bruxelles

Publié le 28 Août 2026

Chronique d’une insécurité belge : Des Tueurs du Brabant wallon à la fatigue bruxelloise
De la psychose des années 80 au narco-terrorisme : Anatomie d'un déclassement sécuritaire belge

​Entre le spectre insaisissable des commandos des années 1980 et l’emprise chloroformante des cartels de la drogue dans la capitale, la Belgique ausculte ses failles. Chronique d’une métamorphose sécuritaire : comment la sidération nationale a cédé le pas à une usure démocratique.

​Il est des nations dont la modernité politique se lit à l’aune de leurs traumatismes sécuritaires. En Belgique, l’évocation de la violence armée réveille immanquablement deux spectres aux contours distincts, séparés par quatre décennies : les incursions énigmatiques et sanglantes des Tueurs du Brabant wallon dans les années 1980 et la récurrence actuelle des fusillades liées au narcotrafic au cœur de la capitale. Bien que ces deux réalités relèvent de contextes criminologiques et géopolitiques étanches, leur mise en perspective dessine une trajectoire troublante du rapport qu’entretient le citoyen face au monopole de la violence étatique et aux menaces pesant sur l’État de droit.

​I. Anatomie du péril : du commando fantôme au cartel globalisé

​Sous un angle purement criminel, l’écart entre ces deux époques traduit une mutation radicale des mobiles et des structures.

​Le dossier des Tueurs du Brabant wallon — documenté par les travaux universitaires et les rapports institutionnels de référence (Chambre des Représentants, 1990 ; Leloup, 2017) — renvoie à l’action d’un commando paramilitaire d’une discipline redoutable. Leurs attaques de surfaces commerciales, dont les funestes descentes dans les supermarchés Delhaize de Nivelles, Genval, Beersel ou Braine-l'Alleud entre 1982 et 1985, se caractérisaient par le flegme glaçant des exécutants et la disproportion d’un armement lourd face à un butin parfois dérisoire. C’est précisément cette gratuité apparente du chaos qui alimenta, des décennies durant, l’hypothèse d’une volonté délibérée de déstabilisation politique — analysée notamment par les politologues et historiens dans les actes du colloque de l'Université Libre de Bruxelles (ULB) sur la violence politique (Kerchove & Ost, 1988) et par l'essai critique de Gilbert Dupont (1998) —, suggérant des complicités tacites au sein des appareils sécuritaires de l’époque.

​À l’inverse, les fusillades contemporaines à Bruxelles s’ancrent dans la rationalité implacable d’une économie souterraine mondialisée. Ici, point de dessein insurrectionnel prémédité : le mobile procède d’un pragmatisme capitalistique fondé sur l’hégémonie des plateformes de transit de stupéfiants — connectées aux flux massifs documentés par le rapport conjoint de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC, 2023) et les analyses macro-criminologiques de l'Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC, 2024).

​Pourtant, l'exacerbation de la violence urbaine, illustrée notamment par les menaces directes proférées à l'encontre de hautes personnalités de l'État (Van Quickenborne, 2022), a conduit le débat public et politique à s'emparer de la notion de « narco-terrorisme ». Comme le résumait avec force le criminologue Brice De Ruyver, pionnier de l'analyse des politiques de sécurité en Belgique :

​« Nous ne sommes plus face à une délinquance urbaine classique, mais face à des structures mafieuses transnationales dont la violence d'intimidation paroxystique grignote par capillarité les lignes rouges de l'État de droit. »

 

​Du point de vue de l'analyse criminologique, si l'emploi de ce terme relève souvent de la métaphore alarmiste — les cartels ne cherchant pas à renverser l'ordre constitutionnel mais à maximiser leurs profits —, l'utilisation de méthodes de terreur urbaine (tirs aveugles en zones densément peuplées, pressions sur les maillons régaliens) s'apparente à une stratégie de coercition qui met à rude épreuve les institutions (Zone de Police Bruxelles-Capitale/Ixelles, Rapport annuel statistique, 2024 ; Vander Beken et al., 2022).

​II. Phénoménologie de la peur : de la paranoïa collective à l’usure quotidienne

​La nature de l’angoisse publique a, quant à elle, profondément métamorphosé le paysage psychologique national.

​Il y a quarante ans, la terreur était totalement aléatoire et protéiforme. L’éventualité d’être foudroyé fortuitement un samedi soir en accomplissant une démarche anodine agissait comme une épée de Damoclès absolue. Cette vulnérabilité soudaine brisa net l’angélisme d’une Belgique insouciante, engendrant une psychose collective et une paranoïa nationale pérenne, analysée sous l'angle de la sociologie des risques par le Centre de Recherches Sociologiques (CeRIS) de l'Université Catholique de Louvain (UCLouvain, 1986).

​Aujourd’hui, le citoyen bruxellois ne vit plus dans l’attente d’un cataclysme invisible, mais subit une fatigue psychologique et une exaspération chronique. Si les règlements de comptes liés aux guerres de clans pour le contrôle de la drogue sont objectivement circonscrits à des zones géographiques plus balisées (notamment le canal, Cureghem et certains axes de Schaerbeek), la menace permanente des « balles perdues » altère durablement la qualité de vie urbaine. Ce climat engendre un sentiment d’insécurité endémique, documenté par les enquêtes de victimation du Service public régional de Bruxelles (SPRB, 2024), qui flirte dangereusement avec une résignation fataliste.

​III. Les apories démocratiques : du mystère d’État au désenchantement politique

​Enfin, la défaillance perçue des institutions constitue le ciment mémoriel de ces deux crises, bien que la nature de la critique ait évolué.

​Le drame du Brabant wallon demeure un traumatisme institutionnel non résolu, mis en lumière par l'épuisement de la prescription judiciaire prononcé par la Cour d'appel de Gand le 7 novembre 2015 et les travaux de la seconde commission parlementaire d'enquête (Chambre des Représentants, rapport déposé le 23 avril 1997). L’instruction judiciaire, initialement fragmentée entre les arrondissements de Nivelles, Charleroi et Bruxelles, et entachée de bévues mémorables (destruction d’indices le 9 novembre 1985 à Ronquières, rivalités organiques entre la gendarmerie et la police judiciaire), constitua un séisme démocratique. Ce mystère historique demeure une plaie ouverte dans la mémoire collective, oscillant irrésistiblement entre l’hypothèse d’une incompétence systémique et celle de machinations occultes visant à ébranler l’État de l’intérieur.

​Face à la criminalité bruxelloise, la désillusion citoyenne ne se focalise plus sur l’hypothèse d’un complot politique ténébreux, mais dénonce l’impuissance structurelle des pouvoirs publics — exacerbée par le « mille-feuille » institutionnel de la capitale, entre ses 19 communes dotées d'une autonomie de police administrative et ses 6 zones de police cloisonnées (décret organique du 18 juillet 2001 portant organisation des services de police). Cette balkanisation administrative, décriée dans les rapports thématiques de la Cour des comptes (2023), freine structurellement la réponse étatique face à des flux criminels transnationaux et des structures mafieuses agiles. Cette inefficacité perçue érode un peu plus la cohésion sociale et l’attractivité de la métropole, comme le confirment les données épidémiologiques et sociales de l'Observatoire Eurotox (rapport publié le 14 juin 2025).

​Quarante ans séparent ces deux séquences, mais une même interrogation demeure, obsédante : l’État belge dispose-t-il toujours de la souveraineté nécessaire pour neutraliser les formes les plus extrêmes de la violence armée sur son sol ?

​Références bibliographiques

​1. Les Tueurs du Brabant wallon : sources universitaires, institutionnelles et historiques

  • ​Chambre des Représentants de Belgique. (1990). Enquête parlementaire sur la manière dont la lutte contre le banditisme et le terrorisme est organisée (Rapport de la Commission d'enquête parlementaire, Doc. 488/4-89/90). Bruxelles : Imprimerie de la Chambre.
  • ​Chambre des Représentants de Belgique. (1997). Rapport de la Commission d'enquête parlementaire sur l'efficacité de l'enquête menée dans l'affaire des "Tueurs du Brabant" (Doc. parl. 50/0675/001). Bruxelles : Service de la documentation parlementaire.
  • ​Dupont, G. (1998). La Tuerie du Brabant : dans l'antichambre d'un coup d'État ?. Bruxelles : Éditions Luc Pire, ISBN : 978-2930088924.
  • ​Kerchove, M. van de, & François, F. (dir.). (1988). La violence politique en Belgique : approches juridiques et criminologiques. Bruxelles : Publications des Facultés universitaires Saint-Louis (FUSL).
  • ​Leloup, B. (2017). Les enquêtes criminelles complexes face aux impasses institutionnelles : l'exemple des tueries du Brabant. Revue de Droit Pénal et de Criminologie, 97(4), 412–439.

​2. Criminalité à Bruxelles, narcotrafic et criminalité organisée (sources académiques et officielles)

  • ​Cour des Comptes de Belgique. (2023). Rapport d'audit sur l'efficacité des zones de police de la Région de Bruxelles-Capitale et la coordination interzonale. Bruxelles : Cour des Comptes.
  • ​De Ruyver, B. (Entretiens et notes de recherche sur l'évolution de la criminalité organisée et le concept de narco-terrorisme en Belgique). Gand : Universiteit Gent (UGent).
  • ​Institut National de Criminalistique et de Criminologie (INCC). (2024). Cartographie de la criminalité organisée et des flux de stupéfiants en milieu urbain belge. Bruxelles : Éditions de l'INCC.
  • ​Observatoire Eurotox. (2025, 14 juin). Rapport d’activités et analyses socio-épidémiologiques des usages de drogues et de la violence connexe en Région de Bruxelles-Capitale. Bruxelles : Eurotox asbl.
  • ​Service Public Régional de Bruxelles (SPRB). (2024). Baromètre de la sécurité urbaine et de la victimation dans l'agglomération bruxelloise. Bruxelles : Direction générale Sécurité et Prévention.
  • ​UNODC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime). (2023). Global Report on Cocaine: Local dynamics, transnational networks and European transit hubs. Vienne : United Nations Publications.
  • ​Van Quickenborne, V. (2022). Déclarations officielles relatives à l'émergence du concept de "narco-terrorisme" en Belgique suite aux menaces avérées contre la sûreté de l'État [Entretien accordé à Het Laatste Nieuws, 28 septembre 2022 ; relayé par The Brussels Times].
  • ​Vander Beken, T., et al. (2022). La criminalité liée aux drogues à Bruxelles : Défis pour l'appareil policier et judiciaire. Annales de l'École des Sciences Criminologiques de l’ULB, 18, 145–178.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Drogues, #Terrorisme, #Bruxelles, #Histoire de Belgique, #2026

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Publié le 27 Août 2026

​Los Kjarkas in Brussel: 55 jaar Andeslegende

Door Mario Scolas

Onderzoeker en analist van culturele en interculturele dynamieken

​Gepassioneerd door de onzichtbare bruggen die volkeren en tradities met elkaar verbinden, interesseer ik me in het bijzonder voor de manier waarop kunst, muziek en het collectieve geheugen erin slagen geografische en taalkundige grenzen te overstijgen. Via mijn beschouwingen en geschriften tracht ik die ontmoetingsplaatsen te verkennen waar het eeuwenoude erfgoed in dialoog treedt met de moderniteit, indachtig dat elke culturele expressie een universele getuigenis is van onze gedeelde menselijkheid.

​Of het nu gaat om het analyseren van de antropologische betekenis van een groot muzikaal ensemble of het ontcijferen van de resonanties van een evenement in het hart van onze multiculturele metropolen, mijn aanpak wordt geleid door éénzelfde overtuiging: dat cultuur de krachtigste van alle gemeenschappelijke talen blijft.

​Los Kjarkas in Brussel: 55 jaar Andeslegende

​Ter gelegenheid van de viering van hun vijfenwijftigste verjaardag van artistieke excellentie, maakt het legendarische Boliviaanse gezelschap Los Kjarkas zich op om het Brusselse podium te veroveren. Meer dan zomaar een concert, belooft dit evenement een gedenkwaardige culturele samenzwering te worden, die de Andesmuziek naar de status van universeel erfgoed tilt.

​Een fundamentele artistieke mijlpaal in het hart van Europa

​De Belgische hoofdstad maakt zich op om te trillen op het ritme van de gevoelige snaren en de oeroude windinstrumenten van het Altiplano. De legendarische groep Los Kjarkas houdt op vrijdag 16 oktober 2026 halt in Brussel, in het kader van hun grote internationale tournee ter herdenking van 55 jaar artistiek meesterschap.

​Het evenement vindt plaats in het prestigieuze Birmingham Palace (gelegen aan de Birminghamstraat 112, 1070 Anderlecht, Brussel) en loopt van 21:00 tot 03:00 uur (evenement uitsluitend voor 18-plussers). Muziekliefhebbers die zich willen onderdompelen in deze historische viering kunnen hun tickets nu reeds aanschaffen via het platform Ticket Tailor (gecoördineerd door organisator WB Live). Voor aanvullende informatie is de organisatie bereikbaar via e-mail op admin@wblive.co.uk of per bericht op +44 7810 396656.

​De genese van een mythe: tussen verankering en universaliteit

​Opgericht in 1965 in Capinota, in de vallei van Cochabamba, door de broers Wilson, Castel, Gonzalo Hermosa en Édgar Villarroel, ontpopte Los Kjarkas zich al snel tot de onbetwiste baken van de Boliviaanse folkloremuziek. Ontlenend aan de Quechua-term kharka — die kracht, moed en rillingen evoceert — begonnen de groepsleden vanaf hun oorsprong aan een gedurfde missie: het samensmelten van de zuiverheid van autochtone melodieën met eigentijdse harmonieën van een subtiele complexiteit.

​Ondanks de grillen van de tijd en het tragische verlies van uitzonderlijke componisten zoals Ulises Hermosa in 1992, heeft de formatie hun erfgoed met een niet-aflatende strengheid weten voort te zetten. Vandaag de dag blijven ze de verdienstelijke ambassadeurs van een soevereine identiteit, die de kleuren en de poëzie van de Boliviaanse hoogvlakten over de hele wereld hooghouden.

​Een bloemlezing van de Andes-ziel: repertoire en muzikale projecten

​De sonore identiteit van Los Kjarkas berust op het virtuoze gebruik van eeuwenoude instrumenten — de charango, de quena, de zampoña en de bombo —, gesublimeerd door akoestische arrangementen van een diepe emotionele gelaagdheid.

​Hun immense en tijdloze repertoire vormt de hoeksteen van het Latijns-Amerikaanse lied:

  • ​«Llorando se fue»: Het absolute meesterwerk van Ulises Hermosa, wiens universele melodie de grenzen overstijgt en het planetaire fenomeen van de Lambada inspireerde.
  • ​«Bolivia»: Een officieus volkslied doordrongen van patriottisme, dat de aangrijpende nostalgie fluistert van de ballingen en de diaspora.
  • ​«El árbol de mi destino»: Een weemoedige Andes-elegie met weidse orkestraties, die de menselijke conditie en de onverbiddelijkheid van het lot bevraagt.
  • ​«Tiempo al tiempo» en «Munasq'echay»: Meesterwerken die het lyrische meesterschap en de amoureuze verve van het gezelschap illustreren.
  • ​«Ukhamampi Munataxa»: Een klinkende getuigenis van hun onwrikbare band met de Quechua-taal.
  • ​«Imillitay» en «Wayayay»: Composities met bedwelmende ritmes die de vreugde van de grote traditionele Andes-feesten vieren.
​De dialoog der culturen: een brug geslagen over de oceanen heen

​Meer dan hun artistieke luister belichamen Los Kjarkas een fundamentele figuur in de interculturele dialoog. Door zich te bevrijden van taalkundige en geografische barrières, hebben ze lang gemarginaliseerde tradities getransformeerd tot een universele taal. Hun muziek toont kordaat aan dat inheemse expressies zich niet beperken tot statische folklore, maar een levende kunst vormen die in staat is te dialogeren met de moderniteit en een publiek van alle horizonten te ontroeren.

​Zo herleidt deze passage in Brussel zich niet tot een eenvoudig jubileumconcert: het vertegenwoordigt een kruispunt van wegen, een herdenkingsruimte voor de Latijns-Amerikaanse gemeenschap en een muzikale openbaring voor het Europese publiek dat wordt uitgenodigd om te luisteren naar de grote winden uit de Andesgeschiedenis.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Kjarkas, #Los Kjarkas, #Concert, #Bruxelles, #Musique bolivienne, #2026

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Publié le 27 Août 2026

​Par Mario Scolas

Chercheur et analyste des dynamiques culturelles et interculturelles

​Passionné par les passerelles invisibles qui unissent les peuples et les traditions, je m'intéresse tout particulièrement à la manière dont l'art, la musique et la mémoire collective parviennent à transcender les frontières géographiques et linguistiques. À travers mes réflexions et mes écrits, je cherche à explorer ces espaces de rencontre où le patrimoine ancestral dialogue avec la modernité, rappelant que chaque expression culturelle est un témoignage universel de notre humanité partagée.

​Qu'il s'agisse d'analyser la portée anthropologique d'un grand ensemble musical ou de décrypter les résonances d'un événement au cœur de nos métropoles multiculturelles, ma démarche est guidée par une même conviction : celle que la culture demeure le plus puissant des langages communs.

​Los Kjarkas à Bruxelles : Le souffle millénaire des Andes en apogée

​À l’occasion de la célébration de leur cinquantenaire et demi d'excellence artistique, le mythique ensemble bolivien Los Kjarkas s’apprête à investir la scène bruxelloise. Plus qu’un simple concert, cet événement s'annonce comme une communion culturelle mémorable, érigeant la musique andine au rang de patrimoine universel.

​Un jalon artistique majeur au cœur de l'Europe

​La capitale belge s'apprête à vibrer au rythme des cordes sensibles et des vents ancestraux de l'Altiplano. Le légendaire groupe Los Kjarkas fera halte à Bruxelles le vendredi 16 octobre 2026, dans le cadre de sa grande tournée internationale commémorant 55 ans de magistrature artistique.

​L'événement se tiendra au prestigieux Birmingham Palace (situé Rue de Birmingham 112, 1070 Anderlecht) et s'étendra de 21h00 à 03h00 (événement réservé à un public majeur). Les mélomanes désireux de s'immerger dans cette célébration historique peuvent d'ores et déjà se procurer leurs sésames via la plateforme Ticket Tailor (coordonné par l'organisateur WB Live). Pour toute information complémentaire, l'organisation est joignable par courrier électronique à l'adresse admin@wblive.co.uk ou par messagerie au +44 7810 396656.

​La genèse d'un mythe : entre enracinement et universalité

​Fondé en 1965 à Capinota, dans la vallée de Cochabamba, par les frères Wilson, Castel, Gonzalo Hermosa et Édgar Villarroel, Los Kjarkas s'est rapidement imposé comme le phare incontesté de la musique folklorique bolivienne. Tirant leur patronyme du terme quechua kharka — évocateur de force, de vaillance et de frisson —, les membres du groupe ont entrepris dès leurs origines une démarche audacieuse : marier la pureté des mélodies autochtones à des harmonies contemporaines d'une infinie subtilité.

​Malgré les vicissitudes du temps et la disparition tragique de compositeurs d'exception tels qu'Ulises Hermosa en 1992, la formation a su perpétuer son legs avec une rigueur inébranlable. Ils demeurent aujourd'hui les ambassadeurs émérites d'une identité souveraine, portant haut les couleurs et la poésie des hauts plateaux boliviens à travers le globe.

​Une anthologie de l'âme andine : répertoire et projets musicaux

​L'identité sonore de Los Kjarkas repose sur l'utilisation virtuose d'instruments séculaires — le charango, la quena, la zampoña et le bombo —, sublimés par des arrangements acoustiques d'une profonde complexité émotionnelle.

​Leur répertoire, immense et intemporel, constitue la pierre angulaire de la chanson latino-américaine :

  • ​« Llorando se fue » : Chef-d'œuvre absolu d'Ulises Hermosa, dont la mélodie universelle a transcendé les frontières pour inspirer le phénomène planétaire de la Lambada.
  • ​« Bolivia » : Hymne officieux et vibrant de patriotisme, murmurant la nostalgie poignante des exilés et de la diaspora.
  • ​« El árbol de mi destino » : Une élégie andine aux orchestrations amples, interrogeant la condition humaine et l'implacabilité du destin.
  • ​« Tiempo al tiempo » et « Munasq'echay » : Des pièces maîtresses illustrant la virtuosité lyrique et la ferveur amoureuse du groupe.
  • ​« Ukhamampi Munataxa » : Témoignage éclatant de leur attachement indéfectible à la langue quechua.
  • ​« Imillitay » et « Wayayay » : Des compositions aux rythmes enivrants qui célèbrent la liesse des grandes fêtes traditionnelles andines.
​Le dialogue des cultures : un pont jeté par-delà les océans

​Au-delà de leur éclat artistique, Los Kjarkas incarnent une figure majeure du dialogue interculturel. En s'affranchissant des barrières linguistiques et géographiques, ils ont métamorphosé des traditions longtemps marginalisées en un langage universel. Leur musique démontre avec éclat que les traditions indigènes ne relèvent pas du simple folklore figé, mais constituent un art vivant, capable de dialoguer avec la modernité et d'émouvoir des publics de tous horizons.

​Ainsi, cette étape bruxelloise ne se résume pas à un simple concert anniversaire : elle constitue un carrefour d'échanges, un espace mémoriel pour la communauté latino-américaine et une épiphanie musicale pour le public européen convié à l'écoute des grands vents de l'histoire andine.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Los Kjarkas, #Musique bolivienne, #Musique andine, #Bruxelles

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