culture gay

Publié le 7 Août 2026

Le wokisme dans le dialogue des cultures : entre déconstruction des hégémonies et quête d'universalité.

Mario Scolas

Le dialogue des cultures, pensé à l'origine comme un pont entre des traditions, des histoires et des civilisations différentes, se trouve profondément percuté par l'émergence des grilles de lecture issues du « wokisme ». Alors que le dialogue interculturel recherchait traditionnellement des universaux communs ou une reconnaissance mutuelle des différences dans le respect des souverainetés et des histoires nationales, l'approche critique contemporaine déplace la focale vers les rapports de pouvoir, l'histoire coloniale et les dominations structurelles.

​Cette rencontre — ou cette confrontation — entre le dialogue traditionnel des cultures et les revendications décoloniales et intersectionnelles s'articule autour de plusieurs tensions majeures :

​1. Du choc des civilisations au choc des hégémonies
  • La déconstruction des récits nationaux : Le wokisme invite à revisiter le patrimoine culturel et historique (littérature, arts, monuments) sous l'angle des passifs d'oppression (colonialisme, esclavage, patriarcat). Dans le cadre du dialogue des cultures, cela se traduit par une contestation des canons occidentaux traditionnels, perçus non pas comme universels, mais comme le produit d'une domination culturelle (eurocentrisme).
  • La suspicion envers l'universalisme : Là où le dialogue classique s'appuyait sur des valeurs universelles partagées (les droits de l'homme, les Lumières), les courants critiques y voient souvent un « universalisme occidental déguisé » qui impose ses propres normes sous couvert d'objectivité.
​2. L'intersectionnalité et la cartographie des identités
  • Hiérarchisation des voix : L'approche intersectionnelle tend à redistribuer la parole en fonction de la position des locuteurs dans les structures de pouvoir (dominant/dominé, minorisé/majoritaire). Dans un contexte multiculturel, cela modifie la dynamique du dialogue : la légitimité de la parole ne repose plus seulement sur la force de l'argument rationnel ou la connaissance érudite, mais aussi sur l'expérience vécue de la marginalisation (identity politics).
  • Risque de repli identitaire : Paradoxalement, alors que le dialogue des cultures cherche à relier les peuples, une application rigide des grilles identitaires peut enfermer les individus dans des assignations rigides d'appartenance (origine, genre, religion), entravant la fluidité des échanges et la possibilité d'une universalité partagée.
​3. Universalismels universalistes vs. Relativismes culturels
  • Le piège du relativisme : En voulant réhabiliter les cultures marginalisées et lutter contre l'imperialisme culturel, le wokisme peut parfois glisser vers un relativisme post-moderne où chaque groupe possède sa « vérité » et sa propre grille de lecture indépassable. Cela complique, voire paralyse, le dialogue interculturel dès lors qu'il s'agit de trouver des consensus sur des normes éthiques ou juridiques fondamentales (par exemple, les droits des femmes ou la liberté de conscience).
  • La mondialisation des concepts : Issu en grande partie du monde académique et militant anglo-saxon, le wokisme se heurte à des résistances culturelles fortes lorsqu'il est exporté (notamment en Europe ou dans le Sud global), où il est parfois perçu comme une nouvelle forme d'hégémonie culturelle ou d'ingérence intellectuelle.
​En résumé

​Dans le dialogue des cultures, le wokisme agit comme un révélateur de tensions post-coloniales. Il a le mérite de rappeler que le dialogue interculturel ne peut faire l'économie d'une autocritique sur les asymétries de pouvoir et les angles morts de l'histoire. Cependant, en rigidifiant les identités et en polarisant les échanges autour de la culpabilité ou de la pureté militante, il risque parfois de transformer le dialogue en un catalogue de revendications irréconciliables, fragilisant l'idéal d'une humanité commune.

Le choc des mémoires : wokisme et dialogue des cultures.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Wokisme, #Culture gay

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Publié le 24 Juillet 2026

Code à la porte et menu secret : l’essor de la gastronomie clandestine à Bruxelles.

Mario Scolas

On n'y va pas seulement pour ce qu'il y a dans l'assiette, mais pour la chaleur humaine, les rires qui fusent, les débats qui s'éternisent et cette impression rare d'être exactement au bon endroit, au bon moment.

On n'y va pas seulement pour ce qu'il y a dans l'assiette, mais pour la chaleur humaine, les rires qui fusent, les débats qui s'éternisent et cette impression rare d'être exactement au bon endroit, au bon moment.

À Bruxelles, ce phénomène des underground dining clubs ou "restaurants secrets" s'est particulièrement développé pour des raisons très spécifiques.

​1. Le ras-le-bol de la bureaucratie et de la pression fiscale

​L'Horeca bruxellois est l'un des secteurs les plus contrôlés et taxés. Entre la fameuse "boîte noire" (caisse enregistreuse agréée), la TVA, les charges sociales, les normes AFSCA très strictes et la hausse des baux commerciaux, rentabiliser un restaurant officiel est devenu un casse-tête monumental.

  • ​Pour certains passionnés, le clandestin est le seul moyen de proposer de la haute gastronomie sans répercuter des coûts de structure démesurés sur l'addition.
​2. Le goût de l'exclusivité et le "FOMO"

​Bruxelles adore le principe du secret d'initiés.

  • Le jeu de la traque : Un compte Instagram sans adresse, un numéro WhatsApp transmis sous le manteau, un mot de passe à l'entrée... L'expérience commence avant même de manger.
  • ​Cette rareté crée une forte demande : les clients adorent le sentiment d'appartenir à un "cercle privilégié" qui connaît le chef secret du moment dans un loft de Saint-Gilles ou un arrière-atelier à Molenbeek.
​3. La liberté créative absolue pour les chefs

​Dans un restaurant classique, il faut plaire au plus grand nombre, maintenir une carte fixe et gérer le stress du rendement.

  • ​En clandestin, le cuisinier fait exactement ce qu'il veut : menu unique à 8 services, association de saveurs osées, accords mets-vins expérimentaux... sans aucune pression d'un guide critique ou de la clientèle de passage. Il reçoit "chez lui" (ou dans un lieu détourné) les jours où cela lui chante.
​4. Une sous-culture internationale bien ancrée

​Bruxelles accueille une énorme population d'expatriés, de diplomates et d'artistes habitués aux concepts des grandes métropoles comme Londres, Berlin ou New York (les fameux supper clubs). Cette communauté internationale est très friande de ces formats éphémères et participatifs où les règles habituelles du restaurant volent en éclats. 

Dans le cadre des tables queer/militantes, l'ambiance est particulièrement relaxante car chacun sait qu'il est dans un espace d'expression libre, sans jugement, où l'on peut être entièrement soi-même.

La nuance légale : On oscille ici entre le pur speakeasy commercial qui joue juste sur un marketing du secret (mais qui est parfaitement en règle avec une porte cachée derrière un frigo) et les vrais appartements privés cuisinant "au noir". Pour ces derniers, le risque de contrôle fiscal ou sanitaire existe, ce qui explique pourquoi ils changent souvent de lieu ou restent réservés à un cercle restreint d'habitués.

Suivre les chefs indépendants : Beaucoup de jeunes cuisiniers issus de la scène inclusive bruxelloise annoncent leurs résidences ou "dîners à la maison" directement via leurs réseaux sociaux personnels sous forme de storys éphémères.

L'addition se règle discrètement, le mot de passe s'oublie déjà, mais le souvenir d'un repas volé à la norme, lui, reste intact. À Bruxelles, la gastronomie se savoure désormais les volets clos.

Last Night in Orient - LNO ©

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Restaurants, #Cuisine, #Gastronomie, #Bruxelles, #Culture gay

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Publié le 4 Juillet 2026

Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Charles Trenet, #Culture gay, #Chanson française

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