Publié le 27 Avril 2017

Esta sala de espera sin esperanza,
estas pilas de un timbre que se secó,
esta mala ventura, esta contradanza,
este tráiler de mudanzas,
con los muebles del amor.

 

Esta campana herida en el campanario,
esta mitad partida por la mitad,
estos besos de Judas, este calvario,
este look de presidiario,
esta cura de humildad.
Este cambio de acera de tus caderas,
este payaso que ya no hace reír,
este arrabal sin grillos en primavera,
ni espaldas con cremallera,
ni anillos de presumir.

 

Este dulce de leche contaminado,
este perro andaluz sin domesticar,
este orgullo de principe destronado,
esta esquina del pecado,
esta ruina de Don Juan.
No abuses de mi inspiración,
no acuses a mi corazón
tan maltrecho y ajado
que está cerrado por derribo.

 

Por las arrugas de mi voz
se filtra la desolación
de saber que estos son
los últimos versos que te escribo,
para decir “condios” a los dos
nos sobran los motivos.
Esta necesidad de necesitarte,
este llamarte sin quererte llamar,
este olvidarme del deber de olvidarte,
este lunes, este martes
y el miércoles que vendrá.

 

Esta lágrima de hombre de las cavernas,
esta horma del zapato de Barba Azul,
que poco rato dura la vida eterna
por el túnel de tus piernas
entre Córdoba y Maipú.

 

Esta guitarra húerfana y delirante,
con su terco knock knockin’ on heaven’s door,
estos dedos que dejan caer un guante,
delicado y transhumante,
a los pies de un trovador.

 

Este Land Rover aparcado en tu puerta,
la rueca de Penélope en el Luna Park,
este sueño que sueña que se despierta,
esta caracola muerta
sin la gramola del mar.

 

No abuses de mi inspiración,
no acuses a mi corazón
tan maltrecho y ajado
que está cerrado por derribo.

 

Por las arrugas de mi voz
se filtra la desolación
de saber que estos son
los últimos versos que te escribo,
para decir “condios” a los dos
nos sobran los motivos.

 

 

Título: Nos sobran los motivos
Año: 1999
Letra: Joaquín Sabina
Música: Alejo Stivel
Disco: 19 Días y 500 Noches (1999)

Voir les commentaires

Rédigé par Last Night in Orient

Publié dans #Joaquín Sabina, #Nos Sobran los Motivos, #musiques espagnoles, #1999

Repost0

Publié le 27 Avril 2017

Metáforas y delicias del lenguaje

Voir les commentaires

Rédigé par Last Night in Orient

Publié dans #Joaquín Sabina, #musiques espagnoles

Repost0

Publié le 27 Avril 2017

 Lors de son meeting à Arras mercredi soir, Emmanuel Macron a haussé le ton contre Marine Le Pen, martelant deux mots : “Pas ça”.
 Lors de son meeting à Arras mercredi soir, Emmanuel Macron a haussé le ton contre Marine Le Pen, martelant deux mots : “Pas ça”.

Lors de son meeting à Arras mercredi soir, Emmanuel Macron a haussé le ton contre Marine Le Pen, martelant deux mots : “Pas ça”.

Ne donnez pas au Front national votre colère : il ne la mérite pas.
Ne donnez pas au Front national vos espoirs : il les trahira.

Emmanuel Macron

L'anaphore rythme la phrase, souligne un mot, une obsession, provoque un effet musical, communique plus d'énergie au discours ou renforce une affirmation, un plaidoyer, suggère une incantation, une urgence. Syntaxiquement, elle permet de créer un effet de symétrie

En quoi sommes-nous un peuple ?

Depuis plusieurs années, des groupes et des responsables politiques nous empêchent de répondre à cette question vitale pour la survie du projet français.

Les uns font leur nid au creux de notre identité. Leur premier combat fut de stigmatiser ceux qui ne leur ressemblaient pas et leur première victoire fut la naissance du ministère de l’Identité nationale. Alors que depuis toujours notre culture prétend à l’universel, ils l’ont réduite à une lignée. Alors qu’elle n’a cessé de donner aux individus les moyens de leur autonomie, ils l’ont enchaînée à une religion. Alors qu’elle s’est bâtie dans la richesse des formes et la pluralité des arts, ils l’ont rétrécie à un étroit corpus d’œuvres et d’auteurs.

D’autres tentent au contraire de renier et de dissoudre la Nation française. Ils croient à des particularismes indépassables et imaginent que leur religion, leur communauté et les lois qu’ils se donnent sont supérieures à la République. Eux aussi sont les promoteurs du repli, du déni et de l’enfermement. Ils ne voient pas que le communautarisme est l’autre nom du ghetto.

La crise qui dure est économique et sociale. Mais elle est également civilisationnelle et morale. C’est pourquoi je crois qu’il est urgent de sortir de l’alternative mortifère dans laquelle nous nous sommes enfermés.

Si les Français forment un peuple, ce n’est pas parce qu’ils partagent une identité figée et rabougrie.

Le fondement de la culture française, c’est une ouverture sans pareil. Notre culture est toujours parvenue à se dépasser elle-même, à voguer vers le neuf, l’imprévu, l’inconnu. Elle n’a cessé de se réinventer face à l’abîme, se portant toujours là où on ne l’attendait pas. C’est pourquoi le terme même d’identité ne peut être accolé à celui de « culture française ». L’identité promue par nos réactionnaires, c’est l’invariance, la sèche continuité. « En art, il n’y a pas d’étrangers », disait Brancusi. C’est pourquoi j’ai pu dire qu’il n’existe pas une culture française, comme si l’on pouvait réduire tant de richesses à un visage unique, à une parole univoque, à une histoire uniforme. La culture française est un fleuve nourri de confluents nombreux, la rencontre de la tradition et de la modernité.

Le fondement de la culture française, c’est de prétendre à l’universel.

Si les Français forment un peuple, ce n’est pas non plus parce qu’ils coexistent passivement.

Le fondement de la culture française, c’est de prétendre à l’universel. Aller vers Hugo, Gide, Duras, Glissant ou Yourcenar, c’est l’inestimable opportunité donnée à chacun de vivre la vie des autres, de dépasser sa condition. C’est la raison pour laquelle la France est plus qu’une somme de communautés. Elle est cette idée commune, ce projet partagé, dans lesquels chacun, d’où qu’il vienne, devrait pouvoir s’inscrire.

Partir de ce que nous avons en commun : voilà le cœur de mon projet présidentiel.

Ce que nous avons en commun, d’abord, c’est la langue française. C’est elle, notre territoire. Savoir lire et écrire, ce n’est pas seulement augmenter ses chances de trouver un emploi. C’est d’abord s’enraciner en France, dans notre Nation. Parler français, penser en français, sentir en français est le viatique véritable pour tout individu désireux de s’inscrire dans la République. « Ma patrie, c’est la langue française », disait Albert Camus : c’est cette patrie qui nous fait grands, qui nous fait rayonnants. La langue française n’est pas un vecteur de rejet. Elle est la condition de notre projet. C’est pourquoi notre pays triomphe lorsque ses écrivains se nomment aujourd’hui Marie NDiaye, Leïla Slimani, Alain Mabanckou et hier Joseph Kessel, Henri Troyat, Guillaume Apollinaire. Et lorsqu’ils ne sont pas français, mais ont pour nom Léopold Sédar Senghor, Kateb Yacine, Ahmadou Kourouma, Salah Stétié, c’est que nous avons réussi à faire rayonner notre meilleure part.

Ce que nous avons en commun, ensuite, c’est l’héritage culturel de notre pays. Autant je veux lutter contre une conception de la culture comme identité qui exclut, comme monde fermé aux autres, autant je voudrais redire aux Français qu’ils doivent être fiers de leur héritage. Or, parcourant le pays depuis des mois, que vois-je? Je vois une France qui n’a pas renoncé à perpétuer les arts et les lettres qui l’ont faite si grande. Elle continue de s’enorgueillir de ses écrivains, de ses peintres, de ses architectes, de ses musiciens, qui forgent, façonnent, dessinent les contours et les reliefs de notre pays.

Ne croyons pas les professionnels du pessimisme, des regrets : la culture française conserve son rang parmi les nations.

Ce que nous avons en commun, enfin, c’est une ambition folle. Cette volonté d’accéder à l’universel est un projet qui nous dépasse. Il n’est pas une université au monde qui ne convie nos romanciers, pas une ville qui ne passe commande à nos architectes, pas un salon sans nos peintres, pas un concert sans que soient joués nos compositeurs. Ne croyons pas les professionnels du pessimisme, des regrets : la culture française conserve son rang parmi les nations. Elle reste ce modèle vers lequel tournent les yeux ceux qui cherchent un surcroît de sens. Elle est ce havre où la liberté de l’esprit est une réalité. Mais il y a plus. Dans ce monde qui change si profondément, qui menace d’effacer les frontières, de nous fondre de façon indistincte, notre culture est un atout maître. Par elle nous savons dialoguer avec le monde. Grâce à elle, nous savons que la puissance des valeurs est plus grande que les forces de l’argent. Avec elle, nous avons conscience que la diversité n’est pas une faiblesse mais une force.

Dans ce siècle qui prend forme sous nos yeux, la première exigence est de savoir ce que nous avons à faire ensemble. Ne nous laissons pas dissuader par les aigris et les rétrogrades. Regardons en face qui nous sommes, notre appartenance commune.

C’est ainsi que nous pourrons nous dépasser, bâtir ensemble, comprendre le monde, influencer sa marche et faire entrer la France dans cette ère nouvelle.

Voir les commentaires

Rédigé par Last Night in Orient

Publié dans #France, #2017, #politique, #Emmanuel Macron, #anaphore,

Repost0