Publié le 29 Juillet 2026
"Chehilet Laayani" (souvent orthographié Ch'hilet Laâyani ou Shahlet Laayani, ce qui signifie "la jeune fille aux yeux clairs") est l'un des succès les plus emblématiques et durables de l'histoire de la musique chaâbi algérienne.
- Le lien avec "Quizás, quizás, quizás" : La mélodie de Chehilet Laayani est une adaptation brillante du célèbre boléro cubain "Quizás, quizás, quizás", composé à l'origine par l'auteur-compositeur cubain Osvaldo Farrés en 1947. Mohamed Zerbout a su adapter ce rythme latin entraînant aux instruments traditionnels algériens tout en y insufflant une sensibilité locale unique.
- L'artiste : Mohamed Zerbout (né dans la Casbah d'Alger en 1936, décédé en 1983) était un musicien talentueux (mandoliste) et chanteur de chaâbi, formé auprès de grands noms tels que Khelifa Belkacem et El Hadj M'hamed El Anka.
- Les paroles : Les paroles poétiques et évocatrices en arabe dialectal ont été écrites par le poète Abdelhakim Gharami (originaire de Cherchell).
- Impact culturel et historique (1959) :
- Sortie vers 1958-1959, la chanson est rapidement devenue un véritable phénomène, bénéficiant d'une large diffusion sur Radio Alger. Pendant la guerre d'indépendance algérienne, elle a été diffusée sur Sawt el Djibal (La Voix des Maquis) depuis le Caire, et a également figuré sur des disques produits pour la délégation du FLN à l'étranger (notamment à Belgrade en 1959).
- Malgré son immense popularité — qui en a fait un incontournable des mariages et fêtes algériennes pendant des décennies —, ce succès fulgurant a paradoxalement valu à Zerbout des difficultés professionnelles et des jalousies tout au long de sa vie.
Ce dessin illustre l'univers de la chanson « Chehilet Laayani » interprétée par Mohamed Zerbout en 1959.
Voici les principaux éléments qui y figurent :
- Au centre : Mohamed Zerbout est représenté assis en tailleur dans un salon traditionnel algérien, jouant du mandole, l'instrument emblématique de la musique chaâbi.
- L'ambiance musicale : À ses côtés, d'autres musiciens l'accompagnent avec des instruments traditionnels comme le tar (tambourin) et l'oud, créant l'atmosphère chaleureuse d'une veillée ou d'une répétition.
- Les détails historiques et culturels :
- Une pochette ou affiche au premier plan fait référence à l'année de sortie (1959) et évoque le portrait de la « jeune fille aux yeux clairs » (Chehilet Laayani).
- Un encadrement mural porte l'inscription en arabe du titre de la chanson.
- Le décor met en valeur l'artisanat traditionnel : tapis aux motifs géométriques, coussins richement brodés, lanternes en cuivre et théière traditionnelle.
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