colonisation

Publié le 14 Juin 2026

L'invention de la photographie au milieu du XIXe siècle coïncide presque exactement avec la phase d'expansion maximale des empires coloniaux européens (notamment le Scramble for Africa ou le Raj britannique). Loin d'être un simple outil neutre d'enregistrement du réel, l'appareil photo est rapidement devenu, selon les mots de la romancière Yvonne Vera, une pièce maîtresse de la « panoplie coloniale », au même titre que le fusil et la Bible.

​La photographie a fonctionné comme un instrument idéologique, scientifique et militaire pour légitimer, administrer et documenter la domination coloniale.

​1. La construction de l'altérité et l'exotisation

​Pour justifier la colonisation auprès des opinions publiques métropolitaines, il fallait construire visuellement la figure du « colonisé » comme un être primitif, exotique et inférieur, nécessitant l'intervention « civilisatrice » de l'Occident.

  • Les « types » ethnographiques : Les photographes cataloguaient les populations sous forme de "types" (ex. : « Type de femme sénégalaise » ou « Guerrier zoulou »). Les individus perdaient leur nom et leur identité propre pour devenir des spécimens d'étude.
  • La mise en scène du retard culturel : Les sujets étaient souvent photographiés nus, dans des postures passives ou figées, pour accentuer le contraste avec la modernité et le dynamisme prêtés à l'Europe.
  • La mise en scène du « Progrès » : À l'inverse, les photographies « Avant / Après » (très courantes notamment dans les pensionnats pour autochtones en Amérique du Nord ou les missions chrétiennes en Afrique) montraient des enfants en tenue traditionnelle, puis coupés et vêtus à l'européenne, pour prouver l'efficacité de l'assimilation.

​2. Un outil d'inventaire et d'appropriation du territoire

​Posséder un territoire passait d'abord par sa cartographie et son inventaire visuel. La photographie a permis une véritable « appropriation par le regard ».

  • La documentation des ressources : Les compagnies coloniales et les missions scientifiques photographiaient les infrastructures naissantes (chemins de fer, ports), les plantations et les mines. L'image servait d'argument économique pour attirer les investisseurs en métropole en montrant la « mise en valeur » des territoires.
  • Le paysage comme espace vide : Dans certaines régions (comme la Palestine ou l'Ouest américain), les photographes privilégiaient des paysages vastes, immortalisés comme des « ruines intemporelles » ou des espaces vierges. Effacer visuellement la présence ou la modernité des habitants locaux permettait de légitimer l'installation des colons.

​3. L'administration, la surveillance et la violence

​Sur le terrain, la photographie était un prolongement direct de l'appareil policier, militaire et bureaucratique colonial.

Le concept de « Régime Visuel »

Les historiens de l'art rappellent que la logique même de la photographie de l'époque reposait sur un principe hérité de la colonisation : l'idée que tout ce qui est visible sur Terre est disponible pour être capturé, nommé, classé et possédé par l'observateur occidental.

 

​La réappropriation : Retourner l'appareil

​Dès la fin du XIXe siècle et le début du XXe, cette domination visuelle a été contestée. Des photographes autochtones (comme à Freetown en Sierra Leone ou Seydou Keïta au Mali plus tard) ont ouvert leurs propres studios. En reprenant le contrôle de leur image, ils ont transformé la photographie — autrefois outil d'assujettissement — en un espace d'affirmation de soi, de modernité choisie et, à terme, de résistance politique.

La photographie dans le contexte colonial
La photographie dans le contexte colonial

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Photographie coloniale, #Photographie, #Colonialisme, #Colonisation

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Publié le 21 Mars 2022

Residente, demande au monde de prêter attention aux abus et à la souffrance en Amérique. Mais surtout, This is Not America montre, selon l'artiste, comment les États-Unis se sont approprié le nom qui appartient à toute une région caractérisée par la diversité de ses centaines de millions d'habitants.

This is Not America est le nouveau single de Residente, sorti en Espagne dans la nuit du jeudi 17 mars. L'artiste revient dans la mêlée avec une chanson contestataire dans laquelle il critique la colonisation, l'esclavage, la répression policière et le capitalisme, parmi bien d'autres sujets. Son clip vidéoa atteint la liste des tendances musicales sur la plateforme.

Sony souligne que le rappeur veut souligner que "toutes les cultures et tous les pays sous le continent américain ne font qu'un" et partager la douleur de la division sociale entre l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud par les Etats-Unis.

 

La vidéo This is Not America, réalisée par le Français Gregory Ohrel est une grande production qui mélange les symboles des cultures indigènes avec d'autres qui représentent la mondialisation. Certaines de ses images les plus frappantes présentent une version alternative de la Statue de la Liberté et des monuments précolombiens au milieu des villes du premier monde. Il montre également des affrontements avec la police et l'armée, avec des scènes qui ne conviennent pas à tous les publics. Le clip comprend le meurtre d'un musicien avec une balle dans la tête et se termine par un groupe de cadavres disposés pour former le mot Amérique. 

La vidéo met en scène des manifestations au Venezuela, en Colombie et à Porto Rico ; présente des images de guérillas, de narco et de favelas ; des gangs qui prient un Christ crucifié sur une plage et une femme qui, séparée de son enfant, l'allaite à travers une clôture ; place des pyramides précolombiennes au milieu des villes et remplace la Statue de la Liberté par celle d'un personnage d'un peuple originaire du continent. Il rend également compte d'événements historiques spécifiques et les montre de manière crue, comme le meurtre du musicien chilien Víctor Jara, qui a reçu une balle dans la tête.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Ibeyi, #Residente, #This is Not America, #Capitalisme, #Joe Biden, #Colonisation, #Esclavage

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Publié le 15 Septembre 2021

EcuRed est né à Cuba en langue espagnole, avec le désir de créer et de diffuser des connaissances d'un point de vue décolonisateur, objectif et véridique et, bien qu'il s'agisse d'une encyclopédie, elle est relativement particulière. 

Malgré le fait que Cuba dispose de ressources humaines qualifiées pour l'utilisation optimale des technologies de l'information et de la communication, en fonction du développement de la société de la connaissance, elle ne disposait pas d'un outil interactif, où socialiser ses connaissances, qui permettrait au citoyen cubain, non seulement être un utilisateur de l'information, mais aussi en devenir un producteur, contribuant cette modalité à la diffusion de leurs connaissances, cette encyclopédie étant le premier projet avec ces caractéristiques à Cuba.

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