migrants

Publié le 18 Juillet 2026

Pour les néo-fascistes, la bataille contre les migrants est l'outil parfait. Elle leur permet à la fois de nourrir leur obsession de la pureté identitaire, de désigner un coupable idéal aux crises de la société, et de fracturer la gauche en opposant les classes populaires aux bourgeois humanistes.

Mario Scolas

Les néo-fascistes s'opposent aux bourgeois dans leurs discours pour se donner une image de révolutionnaires proches du peuple. Mais dans les faits, ils dépendent sociologiquement de la panique de la petite bourgeoisie et s'allient historiquement avec la haute bourgeoisie dès qu'il s'agit de protéger le capitalisme face à une menace de gauche.

Mario Scolas

C'est une question très vive dans le débat public actuel. Elle touche au croisement de la sociologie, de la politique et de la géographie sociale.

​Pour y répondre de manière nuancée, il faut comprendre pourquoi ce lien est parfois fait, mais aussi pourquoi il est fortement contesté.

​Pourquoi certains y voient une posture "bourgeoise" ?

​Ceux qui associent la défense des migrants à la bourgeoisie (souvent qualifiée de "bourgeoisie de gauche" ou "bohème-bourgeoise" / bobo) s'appuient sur des arguments économiques et géographiques :

  • La distance face aux réalités du terrain : On reproche parfois aux classes aisées ou intellectuelles des centres-villes de défendre les migrants de manière théorique et morale, car elles ne subissent pas directement les tensions liées à l'accueil (concurrence sur le marché du logement social, bas salaires, saturation des services publics dans les quartiers populaires).
  • L'intérêt économique de la haute bourgeoisie : Historiquement, une partie du grand patronat libéral (donc de la haute bourgeoisie) a pu voir d'un bon œil l'immigration pour disposer d'une main-d'œuvre bon marché, flexible et peu syndiquée, permettant de maintenir les salaires bas dans des secteurs comme le bâtiment, la restauration ou l'agriculture.
  • Le "capital culturel" : Les arguments humanistes, juridiques (droit international, droits de l'homme) sont souvent portés par des personnes ayant un niveau d'études élevé, typique de la petite ou grande bourgeoisie culturelle.
​Pourquoi cette association est inexacte ou incomplète ?

​Réduire le soutien aux migrants à une posture de bourgeois occulte une grande partie de la réalité du terrain :

En résumé :

Si le discours politique et moral en faveur des migrants est souvent porté par une bourgeoisie culturelle protégée des difficultés quotidiennes, l'action concrète et le soutien politique reposent aussi massivement sur des mouvements populaires, associatifs et syndicaux. Défendre les migrants n'est donc pas une question de classe sociale en soi, mais relève de motivations politiques, morales ou d'expériences de vie qui traversent toute la société.

Pour les mouvements néo-fascistes ou d'extrême droite nationaliste, la question de l'immigration et de la défense des migrants n'est pas un simple sujet de débat : c'est le cœur absolu de leur logique politique.

​S'ils en font une "bataille" existentielle, c'est pour plusieurs raisons stratégiques, idéologiques et électorales très précises :

​1. La théorie du "Grand Remplacement" et l'obsession identitaire

​Au centre de l'idéologie néo-fasciste se trouve une vision biologique ou culturelle de la nation. Pour ces mouvements, l'immigration n'est pas perçue comme un phénomène démographique ou économique, mais comme une menace mortelle pour l'identité du pays.

  • ​Ils s'appuient massivement sur la théorie du "Grand Remplacement" (l'idée complotiste que les populations autochtones seraient délibérément remplacées par des populations immigrées).
  • ​En faisant des migrants l'ennemi principal, ils se positionnent comme les "défenseurs" ou les "sauveurs" d'une civilisation qu'ils prétendent en voie de disparition.
​2. Le clivage "Eux contre Nous" (Le nationalisme d'exclusion)

​Le fascisme et le néo-fascisme fonctionnent par la désignation d'un bouc émissaire pour souder leur communauté. Le migrant est la figure parfaite pour construire ce récit :

  • Sur le plan économique : Ils accusent les migrants de "voler les emplois" ou de "profiter des aides sociales" au détriment des nationaux (le concept de priorité nationale).
  • Sur le plan de la sécurité : Ils lient systématiquement l'immigration à la criminalité, à la délinquance ou au terrorisme pour susciter la peur.
​3. Une stratégie de reconquête électorale : cibler les classes populaires

​Comme nous l'avons vu juste avant, le discours pro-migrants est parfois perçu comme une posture de "bourgeois déconnectés". Les mouvements néo-fascistes exploitent à fond ce ressentiment :

  • ​Ils tentent de séduire les classes populaires en leur disant : "Regardez, la bourgeoisie et les élites de gauche s'occupent des migrants, mais elles vous oublient, vous, les vrais nationaux qui souffrez."
  • ​C'est une stratégie de triangulation sociale : ils captent la colère des ouvriers ou des employés face à la précarité en la détournant, non pas vers le patronat ou le système économique, mais vers les migrants.
​4. Le rejet de la mondialisation et des institutions internationales

​Pour les néo-fascistes, défendre les droits des migrants revient à accepter le modèle de la mondialisation libérale, la libre circulation et le pouvoir d'institutions supranationales (comme l'Union européenne ou l'ONU). En s'attaquant aux migrants et aux associations qui les aident, ils attaquent en réalité tout le système démocratique et juridique libéral qu'ils souhaitent abattre ou remplacer par un régime autoritaire et ultra-nationaliste.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Immigration, #Migrants, #Extrême droite

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Publié le 28 Juin 2026

Les talibans à Bruxelles.

La venue d'une délégation de talibans à Bruxelles en juin 2026 s'est faite à l'initiative conjointe de la Commission européenne et de plusieurs États membres de l'Union européenne (co-présidée notamment avec la Suède).

​Les détails de cette visite particulièrement controversée s'articulent autour de deux acteurs clés :

  • L'invitation : La Commission européenne a initié ces discussions à la suite d'une demande formelle de près de 20 États membres de l'UE. L'objectif était d'organiser une réunion de "niveau technique" (et non politique) pour négocier les modalités d'expulsion et de renvoi des migrants afghans dont la demande d'asile a été rejetée, en ciblant en priorité les personnes condamnées pour des infractions graves ou considérées comme une menace pour la sécurité.
  • L'octroi des visas : C'est le ministère belge des Affaires étrangères (dirigé par Maxime Prévot) qui a dû délivrer les visas d'un jour nécessaires à l'entrée des cinq délégués talibans (menés par Abdul Qahar Balkhi). Le ministre belge a précisé qu'il désapprouvait cette démarche, mais qu'en tant que pays hôte des institutions européennes, la Belgique était tenue d'accorder ces visas d'un jour, strictement limités au territoire belge, après s'être assurée auprès des services de sécurité que ces individus ne présentaient pas de menace directe pour le pays. 

     

​L'Union européenne a fermement insisté sur le fait que cette rencontre technique ne constituait en aucun cas une reconnaissance officielle du régime des talibans, bien que l'événement ait suscité de vives condamnations de la part de nombreuses ONG et défenseurs des droits humains.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Talibans, #Union européenne, #Bruxelles, #Afghanistan, #Politique, #Migrants, #Réfugiés

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Publié le 13 Juin 2026

Pour un catholique, dire "nous sommes tous des migrants", c'est se rappeler une vérité théologique profonde : personne ne possède la Terre, nous en sommes seulement les locataires et les gardiens, et notre premier devoir est la fraternité.

Sommes nous tous des migrants ?
Sommes nous tous des migrants ?

Du point de vue chrétien catholique, la réponse est un grand oui spirituel et théologique, qui dicte ensuite une attitude morale très concrète dans le monde réel.

​Dans la tradition catholique, la figure du migrant n’est pas seulement une question politique ou sociale : elle touche au cœur même de la foi et de l'identité du croyant.

​1. Une identité spirituelle : Le chrétien est un "pèlerin"

​Pour l'Église, l'existence humaine elle-même est conçue comme un voyage. Le chrétien est fondamentalement un homo viator — un homme en chemin.

  • La Terre n'est qu'un passage : Saint Paul l'écrit clairement : "Notre citoyenneté, à nous, est dans les cieux" (Phillippiens 3,20). Sur cette Terre, personne n'est définitivement "chez soi". Riche, pauvre, sédentaire ou exilé, chaque être humain est un migrant temporel en route vers la patrie céleste (le Royaume de Dieu).
  • Une histoire de migrations : Le texte biblique lui-même est l'histoire d'un peuple en mouvement. D'Abraham qui quitte sa terre sur l'ordre de Dieu, à l'Exode d'Égypte, jusqu'à la Sainte Famille (Jésus, Marie, Joseph) fuyant en Égypte pour échapper au roi Hérode. Jésus lui-même a été un enfant réfugié.

​2. L'enseignement du Pape François : "Accueillir le Christ dans le migrant"

​Le Pape François a fait de la question des migrants l'un des piliers de son pontificat, en s'appuyant directement sur l'Évangile (notamment Matthieu 25 : "J'étais un étranger, et vous m'avez accueilli").

​Pour la théologie catholique actuelle :

  • ​Le migrant n'est pas simplement "un autre" à aider par charité, il est une icône du Christ. En accueillant l'étranger, on accueille Dieu lui-même.
  • ​Le Pape rappelle souvent que les frontières nationales ne doivent jamais effacer le principe de la destination universelle des biens : la Terre appartient à toute l'humanité, et le droit à la vie et à la dignité prime sur le droit de propriété d'un État.

​3. La tension entre universalisme et réalité politique

​C'est là que réside la nuance de la doctrine sociale de l'Église. Bien que spirituellement "tous migrants", l'Église reconnaît la réalité des nations .

​Est-ce que cet ancrage dans les textes bibliques ou la position des papes récents résonne avec ce que vous imaginiez de la position de l'Église ?

Sommes nous tous des migrants ?
Sommes nous tous des migrants ?
Sommes nous tous des migrants ?

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Migrants, #Immigration, #Catholicisme, #Religion

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