blackface

Publié le 28 Août 2019

Le blackface est un mode de stylisation du corps qui implique le « noircissement » et l'exagération des lèvres, des cheveux et des traits phénotypiques associés aux personnes d'origine africaine.

Les militants décoloniaux dénoncent plusieurs personnages folkloriques en particuliers : les Noirauds, les Basoulous de Basècles, le Sauvage d’Ath, Magnon dit le « diable cornu » et le Père Fouettard, compagnon de Saint Nicolas lors de la distribution annuelle de cadeaux aux enfants sans oublier les chars négrophobes du carnaval d'Alost dont les autorités locales ont même défendu leur cas auprès de l’Unesco en mettant en avant la notion de liberté d’expression.

Grimé de noir, le “Sauvage” est décrit sur le site officiel de la Ducasse d’Ath comme un personnage qui “témoigne du goût de l’exotisme du 19e siècle”. Apparu en 1856, ce personnage symbolisait surtout la fascination malsaine des Occidentaux de l'époque par rapport aux populations d'Afrique subsaharienne, considérées comme "des sauvages" (le nom du personnage ne doit rien au hasard). "Le Sauvage est un personnage grimé de noir et affublé de toute une série de signes avilissants tels qu’attribués aux Noirs par nos sociétés racistes à travers l’histoire", dénonce l'association Bruxelles Panthers. "Gros nez, grosses lèvres rouges, tenues « tribales », boucle dans le nez, chaînes au cou et aux poignets, etc. ; à cela s’ajoute un comportement agité". En effet, son rôle est de "faire rire le public et faire peur aux enfants" .

Le racisme anti-noirs encore désigné sous le vocable « négrophobie » est la forme de racisme qui bénéficie le moins de visibilité sociale et médiatique. Que ce soit en Europe ou plus spécifiquement en Belgique, cette forme de racisme et la lutte qui en découle viennent en dernière position en termes de présence ou de prise en charge dans la société. Cette invisibilité sociale et médiatique est due essentiellement à des raisons historiques, sociales et politiques.

Ce genre de traditions de négrophobie qui souillent la réputation de la Belgique. Cet héritage esclavagiste et colonial belge a laissé de graves séquelles qui nourrissent, encore en 2019, de forts préjugés de mythes. J'ai cru que la société belge avait tourné la page de la colonisation, ce n'est pas le cas.

Didier Reynders est fier d'être un "Noiraud". En Belgique, en plus des séquelles laissées dans la société par l’esclavage, la colonisation belge au Congo, au Rwanda et au Burundi a créé une propagande puissante soutenue par des appuis politiques, sociaux, économiques et financiers conséquents. Cette propagande a laissé un héritage qui entraîne encore de nos jours des préjugés sur la perception du Noir par les autres composantes de la société. 

Didier Reynders est fier d'être un "Noiraud". En Belgique, en plus des séquelles laissées dans la société par l’esclavage, la colonisation belge au Congo, au Rwanda et au Burundi a créé une propagande puissante soutenue par des appuis politiques, sociaux, économiques et financiers conséquents. Cette propagande a laissé un héritage qui entraîne encore de nos jours des préjugés sur la perception du Noir par les autres composantes de la société. 

…nous avons dit, dans notre traité sur la Poétique, combien il y a d’espèces de plaisanteries, dont une partie s’accorde avec le caractère de l’homme libre, l’autre non: vous devez donc veiller à n’en prendre que ce qui est en harmonie avec votre personne. L’ironie est plus digne de l’homme libre que la bouffonnerie; par le rire, l’ironiste cherche son propre plaisir, le bouffon celui d’autrui.

Aristote

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Publié le 26 Août 2019

Décidément, le racisme et la négrophobie en Belgique, quand bien même certains s'évertueraient à les nier, ont encore de beaux jours devant eux. Le racisme n’est pas inné, il se transmet. Un racisme "pernicieux" bien ancré. Ce personnage "sauvage"(...) est symptomatique du problème que nous avons en Belgique avec l'histoire coloniale de notre pays.

Un carnaval sans racisme favorise le respect entre les personnes et une société ne se développe pas si une partie de sa population est déshumanisée et ses droits bafoués.

Lorsque l'égalité d'accès aux droits et la promotion de la citoyenneté gagnent, toute la société est gagnante.

Last Night in Orient - LNO ©

L’Unesco prend très au sérieux l’interpellation du collectif Bruxelles Panthères, qui juge le personnage du « sauvage » raciste, et rappelle « l’exigence du respect mutuel entre communautés ». Le collectif qui lutte contre les inégalités raciales a écrit à la directrice générale de l’UNESCO Audrey Azoulay pour lui demander, « s’il le faut », de retirer la Ducasse d’Ath de la liste des événements reconnus comme faisant partie du patrimoine immatériel de l’humanité.

Cette tradition remonte au Haut Moyen Âge, bien que la figure du "sauvage" ne soit apparue qu'à l'époque coloniale belge, en 1873. La fête comprend également des représentations de scènes bibliques, telles que la bataille entre David et Goliath, dragons Ce festival a également été considéré par l’Unesco en 2005 comme patrimoine culturel immatériel en France, où des représentations égales sont faites, mais sans le caractère controversé. Seulement dans la ville d'Ath, l'un des chars mène au "sauvage".

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Unesco, #Ducasse d’Ath, #Racisme, #black faces, #Belgique, #négrophobie, #esclavage, #Audrey Azoulay, #Blackface

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