culture mexicaine

Publié le 6 Mars 2021

L'eau constituait une ressource rare chez les Mayas, et ces citernes faisaient partie de leurs systèmes d’approvisionnement et contrôle de ce précieux liquide.

Un chultún (pluriel : chultuns, pluriel maya : chultunob' et pluriel espagnol : chultunes) désigne une citerne qui servait au stockage, souterraine en forme de bouteille construite par les Mayas. Le mot proviendrait probablement de la combinaison de deux mots mayas qui signifient eau de pluie et pierre (chulub et tun). Une autre possibilité étymologique, suggérée par l'archéologue Dennis E. Puleston, est que le terme vient du mot pour nettoyer (tsul) et pierre (tun). En langue maya yucatèque, le terme fait toujours actuellement référence à un trou au sol humide ou qui retient l'eau1.

Les chultuns sont construits dans des endroits où il n’y a pas de cénotes, comme dans la région Puuc où la nappe phréatique se situe à 30 mètres de profondeur. Leurs entrées étaient entourées de murs intérieurs rendus imperméables avec une épaisse couche de stuc afin de récolter un maximum d’eaux pendant la saison des pluies. Ils devaient servir comme réserves d’eau potable234. Si le Yucatán n’avait pas eu ces ressources en eau souterraine, cette région serait restée inhospitalière et la civilisation maya n'aurait pas pu s'y développer aussi largement5. Les conditions de vie des habitants et les ressources naturelles que disposaient la péninsule du Yucatán dépendaient des conditions environnementales.

L'existence de ces puits ont été décrits par l'évêque  Diego de Landa , qui, dans "Relacion de las Cosas de Yucatan" décrit comment les Mayas Yucatèques creusaient et utilisaient ces citernes près de leurs maisons pour stocker les eaux pluviales6.

Ces infrastructures de récolte d'eau de pluie pouvaient contenir jusqu'à 30 000 litres et chaque citerne répondaient aux besoins de 25 personnes pendant une année. Des chultuns de grande capacité existaient à l'intérieur des grandes cités mayas suffisaient aux besoins de 2 000 à 6 000 personnes7.

Ces cavités étaient aussi utilisées pour le stockage des denrées alimentaires périssables ou encore la fermentation de boissons alcooliques. Quand un chultun n’était plus utilisable (fuite ou vieillissement naturel ?), il était transformé en dépotoir ou en tombe. Les chultunob’ constituent donc une double source d’informations sur la vie et la mort des anciens Mayas.

On y trouve parfois des représentations tridimensionnelles d'animaux aquatiques, en particulier de grenouilles et de tortues, sur le revêtement en stuc, ce qui indique qu’éventuellement les Mayas auraient pu utiliser ces animaux pour nettoyer  la vermine qui aurait pu s’y développer dans le chultún.

Notes et références

  1.  « Qu'est-ce que les anciens Mayas stockaient dans leurs chultuns? » [archive], sur Qu'est-ce que les anciens Mayas stockaient dans leurs chultuns?, (consulté le 6 mars 2021)
  2.  « Arqueólogos exploran un chultún en el barrio de San Francisco, Campeche » [archive], sur www.inah.gob.mx (consulté le 6 mars 2021)
  3.  (en) National Geographic Society, « Technology, Rainwater, and Survival of the Maya » [archive], sur National Geographic Society,  (consulté le6 mars 2021)
  4.  Poutrin, « Tozzer (Alfred M.). A preliminary study of the prehistoric rains of Nakum, Guatemala (Étude préliminaire des ruines préhistoriques de Nakum, Guatemala). A report of the Peabody Museum expedition, 1909-1910. Memoirs of the Peabody Museum of american Archaeology and Ethnology . Harvard University. Vol. V. № 3, 1913, p. 139-201. 54 figures, 23 planches . », Journal de la société des américanistes, vol. 11, no 1,‎ , p. 279–280 (lire en ligne [archive], consulté le 6 mars 2021)
  5.  Marie-Anne Héraud-Piña, « Chapitre VIII. L’homme et le karst dans le Yucatan : Des anciens Mayas à aujourd’hui », dans Le karst du Yucatan : Pays des Mayas, Presses Universitaires de Bordeaux, coll. « À la croisée des sciences »,  (ISBN 979-10-300-0384-0, lire en ligne [archive]), p. 233–254
  6.  « Qu'est-ce que les anciens Mayas stockaient dans leurs chultuns? » [archive], sur Qu'est-ce que les anciens Mayas stockaient dans leurs chultuns?, (consulté le 6 mars 2021)
  7.  Marie-Anne Héraud-Piña, « Chapitre VIII. L’homme et le karst dans le Yucatan : Des anciens Mayas à aujourd’hui », dans Le karst du Yucatan : Pays des Mayas, Presses Universitaires de Bordeaux, coll. « À la croisée des sciences »,  (ISBN 979-10-300-0384-0, lire en ligne [archive]), p. 233–254

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Publié le 21 Février 2021

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La célébration de la Journée internationale de la langue maternelle de l'UNESCO appelle les décideurs politiques, les éducateurs et les enseignants, les parents et les familles à s'engager davantage en faveur de l'inclusion dans l'éducation et la société pour faire progresser la reprise de l'éducation en cette période de COVID-19.

Four girls in traditional outfits sit and read outdoors.
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Publié le 13 Février 2021

Cet article est reposté depuis Encyclopædia of Gay and Lesbian Popular Culture.

Silvio Rodríguez Domínguez, né le 29 novembre 1946 à San Antonio de los Baños, est un musicien, poète et compositeur cubain. Il fait partie du mouvement musical dit de « la nueva trova ».

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