Publié le 28 Juillet 2009
Le Fado - chanson des ports, chanson de Lisbonne, est étroitement liée à la mer et à la diaspora portugaise grâce à laquelle elle s'est enrichie de divers apports musicaux (musique européenne, arabe, africaine, brésilienne). Le Fado, pure émotion, vit de ce moment mystique qui se crée entre la poésie, le chant, l’accompagnement musical et le public, moment musical unique, mais universel qui transcende les barrières culturelles, générationnelles ou socio-culturelles. Le fado est l’expression musicale portugaise par excellence et son legs culturel le plus diffusé.
Le fado (du latin fatum, « destin ») est souvent comparé au flamenco espagnol, qui exprime également l’âme d’un peuple, l’odeur de sa terre. Ayant pour origine le lundum brésilien qui est un mélange de rythmique noire et de musique de cour portugaise, le fado a subi par la suite des influences maures et arabo-andalouses.
Le Fado est un genre de spectacle associant musique et poésie, très largement pratiqué au sein de diverses communautés de Lisbonne. C’est la synthèse multiculturelle de danses chantées afro-brésiliennes, de genres traditionnels locaux de chants et danses, de traditions musicales des zones rurales du pays apportées par les vagues successives d’immigration intérieure, et des courants de chant urbain cosmopolite du début du XIXe siècle. Le Fado est généralement interprété par un chanteur seul, homme ou femme, traditionnellement accompagné d’une guitare acoustique à cordes métalliques et de la guitarra portugaise, une cithare en forme de poire à douze cordes métalliques, spécifique au Portugal, qui a également un vaste répertoire solo. Depuis quelques décennies, l’accompagnement instrumental s’est enrichi : deux guitares portugaises, une guitare et une guitare basse. Le Fado est chanté par des professionnels dans le cadre de concerts organisés et dans de petites « maisons du Fado », et par des amateurs au sein de nombreuses associations locales dans les vieux quartiers de Lisbonne. Des cours informels par des interprètes plus anciens et respectés sont donnés dans les lieux traditionnels d’exécution du Fado, souvent sur plusieurs générations successives au sein des mêmes familles. La propagation du Fado par le biais de l’émigration et des circuits de la world music a renforcé son image de symbole de l’identité portugaise, débouchant sur un processus d’échanges interculturels avec d’autres traditions musicales.
| Le Fado patrimoine de l’humanité |
Letra José Régio
Traduction : Jean-Charles Rosa
"O Fado nasceu um dia, / Le Fado est né un jour
quando o vento mal bulia / Quand le vent bougeait à peine
e o céu o mar prolongava, / et le ciel prolongeait la mer
na amurada dum veleiro, / dans le rempart d'un voilier
no peito dum marinheiro / dans le coeur d'un marin
que, estando triste, cantava, / qui, étant triste, chantait
que, estando triste, cantava, / qui, étant triste, chantait
Ai, que lindeza tamanha, / Aï quelle grande beauté
meu chão, meu monte, meu vale, / mon sol, ma montagne, ma vallée
de folhas, flores, frutas de oiro, / de feuilles, fleurs, fruits d'or
vê se vês terras de Espanha, / Vois si tu vois les terres d'Espagne
areias de Portugal, / les sables du Portugal
olhar ceguinho de choro. / regard aveuglé de pleurs.
Na boca dum marinheiro / Dans la bouche d'un marin
do frágil barco veleiro, / du fragile voilier,
morrendo a canção magoada, / mourrant la chanson blessée
diz o pungir dos desejos / disent les désires qui commencent à poindre
do lábio a queimar de beijos / des lèvres brûlant les baisers
que beija o ar, e mais nada, / qui embrasse l'air, et plus rien
que beija o ar, e mais nada, / qui embrasse l'air, et plus rien
Mãe, adeus. Adeus, Maria. / Mère, adieu, Adieu, Maria
Guarda bem no teu sentido / Garde bien en toi
que aqui te faço uma jura: / Qu'ici je te te promet :
que ou te levo à sacristia, / De t'emmèner à la sacristie
ou foi Deus que foi servido / Ou c'est Dieu qui sera servi
dar-me no mar sepultura. / me donnant la mer pour sépulture.
Ora eis que embora outro dia, / Bien qu'un autre jour
quando o vento mal bulia / Quand le vent bougeait à peine
e o céu o mar prolongava, / et le ciel prolongeait la mer
à proa de outro veleiro / à la proue d'un autre voilier
velava outro marinheiro / veillait un autre marin
que, estando triste, cantava, / qui, étant triste, chantait
que, estando triste, cantava, / qui, étant triste, chantait
/http%3A%2F%2Fwww.fado.nl%2Fimages%2Fguitarra2-web.jpg)
Telles seraient les deux composantes majeures à partir desquelles on peut tenter d'expliquer la généalogie du fado. C'est en tous cas ce qui peut être repéré aussi loinqu'il soit possible de remonter dans le temps depuis le XVII ème siècle jusqu'aux années 1825. Pour mieux comprendre ce processus de métissage et étayer l'hypothèse de la rencontre au brésil du lundu bantou et du thème de la saudade portugaise , un autre élément doit être mentionné : le mot lundu a la même racine que calundu, cérémonie religieuse afro-brésilienne dans laquelle la dimension chorégraphique est importante ainsi que kilundu, divinité bantou secondaire responsable du destin individuel. » Cf Laplantine F., De Rio de Janeiro à Lisbonne, du fado danse au fado chanté. La question des origines afro-brésiliennes du fado.
The music is usually linked to the Portuguese word saudade (that has no match in English but it could be understood as nostalgia felt while missing something or someone important), a word describing a sentiment. The word "pine", sharing the same root as the Portuguese word "pena" (which has evolved to express the feeling of being sorry for someone) seems to describe the meaning of the word saudade only in very crude terms as a feeling of nostalgia, or longing, which is agreed by translators not to be an accurate description. Furthermore, because the word "pine" is actually a verb in English whilst saudade is simply a noun, any translation using these two words would be inaccurate.
Some enthusiasts claim that fado's origins are a mixture of African slave rhythms with the traditional music of Portuguese sailors and Arabic influence.
There are two main varieties of fado, namely those of the cities of Lisbon and Coimbra. The Lisbon style is the most popular, while Coimbra's is the more refined style. Modern fado is popular in Portugal, and has produced many renowned musicians. According to tradition, to applaud fado in Lisbon you clap your hands, while in Coimbra one coughs like if clearing one's throat.
Mainstream fado performances during the 20th century included only a singer, a Portuguese guitar player and a classical guitar player but more recent settings range from singer and string quartet to full orchestra.
- Histoire du fado portugais
- Site officiel de la chanteuse MISIA
- Terreiro do Fado
- Le portail du Fado en langue française
- Fado in Holland
- Alguns fadistas e lugares
- Fado: a alma de um povo
- Rádio Fado
- Rádio Novas Divas do Fado
- Rádio Fado de Portugal
- Casas de fado de Lisboa
- Jeu à propos du fado et des fadistas
- Grupo Canção de Coimbra
- Capas Negras - Grupo de Fados de Coimbra - Histoire du fado de Coïmbre
- Orfeon Académico de Coimbra - L'organisme le plus ancien de Coïmbre
- Portal do Fado
- Verdes Anos - Grupo de fados de Coimbra
- Le Fado, générateurs d'émotions
- Telmo Pires
- Uma voz canta O fado
- Site officiel de la chanteuse MISIA
/image%2F1043068%2F20190307%2Fob_c9e249_lnolno-last-night-in-orient-le-log.png)
/http%3A%2F%2Fsoulsummer.com%2Fwp-content%2Fuploads%2Fwpsc%2Fproduct_images%2Fi-love-soul-music-wht-T.jpg)
