espagne

Publié le 28 Février 2022

Héroine de la guerre d'Espagne et de l'antifranquisme Dolores Ibarruri était aussi, pour les fascistes, un des symboles de l'" Europe rouge ".

Dolores Ibárruri Gómez, dit La Pasionaria, née le  à Gallarta en Biscaye et morte le  à Madrid, est une femme politique basque espagnole et a été la première femme à diriger un parti en Espagne1. Elle a été secrétaire générale du Parti communiste espagnol (PCE) entre 1942 et 1960, puis présidente de ce parti entre 1960 et 1989. Elle soutient les troupes républicaines anti-franquistes pendant la guerre d'Espagne en prononçant des discours incendiaires à la radio et en visitant les troupes au front pour leur remonter le moral. Elle est connue pour son fameux slogan ¡No pasarán!. Ibarruri revient en Espagne après la mort de Franco (1977) et est de nouveau élue députée. Elle meurt en 1989.

Biographie

Origine et formation

Dolores Ibárruri Gómez naît le  à Gallarta en Biscaye2. Issue d'une famille de mineurs, elle est la huitième enfant d'une fratrie de onze3,4. Sa mère, Juliana Gómez Pardo, est d’ascendance castillane5.

L'ambiance familiale est marquée par le catholicisme et son père est un militant carliste 4. Elle est scolarisée jusqu'à l'âge de 15 ans, envisageant de devenir institutrice, mais elle ne peut y parvenir, car ses parents n'ont pas les moyens de lui payer des études suffisamment longues6. Elle commence à travailler dans un atelier de couture, puis devient femme de ménage, jusqu'à son mariage en 19166

Début de l’activité politique (1916-1919)

Elle épouse un mineur et militant socialiste (adhérent du PSOE), Julián Ruiz Gabiña7, originaire de Somorrostro. Avec son mari fréquemment emprisonné pour des activités politiques et la mort de quatre enfants, elle a connu la pauvreté et la douleur6.

Ils ont six enfants, dont quatre morts très jeunes : Ester (1916-1919), Rubén(1921-1942), les triplées : Amagoia (1923-1923), Azucena (1923-1925), Amaya8(1923-20189), et Eva (1928-1928).

Depuis qu'elle s'est mobilisée à l'occasion de la grève générale révolutionnaire de 1917, Dolores Ibárruri s'est fait un nom comme conférencière et chroniqueuse politique4 et écrit aussi dans la presse ouvrière ; c'est en 1918 qu'elle utilise pour la première fois le pseudonyme de la Pasionaria10,3, pour un article dans le journal El Minero Vizcaino11.

Ses débuts au Parti communiste (1920-1930)

En , elle suit les Jeunesses socialistes qui se séparent du PSOE pour se rapprocher de l'Internationale communiste. En , elle participe à la fondation du Parti communiste espagnol, devenant la même année membre du comité provincial de Biscaye, puis à celle du Parti communiste d'Espagne12 en .

Elle joue un rôle important dans le parti au niveau provincial : elle est déléguée au Ier congrès du PCE (Madrid) en , et de nouveau en 1927 pour le IIIe ; ce congrès devant avoir lieu en France, elle ne peut cependant y assister.

Populaire et respectée, elle est élue au Comité central du PCE en 1930.

La période de la IIe République (1931-1936)

Après l'avènement de la Seconde République en 1931, elle se sépare de son mari et s’installe à Madrid, où elle devient responsable du journal du parti, Mundo Obrero4. Elle entre au bureau politique du parti en 1932. Elle est envoyée à Moscou en 1933 comme déléguée auprès du Komintern. En 1933, elle fonde Mujeres Antifascistas, une association de femmes contre le fascisme et la guerre13. Elle est arrêtée et emprisonnée à plusieurs reprises en raison de ses activités.

En 1935, elle envoie ses deux enfants encore vivants, Rubén et Amaya, en Union soviétique, pour leur assurer une vie plus stable. Rubén meurt lors de la bataille de Stalingrad9.

Le Front populaire (début de 1936)

En , elle est élue députée des Asturies4. Peu après, elle réussit à obtenir des autorités locales d’Oviedo la libération des prisonniers politiques. Le 16 juin, elle répondit à une intervention menaçante du dirigeant de la droite Calvo Sotelo en réclamant l'arrestation des conspirateurs et de leurs complices. Les franquistes présentèrent ultérieurement ce discours comme un appel au meurtre de Calvo Sotelo14. Aucun document ne prouve que Dolores Ibárruri ait dit à Calvo Sotelo « cet homme a parlé pour la dernière fois » avant son assassinat. Compte tenu du manque de rigueur des sources orales disponibles, seules des sources écrites ont pu être utilisées pour confirmer l'épisode, mais celles-ci ne permettent pas non plus de donner de la véracité aux théories de Franco. Ainsi, le Journal des Séances du 16 juin 1936 n'inclut à aucun moment les menaces de la Pasionaria1516.

Ces événements précipitent toutefois l'entrée dans la guerre d'Espagne17.

La guerre civile (1936-1939)
 
Dolores Ibárruri en 1936.

Quand la guerre civile éclate en , Dolores Ibárruri se dresse pour défendre la république avec le célèbre slogan « ¡No pasarán! » (« Ils ne passeront pas »)18, prononcé, dès le , au balcon du ministère de l'Intérieur, au moment de l'offensive franquiste contre Madrid. Au début du mois de septembre, elle est en France pour une entrevue avec Léon Blum, qui, le 1er septembre, a opté pour la politique de non-intervention ; le , elle prononce un discours au vélodrome d'Hiver.

Elle est élue vice-présidente des Cortes (es) en 1937. Elle participe à plusieurs comités avec des personnalités telles que Palmiro Togliatti pour défendre la cause républicaine. Pour mettre fin à des critiques, son fils revient en Espagne et participe à la bataille de l'Ebre en 1938.

Par ailleurs, elle agit pour soutenir le moral des soldats républicains ou pour lutter contre les tendances défaitistes : ainsi, en 1938, elle dirige des manifestations à Barcelone devant les locaux du gouvernement républicain. C’est aussi elle qui, le , à Barcelone, salue le rôle des Brigades internationalessur le point de quitter l’Espagne après leur dissolution. Chose qui ne va pas de soi à l'époque, son discours s'adresse autant aux hommes qu'aux femmes, bouleversant les représentations des sexes, à l'heure où certaines militantes craignent que la victoire des nationalistes ne remette en cause les acquis féministes de la République. Le symbole de la femme qui prend les armes, pourtant une exception, est par ailleurs un outil de mobilisation important, du moins au début du conflit. La propagande évolue par la suite, louant la femme qui travaille à l'arrière et assure son rôle familial, pour aboutir à n'être valorisée qu'à travers le prisme de l'homme : comme épouse, comme mère ou comme sœur de combattant. L'historienne Yannick Ripa note ainsi : « L'aura de la Pasionaria enferme les femmes dans la culture sacrificielle qu’on leur impose depuis des siècle ». Elles sont toutefois invitées à investir le champ économique, moyen politique de lutter contre le fascisme18.

Au bout de trois ans d'affrontements sanglants, le gouvernement républicain est défait et quitte le territoire espagnol ; les hostilités cessent le  avec l'entrée dans Madrid des forces franquistes.

L'exil

Dolores Ibárruri part en exil en Union soviétique, où elle continue ses activités politiques. Son fils Rubén entre dans l'Armée rouge et périt le 25 août 1942 au cours de la bataille de Stalingrad. Son action vis-à-vis des exilés espagnols en URSS, dont la condition était très précaire, est décrite très négativement par Enrique Castro Delgado19. La distinction de héros de l'Union soviétique lui sera décernée en 1956.

En , elle devient secrétaire générale du PCE et le reste jusqu'en 196020 ; elle en devient alors présidente jusqu'à sa mort.

Dans les années 1960, elle reçoit la citoyenneté soviétique. Son œuvre politique est reconnue durant ces années : elle reçoit un doctorat honorifique de l'université de Moscou, ainsi que le prix Lénine pour la paix en 1964, et l'ordre de Lénine en 1965. Son autobiographie, ¡No pasarán!, est publiée en 1966.

Elle est membre de la Fédération démocratique internationale des femmes.

Le retour en démocratie

Après la mort de Francisco Franco en 1975, elle revient en Espagne. Elle est élue députée aux Cortes en , lors des premières élections après la restauration de la démocratie. Elle est la seule députée élue en 1936 à être réélue en 1977 : cette élection est considérée comme un symbole à l'époque21,22. Affligée par une mauvaise santé, elle a rapidement quitté son siège et s'est retirée de la politique active4.

Elle meurt d'une pneumonie à Madrid, à l'âge de 93 ans, après être retournée à la foi catholique de son enfance, voire à un certain mysticisme. Cette conversion est restée cachée jusqu'à la publication de la biographie de son ami et confesseur, le père Llanos23, dans laquelle ont été révélés des courriers échangés entre eux deux. Ainsi, dans une lettre au père Llanos écrite le , la Pasionaria écrivait : « voyons si les petits vieux que nous sommes devenus pourront utiliser le temps qu'il nous reste à vivre en un chant de louanges et d'action de grâce au Dieu-Amour, comme une préparation de notre vocation éternelle  ».

La Pasionaria, un symbole

 

Portrait de Dolores Ibárruri promené lors d'une manifestation à Budapest (République populaire de Hongrie) en 1949.

Certains passages de ses discours, tels que : « Mieux vaut mourir debout que de vivre à genoux » (adaptation populaire de la phrase d'Emiliano Zapata) ou son « ¡No pasarán! » (prononcé par Robert Georges Nivelle pendant la Première Guerre mondiale), sont connus dans le monde entier. Elle devient un mythe, valorisé par une hagiographie développée après sa mort18. Son rôle de symbole populaire en a fait un personnage de poèmes et de chansons pour Pablo Neruda, Rafael Alberti, Ana Belén et quelques autres. 

Publications

  • Dolores Ibárruri : articles et discours 1936-1938, Moscou, 1938.
  • El único camino, Moscou, 1963.
  • They Shall Not Pass: The Autobiography of La Pasionaria, New York, 1966.
  • Memorias de Pasionaria, 1939–1977 : Me faltaba España, Barcelona, 1984.
  • Memorias de Dolores Ibarruri, Pasionaria : la lucha y la vida, Barcelona, 1985.

Notes et références

  1.  (es) Mario Amorós, « Pasionaria fue la primera mujer que dirigió un partido en España. Esta es la historia de un mito del comunismo » [archive], sur El País,  (consulté le )
  2.  Dolores Ibárruri Gómez - Encyclopædia Universalis [archive].
  3.  Revenir plus haut en :a et b « Pasionaria pour toujours » [archive], sur humanite.fr, (consulté le ).
  4.  Revenir plus haut en :a b c d e et f « Biografia de Dolores Ibárruri [La Pasionaria] » [archive], sur www.biografiasyvidas.com (consulté le )
  5.  « Dolores Ibárruri, La Pasionaria » [archive], sur L'Histoire par les femmes,  (consulté le )
  6.  Revenir plus haut en :a b et c « Dolores Ibárruri Gómez | Real Academia de la Historia » [archive], sur dbe.rah.es (consulté le )
  7.  Julián Ruiz Gabiña (né en 1890, mort en 1978 à Somorrostro (Biscaye). Exilé en URSS après la guerre civile, il y travaille comme ouvrier d'usine. Julián Ruiz rentre en Espagne en 1972 et finit ses jours à Somorrostro.
  8.  Amaya Ruiz Ibárruri a participé en octobre 2006 à une cérémonie d'hommage aux membres des Brigades internationales.
  9.  Revenir plus haut en :a et b (es) Pilar Bonet, « Muere Amaya Ruiz Ibárruri, hija de Pasionaria », El País,‎  (ISSN 1134-6582, lire en ligne [archive], consulté le)
  10.  L'origine du pseudonyme est liée à la date de la parution de l'article, durant la semaine de Pâques 1918.
  11.  « Persona - Ibárruri, Dolores (1895-1989) » [archive], sur PARES (consulté le )
  12.  Le Parti communiste d'Espagne résulte de la fusion, à la demande de l'Internationale communiste, du Parti communiste espagnol avec le Parti communiste ouvrier espagnol, une sécession plus tardive (avril 1921) du PSOE.
  13.  « Dolores Ibárruri, La Pasionaria » [archive], sur L'Histoire par les femmes,  (consulté le )
  14.  Encyclopædia Universalis‎, « DOLORES IBARRURI GÓMEZ » [archive], sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  15.  (es) « Una acusación histórica sin pruebas: la amenaza de la Pasionaria a Calvo Sotelo que Vox llevó al Congreso. » [archive], sur Newtral,  (consulté le )
  16.  (es) Alejandro Sánchez Moreno, « Sobre la amenaza de muerte a Calvo Sotelo que nunca existió » [archive], sur ElDiario.es, (consulté le )
  17.  « Dolores Ibarruri, 'La Pasionaria' Of Spanish Civil War, Dies at 93; An Indomitable Leftist » [archive], The New York Times, 13 novembre 1989.
  18.  Revenir plus haut en :a b et c Yannick Ripa, « Le mythe de Dolorès Ibarruri » [archive], Clio. Histoire, femmes et sociétés, consulté le 5 mai 2012.
  19.  J'ai perdu la foi à Moscou. Enrique Castro Delgado 1950.
  20.  . Elle démissionne dès 1959 (à la suite de l'échec de la grève générale du , et des divergences d'interprétation entre elle et les responsables de l'action en Espagne, Santiago Carrillo, Jorge Semprún et Enrique Lister), mais cette démission n'est rendue publique qu'en 1960.
  21.  « Les grands discours : Dolores Ibárruri - ¡No Pasarán! » [archive], sur ARTE (consulté le ).
  22.  « Genre et Europe » [archive], sur Écrire une Histoire Nouvelle de l'Europe (Vidéothèque) (consulté le )
  23.  Pedro Miguel, Azul y rojo. José María de Llanos, éd. La Esfera de los Libros, 2013.

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Publié le 18 Février 2022

Francisco Pérez Martínez, né à Madrid en 1935. Il passe son enfance et son adolescence à Valladolid, où il commence très tôt à travailler en tant que groom sur un bateau. Autodidacte, sa passion pour la lecture est à l’origine de sa vocation littéraire. Il fait ses débuts dans le journalisme en 1958 auprès de Miguel Delibes, pour « El Norte de Castilla ». Dans les années 1960 il s’installe à Madrid où il collabore avec plusieurs revues et publications. En 1964, il remporte le prix Gabriel Miró du meilleur conte. Un an plus tard, il signe son premier roman, « Balada de gamberros », qui sera suivi d’autres titres comme « Las Ninfas », prix Nadal en 1975, ou « Mortal y rosa ». Ses chroniques sont aussi parues dans les principaux journaux espagnols. Il meurt en 2007. Son oeuvre littéraire possede une importante charge autobiographique. C'est un écrivain au regard introspectif qui mêle l'intime et le personnel aux intérêts et pulsions de l'homme de son temps.

Biographie

Francisco Pérez Martínez naît à l'hôpital caritatif de la Maternité à Madrid le 11 mai 1932.

Il est le fils d'Alejandro Urrutia, avocat cordouan2, père du poète Leopoldo de Luis3 et de sa secrétaire, Ana María Pérez Martinez originaire de Valladolid, mais étant une mère célibataire, elle a décidé de déménager dans la capitale4. Leopoldo et Umbral ont maintenu leur amitié pendant des décennies, et cette relation s'est étendue au fils de Leopoldo, Jorge Urrutia, poète, traducteur et professeur, directeur de l'Institut Cervantes entre 2004 et 2009. Leopoldo de Luis était le pseudonyme utilisé par Leopoldo Urrutia pour contourner la dictature franquiste5.

Un fait plus que certain est que le petit Francisco a toujours été conscient du manque d'affection de sa mère pour lui, ce qui l'affecte énormément6.

Autodidacte au fort caractère, il est d'abord protégé par l'écrivain Miguel Delibes avant de s'initier au journalisme. Travaillant pour le quotidien régional Norte de Castilla dès 1958, il s'installe à Madrid au début des années 1960, puis écrit pour plusieurs périodiques. Souvent présent lors des fameux débats littéraires — tertulias — du Café Gijón, situé dans le centre de la capitale. Il est devenu un chroniqueur de presse admiré et redouté avec ses billets d'humeur tant piquants que lyriques.

Le 8 septembre 1959, il épouse María España Suárez Garrido7,8, plus tard photographe pour El País, et ils eurent tous les deux un fils en 1968, Francisco Pérez Suárez "Pincho", mort d'une leucémie alors qu'il n'a que six ans, un fait raconté par un père blessée dans son livre le plus lyrique: Mortal y rosa (1975)9.

Il a publié plus de 80 livres Trilogia de Madrid (Trilogie de Madrid, 1984) et avait reçu le prix Princesse des Asturies de Littérature en 1996, la Médaille d'Or du Círculo de Bellas Artes en 199710 et le prix Cervantes en 200011.

Il s'est querellé avec Rosa Chacel, peu de temps avant la mort de celle-ci, la qualifiant de «croisement entre une sorcière et Mary Poppins», et s'attirant une vigoureuse réponse de son aînée12,1314. Il a également écrit dans plusieurs titres de presse, dont les journaux El País et El Mundo.

Francisco "Paco" Umbral meurt le 28 août 2007 à l'âge de 72 ans15. Il est incinéré et ses cendres reposent dans la sépulture de son fils au cimetière de la Almudena de Madrid16.

Avec plus de 110 ouvrages publiés et 135’000 articles de presse au compteur, il est l’un des écrivains espagnols contemporains les plus féconds17. Francisco Umbral a été dépeint dans le documentaire Anatomía de un dandy , réalisé par Alberto Ortega et Charlie Arnáiz18, nominé pour les Goya Awards 202119.

Notes et références

  1.  Caballé, Anna: Francisco Umbral. El frío de una vida, Espasa-Calpe, 2004, p.69. (ISBN 978-84-670-1308-5).
  2.  (es) Manuel Jabois, « Umbral y su padre, novela real », El País,‎  (ISSN 1134-6582, lire en ligne [archive], consulté le)
  3.  « Leopoldo de Luis - Poemas de Leopoldo de Luis » [archive], sur www.poemas-del-alma.com (consulté le )
  4.  Pura Kastigá, « Pura Kastigá: PACO UMBRAL.- LA ESCRITURA COMO FORMA DE VIDA. » [archive], sur Pura Kastigá, (consulté le )
  5.  (es) Manuel Jabois, « Umbral y su padre, novela real », El País,‎  (ISSN 1134-6582, lire en ligne [archive], consulté le)
  6.  Pura Kastigá, « Pura Kastigá: PACO UMBRAL.- LA ESCRITURA COMO FORMA DE VIDA. » [archive], sur Pura Kastigá, (consulté le )
  7.  (es) « María España: "Umbral era muy tierno, no tan fiero como parecía" » [archive], sur ELMUNDO,  (consulté le)
  8.  « - EL MUNDO | Suplemento cronica 619 - La otra crónica » [archive], sur www.elmundo.es (consulté le )
  9.  (es) « ‘Mortal y rosa’, 40 años de dolor y belleza | El Estado Mental » [archive], sur elestadomental.com (consulté le )
  10.  (es) « Francisco Umbral, Medalla de Oro del Círculo de Bellas Artes 17.03.1997 » [archive], sur Círculo de Bellas Artes (consulté le).
  11.  « Francisco Umbral, écrivain espagnol », Le Monde.fr,‎  (lire en ligne [archive], consulté le )
  12.  (es) Aurelio Martín, « Rosa Chacel critica con dureza a Umbral », El País,‎  (lire en ligne [archive])
  13.  (en) James Kirkup, « Obituary: Rosa Chacel », The Independent,‎  (lire en ligne [archive])
  14.  (es) Alberto Olmos, « No, Umbral, Rosa Chacel no era una bruja, sino una gran escritora » [archive], sur elconfidencial.com,  (consulté le)
  15.  « Francisco Umbral, écrivain espagnol », Le Monde.fr,‎  (lire en ligne [archive], consulté le )
  16.  (es) « Las cenizas de Francisco Umbral reposan ya junto a su hijo 'Pincho' » [archive], dans El País du 29 août 2007.
  17.  Le Regard Libre, « Francisco «Paco» Umbral: le connaissez-vous vraiment? » [archive], sur Le Regard Libre,  (consulté le)
  18.  (es) Juan Velasco, « Genealogía de un dandy: la historia del padre cordobés de Francisco Umbral » [archive], sur Cordópolis, (consulté le )
  19.  (es) Diego Rivera Diaz, « Francisco Umbral: el periodista "dandy" que nunca pudo superar la muerte de su hijo » [archive], sur amomama.es,  (consulté le )

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Publié le 14 Février 2022

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Almodovar livre un nouveau long métrage environ tous les deux ans depuis des décennies,
que j'attends toujours avec impatience. Je trouve que son dernier est particulièrement réussi. Comme d'habitude le film est plein de femmes fortes, de belles couleurs, de rebondissements inattenduset le contraste et la transition entre la vie et la mort. Des thèmes importants sont également abordés, tels que le pouvoir de l'amitié et la maternité, l'importance des liens familiaux, mais aussi les traumatismes post générationnels.

Janis est une photographe professionnelle proche de la quarantaine. Son arrière-grand-père a été fusillé en 1936 par les partisans de Franco, pendant la guerre civile espagnole. Il repose depuis dans une fosse commune, et elle et la famille des autres victimes souhaitent faire exhumer les corps pour leur donner une sépulture digne. Elle demande à son amant Arturo, anthropologue judiciaire, de l'aider, et il lui propose de présenter son dossier à une fondation spécialisée.

Quelques mois plus tard, Janis est enceinte d'Arturo. Arturo, qui est marié et dont la femme souffre d'un cancer, ne souhaite pas qu'elle garde l'enfant. Elle décide néanmoins de le garder. Sur le point d'accoucher, elle rencontre à l'hôpital Ana, une adolescente qui va elle aussi donner naissance à un enfant. Ces quelques jours à la maternité vont créer un lien étroit entre ces deux femmes.

Quelques temps après. Arturo rend visite à Janis pour voir leur fille, et il lui avoue qu'il n'a l'impression d'être le père. Il lui dit qu'il aimerait faire un test de paternité, mais Janis refuse tout net. Cela dit, elle a aussi des doutes et décide de faire un test ADN qui révèle qu'elle n'est pas la mère biologique de Cécilia.

Quelques mois plus tard, Janis rencontre Ana qui travaille comme serveuse dans un café près de chez elle. Ana lui dit que sa fille Anita est morte d'une mort subite du nourrisson. En voyant une photo d'Anita, Janis est convaincue que les bébés ont été échangés à la maternité et que Cécilia est en fait la fille d'Ana.

Elle propose à Ana de venir vivre chez elle pour garder Cécilia, et collecte un échantillon de salive d'Ana sans lui dire qu'elle veut lui faire faire un test de maternité. Le test confirme qu'Ana est la mère biologique de Cécilia.

Janis garde le secret pendant plusieurs semaines, et lorsqu'elle le dit enfin à Ana, celle-ci, en colère, décide de partir immédiatement avec Cécilia pour s'installer à nouveau chez sa mère. Par la suite, les deux femmes trouvent un terrain d'entente.

La fondation a accepté le dossier de Janis, et Arturo, Janis, Ana et Cécilia se rendent dans le village d'origine de Janis pour procéder à l'exhumation des corps et honorer la mémoire de ces victimes républicaines de la Guerre d'Espagne. Janis est à nouveau enceinte, elle dit que son bébé s'appellera Ana si c'est une fille, Antonio, comme son arrière-grand-père, si c'est un garçon.

Le film se termine par une citation de l'auteur uruguayen Eduardo Galeano :
"Il n'y a pas d'histoire silencieuse. Elle ne sera pas réduite au silence". Le chemin sur lequel le passé traumatique se perpétue dans le présent n'augure rien de bon pour l'avenir d'une Europe à nouveau sous le charme de la guerre.

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Rédigé par Jean Mirguet

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