La Taktouka jabalia, un art populaire traditionnel ancestral venu des montagnes du nord-ouest du Maroc

Publié le 16 Mai 2013

La Taktouka est un art populaire ancestral venu des montagnes du nord-ouest du Maroc. Cette musique est produite par des instruments de musique traditionnels comme le guembri et la tarija auxquels sont venus de greffer des instruments plus modernes comme le banjo. A Tanger comme à TétouanOuazzane et Asilah, les belles chansons de l'Aïta Jabalia résonnent toujours dans les cafés des quartiers populaires.

Aïta Jabalia connu plus couramment sous le nom de Taktouka Jabalia qui est un folklore chamali. cette musique évoque souvent le marabout Moulay Abdeslam Ben Mchich Alami. Les Jbala comme leur nom l’indique, sont les « montagnards » ou « les habitants des montagnes ». Ce nom qui se réfère plutôt à la géographie qu’à un aspect ethnique donné, est passé pourtant pour une identité culturelle parce qu’il n y a aucune autre population appelée « Montagnards » au Maroc.

Le terme Jbala peut posséder une connotation péjorative (paysans, blédards...) d'où une certaine récalcitrance à dévoiler ses origines chez ces autochtones. Cependant, ils sont souvent trahis par leur accent particulier. Cet aspect péjoratif a été véhiculé par les habitants des villes (bourgeoisie arabo-andalouse). La réhabilitation politique des zones nord après la disparition de Hassan II a toutefois contribué à réhabiliter cette culture.

Comme la plupart des traditions musicales populaires du Maroc, la Taqtuqa el-Jabalya ne semble pas avoir d'origine précise historiquement attestée, sa vague actuelle apparaît à l'époque moderne liée à la diffusion radiophonique lorsqu'elle fait l'objet de certaines émissions par la station régionale, peu avant la Seconde Guerre mondiale. On peut compter Haj Mohamed el Ghayyati parmi les célébrités de l'époque.

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Mohamed El Houari et la Aïta Jabalya

Dans le firmament d'Ouazzane, un artiste parmi tant d'autres. Il s'agit de Mohamed El Houari, fleuron de ce genre musical.

 

Rédigé par Mario Scolas

Publié dans #Musiques marocaines

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L
<br /> Kharboucha, un mythe, un personnage<br /> qui a fasciné et qui fascine toujours devenant ainsi la muse des artistes, hommes de lettre et cinéastes marocains. Parmi ces derniers, on cite le cinéaste Hamid Zoughi qui vient de sortir un<br /> film retraçant l’histoire de Kharboucha. L’homme de théâtre Abderrazak Badaoui s’était aussi inspiré du mythe populaire pour monter sa pièce «Milouda Bent Driss». En 2002, Farida Bourqia s’était<br /> aussi inspirée de l’histoire de Kharboucha pour écrire le scénario de la série «Jnane El Kerma», diffusée sur la première chaîne. A la même époque, le dramaturge Salem Gouindi avait également<br /> écrit une pièce intitulée «Kharboucha», interprétée par la troupe de théâtre régionale d’El Jadida. Et bien avant, au début des années 90, le poète Mohamed Al Batouli et Saïd Limam avaient<br /> composé une chanson dédiée à cette figure et qu’avait chanté Hayat Idrissi. Une chanson qui s’intitule «Hikayat Kharboucha» (le conte de Kharboucha) et qui avait été censurée à sa sortie pour son<br /> caractère jugé alors révolutionnaire par les autorités marocaines. Mais qui est Kharboucha ? Et que cache ce mythe qui a suscité une pléthore de créations et dont les limites entre fiction et<br /> réalité sont confuses. Les versions sont multiples quant à la biographie de Kharboucha. Mais toutes s’accordent décrivant la forte personnalité de cette femme, une résistante, une «cheikha»<br /> symbole de la pure tradition de la musique populaire marocaine, la «Aïta». Toutes les versions citent aussi la tyrannie de son pire ennemi le Caid Aïssa Ben Omar qui faisait régner la loi du<br /> colonisateur français sur la région d’Abda. De son vrai nom Hada, Kharboucha appartenait à la tribu des Ouled Zaid. Elle vivait à l’époque du protectorat français au Maroc. Une époque qualifiée<br /> des années de «Siba» où les caïds «les seigneurs de l’Atlas», selon les écrivains colonialistes, avaient les pleins pouvoirs sur la région qu’ils gouvernaient. Le chercheur Hassan Nejmi avait<br /> fait une thèse sur l’Aïta «Le chant al-Aita, poésie orale et musique traditionnelle au Maroc» publiée en deux tomes et paru aux éditions Toubkal qui comporte tout un chapitre consacré à<br /> l’histoire de Kharboucha. Selon lui, deux niveaux existent dans le récit de la vie de Kharboucha : un premier historique et où les faits sont confirmés par des preuves scientifiques et un<br /> deuxième, relayé par la tradition orale et l’imaginaire populaire. Deux niveaux où les artistes puisent à volonté. Dans le film «Kharboucha», réalisé par Hamid Zoughi, elle fut décrite comme la<br /> seule rescapée d’une tuerie menée par la tribu du caïd Aïssa Ben Omar qui décima tous les membres de sa famille et de son village. <br /> Ainsi pour se venger, exprimer sa<br /> rage et la faire entendre à plus de monde possible, elle commença à chanter dans les moussems, les fêtes et les souks... Ses chansons avaient pour cible principale le tyrannique caïd Aïssa, «le<br /> mangeur de charognes, le tueur d’oncles», chantait-elle. Par ses chants, elle incitait les gens à se rebeller contre le despotisme sous lequel ils vivaient. «Elle a à quelques égards un sort et<br /> une histoire comparables à la poétesse arabe Al Khansa, avait indiqué à ALM le réalisateur. Dans ce même film Karboucha est décrite, comme n’étant pas très belle, ayant le visage marqué par la<br /> petite vérole, comme son surnom pourrait l’indiquer. Autre signification selon l’étymologie du mot, Karboucha «pourrait également référer aux taches de rousseur qu’elle aurait eues au visage»,<br /> ajoute M Nejmi. Par ailleurs, le poème de Batouli de la chanson «Hikayat Kharboucha» interprétée par la chanteuse Hayat El Idrissi, la décrit comme ayant une beauté envoûtante. «Sa chevelure de<br /> folie ressemble à la nuit, une épée élancée dans la main d’un bourreau», peut-on lire dans le texte de la chanson. <br /> Une autre version du mythe de<br /> Kharboucha est également avancée à travers le texte de cette chanson dont la musique a été composée par Saïd Limam. Selon ce dernier, le despote qu’était caïd Aïssa s’accaparait toute chose qu’il<br /> désirait par tous les moyens dont il disposait. Et Kharboucha figurait parmi ces «choses». Sauf qu’elle ne succombera pas à ses avances ce qui lui coûtera sa vie après une longue torture. La<br /> version populaire stipule aussi que la cause du refus de Kharboucha résidait dans l’amour qu’elle partageait avec le fils du caïd et qu’elle avoua au caïd en récitant le célèbre vers repris dans<br /> le répertoire de la Aïta et notamment par lhaja Hamdaouia «Mnin ana w min nta, ahya win l hob bezzaf alik». Toutefois, ce personnage a réellement existé et son histoire par sa dimension<br /> historique, politique, sociale et symbolique, tantôt romancée, dramatisée est, et restera une source fertile d’inspiration pour les artistes et créateurs marocains en quête d’inspiration, de<br /> faits et de personnages authentiques appartenant au patrimoine.<br />
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