En passant rue du Commandant Charcot à Anderlecht, on ne remarque pas forcément la petite pierre grise sous la fenêtre du numéro 18. Pourtant, elle raconte toute une histoire.
On y lit, gravé dans la pierre bleue : "VandenHoute. ARCHITECTE."
Ce n'est pas une simple décoration. C'est la signature de J.P. Van den Houte, l'architecte qui a dessiné presque tout ce quartier entre 1938 et 1960. Sa maison personnelle se trouve à deux minutes, au 47 Boulevard Edmond Machtens, et autour, c'est tout son oeuvre : l'avenue Jean de la Hoese 48 (1938), les numéros 53-55 et 134-142 du boulevard Machtens, la Résidence Chantilly...
Le 18 Rue Commandant Charcot est typique de son style de la fin des années 30 : une maison de rangée moderniste.
En haut, de la brique brun-jaune posée en bandes horizontales, de grandes fenêtres en bandeaux pour faire entrer la lumière. Aucun ornement inutile, l'époque voulait du fonctionnel, du propre, de l'hygiénique.
En bas, par contre, le petit rappel de l'Art Déco : un soubassement en pierre bleue martelée en chevrons, taillée à la main. C'est là, dans un cartouche lisse laissé exprès, que l'architecte a signé. Avec une typographie très 1930 : le grand V et le grand H, et le mot ARCHITECTE souligné.
C'était aussi très moderne pour l'époque : la maison a été conçue avec son garage, à une époque où la voiture commençait à peine à entrer dans les maisons de la classe moyenne.
La rue elle-même porte le nom de Jean-Baptiste Charcot, l'explorateur polaire français. Elle fait partie de l'extension de Moortebeek / Neerpede, construite pour loger les familles d'Anderlecht avant la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd'hui, le numéro 18 n'est pas classé monument à lui seul, mais il fait partie d'un ensemble inscrit à l'inventaire légal du patrimoine architectural depuis le 19 août 2024.
La prochaine fois que vous passez par là, regardez sous la fenêtre du rez-de-chaussée. Un architecte a signé son quartier, discrètement, dans la pierre bleue.
Adresse : 18 Rue du Commandant Charcot, 1070 Anderlecht
Architecte : J.P. Van den Houte, vers 1938
Style : Modernisme d'entre-deux-guerres / Art Déco tardif épuré.
Le 18 Rue du Commandant Charcot est une leçon d'architecture de la fin des années 30, pile entre deux mondes.
A l'étage : le modernisme.
Brique brun-jaune posée en longues bandes horizontales. Grandes fenêtres en bandeaux, linteaux en béton très fins, aucune moulure. L'idée n'était plus de décorer, mais d'apporter de la lumière et de l'hygiène. C'est le style "paquebot", fonctionnel, qu'on voulait pour la classe moyenne d'avant-guerre.
Au rez-de-chaussée : le souvenir de l'Art Déco.
Soubassement entièrement en pierre bleue ciselée en chevrons, martelée à la main. Dans ce soubassement, un cartouche lisse a été réservé pour la signature. La typographie est typique des années 30 : le grand V et le grand H de VandenHoute, et le mot ARCHITECTE souligné en petites capitales.
Et surtout, détail très moderne pour 1938 : la maison a été pensée avec son garage intégré. La voiture entrait dans la maison.
Pourquoi "Commandant Charcot" ?
La rue porte le nom de Jean-Baptiste Charcot (1867-1936), médecin et explorateur polaire français. Tout le quartier Moortebeek a été tracé dans les années 30 pour absorber la croissance d'Anderlecht.
Faut-il la protéger ?
La maison n'est pas classée individuellement, mais elle fait partie d'un ensemble inscrit à l'inventaire légal du patrimoine architectural de la Région Bruxelles-Capitale depuis le 19 août 2024. C'est une reconnaissance de son intérêt historique.
Aujourd'hui, la façade a gardé son caractère d'origine : porte blanche, châssis blancs, pierre bleue et brique. Seuls les châssis ont été remplacés en PVC, mais les proportions sont restées.
A voir si vous passez par là
La prochaine fois que vous passez au 18, penchez-vous. Sous la grande fenêtre du salon, la pierre est encore parfaite. C'est rare de pouvoir toucher la signature d'un architecte 86 ans après.
C'est ça, le patrimoine bruxellois : pas toujours des palais, parfois juste une pierre bleue bien taillée.