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Publié le 7 Octobre 2026

​Derrière l'écran, le fantôme : comment les bots gouvernementaux manipulent les commentaires sur Facebook

​En bref : Faux profils transnationaux, fermes de trolls et commentaires automatisés par l'IA : plongée au cœur de la propagande étatique qui pollue nos fils Facebook. Analyse d'une manipulation industrielle et guide de survie intellectuelle pour reprendre le contrôle du débat.

​Avez-vous déjà eu l'impression, en faisant défiler les fils de discussion sur Facebook, que la société était au bord de l'implosion ? Face à certaines publications traitant de géopolitique — qu'il s'agisse de relayer les prises de position autour de figures comme Rima Hassan ou de couvrir les contestations estudiantines qui agitent les campus —, le ton des commentaires vire systématiquement à l'outrance et à la saturation. Pourtant, avant de céder au découragement face à cette prétendue fracture sociale, une question s'impose : et si la moitié des profils qui s'animent sous vos yeux n'existaient tout simplement pas ?

​Derrière les claviers ne se cachent plus seulement des citoyens en désaccord. Aujourd'hui, des armées de faux comptes, alimentées par des fermes de trolls coordonnées et dopées à l'intelligence artificielle, s'immiscent massivement dans l'espace public numérique. Leur mission est industrielle : étouffer la contestation, imposer un narratif officiel et transformer nos espaces de discussion en champs de bataille stériles.

​L'illusion du débat : quand la géographie trahit la propagande

​L'ingérence informationnelle a franchi un cap technologique majeur. Fini le temps des bots rudimentaires aux messages grossiers : l'IA générative produit désormais des textes nuancés, rédigés dans un français irréprochable, capables d'imiter à s'y méprendre la conviction d'un citoyen engagé.

​Pourtant, ces machines trahissent leur artifice par une faille contextuelle flagrante. C'est le cas, par exemple, lorsque la presse belge ouvre un espace de discussion sur un sujet géopolitique sensible. Soudainement, des vagues de commentaires standardisés affluent. Ce phénomène s'appuie sur un vaste maillage mondial : la prolifération de faux comptes ou de pages aux dénominations géographiques croisées — telles qu'Israël en Belgique, Israël en Allemagne, Israël au Pérou, Israël au Paraguay ou Israël au Mexique — illustre l'ampleur de cette stratégie de propagande étatique extraterritoriale.

​Qu'il s'agisse de commenter l'actualité à Bruxelles ou en Amérique latine, ces profils manifestement étrangers au débat national s'emparent des fils de discussion pour relayer des éléments de langage préétablis. Leur unique objectif n'est pas de débattre avec les citoyens locaux, mais de saturer l'espace pour imposer un narratif extérieur et discréditer les voix contestataires.

​Décoder la sémantique : reconnaître la patte du bot

​Inutile de perdre un temps précieux à analyser en détail l'historique de chaque faux profil. La supercherie se lit directement dans l'arène des commentaires à travers des schémas textuels récurrents :

​Cas d'école : décortiquer un commentaire type sous un article de la presse belge

  • ​Le commentaire automatisé type : « Soutenir les manifestations sur les campus, c’est encourager directement le terrorisme et détruire les valeurs démocratiques européennes. »
  • ​Le décryptage logique : Ce message combine deux procédés classiques. D'une part, un homme de paille (il assimile l'ensemble d'une contestation étudiante à du terrorisme pour en disqualifier les revendications) ; d'autre part, un appel à la peur pour polariser le lecteur. Le locuteur, souvent issu d'un réseau extraterritorel, s'ancre artificiellement dans le débat européen.

 

​Le paradoxe des plateformes : face à l'impuissance de Meta

​Face à ce fléau, on pourrait s'attendre à ce que les géants du web fassent le ménage. Certes, Meta (la maison mère de Facebook) publie régulièrement des rapports de transparence annonçant la suppression de "réseaux de faux comptes coordonnés" (Coordinated Inauthentic Behavior). Mais dans les faits, l'automatisation industrielle par l'IA a pris une telle avance que les algorithmes de modération et les équipes de signalement se révèlent chroniquement impuissants ou trop lents. Le flux de la propagande étatique s'adapte plus vite qu'il n'est sanctionné. La régulation ne venant pas d'en haut, la vigilance revient donc inévitablement aux citoyens.

​La riposte intelligente : fuir le piège et mobiliser la logique formelle

​La tentation est grande de s'engager dans le débat pour rétablir les faits. C'est précisément le piège tendu. Sur Facebook, l'algorithme est totalement aveugle aux nuances : qu'un commentaire réfute ou soutienne un bot, il génère de l'engagement. Plus un fil s'enflamme, plus l'algorithme propulse la publication au sommet des fils d'actualité, maximisant de fait la visibilité de la propagande.

​La véritable parade ne réside donc pas dans l'affrontement stéréle au cœur des commentaires, mais dans un pas de côté stratégique. Refuser d'alimenter la machine, c'est d'abord lui couper l'oxygène de la visibilité.

​C'est ici que la logique formelle devient notre arme la plus redoutable. Plutôt que de s'épuiser à répondre en ligne, il s'agit d'analyser à froid la sémantique de ces messages pour en exposer les sophismes par la raison. En documentant ces mécaniques textuelles sur des espaces indépendants, comme les blogs, nous transformons une pollution subie en un objet d'étude critique. Déplacer le combat sur le terrain de la logique formelle, c'est refuser le chaos orchestré par les fermes de trolls et réinjecter de la clarté là où elles ne cherchent qu'à semer la confusion.

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Bibliographie (Normes ISO 690)
  • ​BRADSHAW, Samantha et HOWARD, Philip N. Challenging Truth and Trust: A Global Inventory of Organized Social Media Manipulation. Oxford Internet Institute, University of Oxford, 2018.
  • ​OLANIYEKUN, Samson Olufemi. Computational propaganda and misinformation: AI technologies as tools of media manipulation. World Journal of Advanced Research and Reviews, 2025, vol. 25, no. 1, p. 911-923. DOI: 10.30574/wjarr.2025.25.1.0131.
  • ​UYHENG, Joshua, CRUICKSHANK, Iain J. et CARLEY, Kathleen M. Mapping state-sponsored information operations with multi-view modularity clustering. Computational and Mathematical Organization Theory, 2022.
  • ​WOOLLEY, Samuel C. et HOWARD, Philip N. (dir.). Computational Propaganda: Political Parties, Politicians, and Political Manipulation on Social Media. Oxford : Oxford University Press, 2018. ISBN 9780190931407.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Facebook, #Internet, #réseaux sociaux

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Publié le 29 Septembre 2026

L'art du silence numérique : et si ne pas répondre tout de suite était la meilleure chose à faire ?
L'art du silence numérique : et si ne pas répondre tout de suite était la meilleure chose à faire ?

​Par Mario Scolas pour Last Night in Orient

​Introduction : La tyrannie de l'instantanéité

​Posez votre smartphone sur la table, l'écran visible. Il suffit d'une vibration, d'une lueur soudaine ou d'un point de notification pour que, presque machinalement, notre attention soit happée. Dans le paysage contemporain, la technologie a érigé un dogme tacite mais impérieux : toute sollicitation numérique exige une réaction immédiate. Être en ligne, c'est consentir à une disponibilité perpétuelle, abdiquant de fait la maîtrise de son propre temps.

​Pourtant, une frange grandissante de la population choisit de naviguer à contre-courant. Ces individus laissent s'accumuler les alertes, consultent leurs courriels avec un quant-à-soi calculé — parfois après plusieurs jours —, ou délaissent superbement les messageries instantanées telles que Messenger ou WhatsApp.

​Longtemps relégué au rang de simple impolitesse, de négligence, voire d'indifférence feinte, ce comportement mérite d'être réhabilité sous un jour nouveau. Et si, loin d'incarner une défaillance relationnelle, cette lenteur délibérée constituait l'un des actes de résistance psychologique les plus salutaires de notre époque ?

​Les fondements psychologiques : L'émancipation par la distance

​Contrairement aux idées reçues, s'affranchir des notifications ne relève ni d'une désorganisation chronique ni d'un désintérêt pour autrui. C'est, sur le plan psychologique, un mécanisme de défense mûrement élaboré.

  • ​La souveraineté attentionnelle : Chaque alerte représente une effraction, l'intrusion d'un tiers dans le flux de notre conscience. En différant la réponse, l'individu réaffirme l'autonomie de son temps de cerveau disponible, refusant de déléguer son agenda mental au premier expéditeur venu.
  • ​L'immunité face à l'urgence factice : Les outils numériques instillent un sentiment d'urgence illusoire, comme si chaque message contenait un périmètre d'incendie. Retarder sa réponse réintroduit une décélération salvatrice, révélant qu'une écrasante majorité de messages se passe fort bien d'immédiateté.
  • ​La préservation de la charge cognitive : Maintenir des dizaines de conversations parallèles mobilise une énergie colossale — décoder, analyser, doser l'empathie, rédiger. Pour les personnalités introverties ou sujettes à la fatigue décisionnelle, clore les vannes du flux textuel s'avère indispensable pour recharger leur capital social.
​La muraille sanitaire : Le filtrage salvateur contre les sollicitations toxiques

​Au-delà de la simple gestion du temps, ce silence sélectif s'impose comme un rempart psychologique d'une redoutable efficacité. Ne pas répondre aux inconnus et aux flux non sollicités érige une barrière naturelle contre les tentatives de fraude, les escroqueries en ligne et la pollution informationnelle de tout poil.

​En refusant d'ouvrir la porte aux intermédiaires superflus et aux sollicitations intempestives, l'individu protège son intégrité mentale. Ce filtre drastique instaure une paix intérieure précieuse : en s'épargnant l'inutile, le parasitisme numérique et les fraudeurs, c'est l'humeur générale et l'équilibre émotionnel tout entier qui s'en trouvent magnifiés.

​L'énergie retrouvée : Le sanctuaire de la lecture et du temps pour soi

​C'est sans doute l'un des bienfaits les plus intimes et précieux de cette démarche : la reconquête de son espace intérieur. En s'extrayant de l'injonction permanente du flux textuel, l'esprit s'affranchit du coût insidieux de la commutation des tâches.

​L'énergie ainsi conservée ne se perd pas ; elle se réinvestit dans des élans personnels majeurs, à commencer par le retour à la lecture quotidienne. Retrouver le silence et la concentration permet de s'isoler loin de tout vacarme virtuel pour habiter pleinement ses pensées, renouer avec les livres et s'offrir ce temps pur, souverain et inaliénable qui n'appartient qu'à soi.

​Le cercle restreint : L'exclusivité du temps partagé

​Ce tri drastique des sollicitations trouve son expression la plus aboutie dans un retranchement volontaire : ne réserver son attention qu'à un cercle intime et restreint. Loin de toute asocialité, cette démarche s'apparente à un pacte de fidélité envers ses proches.

​En fermant les vannes du bruit médiatique généralisé, l'individu fait le choix conscient de ne plus saupoudrer son affection dans le vide numérique. Les messages des connaissances lointaines se dissolvent dans le silence, précisément pour que l'énergie ainsi épargnée puisse abreuver les liens essentiels — ceux d'un groupe d'amis choisi, sanctuarisé et profondément nourricier, avec qui la disponibilité se ritualise chaque heure du midi.

​L'appel et la « vraie rencontre » : Le triomphe du réel sur l'écran

​Paradoxalement, ce détachement vis-à-vis des notifications ne procède en rien d'une misanthropie. Nombre de ceux qui s'abstiennent d'écrire répondent en revanche volontiers au téléphone, ou, mieux encore, plébiscitent la véritable rencontre.

​Il s'agit là d'un rejet du format textuel lui-même, jugé froid, haché et artificiel, bien plus que d'un refus des personnes. Le message écrit enchaîne à une conversation potentiellement infinie. À l'inverse, l'appel téléphonique possède une structure organique : on se parle, on s'écoute, puis l'on raccroche pour reprendre le cours de son existence.

​Plus profondément encore, c'est le face-à-face qui recouvre ici ses lettres de noblesse. S'épargner le bavardage numérique permet d'offrir à autrui ce que l'époque a de plus rare : une présence entière, un regard, un partage authentique libéré du bourdonnement des notifications.

​Conclusion : Vers un nouveau contrat social numérique

​S'affranchir de la tyrannie des écrans ne relève ni du quant-à-soi hautain ni du repli identitaire. C'est l'expression d'une lucidité psychologique bienvenue, un refus obstiné de troquer la densité d'une présence humaine et le calme de la lecture contre l'agitation stérile et malveillante de la connectivité de masse.

​Redéfinir les règles de notre communication moderne implique d'admettre que le silence ne vaut pas rejet. C'est comprendre qu'en dressant un bouclier impénétrable contre les sollicitations vaines, on protège son esprit, on bonifie son humeur, et l'on se donne enfin les moyens d'habiter le monde réel avec justesse, profondeur et vitalité.

​Et vous ? Faites-vous partie de ceux qui consentent à laisser dormir les messages derrière une infranchissable muraille, réservant leur précieux cénacle d'amis et leurs instants de lecture pour mieux savourer la vie véritable ?

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Smartphone, #Internet, #Scammers

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Publié le 23 Septembre 2026

El milhojas anónimo de Wikipedia: cuando la red institucionaliza el plagio intelectual
El milhojas anónimo de Wikipedia: cuando la red institucionaliza el plagio intelectual

​Por Mario Scolas, Last Night in Orient

Miércoles, 23 de septiembre de 2026 — 16:59 (CEST)

 

​¿Y si la biblioteca más grande del mundo se hubiera edificado en gran parte a costa de quienes escriben? Se suele presentar a Wikipedia como una catedral del saber surgida de una voluntad espontánea. Un milagro digital en el que el conocimiento se autogeneraría por arte de magia y de clic. Sin embargo, tras este escaparate se esconde una realidad mucho menos lustrosa: una profunda deshonestidad intelectual y la fabricación de este célebre milhojas anónimo ensamblado sin pudor alguno.

​El mito de la creación espontánea

​Cierto es que, para una consulta rápida o una búsqueda inmediata, la plataforma ha sabido imponerse como una herramienta práctica. Pero, si se examina de cerca, no se ha construido mediante una escritura original. Al escrutar su maquinaria, la reescritura suele brillar por su ausencia: en ella encontramos las estructuras y formulaciones de manuales u obras preexistentes.

​Entre los códigos de conducta teóricos y la realidad práctica de una plataforma abierta a todos los vientos, el abismo es inmenso. El verdadero escándalo radica en ver cómo estos textos, usurpados a autores que han trabajado de verdad, son propulsados a la cúspide de la visibilidad mundial por la todopoderosa fuerza de los algoritmos de búsqueda. Estos últimos imponen dichos contenidos como un peaje obligatorio, aplastando las fuentes originales en beneficio de una exposición máxima concedida a una autoría en el mejor de los casos difusa, y en el peor, robada.

​La prueba de la experiencia frente al ensamblaje

​Para convencerse de ello, basta con consultar los artículos de la propia especialidad de uno. El barniz se viene abajo de inmediato: la redundancia, la copia y la mala redacción se acumulan en un auténtico milhojas textual. Se trata de un pastiche indigesto, lastrado por giros híbridos —a veces cercanos a una pésima traducción literal que evoca un «chino de pacotilla» mal desbastado—.

​Peor aún, cuando uno intenta enderezar el rumbo, topa con esos «pequeños colaboradores» de Wikipedia: usuarios entusiastas que carecen por completo de formación académica y actúan como auténticos pesados (fâcheux). Armados de sus certezas y atrincherados tras una burocracia quisquillosa, se permiten corregir, censurar o rechazar aportaciones fácticas con un rigor puramente robotizado, prefiriendo la norma burocrática absurda a la verdad científica. Dicha acumulación de aproximaciones no puede constituir una enciclopedia.

​Por el contrario, cuando uno acude a grandes obras de referencia como la Encyclopædia Universalis, la Encyclopædia Britannica o a colecciones de monografías divulgativas de bolsillo (como las de Alianza Editorial), este problema se desvanece por completo. Estas publicaciones monográficas, redactadas por especialistas consagrados, ofrecen una coherencia y un rigor ejemplares. En ellas resalta la impronta de un autor preciso, un estilo elegante y un verdadero pensamiento rector. Es la firma de la inteligencia humana frente a estos milhojas de baratillo.

​La negación del autor: el anonimato de masas

​En el mundo de la escritura, la creación tiene un rostro. Cuando un autor aborda un tema, plasma en él su esfuerzo y su estilo. Defiende con orgullo su obra porque firmarla implica asumir su responsabilidad y su reputación.

​En Wikipedia, el sistema opera de manera inversa. Al amparo de un seudónimo o de una simple dirección IP, cualquiera puede verter el trabajo ajeno en un terreno común y opaco donde nadie es responsable de nada. Nadie ha «escrito» la enciclopedia en el sentido noble del término: en ella se recopila, se compila, se trasvasa. Arrogarse el monopolio del saber eximiéndose al mismo tiempo de los derechos de autor constituye una quiebra fundamental de la probidad.

​Conclusión: por una ética del conocimiento

​En una época en la que el entorno digital conforma el pensamiento colectivo, urge rehabilitar el valor sagrado de la creación. La comodidad de una herramienta de consulta no puede borrar el hecho de que el conocimiento no es un bien sin dueño, saqueado al hilo del corta y pega y blanqueado por el anonimato de una plataforma.

​Reivindicar la verdad significa respetar a quienes estructuran los hechos y los firman con su nombre. Frente a la maquinaria anónima de la web colaborativa, es hora de recordar que una verdadera enciclopedia no puede prescindir del respeto a los autores.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Wikipédia, #Internet

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