belgique

Publié le 11 Octobre 2026

Pourquoi je refuse le retour du service obligatoire en Belgique : foi, liberté et vigilance politique

​Par Mario Scolas, pour Last Night in Orient

11 octobre 2026

​En tant que citoyen et catholique engagé, je dis un « non » ferme et inconditionnel à tout retour du service obligatoire en Belgique, qu’il soit militaire ou civil. Face aux appels récurrents à la conscription qui refont surface dans le débat public, la première urgence est de ne pas tomber dans le piège. Je refuse de me taire face à ce qui constitue une atteinte intolérable à nos libertés individuelles et un signal inquiétant pour notre démocratie. Ma conviction ne repose pas seulement sur le rejet de la contrainte étatique : elle s'enracine au plus profond de ma foi chrétienne autant que dans une analyse lucide de la sociologie politique de notre pays.

​1. L’impératif de l’Évangile et l’objection de conscience

​Pour moi, en tant que catholique, la question dépasse les simples clivages partisans : elle est avant tout une affaire de conscience devant Dieu. L'Évangile nous appelle sans ambiguïté à la paix, au pardon et à la fraternité. Le Christ nous enseigne directement dans le Sermon sur la montagne :

​« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »

— Évangile selon saint Matthieu (5, 9)

 

​Ce message évangélique est une invitation explicite à briser la logique du militarisme pour devenir des bâtisseurs de paix, dans le sillage de la prophétie d'Ésaïe où les hommes « de leurs épées forgeront des socs de charrue, et de leurs lances des serpes » (Ésaïe 2, 4).

​La logique militaire — fondée sur l'apprentissage des armes, la préparation au combat et la soumission à une chaîne de commandement guerrière — entre en contradiction directe avec cet enseignement. Si la tradition catholique reconnaît le droit à la légitime défense, elle consacre également une place essentielle à la liberté de conscience et au droit à l'objection. Même sous les dehors pacifiés d'un service dit « civil », la contrainte imposée par l’État demeure inacceptable : la charité et l'engagement ne s'imposent pas par décret, ils s'offrent librement.

​2. Dérive autoritaire et captation par la fachosphère

​Ce retour du débat sur la conscription ne survient pas dans un vide idéologique. Il s'inscrit dans un climat marqué par une « fachisation » progressive de la parole publique, portée au niveau institutionnel par des formations de droite et nationalistes comme le Mouvement Réformateur (MR) ou la N-VA.

​Sur le terrain numérique, notamment sur Facebook, il suffit d'observer le profil des commentateurs les plus virulents en faveur du service militaire : beaucoup gravitent ouvertement autour de la fachosphère. Sous couvert de « nostalgie », de « discipline » ou de « redressement de la jeunesse », ces discours révèlent une fascination pour l'ordre autoritaire et la coercition. Le piège consiste à faire croire que la militarisation ou la contrainte résoudraient les fractures sociales. Mettre la jeunesse au garde-à-vous revient à normaliser le contrôle de l'État sur les corps et les esprits. Accepter un tel projet aujourd'hui constituerait une grave erreur tactique et morale : c'est ouvrir la porte à l'instrumentalisation des jeunes au service d'un agenda sécuritaire et identitaire.

​3. La Génération Z et l'émergence d'une « citoyenneté critique »

​Les travaux de sociologie politique contemporaine apportent un éclairage précieux sur ce débat. Contrairement aux idées reçues propagées par les nostalgiques de la conscription, le désintérêt des jeunes pour les rites militaires ne traduit pas une démission morale, mais l'émergence d'une citoyenneté critique.

​La Génération Z — la seule qui serait réellement mobilisable — rejette les formes traditionnelles et verticales de l'allégeance nationale. L'écart est d'ailleurs saisissant : cette même jeunesse boude déjà massivement les cérémonies de la Fête nationale ou les défilés officiels, perçus comme un folklore institutionnel déconnecté de ses réalités. Consciente de ses droits, soucieuse de son autonomie et mobilisée sur des causes horizontales (climat, justice sociale, santé mentale), la Gen Z privilégie un engagement choisi plutôt qu'un patriotisme subi. Elle refuse d'être le réceptacle de fantasmes sécuritaires portés par des générations plus âgées qui ne subiront jamais les contraintes qu'elles prétendent lui imposer.

​4. Penser le bénévolat : promouvoir un volontariat conscient et libre

​Loin de moi l'idée de rejeter la valeur du service aux autres. Au contraire : j'encourage vivement toutes celles et ceux qui en ressentent le désir à s'engager dans le bénévolat et le volontariat. Mais cet engagement ne peut porter du fruit que s'il est libre, désintéressé et profondément réfléchi.

​Imposer le service civil par la loi, c'est dénaturer l'essence même du don de soi en le transformant en une corvée administrative. J'invite chacun, et en particulier les jeunes, à mener une véritable réflexion éthique sur la portée de leur engagement : pourquoi donner de son temps ? Au service de quelles valeurs ? Quel impact sur la collectivité ? Le volontariat ne doit pas être une obéissance aveugle, mais une démarche consciente de solidarité, choisie en toute liberté de conscience.

​5. L'école et le milieu associatif : former à la paix plutôt qu'à la contrainte

​Du point de vue des politiques publiques, la cohésion d'une nation ne se construit pas sous la menace d'une sanction, mais par le renforcement des institutions républicaines et démocratiques. La sociologie nous enseigne que le véritable lien social s'édifie par l'éducation, et non par la contrainte.

​Dans cette perspective, les enseignants et le milieu associatif ont un rôle majeur à jouer en synergie. C'est à la fois dans l'enceinte scolaire et au sein des associations de terrain que doit s'élaborer une véritable éducation à la paix, à la résolution non-violente des conflits et à la citoyenneté active. Les éducateurs, les professeurs et les acteurs associatifs doivent aborder ces questions ouvertement avec les jeunes, en leur donnant les clés pour penser la solidarité, la justice et le vivre-ensemble sans passer par le prisme de la coercition ou du militarisme.

​Plutôt que d'engloutir des milliards d'euros dans une mécanique militaire obsolète et punitive pour cadrer la jeunesse, la Belgique doit faire le choix de l'avenir. C'est dans l'école publique, l'enseignement supérieur, le tissu associatif, la recherche et la culture que le pays doit investir massivement. Offrir aux jeunes des écoles de qualité, des universités accessibles, un secteur associatif dynamique et des perspectives d'avenir digne garantira une société bien plus juste et solidaire que n'importe quelle tentative d'embrigadement.

​Conclusion

​Ne pas tomber dans le piège de la militarisation et de l'autoritarisme est aujourd'hui un devoir citoyen et moral. Nous devons défendre une Belgique ouverte, respectueuse des libertés fondamentales et résolument tournée vers la paix et l'épanouissement de sa jeunesse, loin des mirages militaristes et des surenchères idéologiques de la droite dure et de la fachosphère.

 

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Service militaire, #Belgique, #Antifascisme, #Génération Z

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Publié le 11 Octobre 2026

« “La moitié de Bruxelles est détruite” : derrière l'exagération grotesque du ministre Theo Francken se cache une stratégie d'escalade sécuritaire bien plus sombre. Entre militarisation du maintien de l'ordre, fantasme du retour de la Gendarmerie et obsession pour les armes mutilantes, la N-VA lance sa campagne sur le terrain de la peur. Face à l'anesthésie générale, il y a urgence à réveiller nos consciences démocratiques. »

 

​Maintien de l’ordre et politique de la peur : le laboratoire national-populiste s’installe en Belgique

​Par la rédaction de Last Night in Orient

​« La moitié de Bruxelles est détruite. » C’est par ces mots — assénés sans la moindre nuance — que le ministre de la Défense Theo Francken (N-VA) a réagi aux récentes manifestations dans la capitale. Loin d'être une simple provocation ou un dérapage verbal, cette hyperbole spectaculaire répond à une mécanique politique d'une précision chirurgicale.

​Ne prenons surtout pas ce discours à la légère. Il est calibré pour instiller la peur, et la haine qui l'accompagne. C’est le lexique direct de la droite populiste la plus radicale, importé sans filtre des méthodes de style MAGA. Et l'histoire nous l'enseigne : dans l'opinion publique, ce poison idéologique finit toujours par porter ses fruits s'il n'est pas immédiatement déconstruit.

​Présenter Bruxelles comme une ville à sac pour légitimer une escalade répressive relève d'une manipulation grossière. En se comportant comme un petit chef de guerre rêvant de faire régner l'ordre par la force, Theo Francken franchit un cap dangereux.

​1. L'amalgame comme arme : étouffer le débat social

​En jetant en pâture l'image d'une capitale dévastée (« half Brussel vernield »), la manœuvre consiste à amalgamer sciemment le droit fondamental de manifester et les dégradations d'une poignée de casseurs.

​Cette polarisation calculée poursuit un objectif limpide : détourner l'attention. En dépeignant la contestation comme une menace chaotique pour la sécurité nationale, le pouvoir s'évite soigneusement d'avoir à répondre aux revendications socio-économiques portées par la rue.

​Theo Francken ferait pourtant bien mieux de s'attaquer aux injustices sociales et à la précarité plutôt que de fantasmer sur une police toujours plus brutale. Gouverner par l'intimidation, la provocation et la peur n'est pas une démonstration d'autorité : c'est l'aveu même d'une faillite politique.

​2. Le spectre de la Rijkswacht et la dérive autoritaire

​Plus inquiétant encore, le ministre prône ouvertement une hausse du niveau de violence (geweldniveau opschalen) et réclame la création d’un « bras armé qui intervienne fermement, comme le faisait la Gendarmerie autrefois ». Il s'inspire sans complexe de doctrines d'intervention offensives et répressives, à l'image du modèle de maintien de l'ordre particulièrement décrié en France ces dernières années.

​Il convient d'en rappeler les principes élémentaires : la police n'est pas une milice, les manifestants ne sont pas des ennemis et les rues de Bruxelles ne sont pas un champ de bataille.

​Revendiquer ce retour vers des méthodes militaristes piétine délibérément l'héritage d'une police démocratique, pacifiée en Belgique après les grandes réformes post-Dutroux. À ce titre, les responsables policiers, chefs d'intervention ou représentants syndicaux qui défendraient aveuglément cette logique doivent être mis face à leurs responsabilités : un uniforme ne donne aucun droit à l'impunité, ni à l'affranchissement de la loi.

​3. FN 303 : la banalisation d'armes à fort potentiel mutilant

​Symbole le plus concret de cette surenchère : le ministre se réjouit publiquement de la commande par la Défense d'armes FN 303, vantées comme un outil « contre les casseurs ».

​Rappelons ce qu'est le FN 303 : une arme semi-automatique à air comprimé projetant des munitions dites à létalité réduite, positionnée comme un intermédiaire lourd entre la matraque et l'arme à feu. Jusqu’ici, en Belgique, son usage était strictement réservé à des unités spéciales pour des opérations ciblées à très haut risque.

​Banaliser de tels équipements lors de rassemblements civils fait courir un risque majeur d'escalade. Comme l'ont montré de trop nombreux drames à l'étranger, des tirs à courte portée ou mal ajustés provoquent des séquelles irréversibles : traumatismes crâniens, éviscérations oculaires, pertes d'yeux. Ce n'est pas du maintien de l'ordre, c'est une dérive mutilante.

​4. Sortir de l'anesthésie générale et réclamer des comptes aux médias

​Le non-dit de cette sortie médiatique ne doit échapper à personne : la N-VA se prépare déjà à entrer en campagne électorale, et elle a choisi le terrain du choc et de la peur pour imposer ses thèmes.

​Mais le danger le plus insidieux qui menace notre démocratie, c'est l'anesthésie générale. À force de répéter des outrances et d'agiter la menace sécuritaire, on finit par accoutumer l'opinion publique à l'inacceptable, en faisant passer un glissement autoritaire pour de la simple gestion du quotidien.

​Il y a urgence à rompre avec la résignation :

  1. ​Révéler la dérive idéologique : Ne laissons passer aucune tentative de normalisation de ce discours extrême. Accepter ce vocabulaire aujourd'hui, c'est ouvrir la porte à l'arbitraire demain.
  2. ​Exiger la responsabilité des médias : Il est impératif d'interpeller les grands médias d'information pour qu'ils sortent de la course au sensationnalisme. En boucle sur les rares dégâts matériels sans jamais contextualiser les luttes citoyennes, ils se font les relais involontaires de cette stratégie de la tension.

​La démocratie n'appartient ni à Theo Francken, ni aux forces de l'ordre. Elle appartient aux citoyens et à leur liberté inaliénable de manifester et d'exprimer leurs convictions sans craindre pour leur intégrité physique.

​C’est à vous : Ressentez-vous également cette forme d'anesthésie face au durcissement des discours politiques en Belgique ? Comment pouvons-nous, collectivement, opposer un contre-discours ferme pour préserver nos libertés ? N'hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires ci-dessous.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Antifascisme, #extrême droite, #Belgique, #2006

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Publié le 9 Octobre 2026

Ultimatum à Bruxelles : la Belgique d'en bas dit non à l'Arizona

​Par la rédaction de Last Night in Orient

​Ce vendredi, les artères de Bruxelles ont résonné d'une clameur inébranlable. Loin de se résumer à une simple convergence syndicale, c'est un véritable soulèvement populaire et intergénérationnel qui s'est invité dans la capitale : plus de 50 000 travailleuses, travailleurs, jeunes et futurs retraités ont battu le pavé pour signifier un avertissement d'une implacable netteté au pouvoir en place.

​De la fonction publique à la grande distribution, de l'industrie lourde à la culture, en passant par les rangs massifs d'une jeunesse politisée — aguerrie par des mois de mobilisation sur les réseaux sociaux et au cœur des luttes antifascistes — et par les aînés venus défendre la dignité de leurs proches, les forces vives de cette « Belgique d'en bas » ont opposé un refus catégorique à la politique d'asphyxie promise par l'exécutif. Porté par le tandem De Wever-Bouchez, le gouvernement de la coalition « Arizona » (N-VA, MR, Vooruit, CD&V, Les Engagés) est aujourd'hui perçu par la population comme l'exécutif le plus impopulaire du pays depuis l'occupation nazie. Partout dans les cortèges, un seul mot d'ordre scellait la colère générale : « Pas dans nos poches ! »

​1. La colère d'un pays : le rejet viscéral de l'austérité

​Derrière cette mobilisation d'envergure se lit le refus catégorique d'une injustice systémique. Les manifestants dénoncent un triptyque destructeur pour l'ensemble des familles et des foyers :

  • ​L'asphyxie fiscale : La surenchère cynique de taxes et d'accises qui étrangle méthodiquement le pouvoir d'achat du quotidien.
  • ​Le saccage social : L'attaque frontale portée contre les filets de sécurité salariale, l'indexation et la valeur des pensions, menaçant directement la quiétude des travailleurs d'aujourd'hui et de demain.
  • ​Le démantèlement des acquis : L'effritement progressif d'une sécurité sociale pourtant bâtie comme un rempart historique contre la précarité de toutes les générations.

​2. Deux poids, deux mesures : le gouffre budgétaire et le choix du mépris

​Alors que l'État cherche désespérément à combler un déficit de 10 milliards d'euros, l'iniquité des efforts exigés exaspère :

  • ​La sanctuarisation militaire : Les enveloppes colossales allouées à la défense et aux dépenses d'armement restent intouchables, alors même que la jeunesse est la première impliquée et sacrifiée sur l'autel de cette fuite en avant belliqueuse. Portant les exigences des réseaux militants et des collectifs antifascistes, cette génération refuse de voir son avenir subordonné aux logiques de guerre.
  • ​L'immunité des plus riches : L'exécutif persiste dans son refus dogmatique de mettre à contribution les patrimoines pléthoriques et les grandes fortunes.

​Cette asymétrie révoltante parachève la fracturation du contrat civique, exposant au grand jour les priorités d'une gouvernance totalement déconnectée des réalités.

​3. Une solidarité intergénérationnelle : de la jeunesse aux aînés, refuser de payer l'addition

​Fait hautement politique de cette journée historique : l'union sacrée des générations. Aux côtés d'une jeunesse engagée — structurée par une longue résistance numérique et de terrain —, les aînés et les futurs retraités ont marché pour signifier qu'aucun foyer ne sera épargné par les ondes de choc de cette politique.

​Du détricotage des pensions à la hausse confiscatoire du minerval, en passant par l'envolée punitive des tarifs des transports et le financement aveugle de la machine militaire, c'est toute la cellule familiale qui écope des conséquences désastreuses d'une gestion à court terme. La relève et ses aînés refusent net d'endosser la faillite d'un système qui brade leur avenir et leur sécurité.

​4. Conclusion : Exiger le respect, rejeter l'infantilisation

​En s'arc-boutant sur un passage en force autoritaire et en multipliant les postures hautaines, la coalition Arizona tente d'imposer un narratif condescendant. Mais la marée humaine réunie ce vendredi à Bruxelles adresse un message limpide : le peuple exige d'être écouté, non infantilisé par des dirigeants sourds à sa dignité.

​La mobilisation de ces 50 000 âmes au cœur de la capitale démontre que la société belge conserve une vitalité insurrectionnelle réfractaire à toute forme de soumission, ouvrant la voie à de nouvelles dynamiques de résistance. Le rapport de force est désormais acté, révélant la fragilité abyssale d'un dialogue social muselé. La suite de cet affrontement dira la capacité d'un peuple uni — des plus jeunes aux aînés — bien décidé à ne plus jamais courber l'échine pour faire vaciller durablement le pouvoir.

​Pensez-vous que cette mobilisation réussira à fédérer d'autres secteurs professionnels pour bloquer durablement les réformes de la coalition Arizona ?

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Belgique, #Politique belge, #2006

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