architecture

Publié le 9 Octobre 2026

C'est la cité-jardin Le Logis - Floréal, à Watermael-Boitsfort (1170 Bruxelles).

C'est la cité-jardin Le Logis - Floréal, à Watermael-Boitsfort (1170 Bruxelles).

Plus précisément, l'immeuble que j'ai photographié c'est le fameux Fer à Cheval / immeuble Place Joseph Wauters 1 à 15 — le premier immeuble-tour de cette ampleur à Bruxelles, dessiné par l'architecte J.-J. Eggericx.  

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Bruxelles, #Architecture

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Publié le 20 Septembre 2026

 Anderlecht, 1938 : Quand J.P. Van den Houte signait ses maisons dans la pierre bleue

En passant rue du Commandant Charcot à Anderlecht, on ne remarque pas forcément la petite pierre grise sous la fenêtre du numéro 18. Pourtant, elle raconte toute une histoire.

On y lit, gravé dans la pierre bleue : "VandenHoute. ARCHITECTE."

Ce n'est pas une simple décoration. C'est la signature de J.P. Van den Houte, l'architecte qui a dessiné presque tout ce quartier entre 1938 et 1960. Sa maison personnelle se trouve à deux minutes, au 47 Boulevard Edmond Machtens, et autour, c'est tout son oeuvre : l'avenue Jean de la Hoese 48 (1938), les numéros 53-55 et 134-142 du boulevard Machtens, la Résidence Chantilly...

Le 18 Rue Commandant Charcot est typique de son style de la fin des années 30 : une maison de rangée moderniste.

En haut, de la brique brun-jaune posée en bandes horizontales, de grandes fenêtres en bandeaux pour faire entrer la lumière. Aucun ornement inutile, l'époque voulait du fonctionnel, du propre, de l'hygiénique.

En bas, par contre, le petit rappel de l'Art Déco : un soubassement en pierre bleue martelée en chevrons, taillée à la main. C'est là, dans un cartouche lisse laissé exprès, que l'architecte a signé. Avec une typographie très 1930 : le grand V et le grand H, et le mot ARCHITECTE souligné.

C'était aussi très moderne pour l'époque : la maison a été conçue avec son garage, à une époque où la voiture commençait à peine à entrer dans les maisons de la classe moyenne.

La rue elle-même porte le nom de Jean-Baptiste Charcot, l'explorateur polaire français. Elle fait partie de l'extension de Moortebeek / Neerpede, construite pour loger les familles d'Anderlecht avant la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd'hui, le numéro 18 n'est pas classé monument à lui seul, mais il fait partie d'un ensemble inscrit à l'inventaire légal du patrimoine architectural depuis le 19 août 2024.

La prochaine fois que vous passez par là, regardez sous la fenêtre du rez-de-chaussée. Un architecte a signé son quartier, discrètement, dans la pierre bleue.

Adresse : 18 Rue du Commandant Charcot, 1070 Anderlecht
Architecte : J.P. Van den Houte, vers 1938
Style : Modernisme d'entre-deux-guerres / Art Déco tardif épuré.

 Anderlecht, 1938 : Quand J.P. Van den Houte signait ses maisons dans la pierre bleue

Le 18 Rue du Commandant Charcot est une leçon d'architecture de la fin des années 30, pile entre deux mondes.

A l'étage : le modernisme. 
Brique brun-jaune posée en longues bandes horizontales. Grandes fenêtres en bandeaux, linteaux en béton très fins, aucune moulure. L'idée n'était plus de décorer, mais d'apporter de la lumière et de l'hygiène. C'est le style "paquebot", fonctionnel, qu'on voulait pour la classe moyenne d'avant-guerre.

Au rez-de-chaussée : le souvenir de l'Art Déco.
Soubassement entièrement en pierre bleue ciselée en chevrons, martelée à la main. Dans ce soubassement, un cartouche lisse a été réservé pour la signature. La typographie est typique des années 30 : le grand V et le grand H de VandenHoute, et le mot ARCHITECTE souligné en petites capitales.

Et surtout, détail très moderne pour 1938 : la maison a été pensée avec son garage intégré. La voiture entrait dans la maison.
Pourquoi "Commandant Charcot" ?
La rue porte le nom de Jean-Baptiste Charcot (1867-1936), médecin et explorateur polaire français. Tout le quartier Moortebeek a été tracé dans les années 30 pour absorber la croissance d'Anderlecht.
Faut-il la protéger ?
La maison n'est pas classée individuellement, mais elle fait partie d'un ensemble inscrit à l'inventaire légal du patrimoine architectural de la Région Bruxelles-Capitale depuis le 19 août 2024. C'est une reconnaissance de son intérêt historique.

Aujourd'hui, la façade a gardé son caractère d'origine : porte blanche, châssis blancs, pierre bleue et brique. Seuls les châssis ont été remplacés en PVC, mais les proportions sont restées.
A voir si vous passez par là
La prochaine fois que vous passez au 18, penchez-vous. Sous la grande fenêtre du salon, la pierre est encore parfaite. C'est rare de pouvoir toucher la signature d'un architecte 86 ans après.

C'est ça, le patrimoine bruxellois : pas toujours des palais, parfois juste une pierre bleue bien taillée.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Anderlecht, #Architecture, #1938

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Publié le 3 Septembre 2026

​Le 34, rue des Osiers : Poésie Art Déco et secrets architecturaux au cœur de Molenbeek
​Le 34, rue des Osiers : Poésie Art Déco et secrets architecturaux au cœur de Molenbeek
​Le 34, rue des Osiers : Poésie Art Déco et secrets architecturaux au cœur de Molenbeek

​Par Mario Scolas, auteur du blog Last Night in Orient

​Niché au cœur de Molenbeek-Saint-Jean, à l'angle paisible de la rue des Osiers et de la rue Edmond de Grimberghe, se dresse un remarquable immeuble de coin. Érigé vers 1928, ce bâtiment incarne avec brio l'esprit de l'entre-deux-guerres, mariant les lignes épurées du style Art Déco à de subtiles influences modernistes géométriques. Une signature architecturale d'exception qui vaut aujourd'hui à l'ensemble d'être officiellement inscrit à l'inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale.

​L'empreinte de Julien Roggen

​À l'origine de cette réalisation se trouve l'architecte molenbeekois Julien Roggen. Actif tout au long du XXe siècle, Roggen s'est imposé comme une figure incontournable de l'histoire urbanistique bruxelloise. S'il a su imprimer son talent dans des projets résidentiels soignés et des compositions géométriques audacieuses — dont témoigne magnifiquement la maison voisine du numéro 32, également conçue de sa main —, son nom reste aussi profondément lié aux grands chantiers de logements sociaux. On lui doit notamment, au début de l'année 1965, la célèbre Tour Brunfaut, entrée dans l'histoire comme la première tour de logements à ossature entièrement métallique de Bruxelles.

​Les secrets d'une façade : entre discrétion et symbolisme

​Si les registres historiques demeurent discrets quant à l'identité des premiers commanditaires de cette demeure unifamiliale, la façade elle-même se fait le narrateur d'une histoire plus énigmatique. L'œil averti y découvrira en effet un bas-relief sculpté représentant un hibou ou une chouette.

​Dans l'imaginaire de l'Art Déco, ce motif est loin d'être anodin. Qu'on y voie une référence à la tradition maçonnique — où la chouette incarne la sagesse, la clairvoyance et la quête indéfectible de la vérité — ou plus largement l'attribut classique de la connaissance et de l'érudition, ce choix iconographique témoigne de la dimension intellectuelle que les bâtisseurs de l'époque cherchaient à insuffler à leurs œuvres, conférant au foyer une protection symbolique intemporelle.

​L'art d'habiter : volumes intérieurs et lumière traversante

​Au-delà de son enveloppe extérieure, l'aménagement intérieur de cette demeure reflète tout le savoir-faire de l'architecture résidentielle de la fin des années 1920. Conçue pour optimiser le confort de ses occupants dans un tissu urbain dense, la distribution des espaces répondait à des codes précis :

  • ​La hiérarchie des niveaux : Si le rez-de-chaussée faisait office de zone d'accueil, le premier étage — véritable étage noble — concentrait les espaces de réception (salon et salle à manger en enfilade), tandis que les niveaux supérieurs abritaient l'intimité des chambres et des salles d'eau.
  • ​Le rôle clé des bow-windows et des ouvertures : Les avant-corps vitrés et les fenêtres aux formes géométriques étirées ou losangiques n'étaient pas de simples choix esthétiques. À l'intérieur, ils agissaient comme de véritables pièges à lumière, captant les rayons solaires sous de multiples angles pour baigner les pièces de vie d'une clarté naturelle constante. Ces avancées offraient également aux habitants un panorama privilégié sur l'intersection animée, tout en créant des alcôves intimes propices à la lecture ou à la contemplation.
​Une mise en scène nocturne

​À la tombée de la nuit, lorsque les éclairages urbains et les lueurs intérieures viennent enluminer les façades, la bâtisse révèle toute sa splendeur. Le jeu rigoureux sur les volumes d'angle, l'alliance texturée de la brique et de la pierre, ainsi que le rythme singulier des ouvertures prennent alors toute leur mesure. Plus qu'un simple exercice de style, cette réalisation témoigne d'une vision urbanistique de haut vol : celle d'une architecture de quartier pensée pour structurer l'espace public et célébrer durablement l'art d'habiter la ville.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #1928, #Molenbeek-Saint-Jean, #Architecture, #Julien Roggen, #Tour Brunfaut

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