histoire

Publié le 29 Novembre 2022

« Ce n’est pas tout le peuple belge qui est responsable de la colonisation et qui doit payer des réparations. C’est un petit groupe de grands capitalistes qui s’est enrichi grâce à l’entreprise coloniale. Les mêmes qui exploitaient les travailleurs ici en Belgique. C’est à eux de rendre des comptes aujourd’hui », déclare Marco Van Hees, député PTB. Alors que la commission chargée d’étudier le passé colonial de la Belgique au Congo, Rwanda et Burundi est entrée dans la phase des conclusions, il dénonce ceux qui veulent protéger les vrais responsables du crime colonial.

Marco Van Hees, licencié en sciences politiques de l'université libre de Bruxelles,

La commission chargée d’étudier le passé colonial de la Belgique au Congo, Rwanda et Burundi est entrée dans la phase des conclusions. « Certains partis sont prêts à minimiser les crimes du colonialisme, dénonce Marco Van Hees. La droite et l’extrême droite, eux, essayent d’instrumentaliser les débat et d’opposer le peuple belge aux peuples du Congo, du Rwanda et Burundi pour mieux protéger les vrais responsables du crime colonial. Nous ne l’acceptons pas. »

Sous la colonisation, le travail forcé, les salaires de misères ainsi que les très grandes surfaces de terres congolaises ont profité aux grandes entreprises comme la Société générale de Belgique, le Groupe Empain, le Groupe Brufina et la Cominière. A elles seules, ces 4 sociétés contrôlaient jusqu’à 85 % de l’économie coloniale. Ce sont ces mêmes capitalistes qui exploitaient nos grands-parents ou arrière-grands-parents à l’époque. Les mêmes qui ont fait tirer sur les ouvriers qui se révoltaient à Roux dans le Hainaut en 1886.

Aujourd'hui, les nombreuses fusions et changements de nom font qu'il est difficile de savoir où se trouve exactement l'argent du pillage colonial. « Des recherches sont nécessaires, qui devraient se concentrer sur les riches familles belges dont le capital remonte à cette période. Neuf des familles actuellement les plus riches de Belgique étaient actives au Congo : Solvay, Emsens, Boël, Janssen, Bekaert, Lippens, Vandemoortele, Van Thillo, Bertrand, Dieryck et van Baaren. Il y a également la famille royale, dont le gros de la fortune est basée sur l’exploitation coloniale. C’est à ces familles et ces grandes entreprises qu’incombe la responsabilité de la colonisation. C’est à eux de réparer l’injustice qu’ils ont causée », conclut Marco Van Hees.

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Publié dans #Colonialisme, #Néolibéralisme, #Politique, #Histoire, #PTB, #Marco Van Hees

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Publié le 17 Octobre 2022

''Este es un libro ambicioso, sugerente e innovador que, como ha dicho Niall Ferguson, abre nuevas perspectivas sobre los últimos mil años de la historia universal. Hobson nos demuestra en él, con un gran caudal de datos poco conocidos y con un planteamiento provocativo, que la civilización de occidente se basó en gran medida en la ciencia y en la tecnología de oriente y que nuestro progreso actual se ha cimentado en la apropiación, por la vía del imperialismo, de los recursos de otros, y no en una pretendida superioridad que los avances actuales de las potencias orientales desmienten. Este libro, que Martin Bernal ha calificado como «una obra documentada, de amplias perspectivas y muy bien escrita» y del que Eric Jones asegura que «va a iniciar un nuevo tipo de debate», abre el camino para una revisión de nuestra historia que, arrumbando viejos tópicos, debe permitirnos una mejor comprensión del mundo en que vivimos.''

Sobre el autor: Profesor John M. Hobson, doctorado en la London School of Economics
(1991), se unió al Departamento en 2004 y actualmente es profesor de Política y Relaciones Internacionales. Anteriormente fue profesor en la Universidad de La Trobe, Melbourne (1991-1997) y la Universidad de Sydney (1997-2004). Su interés principal de investigación se refiere a la esfera de las relaciones intercivilizacionales y la economía política cotidiana en el contexto de la globalización, el pasado y el presente. Su obra se dedica principalmente en el cumplimiento de la crítica del eurocentrismo en Historia del Mundo / Sociología Histórica y Relaciones Internacionales. Entre sus publicaciones más recientes se encuentran: Hobson JM (2020) Multicultural Origins of the Global Economy' Beyond the Western-Centric Frontier. Cambridge University Press; Hobson JM (2012) The Eurocentric Conception of World Politics: Western International Theory, 1760–2010. Cambridge: Cambridge University Press; Hobson JM (2012) The Eurocentric Conception of World Politics. Cambridge University Press; Hobson JA, John M Hobson CT & Tyler C (2011) Selected Writing of John A. Hobson, 1932-1938. Taylor & Francis. y Hobson JM (2004) The Eastern Origins of Western Civilisation. Cambridge University Press.
 

 

 

 

 

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Publié le 8 Avril 2022

L'Europe de la Culture n'est ni l'Europe des cultures ni le repérage d'une culture européenne historiquement constituée

La culture de l'Europe comprend l'art, l'architecture, le cinéma, les différents types de musique, la littérature et la philosophie qui proviennent du continent européen1. Le nom Europe est celui d'une divinité grecque. Il désigne également les terres qui se situe à l'Ouest de l'Asie et des pays du soleil levant. Le terme de culture européenne est ancien, car sa signification dépend beaucoup de la période historique à laquelle il se réfère et aussi parce que l'Europe présente une diversité culturelle interne (et a souvent assimilé des apports et des influences non européennes). Il existe plusieurs clivages culturels à travers le continent et les mouvements culturels innovants sont en désaccord les uns avec les autres. Cette culture peut aussi être décrite au mieux comme une série de cultures qui se chevauchent,

Au plan géographique, voilà 7000 ans, existait le Doggerland (la Manche et la Mer du Nord étaient émergées)2. Les hommes ont pu voyager dans des territoires encore plus vastes qu'aujourd'hui3. L'insularisation nord-ouest-européenne à la suite de la sortie de l'ère glaciaire, a créé de nouvelles conditions géostratégiques et géopolitiques. Mais l'Europe est davantage une construction culturelle que géographique. Elle a acquis une certaine unité par apports successifs tout au long de son Histoire.

Des cultivateurs anatoliens voilà 8500 ans (-6500), s'assimilèrent aux peuplements mésolithiques de chasseurs-cueilleurs4, la culture Yamna prit l'ascendant à l'âge du bronze voilà 6000 ans (-4000) en provenance du Caucase, tout en s'accouplant avec ses prédécesseurs (notamment les hommes yamnayas avec les femmes locales)567. Suivirent la culture de la céramique cordée (-3500), la culture des vases campaniformes (-3000) et la culture des champs d'urnes (-1500). De ce fond émergèrent les cultures germano-scandinaves, ibères, ligures et celtes progressivement voilà 3000 ans (-1000). Les Méditerranéens gréco-romains, de même, connurent de plus fréquentes relations avec les mondes moyen-orientaux et maghrébins d'époque, avec notamment la fameuse Égypte des pharaons.

L'histoire de l'Europe est une des parties les mieux documentées, étudiées et connues de l’histoire mondiale et fait référence à l'ensemble des événements liés au continent européen, depuis qu'il a été peuplé par les premiers peuples jusqu'à aujourd'hui. Selon la monographie allemande Minderheitenrechte in Europa coéditée par Pan et Pfeil (2002), il existe 87 peuples distincts en Europe, dont 33 constituent la majorité de la population dans au moins un État souverain, tandis que les 54 autres constituent des groupes ethniques minoritaires8.

Le mot « Europe » est très ancien – on le trouve chez Hérodote et déjà deux siècles auparavant chez un contemporain du poète Hésiode (VIIe siècle av. J.-C.)9. Après la prise de conscience des Grecs soudés par des valeurs communes les distinguant fortement des Orientaux qui ont alors la figure des Perses, l'Europe ainsi émergente prend sa première forme avec la constitution d'un Empire romain d'ampleur méditerranéenne mais qui reste occidental par bien des aspects, le christianisme donnant finalement un contenu original à cette forme10.

Le commerce international connait un développement sans précédent à la fin du Moyen Age. Il a pris son essor à Venise, cité-État ouverte sur le monde. Libérée des contraintes de la société féodale et de son organisation par métiers, Venise est la première à comprendre l’importance du libre-échange11.

C'est en Europe que se développe la révolution industrielle, née vers 1780 au Royaume-Uni, où des progrès techniques (acier, machine à vapeur, rails) permettant d'exploiter l'énergie fossile du charbon, infiniment plus puissante (parce qu'elle représente des millions d'années d'accumulation) que les énergies renouvelables (humaine, des animaux de trait, vent et rivières pour la navigation et les moulins)12. Cette révolution s'étend vers 1830 à la France, la Belgique et la Suède, vers 1850 à l'Allemagne et l'Autriche, vers 1880 à la Suisse et à l'Italie, vers 1900 à la Russie13. L'Europe se couvre de mines de charbon, de hauts-fourneaux, de filatures, de voies ferrées, de lignes télégraphiques. Depuis le monde a connu d’autres révolutions économiques, toujours initiées par une innovation technologique ; la dernière en date : internet et les nouvelles technologies de l’information et de la communication qui ont permis la mondialisation.

L'idéologie colonialiste se développe durant la seconde partie du xixe siècle par le mouvement colonial dans beaucoup d'États européens, se présentant notamment sous l'idée d'une « mission civilisatrice » ou sous celle du White Man's Burden (Le Fardeau de l'homme blanc). Elle était fondée sur la notion d'impérialisme et tentait de donner un fonds de doctrine politique à la nouvelle vague de colonisation14. Elle s'est appuyée sur la doctrine juridique élaborée depuis le xvie siècle qui justifiait l'occupation de territoires sans maître ou non constitués sous forme d'État comme mode légal d'acquisition15.

Le socialisme naît d'une philosophie de l'histoire occidentale, qui repose sur l'idée de progrès, c'est-à-dire de la transformation du monde dans un sens positif16 : dans son acception la plus large, il condamne les inégalités sociales et l’exploitation de l’homme par l’homme17 et défend le progrès social18. Le Grand Larousse encyclopédique définit le socialisme comme une « théorie visant à rénover l’organisation sociale dans un but de justice »19.

Notes et références

  1.  (en) David S. Mason, A Concise History of Modern Europe : Liberty, Equality, Solidarity, Rowman & Littlefield Publishers, (ISBN 978-1-4422-0535-2, lire en ligne [archive]), p. 2
  2.  (en) National Geographic Society, « Doggerland - The Europe That Was » [archive], sur National Geographic Society, (consulté le )
  3.  « Une forêt sous-marine vieille de 10 000 ans découverte au large de l'Angleterre » [archive], sur Maxisciences,  (consulté le)
  4.  (en) B. Bramanti, M. G. Thomas, W. Haak et M. Unterlaender, « Genetic Discontinuity Between Local Hunter-Gatherers and Central Europe’s First Farmers », Science, vol. 326, no 5949,‎ , p. 137–140 (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, PMID 19729620,DOI 10.1126/science.1176869, lire en ligne [archive], consulté le)
  5.  (en) Caleb Strom, « How A Handful of Yamnaya Culture Nomads Became the Fathers of Europe » [archive], sur www.ancient-origins.net (consulté le)
  6.  (en) Kristian Kristiansen, Morten E. Allentoft, Karin M. Frei et Rune Iversen, « Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe », Antiquity, vol. 91, no 356,‎ , p. 334–347 (ISSN 0003-598X et 1745-1744, DOI 10.15184/aqy.2017.17, lire en ligne [archive], consulté le )
  7.  (en) Chao Ning, Chuan-Chao Wang, Shizhu Gao et Yang Yang, « Ancient Genomes Reveal Yamnaya-Related Ancestry and a Potential Source of Indo-European Speakers in Iron Age Tianshan », Current Biology, vol. 29, no 15,‎ , p. 2526–2532.e4 (ISSN 0960-9822,DOI 10.1016/j.cub.2019.06.044, lire en ligne [archive], consulté le)
  8.  (de) Christoph Pan et Beate Sibylle Pfeil, Die Volksgruppen in Europa: ein Handbuch, Braumüller,  (ISBN 978-3-7003-1313-7, lire en ligne [archive])
  9.  « L’idée d’Europe dans l’histoire » [archive], sur Vie publique.fr (consulté le )
  10.  Une histoire de l'Europe Aux sources de notre monde (lire en ligne [archive])
  11.  « Venise et les cités marchandes » [archive], sur www.economie.gouv.fr(consulté le )
  12.  Futura, « Quand a eu lieu la première révolution industrielle ? » [archive], sur Futura (consulté le )
  13.  « La révolution industrielle » [archive], sur www.economie.gouv.fr (consulté le )
  14.  Henri Wesseling, professeur néerlandais d'histoire à l'université de Leyde, Le partage de l'Afrique [archive], Denoel, 1991, p. 25 et suivantes. Voir également son livre Europe’s Colonial Age [archive], 2003, 397 p.
  15.  Lexique de termes juridique, Dalloz, 1988, p. 203-204 et Simone Dreyfus, Droit des relations internationales, éléments de Droit international public, Cujas, 1987, p. 37 et s. et p. 70 et s.
  16.  Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Winock p33
  17.  « Le socialisme a commencé par condamner les inégalités sociales et l’exploitation de l’homme par l’homme, et par demander que l’intérêt général prime en tout sur l’intérêt individuel. » (Le Quid, 1995, page 904).
  18.  « Doctrine d’organisation sociale qui entend faire prévaloir l’intérêt, le bien général, sur les intérêts particuliers, au moyen d’une organisation concertée (opposée à libéralisme) ; organisation sociale qui tend aux mêmes but dans un souci de progrès social. » (Nouveau Petit Robert de la langue française, 2007, page 2382 et Petit Robert 1990, page 1822).
  19.  Édition de 1985, volume 9, page 9645.

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