belgique

Publié le 9 Août 2026

On résume souvent la culture belge à sa frontière linguistique. Mais sous les ondes et dans les sous-sols de la musique alternative, le Nord et le Sud ne font qu'un. Plongée au cœur d'un écosystème indépendant, bouillonnant et décomplexé.

Mario Scolas

​On entend souvent dire que la Belgique est un pays de compromis, coupé en deux par une frontière linguistique. D’un côté, la Flandre néerlandophone ; de l’autre, la Fédération Wallonie-Bruxelles. À l'étranger, on résume parfois sa culture à cette dualité. Mais si l'on gratte sous la surface, et plus particulièrement dans les sous-sols de la musique alternative, la réalité est tout autre : elle est bouillonnante, décomplexée et, surtout, de plus en plus unie.

​Alors, à quoi ressemble vraiment cet écosystème indépendant qui refuse les étiquettes et fait fi des barrières de langues ?

​Deux scènes, une même urgence créative

​D’un point de vue historique, les trajectoires ont longtemps évolué en parallèle.

  • En Flandre, la scène indé bénéficie d'une structure aux petits oignons, connectée aux circuits du nord de l'Europe. De l'art-rock incandescent de dEUS dans les années 90 à la pop indé ou la bedroom pop ultra-actuelle, les projets flamands profitent d'un réseau solide et d'un public curieux.
  • Côté francophone, on cultive un amour féroce pour l'éclectisme, l'auto-dérision et le surréalisme. De l'héritage punk et de l'EBM (merci Front 242) jusqu'aux labels indépendants comme Jaune Orange, la Wallonie et Bruxelles débordent de projets bruts, poétiques et farouchement libres.

​Pourtant, malgré des marchés et des subventions gérés séparément, un groupe d'Anvers et un combo liégeois partagent exactement la même réalité : des galères logistiques similaires, un combat quotidien face au rouleau-compresseur des algorithmes de streaming, et surtout, le même besoin viscéral de créer hors des sentiers battus.

​Bruxelles : Le grand mix de l'underground

​S'il y a bien un endroit où la frontière linguistique vole en éclats, c'est Bruxelles.

​Dans la capitale, les scènes se croisent, se mélangent et s'hybrident naturellement. Des salles mythiques et engagées comme le Magasin 4 brassent des publics punks, indés et électroniques sans se soucier de savoir qui parle quelle langue.

​Et puis, il y a le phénomène des webradios. Ces dernières années, Bruxelles est devenue un véritable hub européen de la contre-culture radiophonique. Des plateformes comme Kiosk Radio (installée dans son petit chalet du Parc Royal) ou THE WORD ne demandent pas votre carte d'identité linguistique : elles connectent simplement des diggers, des producteurs et des mélomanes d'ici et d'ailleurs autour d'un amour viscéral pour le bon son, le vinyle et le live.

​Des ponts qui se construisent (enfin)

​Heureusement, le cloisonnement d'autrefois laisse de plus en plus place à des ponts solides, portés par des acteurs de terrain bien décidés à décloisonner le pays :

  • Les structures de soutien comme VI.BE (côté flamand) et Court-Circuit (côté francophone) unissent régulièrement leurs forces pour professionnaliser et connecter les artistes des deux communautés.
  • La Semaine de la Musique Belge mobilise chaque année les radios publiques (Tipik et Studio Brussel en tête) et indépendantes pour diffuser en chœur le meilleur de la création nationale.
  • Les festivals comme le Dour Festival ou le Fifty Lab font office de zones franches totales, où les têtes d'affiche et les pépites émergentes du Nord et du Sud se partagent les mêmes scènes sous les mêmes acclamations.

 

​Unir le francophone et le néerlandophone dans la musique alternative belge, ce n’est pas gommer les identités, bien au contraire. C'est faire de cette double culture une force d'immunité contre la standardisation de la musique mondiale.  ​Dans un paysage culturel parfois fragilisé mais plus résilient que jamais, la Belgique prouve que sa plus belle anomalie, c’est sa capacité à faire dialoguer des mondes. Et franchement, le résultat sonne drôlement bien.

​Unir le francophone et le néerlandophone dans la musique alternative belge, ce n’est pas gommer les identités, bien au contraire. C'est faire de cette double culture une force d'immunité contre la standardisation de la musique mondiale. ​Dans un paysage culturel parfois fragilisé mais plus résilient que jamais, la Belgique prouve que sa plus belle anomalie, c’est sa capacité à faire dialoguer des mondes. Et franchement, le résultat sonne drôlement bien.

Pour illustrer le propos de l'image et du rédactionnel, qui célèbrent la fusion et l'union des scènes alternatives francophones et néerlandophones en Belgique (notamment autour de Bruxelles), voici une sélection d'artistes emblématiques qui incarnent parfaitement cet esprit de décloisonnement et d'audace.

​Ces artistes sont soit bilingues, soit ont collaboré activement entre les deux communautés, soit ont réussi à s'imposer des deux côtés de la frontière linguistique, reflétant ainsi l'esprit du visuel de l'Atomium et du Magasin 4.

​Les Pionniers (L'Héritage commun)
  • Arno (et TC Matic) : Le parrain du rock belge. Bien qu'originaire d'Ostende (Flandre), il chantait dans un mélange unique de français, d'anglais, d'allemand et de flamand, avec une attitude "bxl" très forte. Il est l'incarnation même de l'artiste belge transcommunautaire.
  • Front 242 : Originaires de Bruxelles et d'Aarschot (Flandre), ils ont inventé l'EBM (Electronic Body Music), un genre électronique industriel qui a conquis le monde entier, prouvant que le génie belge pouvait naître de la fusion entre le Nord et le Sud.
​La Scène Indé et Rock (Années 90-2000)
  • dEUS : Le groupe anversois (Flandre) par excellence du rock alternatif. Dès leurs débuts, ils ont travaillé avec des musiciens et producteurs francophones, notamment à Bruxelles, s'implantant durablement en Wallonie. Ils sont le porte-étendard de l'indie-rock belge à l'international.
  • Ghinzu : Formé à Bruxelles, ce groupe de rock alternatif flamboyant mélange des influences anglo-saxonnes avec une théâtralité typiquement belge. Leur public est parfaitement mixte, remplissant les salles des deux côtés du pays.
  • Zita Swoon (et Stef Kamil Carlens) : Un collectif artistique anversois qui a toujours eu une forte connexion avec la scène bruxelloise et expérimentale, explorant des territoires musicaux loin du formatage.
​La Scène Actuelle et Électronique (Bruxelles comme catalyseur)

​C'est là que l'union est la plus visible aujourd'hui. Bruxelles est le terrain de jeu commun.

  • Lous and The Yakuza : Née au Congo, élevée en Belgique (entre autres), elle rappe et chante en français. Basée à Bruxelles, elle collabore avec des producteurs de toute la scène belge et internationale, et son univers transcende les barrières de genre et de langue.
  • Le Motel : Producteur bruxellois incontournable de la scène électronique et hip-hop. Il tisse des ponts entre les univers rap (notamment avec Romeo Elvis, Caballero & JeanJass, qui sont bilingues ou très influencés par Bruxelles) et des sonorités plus expérimentales, unissant les publics des festivals Dour et Pukkelpop.
  • Charlotte de Witte : Originaire de Gand (Flandre), elle est devenue une superstar mondiale de la techno. Sa carrière a décollé dans les clubs bruxellois, et elle reste une figure centrale de la scène électronique unifiée belge.
  • Glauque : Originaire de Namur (Wallonie), ce collectif marie une énergie punk viscérale avec des productions électroniques sombres. Ils sont produits par le label liégeois Jaune Orange mais s'exportent brillamment en Flandre grâce à leur intensité scénique.
  • B E N B O J A N : Rappeur bruxellois qui manie le français et le néerlandais avec une aisance déconcertante, illustrant la nouvelle génération bruxelloise hybride.
​Les Groupes-Ponts
  • La Jungle : Un duo "noise-rock" instrumental (donc sans parole, dépassant la langue) basé à Mons (Wallonie), mais qui est devenu culte dans toute la Belgique pour ses performances live dantesques, jouant indifféremment au Magasin 4 et dans les festivals flamands.

Pour prolonger cette dynamique et illustrer la vitalité de la relève, voici une sélection de jeunes groupes et projets alternatifs prometteurs en Belgique qui incarnent la créativité actuelle, qu'ils viennent de Flandre, de Bruxelles ou de Wallonie :

​1. Kids With Buns (Flandre)
  • Le genre : Bedroom pop / Indie mélancolique.
  • Pourquoi ils comptent : Porté par le duo Marie Van Uytvanck et Amber Piddington, ce projet flamand séduit par des voix androgynes poignantes, des ambiances intimistes à la London Grammar et des textes taillés comme des pages de journal intime. Un vrai coup de cœur de la scène indé du Nord.
​2. Glauque (Wallonie)
  • Le genre : Hip-hop alternatif / Électro-punk.
  • Pourquoi ils comptent : Venus de Namur, ils dynamitent les frontières entre les genres. Leurs productions électroniques sombres et leurs textes en français scandés avec une urgence viscérale en font l'un des groupes live les plus excitants de la scène francophone actuelle.
​3. Annabel Lee (Bruxelles)
  • Le genre : Garage rock / Lo-fi / Grunge-pop.
  • Pourquoi ils comptent : Trio basé à Bruxelles, ils insufflent un vent de fraîcheur inspiré par le rock des années 90. Leurs mélodies solaires mais teintées d'amertume tournent en boucle sur les ondes indépendantes et font des ravages en festival.
​4. Aili (Flandre / Bruxelles)
  • Le genre : Électro-pop avant-gardiste.
  • Pourquoi ils comptent : Fruit de la collaboration entre la musicienne belgo-japonaise Aili Maruyama et le producteur Orson Wouters (basés à Gand), le duo mixe des rythmes électroniques chaloupés et des paroles en japonais. C'est l'exemple parfait de l'audace et de l'hybridation culturelle de la scène belge moderne.
​5. Ronker (Flandre / Scène underground)
  • Le genre : Noise rock / Post-punk brutal.
  • Pourquoi ils comptent : Pour les amateurs de sons plus abrasifs, ce groupe s'impose comme l'une des figures de proue de la frange la plus sombre et intense du rock belge, reprenant le flambeau des grandes heures du bruitisme indépendant.
Et si la musique alternative était la meilleure arme de la Belgique pour réconcilier ses deux moitiés ? Entre Flandre et Wallonie, les barrières linguistiques s'effondrent enfin pour laisser place à un seul et même écosystème indépendant, bouillonnant et résolument uni.

Et si la musique alternative était la meilleure arme de la Belgique pour réconcilier ses deux moitiés ? Entre Flandre et Wallonie, les barrières linguistiques s'effondrent enfin pour laisser place à un seul et même écosystème indépendant, bouillonnant et résolument uni.

Ces artistes ne font pas juste de la musique en Belgique, ils font de la musique belge, une musique hybride qui tire sa force de la coexistence de ses deux grandes cultures au sein d'un même espace géographique restreint.

Mario Scolas

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Belgique, #Musique alternative, #Indie pop

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Publié le 8 Août 2026

 « Belgikistan » c'est un mot-valise — Belgique + -istan — créé et popularisé dans les années 2000-2010 dans les sphères de l'extrême droite / droite identitaire en Belgique et en France.

« Belgikistan » c'est un mot-valise — Belgique + -istan — créé et popularisé dans les années 2000-2010 dans les sphères de l'extrême droite / droite identitaire en Belgique et en France.

Vu à travers le prisme de la vie politique belge, ce terme résonne d'une manière particulière. Souvent importé ou popularisé par des couvertures de magazines étrangers (notamment français) ou repris par certains cercles politiques locaux pour fustiger le modèle d'intégration de Bruxelles, il se heurte à de vives contestations de la part d'une large partie de la société civile et des observateurs belges.

Mario Scolas

L'expression « Belgikistan » s'inscrit pleinement dans ce que l'on peut qualifier d'élément de langage ou de construction lexicale propre à la droite radicale et à l'extrême droite.

​1. Origine et objectif du terme

​Construit sur le modèle de suffixes géographiques en -istan (utilisés pour désigner des pays d'Asie centrale à majorité musulmane comme l'Afghanistan ou le Pakistan), ce néologisme est un mot-valise à visée polémique.

​Il est utilisé principalement par des essayistes, des médias ou des figures politiques conservateurs et d'extrême droite (en France et en Belgique, comme cela a pu être relayé dans certains dossiers de presse ou des tribunes de figures souverainistes) pour désigner une prétendue « islamisation » profonde de la société belge, en particulier de sa capitale, Bruxelles.

​2. Les mécanismes rhétoriques à l'œuvre

​Ce terme illustre une stratégie discursive bien identifiée par les sociologues et les politologues :

  • La caricature alarmiste : L'utilisation du suffixe -istan vise à suggérer un changement de civilisation, un basculement culturel ou l'instauration de lois religieuses, en assimilant par exagération la réalité belge à des régimes politiques perçus comme autoritaires ou théocratiques.
  • L'amalgame et la stigmatisation : Le mot sert à réduire la complexité urbaine, sociale et multiculturelle de grandes villes belges à une caricature sécuritaire et identitaire unique.
  • La fonction performative : En imposant ce type de vocabulaire dans le débat public, l'objectif est d'influencer la perception des citoyens, d'ancrer l'idée d'un « déclin » ou d'une perte de contrôle de l'État, et de banaliser des thématiques chères aux mouvements nationalistes et identitaires.

​Si les enjeux liés à l'intégration, à la laïcité ou au sécuritarisme font l'objet de débats légitimes et contrastés au sein de la classe politique belge, l'étiquette « Belgikistan » relève, quant à elle, d'une construction idéologique destinée à frapper les esprits par l'exagération et le registre de la peur

Bruxelles, 2026. Les enseignes au néon continuent de refléter la bruine sur les pavés de la Grand-Place. Tandis que les politologues dissèquent la sémantique de l'exclusion et que les mots continuent de se charger d'affects, la ville, elle, poursuit son tumulte quotidien — indifférente aux étiquettes, tissée de cent langues et d'autant de silences.

Mario Scolas

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Belgikistan, #Novlangue, #extrême-droite, #Belgique, #Racisme

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Publié le 7 Août 2026

La culture en première ligne : réinventer nos solidarités face aux replis identitaires.

Mario Scolas

La montée de l’extrême droite représente un défi existentiel pour le monde culturel, car les projets politiques qu’elle porte reposent souvent sur le repli identitaire, la censure, la remise en cause des subventions publiques basées sur la liberté de création, et l'instrumentalisation de l'art à des fins nationalistes.

​Face à cette réalité, le positionnement des artistes et des organisations culturelles doit être à la fois éthique, stratégique et opérationnel.

​1. Défendre inconditionnellement la liberté de création et la démocratie culturelle
  • Refuser l’autocensure : L'extrême droite prospère par la peur et la normalisation de ses idées. Les créateurs doivent continuer à aborder les sujets complexes (migrations, genre, histoire coloniale, pluralisme) sans céder aux pressions ou aux menaces de censure.
  • Affirmer la culture comme un bien commun universel : Lutter contre la vision nationaliste et étriquée de la culture qui voudrait réserver l'art à une « identité » figée. La culture est par essence métisse, mouvante et ouverte sur l'altérité.
​2. Renouveler les liens avec les territoires et les publics
  • Sortir des « enclos » élitistes : Souvent, l’extrême droite gagne du terrain dans les zones périurbaines et rurales délaissées par les politiques publiques traditionnelles. Les organisations culturelles doivent intensifier l'action culturelle de proximité (résidences d'artistes, ateliers participatifs, co-création).
  • Pratiquer l'éducation artistique populaire : Ne pas se contenter de diffuser des œuvres, mais créer des espaces de dialogue, d'esprit critique et de décryptage des récits simplistes ou haineux portés par les discours populistes.
​3. Solidarité et mise en réseau des structures culturelles
  • Créer des fronts communs : Face aux tentatives d’intimidation (coupes budgétaires ciblées, pressions sur la programmation dans les municipalités basculées à l'extrême droite), la riposte doit être collective. Les théâtres, les festivals, les musées et les collectifs d'artistes doivent s'unir pour se soutenir mutuellement.
  • Soutenir la création menacée : Mettre en place des réseaux de solidarité pour accueillir, diffuser ou protéger les artistes qui subissent des persécutions directes ou des campagnes de harcèlement en ligne.
​4. Exemplarité éthique et transparence des institutions
  • Refuser la banalisation et la collaboration : Les organisations culturelles doivent refuser de prêter leurs tribunes ou de normaliser les représentants de l'extrême droite dans le cadre de débats faussement « équilibrés » qui visent à légitimer leurs thèses.
  • Assumer une boussole progressiste et inclusive : Veiller à ce que la programmation, la gouvernance et les équipes des structures culturelles reflètent la diversité de la société, prouvant par les faits que la mixité est une richesse et non une menace.

En 2026, la Belgique se trouve dans un contexte politique post-électoral complexe, marqué par les résultats des élections fédérales, régionales et européennes de 2024.

​Bien que la montée de l'extrême droite (Vlaams Belang en Flandre, et dans une moindre mesure, des partis populistes en Wallonie) ait été significative lors de ce scrutin, le « cordon sanitaire » a tenu bon au niveau fédéral et régional, empêchant ces partis d'accéder au pouvoir. Cependant, cette progression idéologique a des conséquences directes et tangibles sur le monde culturel et artistique, qui se situe aujourd'hui en première ligne.

​Voici une analyse du positionnement des acteurs culturels en Belgique pour cette année 2026 :

​1. Un paysage institutionnel sous pression budgétaire et idéologique

​Même si l'extrême droite n'est pas aux commandes des gouvernements principaux, son influence pèse sur les arbitrages politiques :

  • La menace sur les subventions : Dans les communes ou certaines provinces où l'extrême droite est fortement représentée au conseil, les budgets alloués à la culture, à l'éducation permanente et aux associations socio-culturelles sont régulièrement attaqués, voire réduits. L'argument avancé est souvent celui de la « rationalisation », mais il masque fréquemment une volonté de faire taire les voix critiques ou jugées « progressistes ».
  • La remise en cause de la liberté de programmation : Les organisations culturelles subventionnées (théâtres, centres culturels, musées) subissent des pressions politiques. Certains élus d'extrême droite tentent d'imposer des « clauses de neutralité » ou de moralité dans les conventions de subsides, cherchant à censurer les œuvres qui abordent des thématiques comme l'immigration, la décolonisation ou les droits LGBTQIA+.
​2. L'art comme espace de résistance et de débat public

​Face à ce climat, le secteur culturel belge (particulièrement foisonnant et diversifié) réagit en affirmant son rôle politique :

  • Refuser la banalisation : Les artistes et les directions d'institutions culturelles refusent de normaliser le discours de l'extrême droite. Les débats publics organisés dans les centres culturels ne servent pas de tribune aux idées d'exclusion.
  • Créer des espaces de contre-discours : De nombreuses créations en 2026 explorent les mécanismes du populisme, de la peur de l'autre et du repli identitaire. L'art devient un outil pour déconstruire les stéréotypes et proposer des récits alternatifs, inclusifs et cosmopolites, reflétant la réalité de villes comme Bruxelles, Anvers ou Liège.
  • Renforcement de l'éducation aux médias : Le secteur culturel, en collaboration avec le secteur associatif, intensifie son travail d'éducation permanente, visant à développer l'esprit critique face aux désinformations et aux discours de haine qui circulent en ligne et dans le débat public.
​3. Solidarité et mise en réseau : le front commun

​La riposte s'organise de manière collective pour contrer l'isolement des structures menacées :

  • Le front commun associatif : En 2026, les coordinations sectorielles (comme la FIDH, la Concertation permanente des Centres culturels, etc.) sont plus actives que jamais. Elles travaillent à la mise en réseau des structures pour mutualiser les ressources et défendre le statut des artistes face aux incertitudes économiques.
  • Solidarité transfrontalière et intercommunautaire : La complexité institutionnelle belge (Flandre, Wallonie, Bruxelles) pourrait être un facteur de division. Cependant, on observe une solidarité accrue entre le nord et le sud du pays, ainsi qu'avec des initiatives européennes similaires, pour défendre des valeurs communes de liberté d'expression.
​Conclusion : 2026, l'année de la « culture de résistance » ?

​En Belgique, l'année 2026 est celle où le secteur culturel ne se contente plus de produire de l'art pour le divertissement ou l'enrichissement intellectuel. Il est devenu un bastion essentiel de la démocratie, un lieu de résistance active où se joue la bataille des idées face à la montée des populismes et des extrêmes. La culture est perçue non pas comme un luxe, mais comme une nécessité vitale pour maintenir le pacte social et le vivre-ensemble.

Voici un dessin symbolique illustrant le thème de la culture comme espace de résistance et de lumière face à l'obscurantisme. Le ciel au-dessus est sombre, mais percé de rayons de lumière colorée émanant de la scène. Le ton est à la fois grave et porteur d'espoir.

Voici un dessin symbolique illustrant le thème de la culture comme espace de résistance et de lumière face à l'obscurantisme. Le ciel au-dessus est sombre, mais percé de rayons de lumière colorée émanant de la scène. Le ton est à la fois grave et porteur d'espoir.

Contre les obscurantismes et les frontières de l’exclusion, la culture reste notre boussole la plus urgente : un espace inaliénable de liberté, de dignité partagée et de réinvention du futur.

Mario Scolas

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