georges brassens

Publié le 23 Octobre 2018

La mort est une thématique récurrente dans la discographie de Brassens, redoutée par la majorité d’entre tous, elle fait l’objet de fantasmes dans de nombreux courants d’art et demeure une source d’inspiration intarissable pour beaucoup d’entre nous. Dans le testament, la mort n’est pas personnalisée, Brassens raconte sa « vie sans lui » sans manquer d’humour et candeur, comment il fuirait le trépas comme un enfant fuit le chemin de l’école. L’idée même de composer « sa mort » en chanson pourrait en choquer bien des foules, mais cela, peu lui en chaut. Avec l’entrain d’un joyeux garnement, ce morceau s’entonne avec gourmandise et avec la naïveté d’une ritournelle printanière.

Je serai triste comme un saule
Quand le Dieu qui partout me suit
Me dira, la main sur l'épaule
"Va-t'en voir là-haut si j'y suis"
Alors, du ciel et de la terre
Il me faudra faire mon deuil
Est-il encor debout le chêne
Ou le sapin de mon cercueil
S'il faut aller au cimetière
J'prendrai le chemin le plus long
J'ferai la tombe buissonnière
J'quitterai la vie à reculons
Tant pis si les croqu'-morts me grondent
Tant pis s'ils me croient fou à lier
Je veux partir pour l'autre monde
Par le chemin des écoliers
Avant d'aller conter fleurette
Aux belles âmes des damnées
Je rêve d'encore une amourette
Je rêve d'encor m'enjuponner
Encore une fois dire: "Je t'aime"
Encore une fois perdre le nord
En effeuillant le chrysanthème
Qui est la marguerite des morts
Dieu veuille que ma veuve s'alarme
En enterrant son compagnon
Et qu'pour lui faire verser des larmes
Il n'y ait pas besoin d'oignon
Qu'elle prenne en secondes noces
Un époux de mon acabit
Il pourra profiter d'mes bottes
Et d'mes pantoufles et d'mes habits
Qu'il boive mon vin, qu'il aime ma femme
Qu'il fume ma pipe et mon tabac
Mais que jamais - mort de mon âme
Jamais il ne fouette mes chats
Quoique je n'aie pas un atome
Une ombre de méchanceté
S'il fouette mes chats, y a un fantôme
Qui viendra le persécuter
Ici-gît une feuille morte
Ici finit mon testament
On a marque dessus ma porte
"Fermé pour cause d'enterrement"
J'ai quitté la vie sans rancune
J'aurai plus jamais mal aux dents
Me v'là dans la fosse commune
La fosse commune du temps

Paroliers : Georges Charles Brassens

El testamento

Yo estaré triste como un sauce
cuando el Dios que me sigue por todas partes
me diga, la mano en el hombro
“Vete a ver si estoy allá arriba”. (1)
Entonces, del cielo y de la tierra
será necesario hacer mi duelo.
¿Está aún de pié la encina
o el pino de mi ataud?

Si hay que ir hasta el cementerio
yo tomaré el camino más largo
yo haré novillos el día de mi funeral
yo dejaré la vida a empujones
Tanto peor si los enterradores me regañan
tanto peor si me creen loco de atar
Yo quiero partir para el otro mundo
tomando el camino más largo.

Antes de ir a hacer requiebros
a las bellas almas de las condenadas
sueño aún con un amorcito
sueño aún con liarme con unas faldas,
decir aún una vez “te quiero”
perder aún una vez el norte
desojando el crisantemo
que es la margarita de los muertos.

Dios quiera que mi viuda se duela
al enterrar a su compañero
y que para hacer que vierta lágrimas
no hagan falta cebollas.

Que ella tome en segundas nupcias
un esposo de mi aspecto
él podrá aprovechar mis botas
mis pantuflas y mis vestidos.

Que beba mi vino, que ame a mi mujer
que fume mi pipa y mi tabaco
pero que nunca -por mi alma-
nunca azote a mis gatos,
aunque yo no tengo un átomo
una sombra de maldad
si azota mis gatos, habrá un fantasma
que vendrá a perseguirlo.

Aquí yace una hoja muerta
aquí acaba mis testamento.
Han escrito encima de mi puerta
“Cerrado por causa de defunción”.
Yo he dejado la vida sin rencor
no me dolerán más los dientes.
Aquí estoy en la fosa común
la fosa común del tiempo.

(1) Es un juego de palabras con la expresión francesa “va-t’en voir si j’y suis” (ve a ver si estoy allí) que se utiliza para echar a alguien de nuestro lado, para decirle a alguien que se vaya y nos deje tranquilo.

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Rédigé par Last Night in Orient

Publié dans #Georges Brassens, #Le testament, #Morts, #Toussaint, #Chanson française

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Publié le 9 Mars 2018

À l'occasion de la Journée internationale des femmes 2018, la photographe et vidéaste belge Charlotte Abramow réalise un clip pour l'interprétation de Brassens

Ce poème serait issu d'un recueil composé en 1911, publié en 1913, et que Georges Brassens aurait découvert en 1942 et mettra 12 ans à mettre en musique, et laissé globalement 20 ans sur son étagère.

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais
A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main
A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulu rester inconnue
Et qui n'est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal
A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant
Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin
Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lêvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir

Paroliers : Antoine Pol / Georges Charles Brassens / Joel Favreau

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Publié le 9 Novembre 2017

Réchauffement climatique: La Belgique "fait son possible" selon la ministre de l'Energie, de l’Environnement et du Développement durable

Réchauffement climatique: La Belgique "fait son possible" selon la ministre de l'Energie, de l’Environnement et du Développement durable

Elle n’avait pas de tête, elle n’avait pas
L’esprit beaucoup plus grand qu’un dé à coudre ;
Mais pour l’amour, on ne demande pas

Georges Brassens, Une jolie fleur

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Rédigé par Last Night in Orient

Publié dans #Politique, #2017, #Georges Brassens

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