melhoun marocain

Publié le 25 Mai 2015

Libres propos de Fouad Guessous entre érudition du malhoun et cinéma

Libres propos de Fouad Guessous entre érudition du malhoun et cinéma

Rassure-toi mon Cher Nabil Ayouch !

Je n'ai vu de ton film - Much Loved - que quelques bribes.

Comme ceux qui te critiquent , te sanctionnent, te crucifient et te brident. Et pourtant ! Bien avant toi, il y ' a près d'un siècle et demi, un des plus grands poètes du melhoun, ce fleuron de notre patrimoine littéraire populaire, Driss Benali , l'auteur des célèbres qacidas ''ghita'' et ''fatma '', avait osé écrire une qacida appelée « louwatiya », Personne ne s'en était alors ému, elle a même traversé, sans brouhaha, les méandres du temps, puisque l'Académie du Royaume du Maroc l'a publiée en 2012 dans le diwan de ce grand poète ( cf diwan Driss Benali, page 427, édition Maarif el Jadida 2012 ).


Sans commentaires, je cite ci dessous, au hasard, un extrait de cette qacida. Que tes détracteurs aillent alors faire condamner par contumace ce célèbre auteur ! Non ! Mon cher Nabil, tu as osé lever un tabou {d'ailleurs ce mot tabou ne dériverait-il pas d'un autre terme auquel il ne manque qu'un petit n...) . Tu as osé évoquer le calvaire d'une frange de notre société de consommation, où la misère des uns nourrit l'opulence des autres. Ne devraient-ils plutôt avoir quelques droits, ces êtres qui participent à calmer les pulsions de ces comparses dont la baguette flamboie...


Sans tarder, voici un passage de cette fameuse qacida :

 

روم الطبون وسير له
عنداك اتفضل شي عليه
مولاي الحر امبرد الغدايد
كيخضع ليه كل واحد
وكثير الي حواه
من داقه عمره لانساه
ديما فمه محلول
للدخول أموجب مبلول
غير ضربه فيه وتركه ايجول
يدخل ختى للفول
دق واتصنت على اجنابه
وتهلى لا تكون فيه الرخوة

نوصيك كن رجل قوي
فتش في الادخال بقوة
في ايمن وشمال وساوي
وتهلى في اطريش القلوة
الا انت معلم حاوي
تسطاب على الحر النشوة
وتصب فيه شلا ناوي
حتى اجيك راسك ويلوي
واعطي لعانسك القلاوي
تمسح ما تخلي رغوة
هديك سيرة العدراوي شهوة الا مثلها شهوة
عدات العسل وحلاوي
هي لكل شوال ادوى
مولاها امسلي ضاوي
واللي متبع الكر
اسفيه ولا ايله انضر
ما عندوشي باش يفتخر
كان هو يا فهيم نال امناه أو قصده ايبات زاهر
بالزب ايسرح المطاهر
واللي جيتي النيته راه اقضى المزية
لهلا يعمي حد كيف معمي داك المغبون

Pour ceux qui veulent la version complète ou la traduction de ce beau poème, ils les trouveront in -''Anthologie de la poésie du melhoun marocain''édition l'Harmattan 2014, page 516

- diwan Driss Benali, Académie du Royaume du Maroc, 2012

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Rédigé par Last Night in Orient

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Publié le 16 Avril 2015

Étendard flottant dans l'Empire! Ne suis-je ton esclave corps et âme? Glorifiez Malika la grande dame!

Le refrain de la chanson «Malika» est repris par les Aissawas dans leurs chansons louant Lalla Malika, fille du roi, qui est dit-on, une femme djiin très belle, et qui s’habille très bien. Elle est toujours joyeuse, aime rire, séduire et taquiner. Elle aime la couleur rose/mauve, le parfum et l'Oud el Qmari. 
Lalla Malika possède la personnalité la plus élaborées des djiins féminins connus dans la région de Fès et Meknès. Elle aurait réellement existé : fille de riches notables, rebelle et libertine, elle aurait vécu à Fès au 18ème siècle une vie pleine de rebondissements. Cet art poético-musical présente des textes qui frisent parfois avec le libertinage en rendant honneur à tous les aspects de la vie qui vont des incantations religieuses à la beauté féminine sans omettre les allusions érotiques, en caricaturant les mesquineries des vanités humaines.

 

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Rédigé par Last Night in Orient

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Publié le 16 Avril 2015

Lachraf El Houssneyne

Ahmed El Ghrabli est un poète de melhoun originaire de Fès. Il a vécu sous le règne des sultans Moulay Hassan 1er (1873-1894) et Moulay Abdelaziz (1894-1908). Il exerçait la profession de tisserand à Fès où il est né, et il était d'une très grande érudition et d'une finesse surprenante. Ses qasida avaient un grand retentissement dans tout le royaume, et les plus belles restent : El mersoul, Malika et ya lotf Allah el khafi.

Poèmes

  • Ya Hnine
  • Jad Bel Farh Zmani
  • Ya Lotf Allah ElKhafi (Elottfia)
  • Ya Edda'i
  • Tarhil Echams
  • Enemroudia
  • Lachraf El Houssneyne
  • Lalla Malika
  • El Mersoul

Refrain de la qacida Lalla Malika : (رايت الملاكا يامولاتي المالكة ليك العبد وكل ماملك نصرو مليكة حمالت المليك (Arayt el Mlaka ya moulati el malka, lik el 'abd ou koul ma mlek, nesro malika 'hmalt el malik) (Étendard flottant dans l'Empire! Ne suis-je ton esclave corps et âme? Glorifiez Malika la grande dame!)

Source

  • Fourad Guessous, Anthologie de la poésie du melhoun marocain, 2008.

Bibliographie

  • Haïm Zafrani,Juifs d'Andalousie et du Maghreb, Maisonneuve et Larose, 1996, p. 182
  • ʻAbd Allāh Shuqrūn, Patrimoine: Melhoun, anecdotes, contes, musique, danses, Najah el-Jadida, 2007, p. 13

 

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Rédigé par Last Night in Orient

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