souvent chantées par un groupe mixte d'hommes et de femmes (les Cheikhates). Dans le cas où celles-ci sont absentes, l'un des hommes les plus efféminés du groupe revêt des habits féminins et imite la voix et la danse des femmes. Al Aita de Wlad Hmar en est un bon exemple. Les plus jeunes parmi les "cheikhate" exécutent devant le public des danses sensuelles (jeu du ventre et des hanches, ondulations et frémissements du corps, balancement de la chevelure...).

 

Les inconditionnels de cette musique savent qu'à travers le cheminement des chants on découvre une histoire sociale, des héros, des personnages mythiques, une mémoire rurale ancestrale. L'on se rappelle encore de Fatima al Kobbas, de Chikha az Zahhafa, de Bouchaïb al Bidaoui et du Maréchal Qibbou ou de Hajja Hamdaouia qui continue à intéresser des nostalgiques. Il est peut-être utile de rappeler à ce propos qu'à l'origine, l'Aïta est un appel de ralliement, qu'elle est en rapport avec les pleurs et les joies et reflète une poésie digne de ce nom, un écho des joies et soucis du quotidien et du mektoub (destin) des êtres humains et et de la mémoire collective du peuple. Les origines de cette musique de la plaine se situe au confins des fêtes familiales et des traditions tribales. Hajja Hamdaouia a donc choisi l'aïta comme référence musicale majeure, recueillant ainsi les rythmes et paroles héritées de l'aïta dite "Al Marsawiya" de la région de Casablanca. Mais Hajja Hamdaouia en a fait un art avec une centaine de titres à son actif, en demeurant la chanteuse de «marsaoui» la plus prolifique et la plus adulée et sans aucun doute la plus célèbre ambassadrice de ce genre musical populaire.

 

Les Cheikhates et les amoureux d'AL Aita se donnent rendez-vous à Safi au Festival de l'Art populaire d'Al Aita! Les soirées de cette manifestation, se déroulent habituellement sur la Place My Youssef, et sont animées notamment par des groupes de Houariate Safi, Laâbat Settat, Oulad Ben Aguida, Mustapha El Bidaoui, Mazagan, Cheikha Khadija Markoum et Mustapha Bourgogne.

 

Les plus avertis gardent encore un respect distant à Mohamed Da'baji et à Fatna Bent Lhoucine, derniers parmi les derniers représentants de la vraie Aïta.

 



« Al-Aita, poésie orale et musique traditionnelle au Maroc »

Aujourd'hui, le côté divertissant et parfois érotique prend le dessus sur le vrai sens de ce chant (il est parfois considéré comme impie, sulfureux).Hassan Najmi, Président de la Maison de la poésie au Maroc a réalisé un essai littéraire en langue arabe, aux éditions Toubkal, intitulé « Al-Aita, poésie orale et musique traditionnelle au Maroc ». Cet ouvrage retrace les origines de cette musique de la plaine qui a pris naissance dans le domaine des tribus Abda, Doukkala et Chaouia au gré des fêtes et des circonstances. Il s'agit par ailleurs de reconstituer l'histoire de cet art de la fête depuis l'installation des Arabes parmi les tribus amazigh, et la naissance du «darija» (dialecte marocain) sur le littoral atlantique entre Casablanca et Safi. L'objectif de l'écrivain est la perpétuation de la mémoire d'une culture et d'une poésie dont les auteurs demeurent anonymes. (source).

 

Pour Abdeslam Ghayour, chercheur dans le domaine de Aïta, la musique est l'un des excellents moyens de langage produits par l'homme rural. Et c'est à ce propos qu'il met l'accent, dans son étude, sur l'art de Aïta dans le feuilleton marocain «Oujâa Trabe» avec les réalisateurs Shimi et Radouane Kassimi. Hassan Nejmi, dans «Etude de la poésie orale et de la musique traditionnelle à partir de Aïta », définit Aïta tel un art poétique et musical qui a ses propres spécificités.

 

Les inconditionnels d'Al Aita savent qu'à travers le cheminement des chants on découvre une histoire sociale, des héros, des personnages mythiques, une mémoire rurale ancestrale. L'on se rappelle encore de Fatima al Kobbas, de Chikha az Zahhafa, de Bouchaïb al Bidaoui et du Maréchal Qibbou ou de Hajja Hamdaouia qui continue à intéresser des nostalgiques. Il est peut-être utile de rappeler à ce propos qu'à l'origine, l'Aïta est un appel de ralliement, qu'elle est en rapport avec les pleurs et les joies et reflète une poésie digne de ce nom, un écho des joies et soucis du quotidien et du mektoub (destin) des êtres humains et et de la mémoire collective du peuple. Les origines de cette musique de la plaine se situe au confins des fêtes familiales et des traditions tribales.

Le mythe de Kharboucha et la Aïta

Le cinéaste Hamid Zoughi a tourné «Kharboucha, ou May Doum Hal » (Kharboucha ou rien n'est éternel). Kharboucha est un personnage légendaire de la région de Safi. C'est une chikha qui « n'avait pas froid aux yeux » et qui n'hésitait pas à chanter contre l'injustice. Ses chansons avaient pour cible principale le tyrannique caïd Aïssa Ben Omar. Ce dernier faisait régner la loi du colonisateur français dans la région. Seule rescapée d'une tuerie menée par une tribu adverse et qui décima toutes les femmes de son clan, Kharboucha garda une rage et une force qui s'exprimaient dans sa prose chantée. Cette femme n'était pas belle car elle avait le visage marqué par la petite vérole. Mais sa voix la rendait envoûtante. Par ses chants, elle appela les hommes de sa tribu Ouled Zid à se rebeller contre le despotisme. La riposte, en 1922, du caïd Aïssa fut terrible. Il fit emmurer vivante Kharboucha, le jour même de ses noces. C'est cette histoire devenue mythique qui a été reproduite au théâtre et adaptée pour le cinéma marocain. La «Kharboucha» de Hamid Zoughi, n'est autre que la talentueuse actrice Houda Sidki qui a été révélée au grand public, grâce au premier rôle que le même réalisateur lui avait confié dans son téléfilm «Les requins».

Hajja Hamdaouia dans le genre Al Marsawiya

Haja Hamdaouia (لحاجة الحمداوية ou encore parfois transcrit Hajja Hamdawiya) est une chanteuse marocaine née en 1930 à Derb Seltan, un quartier populaire de Casablanca. Cette artiste a largement contribué au succès de la chanson populaire. Dans les années 50, à l'époque où le chant de la Aïta Marsaouiya , sorte de blues des plaines côtières dans la région de Casablanca qui était dominé à l'époque par les femmes. Il est malheureusement associé au divertissement parfois "amoral", car les biens pensants l'assimilent à l'érotisme et à la sexualité.

 

Il est peut-être utile de rappeler qu'à l'origine, l'Aita est un appel de ralliement, qu'elle est en rapport avec les pleurs et les joies et reflète une poésie digne de ce nom, un écho des joies et soucis du quotidien et du mektoub (destin) des êtres humains et et de la mémoire collective du peuple. Les origines de cette musique de la plaine se situe au confinsdes fêtes familiales et des traditions tribales.

 

Elle a donc choisi l'aïta comme référence musicale majeure, recueillant ainsi les rythmes et paroles héritées de l'aïta dite "Al Marsawiya" de la région de Casablanca. Mais Hajja Hamdaouia en a fait un art avec une centaine de titres à son actif, en demeurant la chanteuse de «marsaoui» la plus prolifique et la plus adulée et sans aucun doute la plus célèbre ambassadrice de ce genre musical populaire. Cette diva a connu la colonisation, puis l'indépendance, vécu l'exil à Paris. Elle fut riche et adulée. Puis elle a sombré dans l'anonymat et la pauvreté pour enfin renaître de ses cendre comme le Phœnix. Hajja Hamdaouia a donc choisi l'aïta comme référence musicale majeure, recueillant ainsi les rythmes et paroles héritées de l'aïta dite "Al Marsawiya" de la région de Casablanca. Mais Hajja Hamdaouia en a fait un art avec une centaine de titres à son actif, en demeurant la chanteuse de «marsaoui» la plus prolifique et la plus adulée et sans aucun doute la plus célèbre ambassadrice de ce genre musical populaire.

Abdelaziz Al Arbaoui (ﺍﻟﻌﺮﺑﺎﻭﻱﻋﺒﺪﺍﻟﻌﺰﻳﺰ) Abdelaziz Stati de son nom d'artiste à cause du sixième petit doigt que comporte l'une de ses mains. Ce chanteur marocain de chaâbi et de aïta est né en 1961 à El Jadida. Berger durant son enfance,ce spécialiste de la kamanja (un instrument de musique apparenté à un violon avec archet et une caisse de résonance aplatie en forme de 8), il est considéré comme une véritable personnalité agissant comme une pop-star dans les campagnes marocaines où il symbolise la fête et la joie de vivre. Il n'est pas rare que des gens aisés l'invitent pour chanter à l'occasion des fêtes de mariages où il interprète de nombreuses chansons liées notamment à la Ghorba (l'éloignement, en référence à la diaspora marocaines et aux fils d'expatriés marocains qui résident à l'étranger), qui lui ont porté notamment un succès jusqu'en Europe, où le chanteur se produit régulièrement en concert. Il est à noter qu'en 1983, Abdelaziz enregistra une cassette qui a connu beaucoup de succès ‘‘Al Mouima Essabra Dima'' ; qui a été repris par la suite par ; ni plus ni moins ; que Cheb Khaled.

 

Oulad Al Bouazzaoui ans le genre Al Marsawiya

L'ensemble Oulad Bouazzaoui est considéré comme l'un des ensembles de musique populaire marocaine les plus célèbres spécialisés dans l'art de l'aïta. Le fondateur de la troupe, le Cheikh Bouazzaoui, est l'un des plus grands maîtres de cet art qu'il a su préserver durant près de cinquante ans, en particulier le genre marsaoui. La troupe a participé à l'année du Maroc en France et a donné des concerts dans plusieurs lieux prestigieux comme l'Institut du Monde Arabe à Paris ou l'Université de Washington aux USA, entre autres. L'ensemble Oulad El Bouazzaoui a largement contribué à la naissance du Festival National de l'aïta, organisé à Safi, sous l'égide du Ministère de la Culture.

 

 Daoudi
Abdellah El Makhlouk عبد الله الداودي (né le 12 octobre 1972 dans le quartier de Sbata à Casablanca) alias Daoudi ou encore Daoudi Abdellah est un chanteur marocain de aïta et de chaâbi marocain Il est devenu en quelques années une référence dans le monde de la chanson marocaine. En 2000, Daoudi enregistre son album, aïta daoudia, qui sera bien accueilli par la critique musicale et son public marocain de la ghorba.

 

Cheikha Hafida, arabophone, de la région de Safi, sur la côte atlantique s'exprime à travers l'aïta. La Cheikha et l'ensemble Ouled Ben Aguida font perdurer la tradition. Né dans les années 70, le groupe Ouled Ben Aguida formé de trois frères, Bouchaïb au violon, Miloud au oud et Boujemaâ aux percussions, est aujourd'hui une véritable institution. C'est en 1977, avec la rencontre de Fatna Bent El Houcine, l'une des très grandes divas de l'aïta, que l'aventure commence véritablement pour eux. Ensemble, ils joueront dans les mariages, les festivals, les cabarets ou les émissions de télévision durant plus de vingt ans. Début 2000, Fatna Bent El Houcine arrête sa carrière. Elle disparaîtra à peine cinq ans plus tard. Heureusement, Cheikha Hafida qui tenait une place prépondérante dans le chœur était prête à prendre la relève pour que cette musique, patrimoine culturel exceptionnel, ne disparaisse pas. Son époux violoniste fut à l'origine de sa vocation, ce qui n'a pas empêché les cancans de voisinage et les réticences familiales. 

 

Voir aussi

 


Rédigé par Last Night in Orient

Publié dans #Musiques traditionnelles marocaines

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L

Kharboucha, un mythe, un personnage
qui a fasciné et qui fascine toujours devenant ainsi la muse des artistes, hommes de lettre et cinéastes marocains. Parmi ces derniers, on cite le cinéaste Hamid Zoughi qui vient de sortir un
film retraçant l’histoire de Kharboucha. L’homme de théâtre Abderrazak Badaoui s’était aussi inspiré du mythe populaire pour monter sa pièce «Milouda Bent Driss». En 2002, Farida Bourqia s’était
aussi inspirée de l’histoire de Kharboucha pour écrire le scénario de la série «Jnane El Kerma», diffusée sur la première chaîne. A la même époque, le dramaturge Salem Gouindi avait également
écrit une pièce intitulée «Kharboucha», interprétée par la troupe de théâtre régionale d’El Jadida. Et bien avant, au début des années 90, le poète Mohamed Al Batouli et Saïd Limam avaient
composé une chanson dédiée à cette figure et qu’avait chanté Hayat Idrissi. Une chanson qui s’intitule «Hikayat Kharboucha» (le conte de Kharboucha) et qui avait été censurée à sa sortie pour son
caractère jugé alors révolutionnaire par les autorités marocaines. Mais qui est Kharboucha ? Et que cache ce mythe qui a suscité une pléthore de créations et dont les limites entre fiction et
réalité sont confuses. Les versions sont multiples quant à la biographie de Kharboucha. Mais toutes s’accordent décrivant la forte personnalité de cette femme, une résistante, une «cheikha»
symbole de la pure tradition de la musique populaire marocaine, la «Aïta». Toutes les versions citent aussi la tyrannie de son pire ennemi le Caid Aïssa Ben Omar qui faisait régner la loi du
colonisateur français sur la région d’Abda. De son vrai nom Hada, Kharboucha appartenait à la tribu des Ouled Zaid. Elle vivait à l’époque du protectorat français au Maroc. Une époque qualifiée
des années de «Siba» où les caïds «les seigneurs de l’Atlas», selon les écrivains colonialistes, avaient les pleins pouvoirs sur la région qu’ils gouvernaient. Le chercheur Hassan Nejmi avait
fait une thèse sur l’Aïta «Le chant al-Aita, poésie orale et musique traditionnelle au Maroc» publiée en deux tomes et paru aux éditions Toubkal qui comporte tout un chapitre consacré à
l’histoire de Kharboucha. Selon lui, deux niveaux existent dans le récit de la vie de Kharboucha : un premier historique et où les faits sont confirmés par des preuves scientifiques et un
deuxième, relayé par la tradition orale et l’imaginaire populaire. Deux niveaux où les artistes puisent à volonté. Dans le film «Kharboucha», réalisé par Hamid Zoughi, elle fut décrite comme la
seule rescapée d’une tuerie menée par la tribu du caïd Aïssa Ben Omar qui décima tous les membres de sa famille et de son village. 
Ainsi pour se venger, exprimer sa
rage et la faire entendre à plus de monde possible, elle commença à chanter dans les moussems, les fêtes et les souks... Ses chansons avaient pour cible principale le tyrannique caïd Aïssa, «le
mangeur de charognes, le tueur d’oncles», chantait-elle. Par ses chants, elle incitait les gens à se rebeller contre le despotisme sous lequel ils vivaient. «Elle a à quelques égards un sort et
une histoire comparables à la poétesse arabe Al Khansa, avait indiqué à ALM le réalisateur. Dans ce même film Karboucha est décrite, comme n’étant pas très belle, ayant le visage marqué par la
petite vérole, comme son surnom pourrait l’indiquer. Autre signification selon l’étymologie du mot, Karboucha «pourrait également référer aux taches de rousseur qu’elle aurait eues au visage»,
ajoute M Nejmi. Par ailleurs, le poème de Batouli de la chanson «Hikayat Kharboucha» interprétée par la chanteuse Hayat El Idrissi, la décrit comme ayant une beauté envoûtante. «Sa chevelure de
folie ressemble à la nuit, une épée élancée dans la main d’un bourreau», peut-on lire dans le texte de la chanson. 
Une autre version du mythe de
Kharboucha est également avancée à travers le texte de cette chanson dont la musique a été composée par Saïd Limam. Selon ce dernier, le despote qu’était caïd Aïssa s’accaparait toute chose qu’il
désirait par tous les moyens dont il disposait. Et Kharboucha figurait parmi ces «choses». Sauf qu’elle ne succombera pas à ses avances ce qui lui coûtera sa vie après une longue torture. La
version populaire stipule aussi que la cause du refus de Kharboucha résidait dans l’amour qu’elle partageait avec le fils du caïd et qu’elle avoua au caïd en récitant le célèbre vers repris dans
le répertoire de la Aïta et notamment par lhaja Hamdaouia «Mnin ana w min nta, ahya win l hob bezzaf alik». Toutefois, ce personnage a réellement existé et son histoire par sa dimension
historique, politique, sociale et symbolique, tantôt romancée, dramatisée est, et restera une source fertile d’inspiration pour les artistes et créateurs marocains en quête d’inspiration, de
faits et de personnages authentiques appartenant au patrimoine.
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A

Brillantissime article !
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L

Une diva de l'Aïta, L'Hajja l'Hammounia, à quitté notre monde début juillet 2013. Elle était née en 1930, dans la région
d'Essaouira, un monde rural dont les valeurs conservatrices étaient autant de carcans culturels. Le parcours de cette femme exceptionnelle laisse à penser qu'elle fut dès l'adolescence « investie »
par une âme venue de la nuit des temps.


C'est par le refus qu'elle va se construire, le refus d'un mariage imposé à une fillette de 12 ans et par une passion qui
naitra d'une rencontre avec Cheikh Jilali. Cet homme saura déceler immédiatement en elle, la grande artiste qu'elle deviendra. En lui transmettant l'art de l'Aïta, il lui permet d'exprimer, dans la
poésie et par l'art de la chanson, cette indépendance nécessaire à toute création. C'est tout un patrimoine culturel qui se révèle et dépasse les frontières du Maroc. De village en village, de
ville en ville, c'est en Espagne ou en France que l'on finira par l'entendre et l'admirer.


Cette icône de l'Aïta est la digne héritière d'une autre femme, qui au Maroc, est un mythe, La Kharboucha. C'est dans la
région de Safi, que cette chikha exceptionnelle, se lèvera, avec une force et une rage que rien n'arrête, contre l'injustice. Elle s'opposera par son chant au caïd Aïssa Ben Omar, âme tyrannique,
inféodé au pouvoir des colonisateurs français. Il finira par la réduire au silence par un acte sauvage qui fera d'elle un mythe.Hamid
Zoughi en a fait un film, « Kharboucha ou rien n'est éternel ».


L'Aïta, la vraie, celle qui n'est pas dévoyée, est le livre qui s'écrit depuis des générations sur les racines d'un peuple. L'Aïta
est un appel fédérateur, une transcription orale de la mémoire collective d'une culture ancestrale. Ce chant exprime les joies et les peurs, mais il est aussi une photographie sociale, un
canevas que l'on suit pour ne rien oublier. Le Maroc d'aujourd'hui s'est lancé dans la préservation de son patrimoine et de son identité. Tout comme la Halqua, l'Aïta est un pan du patrimoine
intangible d'un peuple. Ce pays est un camaïeu d'apports venus de toute l'Afrique et de bien plus loin encore. Il est primordial que les générations futures en bénéficient.


C'est à travers les fêtes familiales et les moussem que continuent à vivre cet art. C'est aussi grâce à des artistes de talent comme la Hajja Hamdawiya ou l'ensemble Oulad Bouazzaoui, que l'Aïta,
ode à la mémoire, à la joie et aux valeurs humanistes, reste vivace et connue de tous. 
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O
A propos de l'art Alaita

Alaita réputation associée à l'art des plaines centrales le long de la côte atlantique (chawiya e Abda e Dkala principalement) par le biais de certains de ses environs etcomme el hawez e Zuair particulier. Alaita art dans sa conception initiale, et je veux dire l'ancien appel, tout appel de la tribu et de l'utilisation des progrès de passer de la nation et de décourager les hommes et les appeler à la reine de la poésie et le chant

La Convention, une série de passages musicaux et les intervalles musicaux dans le système circadien sont différents des éléments de différents types de modèles et de non-Alaita la même mesure, les personnes averties et intéressées par cet art de classe pour les trois formes

Al mrsawi
el hawezi
el melali

Des recherches récentes, cependant, a reconnu l'existence d'autres branches, y compris ce qui est essentiel et hasbawi ezeaari, dont certains sont sous- el khribegui et el werediri et e jilali et statique. Cheikhs attire Alaita leurs thèmes et le système de la vie sociale du peuple marocain sont souvent faire face à leurs sujets et quasaid d l'amour et le plaisir, et l'éloge de la beauté et la nature
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M

merci Othman, pour cette composition, je suis fier de toi, monsieur le Roudani !

Non seulement tu parle du malhoun de la dakka, mais aussi de la aïta !

Chapeau bas !!!!


O
vraimmen c un bn article bn crg
les style d el aita c j conais :
el aita esousia ( la region d souss....)
el aita elheriziya ( old hriz e les ville aprchh)
el aita elhaweziya ( la region delhawz chichawa .marakch ....)
el aita edokalia ( doukala e abda...)
ila a bcp d chanteur d el aita mntnn au maroc e aussi des metre d aita comme - elhaja elhamdawiya- e -elhaja ezehwania- 2 femme
e aussi des orquestra e des group d el aita d voi forcee
les chanteur comme - hajib- weld elhowat- dawdi - senhaji- esetati- kamal el abdi.....
e aussi zina edawdia - ......
mais les nv travaille comme un orquestree avec des instriment les org-les guitar * bass e esolist - echoo.....
mais les ancian selemen les violen e el bnader pour le retm + ds fgroup travaille par un flut quelle s'appelle el GESEBA
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L

choukran cher Othmane, tu m'ouvres tous les horizons !