chocolat

Publié le 20 Septembre 2020

Les langues autochtones d'Amérique font partie des langues les plus méconnues, que cela soit en France ou à l’international.

Glyphes mayas en stuc
Glyphes mayas en stuc

Glyphes mayas en stuc

Lorsque deux entités culturelles se trouvent en contact, se nouent des échanges d’idées, d’informations, de produits et souvent d'éléments de vocabulaire. Le rôle de l'emprunt linguistique comme processus d'enrichissement des langues demeure incontestable; il est considéré comme tel surtout lorsque ce phénomène ne touche que superficiellement les structures de la langue d'arrivée. On peut admettre que les emprunts viennent généralement combler un vide pour désigner de nouvelles réalités. Cet emprunt devient dans ce cas non seulement légitime, mais une nécessité. Les langues autochtones d'Amérique ont donné davantage de mots au français que les langues africaines, soit environ 140 termes. La plupart d'entre eux ont été effectués aux XVIe et XVIIe siècles, alors que l'Espagne formait un empire. Ces emprunts décrivent des réalités espagnoles ou des découvertes liées au Nouveau Monde. Cependant, ce n'est pas le français qui a emprunté directement la plupart de ces mots; ceux-ci sont passés par l'anglais (algonquin et inuktitut), le portugais ou l'espagnol (tupi-guarani, quechua et caraïbe) avant d'arriver au français. Pour les langues autochtones parlées en Amérique du Sud, il est normal que le français ait emprunté des mots déjà utilisés par les locuteurs espagnols et portugais, puisque la France a eu que très peu de contact avec les natifs du Sud de ce continent. 

Yucatec Maya - Dresden Codex, ca. 11–12th century, Chichen Itza

 

Plantes
acajou (1578, du tupi). Deux arbres portent ce nom, dont l'étymologie est assez confuse
ananas (1544, du tupi-guarani (a)naná, passé par le portugais) ; on remarquera que c'est le mot utilisé aussi en hindî alors que les colonisateurs anglais ont leur pineapple
avocat (1684, du nahuatl aguacatl par l’espagnol avocado)
caoutchouc (1736, quechua)
cacao (1532, du nahuatl cacahuatl par l’espagnol)
cacahuète (1801 du nahuatl tlacacahuatl par l’espagnol)
cajou (1842, du tupi cajù); dérive d’acajou autre nom de l’anacardier, arbre dont il est le fruit
catalpa (1771, d’une langue de Caroline du Sud via l’anglais)

chocolat (1598, du nahuatl xocolâtl, par l’espagnol)


coca (1568, de l’aymara par l’espagnol)
copal (1762, du nahuatl copalli par l’espagnol)
goyave (1835, de l’arawak guayaba par l’espagnol)
haricot (1628, du nahuatl ayacotl)
maïs (1568 de l’arawak mahiz, via l’espagnol)
manioc (1555, du tupi manioch)
nopal (1835, du nahuatl nopalli par l’espagnol)
palétuvier (1643, altération d'appariturier lui même altération inexpliquée du tupi aparahiwa)
papaye (1579 probablement d'une langue caribe via l’espagnol)

patate (pomme de terre) (1582, de l’arawak batata par l’espagnol, entre autres, plusieurs formes s’étant croisées). La pomme de terre est originaire de la cordillère des Andes (Pérou), dans le Sud-Ouest de l’Amérique du Sud où son utilisation remonte à environ 8 000 ans.


pécan (de l’algonquin)
peyotl (1880 du nahuatl via l’espagnol)
quinquina (1653, du quichua kinakina par l’espagnol quinaquina)
quinoa (1816, du quichua, kinoa ou kenua)
rocou (1614, du tupi, urucú)
sapote (1666, du nahuatl tzapotl via l’espagnol zapote)
séquoia (du nom du cherokee Sequoyah inventeur de l'alphabet cherokee)
simarouba, simaruba (1762, du caribe)
tabac (1694 d’un mot taino tabacu via l’espagnol tabaco)
tapioca (1651, du tupi-guarani tupy ca ou tipioca, par le portugais) ; mot identique dans plusieurs langues amérindiennes

La tomate est l'un des nombreux produits horticoles américains dont les noms ont été empruntés par les langues européennes


tonka (1816, d’une langue amérindienne )
yucca (1568, du taïno yuca par l’espagnol)
 

Animaux
agami (1664, du caribe)
alpaga (1932 probablement de l’aymara allpaca par l’espagnol alpaca/o)
ara (1558, du tupi arara ou du guarani araraca)
agouti (1578, du tupi acuti ou du guarani aguti)
cabiai (1741, du tupi capiigouare)
cacaoui, cf. Harelde kakawi (1672, de l’algonquin) qui veut dire vieille squaw ; en anglais Oldsquaw.
caïman (1588, probablement d’origine caribe par l’espagnol caymán)
caouanne (1643, probablement d'origine caribe par l’espagnol couana)
carcajou (1710, du micmac, Kwi'kwa'ju ou du montagnais karkaju])
caribou (1834, du micmac kálibu, xalibú)
coati (1558, du tupi)

cobaye (1820, probablement du tupi sabúya par le portugais cobaya)


condor (1663, du quichua kuntur par l’espagnol)
cougar (1788, du tupi susuarana par le brésilien cuguacuara(h))
guanaco(1598, du quichua huanacu par l’espagnol)
guano ( du quichua wanu par l’espagnol)
iguane (1658, de l’arawak ou du taino)
jabiru (1754 du tupi-guarani)
jacamar (1760 probablement du tupi-guarani)
jaguar (1761, du tupi jaguara ou januare)
kamichi (1835, du caribe kamityi)
kinkajou (1776], peut être issu du croisement du montagnais karka[ju] et de l’algonquin (langue) gwing-[waage]

lama (1637, du quichua par l’espagnol llama)


lamantin (1640, peut être ajout de l'article féminin la au mot galibi manati)
margay (1765, du tupi-guarani maracaja ou mbaragaya)
nandou (1817, du tupi-guarani par l’espagnol)
ocelot (1640, du nahuatl ocêlôtl, qui désigne proprement le jaguar et non l'ocelot, passé par l’espagnol)
opossum (du powhatan aposoum, opassom (aˑpassem), du proto-
paca (1622, du tupi pak)
pécari (1698, du caribe begare)
puma (1633, du quichua puma, par l’espagnol).
sapajou,sajou (1654, du tupi)
sarigue (1763, du tupi sarigué par le portugais sarigue(i)a)
sconse (1904, de l’algonquin shi-gaw par l'anglais skunks )
tamandua (1640, du tupi par le portugais)
tamanoir (1756, du caribe tamanoa)
tamarin (1664, probablement du tupi)
tapir (1741, du tupi tapira)
tatou (1553, du tupi tat)
toucan (1557, du tupi tucano)
vigogne (1640, du quichua vikuña par l’espagnol vicuña)
wapiti (1860, de l’algonquin par l'anglais).

Divers
anorak (1906, emprunté à l'inuktitut)
barbecue (1723, de l’arawak, par l'anglais, lui-même le tenant de l’espagnol ou directement par l’espagnol, deux formes s'étant croisées)
boucan, boucaner, boucanier (1578, du tupi mokaém); Le sens « bruit, débauche » vient de bouc.
cacique (1545, de l’arawak par l’espagnol et l'italien)
cannibale (1515, de l’arawak caniba par l’italien et le latin moderne, le tenant de l’espagnol)

canoë, canot (1888 du taino par l’espagnol canoa)


carbet (1614, du tupi que les colons français ont apporté aux indiens caraïbes des Petites Antilles)
curare (1758, du caribe urari par l’espagnol)
gaucho (1826, du quechua par l’espagnol d’Argentine)
guacamole de l’espagnol guacamole, dérivé du nahuatl āhuacamolli (« sauce à l’avocat »).
guano (1598, de l’aymara et du quichua wanu via l’espagnol)
hamac (1659, du taino de Haïti par l’espagnol hamaca' et l'italien)
igloo (1927, transcription anglaise d'un mot inuktitut)
kayak (1851, emprunté à l’inuktitut)
manitou (1627, de l’algonquin)
mescaline (1934 dérivation en -ine de l’espagnol mescal emprunté au nahuatl mexcalli)
mocassin (mot algonquin mekezen)
ouragan (1640, du taino hurakán par l’espagnol huracán); Le mot anglais hurricane est de la même origine.
pampa (1716 de l’aymara et du quichua via l’espagnol)
papoose, petit enfant  (de l’algonquin papoos)
parka (1761 de l’inuit repris en 1932 par l’Anglais américain)
pemmican (1836, de l’algonquin ( du cree pimü ?) par l'anglais )
pirogue (1638 du caribe piraugue par l’espagnol piragua)
poncho (1716 par l’espagnol qui l'a emprunté une langue non identifiée)
pow-wow (probablement du nagarransett powwaw désignant le chaman)
sachem (1784, mot algonquin)
savane (1529, du taino de Haïti par l’espagnol çabana)
squaw (1688, de l’algonquin par l’anglais d’Amérique)
tipi (1928, de la langue dakota par l’anglais d’Amérique tepee)
toboggan (1890, emprunté à l’algonquin du Canada par l’anglais d’Amérique)
tomahawk ((1707) tomahauk. Du powhatan [2] tamahaac « hache de guerre », via l’anglais. Du proto-algonquin *temaHikani, composé de *temaH- « couper » et du suffixe *-kani « instrument pour », soit «instrument pour couper ».
totem (1833) probablement de l’algonquin par l’anglais d’Amérique)
wigwam (1688, de l’algonquin wikiwam par l’anglais d’Amérique)

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Publié le 17 Avril 2019

Le maître chocolatier et fondateur de Que Bo!, José Ramón Castillo, nous raconte comment il a créé son entreprise.

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Publié le 17 Avril 2019

 Les chocolatiers belges dits de qualité sont-ils une pure arnaque?

Ne tournons pas autour du pot, il y a trente ans, le meilleur chocolat était suisse ou belge. Aujourd’hui, le meilleur chocolat pourrait être concurrencé dans n'importe quel pays de la planète.

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La Belgique a inventé le praliné en 1912 et a commencé à se distinguer des meilleurs chocolats du monde. Mais plus de cent ans plus tard, la suprématie des chocolatiers locaux n'est plus d’actualité. Le 23 juin 2000, le Parlement européen a édicté la directive n° 2000/36/CE définissant légalement le mot « chocolat » pour désigner un produit qui contient de la masse de cacao, du sucre, du beurre de cacao et des matières grasses végétales (MGV). Cette adjonction ne doit pas dépasser 5 % du poids total d'une tablette. Autoriser l'utilisation de MGV, pourquoi pas, mais il peut paraître choquant de garder l'appellation « chocolat » pour ce qui est, somme toute, un nouveau produit. 

Premier point, quel chocolat est-il encore belge? deuxième point est-il vraiment de qualité de nos jours ? Le chocolat belge n’a pas de label, le chocolat bas de gamme se retrouve aussi sur à la Grand-Place de Bruxelles, c'est donc une mauvaise pub. Tout le monde peut écrire sur l'emballage «chocolat belge» sur ses ballotins de praline. Avec 500 chocolatiers et 2000 boutiques de chocolats en Belgique une chatte ne retrouverait plus ses petits. Qualité ordinaire pourrait qualifier en deux mots le chocolat belge.

Le concours International Chocolate Awards est le plus important concours de chocolat. 

Le meilleur chocolat du monde n’est plus ni la Suisse ni la Belgique, le titre convoité est remporté par l’Équateur qui, avec 18 prix décernés par la marque «Pacari Chocolate» au concours «International Chocolate Adwards», fait de ce pays le leader du «final du cacao». Il est réputé pour ses saveurs florales et fruitées. Il est torréfié à basse température pour conserver toutes les qualités nutritionnelles de la fève de cacao.

Pacari Chocolate a été fondée en 2002 par Santiago Peralta et Carla Barboto, propriétaires et exploitantes de la société. Il s'agit d'une entreprise familiale qui contrôle de la fève de cacao à la barre issue du commerce équitable, il est certifié biologique. Il est biodynamique et issu d'une agriculture sans pesticide.

Le Pérou est un autre pays qui se distingue par son travail avec le cacao. Il a remporté 13 prix avec la marque «Cacaosuyo». Il a également été récompensé comme meilleur chocolat au lait au monde lors du «Chocolate Show» qui s'est tenu à Londres, au Royaume-Uni. Le Venezuela n’est pas en reste lors de l’obtention du prix du meilleur chocolat blanc. Sans aucun doute, l’Amérique latine est une puissance du monde en développement du cacao.

Il existe pas moins de 70 entreprises de production du chocolat au Mexique. Et elles sont toutes florissantes. Actuellement, la production de cacao et de chocolat au Mexique est concentrée dans quatre états: Tabasco (70%), Chiapas (29%), Oaxaca et Guerrero (1,0%). Pour la troisième année consécutive, la marque mexicaine Quetzalli est reconnue pour sa qualité et sa saveur. Cette marque de chocolat mexicain raffiné produite à Tabasco, au Mexique.

Le cacao est l’un des produits agricoles les plus appréciés d’Amérique dans le monde. S'il est également traité dans son état le plus pur, il a de nos jours dépassé les meilleurs chocolateries belges. Des publications spécialisées reconnaissent chaque année les réalisations en chocolat, qui progressent sur le marché international avec des produits innovants.

Le chocolat belge devrait surtout se réorienter et miser davantage sur la qualité de ses produits, plutôt que de se baser sur un marketing scandaleux.

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