Publié le 12 Juillet 2026
« María la Portuguesa » est l'une des coplas (un genre musical traditionnel espagnol) les plus célèbres et les plus poignantes jamais écrites. Elle a été composée par le légendaire auteur-compositeur-interprète espagnol Carlos Cano et publiée en 1986.
Jorge Marazu, un artiste espagnol contemporain qui a repris ce grand classique, ou à d'autres collaborations acoustiques modernes. Quoi qu'il en soit, la chanson elle-même est profondément ancrée dans une histoire vraie et douce-amère.
Voici l'histoire fascinante et la signification de ce chef-d'œuvre :
Carlos Cano a écrit cette chanson en hommage à Amália Rodrigues, la reine du fado portugais. Cependant, le récit de la chanson s'inspire d'un fait divers réel qui a profondément marqué l'artiste.
- Le pêcheur : Un pêcheur portugais originaire de Castro Marim (une ville proche de la frontière espagnole) pêchait illégalement dans les eaux espagnoles, près de Huelva.
- La tragédie : Repéré par la Garde civile espagnole (Guardia Civil), le contrôle a tragiquement dégénéré et le pêcheur a été abattu.
- La femme mystérieuse : Après ce drame, une mystérieuse femme portugaise (María) traversait régulièrement le fleuve Guadiana pour se rendre à Ayamonte (en Espagne). Elle venait s'asseoir au bord de l'eau pour pleurer son amour perdu et regarder la mer.
La chanson mélange avec brio la nostalgie de la Copla espagnole et la mélancolie du Fado portugais, capturant ainsi l'âme partagée de la péninsule Ibérique.
« Dice la gente del puerto / que los fines de semana / se lo llevan los demonios / cuando cruza la frontera. »
(Les gens du port disent / que les week-ends / les démons l'emportent / lorsqu'elle traverse la frontière.)
Jorge Marazu y apporte une sensualité à fleur de peau qui change complètement la dynamique du morceau. C'est de la pure mélancolie latine.
Sa version est d'une sensibilité rare. Là où l'originale de Carlos Cano a un côté très théâtral, orchestral et traditionnel, Marazu apporte une dimension beaucoup plus intime, acoustique et brute. Sa voix, teintée d'une mélancolie très moderne, colle parfaitement à l'esprit du fado et de la saudade que l'histoire de la chanson exige.
Il réussit à dépouiller le morceau pour n'en garder que l'émotion pure, souvent accompagné d'une simple guitare espagnole, ce qui donne l'impression d'entendre María pleurer son amour directement à notre oreille.
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