Last night in Occident

Publié le 24 Avril 2010

Telle est en toute chose l'opposition constante de l'Orient et de l'Occident : l'Orient invente et conserve, l'Occident applique et perfectionne.  (Jean-Jacques Ampère, La Chine et les travaux d'Abel Rémusat, Revue des Deux Mondes, 1832, tome 8)

 

L'emploi du mot et du concept d'Occident repose le plus souvent sur l'idée sous-jacente d'une civilisation commune à cette zone et sur une opposition sémantique entre l'Occident et, soit le reste du monde, soit une ou plusieurs autres zones géographiques (notamment les oppositions Occident / Orient et Occident / Bloc communiste).

Un problème de repère se pose, lorsque l'on consulte une mappemonde. En effet, on est soit plus à l'est soit plus à l'ouest de ceux qui nous " entourent " : Par exemple, si on prend l'Europe au centre de la mappemonde, les USA sont à l'ouest et la Russie, la Chine et l'Inde sont à l'est. En revanche, si l'on prend les USA au centre de la mappemonde, les repères changent, en conséquence.

En effet, le terme d'Occident est un terme "piège" ou "singulier" concernant seulement la géographie. Pour cela, deux exemples sont éloquents :

  1. Le Maroc, situé à l'Ouest de l'Occident, ou le monde occidental, est une zone géographique qui désignait initialement l'Europe.

    La première définition de l'Occident vient des Anciennes Civilisations : En effet, toutes les Anciennes Civilisations avaient déjà une définition métaphysique commune de l'Occident et de l'Orient. L'Orient avait pour connotation symbolique la Naissance ou la Génération pour vouloir montrer la levée du jour par le lever du Soleil à l'Est. En revanche, l'Occident était interprété comme la Mort, ou le crépuscule, de par le coucher du Soleil à l'Ouest. On retrouve cette définition aussi bien dans la Civilisation Egyptienne que Greco-latine ou Celte.

    Par la suite, la définition du terme « Occident » provient de la division de la chrétienté en deux, pendant le Moyen-Age : l'empire d'Occident, et l'empire d'orient de rite byzantin. Par rapport à l'époque précédente, la définition de l'Occident a complètement changé de sens, puisqu'elle a abandonné le caractère métaphysique initial, énoncé précédemment, et est devenue une définition plus politique et religieuse.

    Ces termes sont renforcés, lors de la Guerre froide, par les vocables Europe de l'Ouest ( USA ) et Europe de l'Est (URSS). Mais, du fait de l'effondrement du communisme, les Etat-nations « orientaux » mais européens ont rejoint l'Occident.

    L'extension de l'espace considéré a varié au cours de l'histoire de l'Humanité. Ainsi au tournant du XXIèmesiècle, on admet communément que l'Occident regroupe l'Europe et l'Amérique du Nord. On y adjoint aussi souvent l'Australie et la  Nouvelle-Zélande,  et dans certains cas l'Afrique du Sud.

    Etre occidental ou occidentalisé, c’est avant tout épouser une façon de penser qui ne correspond pas à un continent particulier, ni à une nation ou religion spécifique. L’erreur de Huntington, me semble-t-il, a été d’enfermer l’Occident dans des frontières nationales, alors qu’il n’existe pas de carte de l’Occident.

    Les sociétés occidentales se sont bâties en cherchant le contact avec autrui, en accueillant des immigrants, en laissant une large place au débat public, en laissant une assez bonne liberté aux gens et en faisant de l'éducation une priorité. Cette société à du s'adapter plus que d'autres sociétés en choisissant plus ou moins consciemment d'accepter les individus tels qu'ils étaient. Les immigrants, en venant vers nous, ont dû aussi s'adapter et ont ainsi permis à nos sociétés d'intégrer de nouveaux éléments et de rester en mouvement. Certes, il y a eu des abus, il y en a encore et il y en aura probablement toujours. Mais le bilan des sociétés occidentales est malgré cela largement positif.  

    Etre occidental, c'est d'abord est un état d’esprit que l’on pourrait définir par 3 caractéristiques fondamentales que l’on retrouve difficilement dans les civilisations orientales : lapassionpour l’innovation, lacapacité de l’autocritiqueet l’éga France et de l'Espagne, est pourtant un pays oriental, en raison de la continuité musulmane et maghrébine en Afrique du Nord.
  2. La Nouvelle Zélande et l'Australie, pourtant situés, en Asie du Sud Est, sont des pays occidentaux, en raison des liens avec la Grande-Bretagne, d'une part, de l'organisation politique et économique, d'autre part, et des influences culturelles et religieuses, en troisième lieu.

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Le Choc des civilisations

Depuis la fin du XVIIIème siècle, l’Occident a imposé son hégémonie sur le monde musulman et sur l’ensemble des Trois continents. Partant à la conquête du monde, afin d’exporter leurs capitaux et leurs idéaux, « les bourgeois conquérants » occidentaux ont assujetti les peuples d’Asie et d’Afrique. L’invasion de l’Egypte par les armées de Bonaparte, la colonisation de l’Inde par l’Angleterre, la conquête de l’Algérie puis de l’Afrique subsaharienne et de l’ensemble du Maghreb ont marqué l’avancée inexorable des armées occidentales. Le démantèlement de l’Empire Ottoman au lendemain de la guerre 1914-1918 a signifié la mise sous tutelle, directe ou indirecte, de l’ensemble du monde musulman.

L’opposition entre ces deux pôles qui représenteraient deux civilisations en conflit est une vue de l’esprit simpliste et dangereuse. Les deux entités sont parcourues par des dynamiques plurielles et l'on trouve, en Occident comme en Orient, des femmes et des hommes décidés à résister à la logique du rendement, de la productivité et du gain imposée par une « mondialisation » économiste et inhumaine. Les hommes de bonne volonté, juifs, chrétiens, humanistes et musulmans, doivent désormais faire face au périlleux défi de ne pas « se tromper d’ennemi » et agir ensemble pour défendre la dignité humaine.

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"L’Europe est parfois appelée le Vieux Continent, mais elle reste la mère de la civilisation moderne, le centre de la culture mondiale et l’incarnation de la conscience internationale. L’Europe, et surtout l’Europe occidentale, joue le rôle humaniste qui a fait sa réputation et combat le sous-développement en ouvrant grand les bras aux miséreux, aux maltraités et aux opposants pourchassés par des dictateurs.

Quand elle défend son identité et sa façon de vivre, nous n’avons pas le droit de nous en offusquer. Elle ne fait que défendre la démocratie et les libertés individuelles contre une pensée religieuse, celle de l’islamisme. Il faut être objectif pour comprendre les réactions de colère des Européens face à « l’assaut culturel et humain » musulman.

Au bout d’une ou deux générations, le monde entier, et le monde arabe en premier lieu, regrettera l’Europe telle qu’elle avait été jusque là. Celle-ci aura été transformée sous l’effet de l’immigration musulmane. Les Européens ont donc raison de s’inquiéter. Mettons-nous à leur place : dans les pays du Golfe, ne nous inquiétons-nous pas de l’influence exercée par les immigrés asiatiques sur nos propres modes de vie ?

Les ghettos musulmans prolifèrent autour des grandes villes européennes, le voile s’y est banalisé, le niqab y progresse jour après jour et les mosquées y attirent plus de monde que les églises. Il y aurait quarante cinq millions de musulmans en Europe, ce qui ne serait pas si grave s’ils voulaient vraiment s’intégrer. Or beaucoup soutiennent le principe des attentats, les crimes d’honneurs sont courants et les femmes se voient souvent traitées par leurs familles comme si elles étaient encore dans leur pays d’origine.

C’est effrayant de voir que ceux qui ont fui les dictatures politiques, militaires ou religieuses voudraient transformer l’Europe en quelque chose qui ressemblerait à ce à quoi ils cherchaient à échapper.

Nous écrivons cela simplement afin de nous élever contre la victimisation qui accompagne la défense du droit des musulmans à vivre conformément à leurs convictions. Cela est d’autant plus inacceptable que nous-mêmes, dans notre propre pays, nous refusons à toutes les minorités, y compris aux Européens, de simplement respirer et ne cessons de vouloir leur imposer nos choix."

Source : Ahmed Al-SarrafAl-Qabas, journal koweïtien, via Chrétienté.info, 24 juillet 2010 


Bibliographie

Pistes de lectures:

Rédigé par Last Night in Orient

Publié dans #Projets pédagogiques

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<br /> Aucune religion, aucune com­munauté n’est au­jourd’hui plus persé­cutée que celle des chrétiens. Pour­quoi alors ce silence en Occident ?<br /> <br /> Sommes-nous devenus si étrangers à nous-mê­mes que nous puissions contempler sans broncher ce déchaînement de violence ? ou si aveugles ou si lâches que nous espérions acheter la paix avec le monde<br /> musulman au prix du sacrifice de la liberté religieuse ? Comme si on pouvait construire nulle part la paix sur les décombres de la liberté…<br /> <br /> Tout d’abord, la persécution des chrétiens ne se limite pas au Moyen-Orient : au Viêt­nam, par exemple, elle est manifeste, et on n’en parle pour ainsi dire ja­mais.<br /> <br /> Aujourd’hui, dans le monde, sur cent personnes qui meurent pour leur foi, soixante-quinze sont des chrétiens. Parmi eux, les chrétiens d’Orient, là même où a vécu le Christ, paient le tribut le<br /> plus lourd. Victimes d’attentats comme les coptes d’Égypte, contraints de s’exiler comme la communauté chaldéenne de Turquie, obligés de fuir leur pays comme le tiers des chrétiens d’Irak…<br /> <br /> On a mis beaucoup de temps à s’émouvoir de leur sort , on a réagit avec des années de retard. Comme si la dénonciation de l’antisémitisme ou de l’islamophobie avait fait passer les chrétiens à la<br /> trappe. On est en train de sortir un peu de ce déni de réalité ; le succès du film "Des hommes et des dieux" a peut-être contribué à cette prise de conscience.<br /> <br /> Rappelons d’abord à ceux qui voudraient ignorer l’Histoire que les chrétiens ne sont pas en Orient des “intrus”, mais qu’ils sont fondés à vou­loir demeurer sur ces terres puisqu’ils en sont parmi<br /> les plus anciens habitants.<br /> <br /> Ajoutons qu’ils sont un facteur essentiel de diversité dans des régions de plus en plus islamisées et qu’ils jouent à ce titre un rôle spécifique. Un Orient vidé de ses chrétiens, victimes d’une<br /> “épuration religieuse”, comme il y a eu par le passé des “épu­rations ethniques”, serait historiquement très étrange et culturellement très inquiétant.<br /> <br /> Or leur survie, puisque c’est de cela qu’il s’agit, est indispensable pour tous les acteurs concernés.<br /> Tout d’abord, si leur terre (ils y sont depuis deux mille ans) leur est enlevée, combien de temps pourront-ils conserver ce qui fait leur spécificité, qui est une richesse pour eux mais aussi pour<br /> leurs concitoyens et pour l’Église tout entière ? Car la disparition de son poumon oriental, serait une perte, d’autant plus importante que ses racines spirituelles sont là-bas !<br /> <br /> Ensuite, leurs concitoyens justement, majoritairement musulmans : même si les extrémistes rêvent à voix haute de se débarrasser des chrétiens, les musulmans seront-ils plus heureux pour autant ?<br /> Cela signera la fin de toute ouverture et le rejet de l’altérité, qui est pourtant présente au milieu d’eux, ne serait-ce qu’entre sunnites et chiites.<br /> <br /> Puis, il y a les musulmans en Occident. Croient-ils qu’ils auraient quelque chose à gagner dans cette disparition ? S’ils n’ont pas réussi à vivre avec les chrétiens en Orient, avec qui ils<br /> partageaient leur existence depuis quatorze siècles, comment réussiraient-ils dans ces nouvelles contrées occidentales où leur récente apparition ne se fait pas sans douleur ?<br /> <br /> Enfin, il y a la masse des Européens “sans religion” qui pourraient croire que ce problème n’est pas le leur. Et pourtant ! Sans paix entre le christianisme et l’islam, il n’y aura pas de paix du<br /> tout, et, sans liberté religieuse, il n’y aura pas de liberté non plus.<br /> <br /> Quelle solution l'Occident peut-il trouver à ce problème ?<br /> <br /> Cela est hélas très délicat, car il y a des situations diverses selon les pays. Tout d'abord l’Occident doit affirmer le droit des chrétiens d’Orient à pratiquer librement leur culte, mais une<br /> intervention brutale aggraverait encore le sort de ces chrétiens en accréditant l’idée fausse qu’ils sont en Orient les représentants de l’Occident.<br /> <br /> Les moyens qui nous restent sont ceux du droit et de l’information. Il y a une bataille médiatique à mener, les journalistes ont un devoir de vigilance et d’expression. Ils doivent sans cesse<br /> rappeler que les chrétiens d'Orient existent et qu’ils sont menacés, et qu’ils risquent leur vie simplement en disant qu’ils sont chrétiens et en manifestant leur foi.<br /> <br /> Les gouvernements occidentaux ont été, sur ce sujet, très pusillanimes. Mais c’est à nous de les dénoncer, c’est à nous de crier plus fort. Je pense par exemple au silence un peu gêné qui<br /> accompagne le durcissement antichrétien en Algérie, alors que ces persécutions, si elles avaient touché n’importe quelle autre confession, au­raient suscité un tollé.<br /> <br /> Mais pour les chrétiens, on a fait profil bas. La réticence à reconnaître l’héritage chrétien de l’Europe se combine là malheureusement avec une certaine prudence diplomatique. Il y a des<br /> impératifs de raison d’État qui jouent dans cette timidité.<br /> <br /> Faut-il que les gouvernements occidentaux entament une démarche collective ? Il me semble que l’Onu peut leurs offrir une tribune. C’est dans cette enceinte qu’il faudrait aborder cette question.<br /> Mais la nervosité de l’islam est telle qu’il vaut mieux commencer par des échanges bilatéraux. On pourrait envisager d’obtenir pour les chrétiens, dans les pays concernés, un statut comparable à<br /> celui des maronites au Liban.<br /> <br /> Mais nous individuellement que pouvons nous faire ? Il faut expliquer sans relâche ce que sont les chrétiens d’Orient, que le christianisme n’est pas un privilège eu­ropéen. Je pense que beaucoup<br /> de gens ne savent pas que les chrétiens d’Éthiopie ont été christianisés avant nous, au IVe siècle.<br /> <br /> Main­tenant que la dictature communiste a été renversée et que la pression s’est relâchée sur eux, on assiste là-bas à un phénomène stupéfiant de retour à la foi. C’est la face lumineuse de la<br /> persécution ou du danger : c’est que ces chrétientés-là sont plus vivantes, plus actives, plus ferventes que celles de notre pays. Au Viêtnam, par exemple, quand on demande au directeur du<br /> séminaire d’Hanoi quel est son principal problème en dehors des persécutions, il répond que c’est le manque de place pour tous les candidats à la prêtrise !<br /> <br /> Nous devons surtout travailler à construire, entre gens de bonne volonté et à l’encontre de la violence, les conditions d’un “vivre ensemble” entre chrétiens et musulmans. Si la preuve malheureuse<br /> était faite d’une impossibilité de la coexistence pacifique, cela aurait des répercussions désastreuses y compris dans notre pays.<br /> <br /> Le silence des gouvernements Occidentaux, allié celui de la presse et de nous-mêmes chrétiens, athés et agnostiques font qu'il y a un déséquilibre flagrant entre ce que l’on attend de l’Occident<br /> démocratique et ce que l’on tolère de régimes orientaux qui ne le sont pas…<br /> <br /> http://www.lepost.fr/article/2011/01/01/2356543_pourquoi-ce-silence-de-l-occident-face-a-un-orient-qui-persecute-les-chretiens.html<br /> <br /> <br />
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