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Publié le 30 Novembre 2012

Culture en Uruguay

« Parce qu’un jour des Conquistadors, des chercheurs de trésors, des chasseurs d’Indiens,

parce qu’un autre jour, deux siècles plus tard, un Basque, français ou espagnol, à qui l’air du

large monta à la tête, parce qu’un Russe, ou un Portugais, […] un inconnu qui avait oublié le

nom de son pays, parce que des Italiens et des Gallegos, et des Andalous, tous, las de leur

vieille terre, avaient dit : « Eh bien, moi aussi j’y vais, je veux voir ce que c’est ! » parce

qu’ils débarquèrent en Uruguay, par milliers et par milliers, parce que tous ces visages de

jeunes gens, ces corps radieux, que nous voyons passer aujourd’hui, cet air de bien respirer,

ces regards vifs, ces pas légers et sûrs ont été faits avec la collaboration du cœur, des

pampas, et de la mer, je veux dire de l’amour et de la liberté. »

 

Jules SupervielleUruguay

 

L'Uruguay, le plus petit pays d'Amérique du Sud, coincé entre le Brésil au Nord et l'Argentine à l'Est, est un pays de collines et de plaines - le pays se situe dans le prolongement de la pampa argentine- servant principalement à l'agriculture et l'élevage sous l'oeil attentif des gauchos, ces garçons vachers. Les ranchs -ou estancias- accueillent les visiteurs et les amateurs d'un tourisme équestre au coeur de cette culture uruguayenne rurale dont le folklore s'exprime notamment dans la musique.

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Traversé par les fleuves de la Plata et de l'Uruguay, dominé par le mont Catedral qui culmine à 514m, sa capitale Montevideo cultive une atmosphère désuète et nostalgique des années 1950. On y croisait il y a encore quelques années dans la rue, de très vieilles automobiles.

Si la plus grande ville du pays se caractérise surtout par ses constructions modernes, quelques musées intéresseront néanmoins les amateurs comme le Museo del Gaucho (où est racontée l'histoire des garçons vachers du pays), zoo et planétarium ferment la marche des attractions de la ville. Colonía del Sacramento construit sur les rives du rio de la Plata est sans doute la plus belle ville du pays avec ses fortifications, ses rues étroites... Côté plage, Punta del Este est la principale station balnéaire sur les 250km de côte, où se côtoient Jet Set argentine et surfeurs.

La culture de l'Uruguay est dominée par les traditions européennes et en particulier par la culture espagnole, puisqu'il s'agit du pays colonisateur, et ensuite italienne eu égard les vagues successives d'immigration venant de ce pays. La culture amérindienne n'y joue pratiquement aucun rôle : les anciens peuples étant décimés, leurs cultures ont disparues. L'Uruguay a également été influencé culturellement par ses voisins comme l'Argentine, notamment dans les domaines de la musique et des danses folkloriques.

 

Religion

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Le catholicisme représente 66 % de la population : cependant l'État est séparé de l'Église depuis 1916, d'où le refus d'appeler les fêtes par leurs noms religieux. Sur le continent le plus catholique de la planète – plus de 500 millions de fidèles en Amérique latine –, l’Uruguay joue les trouble-fêtes. En avance sur les droits des minorités sexuelles., le Sénat a autorisé l'adoption par les couples homosexuels. Plus avant-gardiste que ses voisins, en 2008, le pays avait déjà autorisé le changement d’état civil pour les transsexuels dès l’âge de 12 ans et sans l'accord des parents. L'Uruguay évolue vers une culture progressiste et laïque. Le politologue Juan Carlos Doyenart précise que «l'Église a très tôt été marginalisée du pouvoir, comme dans l'éducation avec la loi de 1879 sur le modèle laïque français. Puis, il y a eu une loi de séparation entre l'Église et l'État comme en France, c'est-à-dire en instaurant une laïcité pure et dure qui a ouvert le terrain aux libéraux et aux mouvements de gauche».

Langues

La langue nationale du pays est le castillan, fortement influencée par le rioplatense et par le portugais, d'ailleurs à la frontière avec le Brésil, les locaux parlent un Portunhol (ou Portuñol) riverense, mélange de portugais et de castillan. L'Uruguay a donné au portugais un statut égal à l'espagnol/castillan dans son système éducatif le long de la frontière nord avec le Brésil.

Vie culturelle

La vie culturelle de l'Uruguay s'est épanouie dans plusieurs domaines comme la peinture (avec Juan Manuel Blanes et Pedro Figari), la sculpture (avec José Belloni) et la musique avec le candombe et le tango (avec des artistes comme Jaime Ross et Jorge Drexler).

 

 
"Monumento al Ahogado" by the Chilean sculptor Mario Irarrázabal consists of five fingers partially submerged in sand at Brava Beach in Punta del Este, Uruguay.

Littérature

 

Les écrivains sont José Enrique RodóHoracio QuirogaJuan Carlos OnettiMario BenedettiEduardo Galeano et Jorge Majfud.

Parmi les poètes contemporains qui se montrent soucieux d'inventions verbales, se détachent Ricardo Paseyro, Washington Benavides, Alejandro Paternain et Enrique Estrázulas, l'un des rares écrivains non exilés.

En prose, après Carlos Real de Azua, José Pedro Díaz, Ángel Rama, Silvia Lago, la nouvelle génération a pour principaux représentants Cristina Peri Rossi et Teresa Porzecanski. Le critique Alberto Zum Felde donne des essais et demeure une des figures majeures du genre.

Le football occupe une place très importante dans la vie sportive, surtout depuis les coupes du monde de 1930 et 1950, toutes deux remportées par l'équipe nationale des Célestes. Il faut noter que les sports équestres hérités des gauchos (bergers) jouent aussi un rôle essentiel.

Cuisine

En Uruguay, la viande de boeuf est servie à tous les repas. Tous les restaurants proposent des asados (grillades). Attention, les portions sont souvent énormes. Les chivitos sont les hamburgers uruguayens. Le pancho est un hot-dog et la milanesa, une viande panée. Le puchero est un plat de boeuf servi avec légumes, haricots, bacon et saucisses.

La cuisine s'inspire des origines espagnoles ou italiennes des habitants, à tel point que la pizza ou les pâtes sont devenues des plats nationaux.

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Le clericó est un vin local qui est un mélange de vin mousseux et de vin blanc. Il est très populaire pour les fêtes. Les gaúchos (bergers) qui gardent les troupeaux de bétail campent souvent sous les branches des ombús géants. Ils allument alors un feu pour préparer le asado (barbecue), et font bouillir de l'eau pour préparer le maté (une sorte de thé amer) qu'ils boivent dans une petite calebasse creusée et séchée à l'aide d'une paille de fer munie d'un filtre. Cette paille, appelée bombilla, est souvent gravée. Une personne du groupe est chargée de la préparation. Il remplit le récipient d'eau chaude et le passe au suivant, qui lui rend quand il a fini. Le premier remplit à nouveau le maté et le passe à la personne suivante et ainsi de suite. La calebasse passe de main en main, et chacun boit avec la paille.

Sur la côte, tous les fruits de mer sont au menu. Comme dessert, le chajá est un gâteau spongieux rempli de crème et de confiture. Cette boisson est bue par la majorité des uruguayens. Il est fréquent de voir des personnes à l'arrêt d'un bus, portant d'une main un thermos et de l'autre un maté. On le boit en général amer, mais on peut y ajouter du sucre. Au goûter, on le boit aussi avec du lait en mangeant des petits gâteaux secs salés : c'est le "maté cocido" (maté cuit).

Le espillinar est un mélange de vin, de jus de fruits et de morceaux de fruits. Très rafraîchissant en été.

Théâtres

 
Teatro Solis (Montevideo), le plus ancien théâtre de l'Uruguay date de 1856.

Montevideo offre chaque saison un programme riche de spectacles théâtraux, très souvent de dramaturges étrangers, dont l’esthétique, la qualité, la production et la diffusion sont très variées.

Depuis l’inauguration officielle de la Comedia Nacional (1947), seule institution théâtrale publique, en passant par les institutions symboliques du mouvement du théâtre indépendant toujours en vigueur aujourd’hui, telles que El Galpón (18 de Julio 1618 – tel : 408 33 66) et le Teatro Circular (Rondeau 1388 - Plaza Cagancha – tel : 901 59 52), jusqu’aux spectacles de divertissement plus commerciaux de la Compañia Teatral Italia Fausta, ou ceux de l’under montevideano Mincho Bar par exemple, le mouvement théâtral uruguayen occupe un espace considérable et considéré dans la vie culturelle des habitants de cette ville.

Aux théâtres traditionnels à l'italienne, tels que le Teatro Solís (1856), la Sala Verdi (1895) (Soriano 914 – tel : 901 02 98) ou La Gaviota (Mercedes 1805 – tel : 408 2 649), et en incluant ceux, plus modernes et confortables, comme le Teatro del Notariado (Guayabo 1729 – tel : 408 36 69), le Teatro del Anglo (San José 1426 – tel : 902 37 73 int. 134), le Teatro del Centro (Plaza Cagancha 1164 – tel : 902 89 15), La Candela, ou la Alianza URU-USA (Paraguay 1217 – tel : 908 19 53), s’ajoutent chaque saison de nouveaux espaces moins conventionnels à vocation permanente (Teatro Victoria :Rio Negro 1479 – tel : 901 99 71), Espacio Cervantes (Soriano 868 – tel : 900 62 69), Quinta de Santos et/ou ponctuelle (Jockey Club, las Bovedas, AFE) qui sont plus appropriés pour présenter les œuvres de la nouvelle génération de créateurs.

Cinémas

Bien que le monopole de la production cinématographique dite commerciale reste entre les mains des grandes compagnies américaines, Montevideo offre un espace considérable à d’autres productions commerciales, indépendantes et expérimentales en provenance d’Europe, et particulièrement de France, mais aussi du reste du monde. Seules les salles de cinéma commercial proposent le confort standard international dans leurs salles.

Bibliothèques

Les grandes bibliothèques se trouvent dans la capitale comme par exemple la Bibliothèque nationale, la bibliothèque du Musée historique national, connue pour ses collections de gravures, de cartes et de pièces, la bibliothèque du Congrès national et les Archives nationales. Les principaux musées sont le musée d'Histoire nationale, le Musée national des Beaux-Arts et le musée d'histoire naturelle, tous construits à Montevideo. Cette centralisation de la culture montre une nouvelle fois la dissymétrie entre la capitale et le reste du pays.

Musique en Uruguay

Artisanat

L'artisanat en Uruguay se porte sur des produits dérivés de l´image et de la vie du "Gaucho" avec le travail du cuir et de la laine. Par ailleurs il existe une offre importante de pierres semi-précieuses (agathe, améthyste,...) provenant des régions du nord du pays. Il existe une chaîne de magasins qui concentrent toute la diversité de l'artisanat en Uruguay.

Jours festifs

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  • 1 janvier: nouvel an
  • 6 janvier: jour des enfants
  • 23 et 24 février: carnaval
  • 19 avril: célébration du débarquement des 33 orientales
  • 1er mai : fête du travail
  • 18 mai: célébration de la bataille de Las Piedras
  • 19 juin: anniversaire de José Artigas
  • 18 juillet: anniversaire de la constitution
  • 25 août: anniversaire de la déclaration d'indépendance
  • 12 octobre: anniversaire de la découverte des Amériques
  • 2 novembre: jour des morts
  • 25 décembre: Noël

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Rédigé par Last Night in Orient

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Publié le 8 Juin 2011

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Connue depuis l'époque wisigothique (de 419 à 711),  la fabada asturiana est l'un des mets les plus typiques de la Principauté des Asturies en Espagne. Ce plat a des similitude au cassoulet du sud-ouest de la France.

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Une Fabada a pour ingrédient principal la faba ou fabe, une fève de qualité adaptée pour cette préparation. Elle doit impérativement être cultivée dans la principauté des Asturies et est régie par le conseil régulateur de la Faba Asturiana, sous appellation d'origine, qui la définit ainsi : « Haricot sec séparé de sa cosse, "phaseolus vulgaris", L, de variété traditionnelle "Granja Asturiana", sain, entier, lavé et destiné à la consommation ; de couleur blanche et crémeuse ; forme d'un rognon, long et aplati ; de grande taille et donnant de 100 à 110 graines pour 100 grammes de semence. La zone d'élaboration et de conditionnement doit coïncider avec celle de production ».

Le cuisinier privilégie ainsi les fèves qui ont pour dénomination del cura, et ceux del peón, del colmillo, ou mieux encore de la Granja.

La fabada est préparée à base de charcuteries traditionnelles du pays (le compango, qui est ensuite servi séparément), la morcilla, le chorizo, l'épaule de porc (lacón) et une variété de lard (tocino) et éventuellement d'un os de jambon, d'échine de porc ferme, d'oreille, de pied ou de queue de porc. La recette est épicée de safran bien dosé.

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La fabada asturiana a subi des variantes culinaires régionales pour du moins originale et succulente. Une fabada asturiana est préparée avec de l'araignée de mer (centollo) ou des palourdes, ou avec des moules dans sa variante « Fabes con almejas ». L'araignée de mer est un mets fin qui se consomme comme le tourteau et sa chair est fréquemment reconnue comme plus fine par les amateurs.

Il est souhaitable d'accompagner ces plats avec le cidre local, du vin de la Rioja pour la fabada traditionnelle ou du vin blanc pour les variétés aux crustacés !

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Plusieurs entreprises du Pays ont commercialisé des conserves de ce plat typique, comme la Tila, La Asturiana, Littoral, Albo...

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Fabes de la Granja

Fabes de la Granja

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Rédigé par Last Night in Orient

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Publié le 25 Mars 2011

Entre 1870 et 1914, l'orientalisme a été une période propice à son développement dans l'art de la pensée, mais l'entre-guerre sonnera le déclin de cet intérêt, le public s’attachant alors davantage aux arts et productions de l’Afrique noire et d’Océanie. L'invention de la photographie date de 1839 et a permis à ses premiers utilisateurs - des missionnaires et des explorateurs - et à des photographes professionnels de produire de nombreux portraits d’hommes et de femmes qui vivaient dans les colonies. Par « photographie coloniale », on désigne également une pratique de la prise de vue qui s’est développée pendant plus d’un siècle sur l’ensemble des continents aussi bien qu’à l’occasion des expositions coloniales ou des « exhibitions » d'indigènes. A partir de l’analyse de ces différentes reproductions photographiques, cette communication montre les constructions identitaires et la perception de l’Autre en contexte colonial. Cette invention a permis aux autorités coloniales d’exercer un pouvoir sur les peuples colonisés et de construire une perception particulière des indigènes. La photographie du XIXe siècle a servi des intérêts gouvernementaux et économiques et surtout nourri le fantasme d'un monde lointain et exotique. Certaines de ces photographies parfois imaginatives sont à peine centenaire et évoquent pourtant une période qui semble plus que lointaine, plus que passée. Les aînés se souviennent encore des leçons de géographie et de l’empire colonial basées sur ces clichés que les photographes professionnels fournissent aux magazines les images d'un empire colonial au faîte de sa puissance. Leurs activités coïncident avec l’action de leurs gouvernements qui mènent une politique de pénétration "rampante" dans l'Empire ottoman afin d’y étendre leur hégémonie politique, économique, culturelle et religieuse. Grâce à la photographie, on pouvait non seulement voir mais surtout conserver pour le futur. Ces colonies, vues avant tout à travers un filtre occidentalisant, fut pour ainsi dire théâtralisé par les photographes européens.

Le Maroc est resté plus longuement isolé que les autres pays du Maghreb aux influences occidentales. Ce pays ocre a toujours attiré de nombreux photographes. Pierre Loti était également photographe, Paul Bowles et Jean Genet, étaient également fascinés pour les mêmes raisons de ce pays. Notons aussi le projet du banquier et mécène français Albert Kahn (1860-1940) qui a consacré une partie de sa vie et sa fortune pour constituer à partir de 1909 "les Archives de la Planète (ADLP)" dans le cadre philanthropique d'une compréhension et de dialogues entre les cultures. Il mit sur pied de nombreuses institutions à la suite d’un tour du monde, qu’il concrétise son projet de créer les Archives de la Planète, en formant des équipes chargées de la mission de photographier les us et coutumes de l'Autre. L'objectif principal était de rencontrer ce pays traditionnel, dans ses vestiges comme dans son actualité, dans ses équilibres séculaires ou ses splendeurs menacées, ses permanences ou ses ruptures, sans occulter l’empreinte des différents envahisseurs et notamment de la présence française, dans ses réalisations comme dans les dommages générés par le système colonial. L'opérateur Stéphane Passet part pour le Maroc, armé de caméras et d'appareils photo, le pays est en passe de devenir un protectorat français. Il restera au Maroc entre 1912-1913, et ensuite ce fut le tour de Georges Chevalier en 1925.

Le livre de Marie Moignard intitulé « Une histoire de la photographie marocaine » est paru en 2010 et retrace l’évolution de la photographie marocaine, depuis les premiers photographes autochtones jusqu’aux grands noms de la photographie contemporaine.

Nicolás Muller. Bailarina Tajara, Larache, Morocco, 1942

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Rédigé par Last Night in Orient

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