exposition

Publié le 20 Février 2018

A quoi ressemblait le Pérou avant l'emblématique civilisation des Incas ? Les Mochica étant une société sans écriture, c'est essentiellement grâce à sa culture visuelle riche et abondante, pour ainsi dire unique dans les Andes anciennes, que nous pouvons explorer certains aspects de leur monde symbolique. Les principaux motifs dépeints sont des humains, des animaux et des êtres surnaturels ainsi que des activités de combat cérémoniel, de sacrifice humain, de chasse et de danse. Les différentes activités, y compris les rituels complexes, et les sujets sont élaborés dans un style clair, ce qui les rend facilement identifiables. Ils sont inscrits, modelés, gravés ou peints sur des supports aussi variés que les murs des édifices cérémoniels, les corps, les vêtements, les objets des individus de haut rang ou encore les offrandes d’objets en céramique. Ces représentations avaient pour principale fonction de promouvoir les valeurs et les intérêts de la classe dirigeante.

La culture moche (parfois appelée mochica) est une culture précolombienne qui s'est étendue tout au long de la côte nord péruvienne, à peu près entre l'an 100 et l'an 700 ap. J.-C. Elle était contemporaine de la culture Nazca qui occupait la côte sud péruvienne, se situant chronologiquement entre l'ère Chavín (horizon ancien) et l'ère Chimú. La brillante culture des mochicas est contemporaine des Maya de la Mésoamérique et précède de plus de huit siècles le célèbre empire des Incas.

La civilisation Mochica a développé une société hiérarchisée avec des dirigeants, des guerriers, des spécialistes du rituel, des artisans, des agriculteurs et des pêcheurs.

Il est probable qu’au moment de leur apogée, vers les ve et vie siècles ap. J.-C., les Mochica ne connaissaient pas d'autres groupes socialement aussi élaborés. Cette société a manifesté sa puissance et son opulence par l'ampleur de ses temples, la luxuriance de ses palais de briques en terre crue, ornés de fresques murales polychromes, et par la grandeur de ses villes peuplées de tisserands, de céramistes, de métallurgistes et d’autres artisans...

La société Moche était divisée en classes et hiérarchisée : un puissant seigneur était à la tête du royaume, le pouvoir se transmettant probablement par hérédité. Les classes les plus importantes étaient celles des guerriers, des prêtres et des administrateurs. Venaient ensuite les commerçants, artisans et bâtisseurs, puis les pêcheurs, paysans, etc. Le schéma urbain de la ville de Moche, par exemple, est typique de cette organisation, répartissant les habitats par quartier en fonction des classes et de l'importance des classes dépendait la distance à la huaca del Sol (les prêtres, guerriers et administrateurs étaient les plus proches de la huaca).

Durant toute l'existence de la ville de Moche, ses habitants n'ont cessé de construire les deux huacas : à peu près tous les cent ans, le plus haut étage de la huaca de la Luna était condamné, les couloirs comblés et on élargissait la base, construisait un nouvel étage au-dessus du précédent, élevant la rampe d'accès, de façon que seul ce nouvel étage soit encore accessible. À la disparition des Moches, la pyramide comptait 6 degrés et environ 600 ans d'existence.

Du ier au viiie siècle de notre ère, les Moché ou Mochica ont développé un État, c’est-à-dire une organisation sociale, politique et économique centralisée et hiérarchisée, sans pourtant avoir connu les principales innovations techniques et intellectuelles que l’on associe souvent à l’émergence des « civilisations » et des États : pas de roue, ni monnaie ni écriture, ni économie de marché…

On suppose que le régime de l'État moche était théocratique, le seigneur étant également prêtre. La cohésion de la société, largement dépendante de la force militaire, devait reposer sur une puissante caste de guerriers au service de la théocratie.

Le centre religieux était la huaca de la Luna, où les prêtres et le seigneur effectuaient toutes sortes de cérémonies. Le principal dieu se nommait Ai-apaec, Créateur mais aussi « décapiteur » (El Degollador en espagnol), que l'on trouve représenté sur de nombreuses céramiques et fresques de temples. Il prend souvent la forme d'une araignée, ou encore d'une créature ailée ou d'un monstre marin. Lorsque le corps est entièrement représenté, on le voit toujours tenant dans une main un couteau, et de l'autre une tête tenue par les cheveux. On pense qu'il s'agit d'allusions à des rituels de sacrifices humains pratiqués sur la huaca de la Luna. La réalité de ces sacrifices ne fait pas de doute, de nombreux ossements humains ayant été découverts au sommet de la huaca.

Cet impressionnant portrait d’un homme borgne fut trouvé dans une tombe du site de Huaca de la Luna. Cette ville de la côte nord désertique compta quelque trente mille âmes. L’archéologue Santiago Uceda Castillo, le commissaire de l’exposition, y dirige des fouilles depuis vingt-six ans. Pour lui, « le façonnage de la céramique des Moche atteint une perfection comparable à celui des statues grecques ».

Cet impressionnant portrait d’un homme borgne fut trouvé dans une tombe du site de Huaca de la Luna. Cette ville de la côte nord désertique compta quelque trente mille âmes. L’archéologue Santiago Uceda Castillo, le commissaire de l’exposition, y dirige des fouilles depuis vingt-six ans. Pour lui, « le façonnage de la céramique des Moche atteint une perfection comparable à celui des statues grecques ».

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Rédigé par Last Night in Orient

Publié dans #Exposition, #Paris, #2018, #Bons plans, #Religion, #Civilisation, #Pérou

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Publié le 7 Novembre 2017

L'une des villes saintes les plus anciennes, les plus grandes et les plus importantes des Amériques, Teotihuacán est maintenant un site du patrimoine mondial de l'UNESCO et le site archéologique le plus visité au Mexique. Cette cité est située à une cinquantaine de kilomètres de Mexico, édifiée entre le Ier et le VIIe siècle, Teotihuacán, « lieu où sont créés les dieux », se caractérise par les très grandes dimensions de ses monuments dont les plus célèbres sont le temple de Quetzalcoatl et les pyramides du Soleil et de la Lune, et par leur ordonnance géométrique et symbolique. Teotihuacán, l'un des plus puissants foyers culturels méso-américains, imposa son élan culturel et artistique dans toute la région, et même au-delà de ses frontières. Le musée De Young abrite des collections d'arts de l'Amérique (Mésoamérique, Amérique du Sud), de l'Afrique (Nigeria, Zaïre), de l'Océan Pacifique (Papouasie-Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Zélande), parmi d'autres.

Teotihuacán: Cité de l'Eau, Cité du Feu explorera comment les œuvres de la ville antique façonnent notre compréhension de Teotihuacan comme un environnement urbain, avec des découvertes archéologiques récentes et d'autres prêts importants des institutions culturelles mexicaines et américaines.
Teotihuacán: Cité de l'Eau, Cité du Feu explorera comment les œuvres de la ville antique façonnent notre compréhension de Teotihuacan comme un environnement urbain, avec des découvertes archéologiques récentes et d'autres prêts importants des institutions culturelles mexicaines et américaines.
Teotihuacán: Cité de l'Eau, Cité du Feu explorera comment les œuvres de la ville antique façonnent notre compréhension de Teotihuacan comme un environnement urbain, avec des découvertes archéologiques récentes et d'autres prêts importants des institutions culturelles mexicaines et américaines.

Teotihuacán: Cité de l'Eau, Cité du Feu explorera comment les œuvres de la ville antique façonnent notre compréhension de Teotihuacan comme un environnement urbain, avec des découvertes archéologiques récentes et d'autres prêts importants des institutions culturelles mexicaines et américaines.

Les historiens estiment que le site a été fondé en 200 avant J.-C. Ce complexe religieux du Mexique était même entouré d'une ville de 200.000 habitants, peut-être la plus grande ville du monde à cette époque !

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Publié le 24 Janvier 2017

Poser la question, c'est déjà y répondre.

L'esprit français Contre-cultures, l’exposition organisée par la Maison Rouge du 24 février au 21 mai 2017, revient sur l esprit français dans les contre-cultures de 1969 à 1989. A cette époque, crises sociales, politiques et économiques ouvrent la porte à une société du spectacle dans l’art, irrévérencieuse et contestataire, avec des artistes partagés entre idéalisme, fatalisme et hédonisme. Retour vers une époque qui na pas encore fini de faire parler d’elle !

À travers une sélection d’œuvres et de documents, l’exposition identifie un « esprit français », mélange d’idéalisme et de nihilisme, d’humour noir et d’érotisme, pamphlétaire et lyrique.

Après avoir donné la parole à Hervé Di Rosa, la Maison Rouge nous entraine du 24 février au 21 mai 2017 dans l'après 68, une époque riche en rebondissement, avec l’émergence de contre-culture (pour ne pas parler de l’éclatement de la Culture avec un grand C) qui répondent aux crises que vit la France et le monde.

Figuration Narrative, Bazooka, Le Torchon brûle, radios libres, Hara-Kiri, ces réalisations sont l’oeuvre d’artistes décontenancés, à l’instar de Pierre et Gilles, ORLAN, Kiki Picasso, Michel Journiac, Claude Lévêque, Marie-France, Serge Gainsbourg, Roland Topor ou bien Olivia Clavel.

Contre la crise qui touche la génération 68, les artistes vont répondre par une société du spectacle, pour souligner le ridicule de cette France, à coup d’oeuvres choquantes ou totalement contestataires, avec les sexualités, le militantisme, le dandysme et la violence en fil rouge, que l’on retrouvera fragmentées en huit sections : Feu à volonté !, Interdit/Toléré, Le Bon Sexe illustré, Sordide sentimental, Danser sur les décombres, Parallèles Diagonales, Buffet froid et Violences intérieures.

Pour souligner l’émergence de ces contre-culture, les commissaires Guillaume Désanges et François Piron ont sélectionné 60 artistes et plus de 700 œuvres et documents, journaux, tracts, affiches, extraits de films dont des pièces rarement montrées telles que des carnets du groupe Dziga Vertov (fondé par Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Gorin), une sculpture monumentale de Raymonde Arcier ou les livres d’école d’Henri et Marinette Cueco.

Et quand on s’attendait à une exploration de la période 1969-1989, les commissaires font l’exploit de passer commande d’œuvres inédites à Kiki Picasso (Il n’y a pas de raison de laisser le blanc, le bleu et le rouge à ces cons de français, 2016-2017), Jean-Jacques Lebel (L’Internationale Hallucinex, 1970-2017) et Claude Lévêque (Conte cruel de la jeunesse, 1987-2017).

Bravo la Maison Rouge, dommage que laventure se finisse en 2018 !

Infos pratiques :
L'esprit français Contre-cultures à la Maison Rouge
Du 24 février au 21 mai 2017
Lieu : Maison Rouge
Horaires : 11h-19h du mercredi au dimanche, nocturne le jeudi jusqu’à 21h 
Tarifs : 10€, 7€tarif réduit, gratuit -12 ans, chômeurs et handicapés

 

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Rédigé par Last Night in Orient

Publié dans #2017, #Paris, #exposition, #Bons plans

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