cuba

Publié le 8 Juillet 2026

Chaque nouveau roman d'Ildefonso Falcones est événement

La Vanguardia

Près de deux siècles séparent une esclave africaine travaillant à Cuba dans les champs de canne à sucre et une jeune Madrilène, cadre dans une grande banque. Une même soif de justice et de liberté les anime. Une fresque éblouissante, par l'auteur espagnol de La Cathédrale de la mer (2008), best-seller international traduit dans 40 pays et adapté en série par Netflix.

Deux femmes, deux époques, un même combat.
Une fresque magistrale par l'auteur de La Cathédrale de la mer .

Cuba, 1856. Un bateau où sept cents femmes et enfants ont été entassés accoste sur l'île. Parmi ces esclaves venus d'Afrique, Kaweka, onze ans, rejoint la plantation du marquis de Santadoma, où il se murmure bien vite qu'elle peut communiquer avec la déesse Yemaya. Une intercession qui lui donnera un jour la force d'encourager les siens à se rebeller contre leurs oppresseurs ?
Madrid, de nos jours. Lita, métisse de vingt-huit ans, est la fille de Concepción – gouvernante qui a passé sa vie au service des Santadoma. Bientôt, la jeune femme, qui a accepté à contrecœur un poste dans leur banque, met au jour un secret de famille en découvrant les origines de leur fortune.
Déterminée à réparer les injustices du passé, elle s'engage dans une longue bataille pour que sa mère et toutes les femmes ayant sacrifié leur vie au service des puissants obtiennent réparation.
Près de deux siècles séparent Lita de Kaweka. Un lien les unit, une même soif de justice et de liberté les anime...

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Éditions de l'Archipel 😊

Esclave de la Liberté

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Cuba, #Esclavage

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Publié le 19 Juin 2026

Claudio López Bru (le deuxième marquis) n'a jamais été lui-même un marchand d'esclaves, mais il était directement et indissociablement lié à l'argent et à l'héritage de la traite à Cuba.

​Il est né à Barcelone en 1853, juste après le retour définitif de ses parents de Cuba. S'il n'a pas participé au trafic de manière active, les liens avec l'histoire coloniale et l'esclavage se manifestent de trois manières très concrètes :

​1. Une fortune bâtie sur le sucre et la traite

​Toute la puissance financière que Claudio a utilisée pour construire ses empires miniers (comme à Moreda de Aller) et financer ses immenses œuvres catholiques venait de l'argent de son père, Antonio López. Cette fortune initiale avait été générée par le commerce forcé de captifs africains et le travail servile dans les plantations cubaines dans les années 1840-1850. Claudio a donc été le principal bénéficiaire et l'héritier direct de cet "argent du sang".

​2. Le cas incroyable d'Eloísa López

​Un fait historique illustre de manière frappante la présence de ce passé au cœur même de la vie du deuxième marquis : la présence à ses côtés d'Eloísa López.

​Eloísa était une femme noire, ancienne esclave d'Antonio López à Cuba. Libérée, elle avait conservé le nom de ses anciens maîtres (comme c'était souvent la coutume) et était devenue la servante et la gouvernante de confiance de la famille à Barcelone. Elle était si proche de Claudio López Bru qu'à sa mort, en 1900, elle a laissé une fortune personnelle très importante (plus de 118 000 pesetas, une somme considérable à l'époque) déposée directement sur les comptes de son maître, Claudio, en faisant de lui son héritier.

​3. La défense des intérêts coloniaux espagnols

​Même après l'abolition de l'esclavage à Cuba (1886), Claudio López Bru est resté un défenseur acharné du colonialisme espagnol. Lors de la guerre d'indépendance de Cuba en 1898, il a mis toute sa flotte de navires (la Compañía Transatlántica) au service de l'armée espagnole pour transporter les troupes et tenter de conserver l'île sous domination espagnole, maintenant ainsi le lien charnel de sa dynastie avec Cuba jusqu'au bout.

​En clair, Claudio López Bru a passé sa vie à essayer d'être un "saint" et un bienfaiteur modèle pour l'Église et pour des mineurs comme ceux de Moreda, mais chaque centime qu'il a dépensé pour cela provenait directement du système esclavagiste que son père avait exploité à Cuba.

Claudio López Bru est resté un défenseur acharné du colonialisme espagnol
Claudio López Bru est resté un défenseur acharné du colonialisme espagnol

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Claudio López Bru, #Marquis de Comillas, #Esclavage, #Cuba, #Espagne, #Moreda de Aller, #Colonialisme

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Publié le 19 Juin 2026

Le deuxième marquis de Comillas fut le quatrième fils d'Antonio López : Claudio López Bru (1853-1925).

​S'il a hérité de l'immense fortune et de l'empire industriel de son père (notamment la Compañía Transatlántica et les mines de charbon), sa personnalité et sa trajectoire ont été radicalement différentes. Alors que son père était un homme d'affaires pragmatique et controversé, Claudio est devenu l'une des figures les plus influentes du catholicisme social et du conservatisme en Espagne au tournant du XXe siècle.

Un profil radicalement différent
  • Le "marquis philanthrope" : Profondément religieux, Claudio López Bru a consacré une immense partie de sa fortune à des œuvres caritatives, à l'éducation et à l'Église. Il a notamment achevé et financé la construction de l'Université pontificale de Comillas, un projet ambitieux destiné à former les prêtres et les classes populaires.
  • Le syndicalisme catholique : Face à la montée de l'anarchisme et du socialisme au sein de la classe ouvrière espagnole, il a activement promu les "Cercles ouvriers catholiques". Son but était d'améliorer les conditions de vie des travailleurs (logements, caisses de secours, écoles) pour contrer l'influence du marxisme, tout en maintenant une vision très paternaliste de la société.
  • Gestion de crise et tragédies : En 1893, l'un des navires de sa compagnie, le Cabo Machichaco, a explosé dans le port de Santander alors qu'il transportait de la dynamite, détruisant une partie de la ville. Claudio López Bru s'est personnellement rendu sur place pour coordonner les secours et financer la reconstruction, ce qui a profondément marqué les esprits et renforcé son image d'homme providentiel.

​À sa mort en 1925, il n'avait pas d'enfants. Son investissement auprès des pauvres et de l'Église était tel qu'un procès en béatification a été ouvert par l'Église catholique dans les années 1950, bien qu'il n'ait jamais abouti. Il reste perçu par les historiens comme un grand capitaine d'industrie qui a cherché, par une piété extrême, à utiliser la fortune controversée héritée de son père pour transformer la société espagnole de son temps.

Le deuxième marquis de Comillas - Claudio López Bru

Moreda de Aller est en réalité la localité phare, la « capitale » ouvrière du bassin minier où Claudio López Bru (le deuxième marquis de Comillas) a régné en maître absolu.

​C’est ici que s'est joué le destin industriel et social de la famille :

  • La fondation de la Hullera Española (1892) : C'est Claudio López Bru qui a officiellement fondé cette immense compagnie minière de charbon pour exploiter les gisements du fleuve Aller, dont les terrains avaient été initialement achetés par son père. Moreda est devenue le centre névralgique de cette activité.
  • Le laboratoire du paternalisme : C'est à Moreda de Aller et dans les villages miniers voisins (comme Bustiello) que le marquis a déployé son projet de « catholicisme social ». Il y a fait construire des casernes pour les mineurs, des églises majestueuses dédiées à Santa Bárbara (la patronne des mineurs), des écoles gratuites pour leurs enfants et des hôpitaux.
  • Le puits San Antonio : À Moreda même, le puits de mine emblématique de la compagnie était le Pozu San Antonio (le Puits Saint-Antoine). Il a fonctionné pendant plus d'un siècle avant de fermer définitivement au début des années 2000.

Oui, les mineurs de Moreda de Aller et de toute la cuenca (le bassin minier) étaient pauvres, mais leur pauvreté était très particulière en raison du système imposé par le marquis de Comillas.

​Au tournant du XXe siècle, un mineur à Moreda ne vivait pas dans la misère absolue ou la famine des paysans sans terre, mais il subissait une pauvreté de dépendance et d'exploitation extrême.

​Ce système, que les historiens appellent le paternalisme industriel, reposait sur une logique simple de la part du marquis : « Je vous donne de quoi vivre dignement, mais en échange, vous m'appartenez. »

​Une vie sous contrôle total

​Le marquis de Comillas a créé une véritable « prison dorée » à Moreda et dans les villages voisins (comme le village modèle de Bustiello). Les mineurs avaient accès à des conditions matérielles souvent supérieures à celles d'autres ouvriers espagnols, mais à un prix social terrible :

  • Le logement : La compagnie (Hullera Española) fournissait des maisons aux mineurs. Elles étaient modernes pour l'époque, avec un petit potager. Mais si un mineur se plaignait, faisait grève ou n'allait pas à la messe, il était licencié et immédiatement expulsé de sa maison avec sa famille.
  • L'éducation et la santé : Le marquis a financé des écoles (gérées par des ordres religieux) et des hôpitaux. Les enfants des mineurs apprenaient à lire, mais recevaient aussi une éducation religieuse stricte valorisant la soumission aux patrons.
  • Les économies de subsistance : Le salaire des mineurs restait bas. Pour survivre, les familles dépendaient des économies de la compagnie, des économats (les magasins de l'usine où ils achetaient leur nourriture) et de leur petit potager. L'argent gagné retournait souvent directement dans les poches du marquis.
​La pauvreté face au danger de mort

​La véritable pauvreté des gens de Moreda se mesurait à l'insécurité de leur propre vie. Le travail dans les mines de charbon des Asturies était l'un des plus dangereux d'Europe :

  • ​Les accidents (éboulements, explosions de grisou) étaient fréquents et laissaient des veuves et des orphelins avec des pensions misérables.
  • ​Les maladies pulmonaires, comme la silicose (causée par l'inhalation de la poussière de charbon), condamnaient la plupart des mineurs à mourir jeunes, souvent avant 40 ou 50 ans.
​Une colère qui a explosé

​Le marquis pensait que sa charité catholique et ses avantages matériels empêcheraient la révolte. C'était une erreur. Les mineurs de Moreda ont fini par rejeter ce contrôle étouffant :

​Pour contrer l'autorité du marquis, ils ont créé leurs propres syndicats clandestins. Le bassin d'Aller est devenu l'un des foyers les plus ardents des grandes grèves ouvrières en Espagne (notamment en 1906, 1917 et lors de la célèbre Révolution des Asturies en 1934).

 

​Les gens de Moreda étaient donc pauvres sur le plan financier et totalement privés de liberté personnelle, mais ils ont développé une culture de solidarité et de lutte ouvrière si puissante qu'elle a fini par briser le contrôle absolu de la dynastie des Comillas.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Marquis de Comillas, #Claudio López Bru, #Moreda de Aller, #Espagne, #Catholicisme, #Esclavage, #Cuba

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