musique arabo-andalouse

Publié le 26 Janvier 2008


Sid Ahmed Serri (né à Alger, en 1926) est un chanteur, oudiste, professeur, chef-d'orchestre et musicologue. Il est le dépositaire de la tradition andalouse authentique. Il entreprend aussi l’enregistrement intégral du répertoire musical classique de l’école d’Alger.

Biographie et évolution musicale

Sid Ahmed Serri est né en 1926 à la Casbah d’Alger. Issu d'une famille de mélomanes[1],il éprouve dès son plus jeune âge une forte passion pour la musique. En 1945, il adhère successivement aux associations El Andaloussia puis El Hayat qu'il quitte pour entrer à l'association El Djazaïria où il est admis dans la classe de musique dirigée par Abderrezak Fakhardji. Dans cette ambiance, il y trouve les meilleures conditions pour l'apprentissage de la musique qu'il assimile rapidement grâce à une mémoire exceptionnelle.

Son premier emploi remonte en 1943, année où son lycée ferme suite au débarquement américain. Il trouve un poste de secrétaire du greffier à la Cour d’Alger.

Ses dons de chanteur le classent alors parmi les meilleurs et lui ouvrent, dès 1948, les studios de la radio puis ceux de la télévision qui lui permettront de se faire connaître du grand public. Lorsqu'en 1952 son professeur est nommé au Conservatoire d'Alger, les dirigeants d´El Djazaïria (devenue depuis peu El Djazaïria El Mossilia[2]par la fusion de leurs associations) confient la classe supérieure à Sid Ahmed Serri qui passe ainsi du statut d'élève à celui de professeur, statut qu'il conserve jusqu'en 1988 si l'on excepte une période d'interruption due à la guerre de libération nationale et à la restructuration de l'association au lendemain de l'indépendance de l'Algérie. Il dispense également par ailleurs des cours au Conservatoire d'Alger ainsi qu'à l'Institut National de Musique et à l'Ecole Normale Supérieure. Entre 1988 et 1992, il s'attèle à la création et au développement d'une nouvelle association musicale: "El Djazaïria - Eth Thaâlibya".

En 1989, il est choisi et élu à l'unanimité par ses pairs comme président national de l'Association de sauvegarde et de promotion de la musique classique algérienne. En avril 2006, il est élu président de la Fédération nationale des associations de musique classique algérienne.

Sid Ahmed Serri est l'auteur, en collaboration avec Rachid Mahi, d'un recueil de noubates andalouses, édité en 1997 puis réédité en 2002 et 2006 par l'Entreprise Nationale des Arts Graphiques (ENAG). Il a écrit en outre de nombreux et divers articles et études publiés dans la presse et les revues algériennes et a participé à des travaux et des interviews sur la musique classique algérienne. Entre 1998 et 2002, il réalise l'enregistrement sur CDs de l'intégralité de son répertoire de musique classique algérienne.

Sid Ahmed Serri a été le premier artiste lyrique à recevoir, en avril 1992, les insignes de l'Ordre du Mérite National.

le 22 juin 2007, à l'initiative de ses anciens élèves, Farid Bensara, chef d'orchestre de l'ensemble "El Mawsilli" de Paris et Saâd Eddine El ANDALOUSSI, Cheikh Sid Ahmed SERRI a reçu un grand hommage à la Sorbonne.


 

Discographie

  • 1955 : Enregistrement de deux disques 78 tours chez "Pacific"
  • 1959 : Enregistrement de quatre disques 45 tours chez "Teppaz"
  • 1997 : Sortie du premier disque compact CD

Après 1997 :

  • Deuxième CD édité et commercialisé en France (non distribué en Algérie en l'absence d'un distributeur)
  • Cinq CDs dans le genre "Aroubi"
  • Un CD dans le mode "Rhaoui"
  • Un CD de la nouba "Raml El Maya"
  • Quarante-cinq CDs de l'intégralité de son répertoire enregistré dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine musical classique algérien.

 

Notes et références de l'article

  1. ↑ Son grand-père était moqadem de la confrérie des Aïssâwa.
  2. ↑ Conscients de la situation dramatique que vivait la musique classique algérienne, des amoureux de cet art, arabes et juifs confondus, ont fondé en 1927 l’association El Mossilia. 

Liens internet

Sid Ahmed Serri

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Rédigé par Mario Scolas

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Publié le 26 Décembre 2007


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Mahieddine Bachtarzi  (en arabe : محيى الدين بشطارزي) - (né à Alger le 15 décembre 1897 - décèdé à Alger le 6 février 1986). Il fut un des principaux artisans du théâtre algérien. Il fut aussi chanteur d'opéra (ténor), acteur de cinéma, comédien, auteur et directeur du TNA (opéra d'Alger). Surnommé Le Caruso du désert par la presse française à la suite à une réception donnée au Quai d'Orsay où il brilla en 1925  fut un chanteur, compositeur et pédagogue algérien reconnu. Il est l'auteur de quelque 400 œuvres musicales. Avec une carrière qui s'étale sur plus de 70 ans,  il demeure toujours l'interprète qui a le plus interprété à la Çan'a d'Alger. Il obtiendra de nombreuses distinctions honorifiques tout au long de sa vie. 

Biographie et évolution musicale

Mahieddine Bachtarzi poursuit des études coraniques à la Medersa libre de cheikh Ben Osman, à l’issue desquelles il devient chantre à la grande mosquée d’Alger. Il avait alors 14 ans. 

Doté d’une voix chaude et suave, il fait son entrée en scène en intégrant l’école de musique El Moutribia, où il sera nommé président, sans pour autant oublier d’assumer son rôle de Bach Hazzab. Après un périple de 12 ans de concerts , avec la troupe El Moutribia à travers l’Europe, il devient, en 1928, professeur de musique au Conservatoire municipal d’Alger. 

Il est admis en 1931, comme membre de la société des auteurs-compositeurs de musique de Paris tout et obtient, en 1926, la distinction honorifique marocaine de 5ème chevalier du Ouissam et de commandeur du mérite humain décerné par les autorités suisses pour sa contribution et le rôle qu’il a joué pour faire connaître la culture et la musique algériennes. 

Parallèlement à la musique, il s’investit dans le théâtre populaire plus accessible en recourant aux pièces composées par Allalou et Rachid Ksentini, puis dès 1931, en collaboration avec Mohamed El-Hamel, il écrit Djeha et l’usurier, une fable populaire qui séduisit vite le public et en 1932 entame sa première tournée à travers son pays.

À l’Indépendance de l'Algérie, il dirige le Conservatoire de musique d’Alger où le chanteur de Chaâbi algérois El Hachemi Guerouabi fut parmi ses brillants étudiants. 

Le ténor algérien s'est produit avec succès dans plusieurs tournées dans les milieux d'émigrés algériens en métropole. 

Le 21 mai 1992, à titre posthume, Mahieddine Bachtarzi est récompensé par la médaille de l’Ordre du mérite national. 

Il demeure l'interprète qui a le plus donné à la Çan'a d'Alger avec une immense carrière artistique qui s'est étalé pendant plus de 70 ans.

L'Association de Musique Andalouse EL-BACHTARZIA de Koléa a été fondée en 1992 en hommage au grand Maître de la musique arabo-andalouse et homme de théatre.

 

Chansons connues

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Le recueil de chansons de Mahieddine, publié en 1937, comportait les titres suivants[2] :

  • Pourquoi m'avoir reproché ?
  • Habibi L'Toua Madjache
  • H'bibi Ghab Ma Djani
  • La voix de l'Algérie
  • "El-Aachagua"
  • Taaallamou
  • Yeedjebni Essif
  • Marefnach Ach Mentriq Nakhdou
  • Littihade
  • Leila
  • Houbb Erreassa
  • Yezha Quelbi
     

Filmographie

  • 1936 : Un de la légion de Christian Jaque
  • 1937 : Sarati, le terrible de André Hugon
  • 1940 : Face au destin de Henri Fescourt
  • 1946 : Serenade for Mariam de Norbert Gernolle
  • 1947 : Kenzi de Vicky Ivernel
  • 1969 : L'Opium et le Bâton de Ahmed Rachedi
     

Bibliographie

Rachid Bencheneb, «Les mémoires de Mahieddine Bachtarzi ou vingt ans de théâtre algérien», Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, Pp : 15-20.

 

 

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Rédigé par Mario Scolas

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Publié le 10 Décembre 2007

Musique gharnati

La musique gharnati - parfois orthographié gharnâti - (mot tirant son origine arabe de la ville espagnole de Granada). Tlemcen et Grenade ont partagé des intérêts communs et établi des alliances : les dynasties nasride de Grenade et zianide de Tlemcen se sont liées contre la couronne d'Aragon et la dynastie mérinide, toutes deux précédemment alliées aux Nasrides, au xiiie siècle. Tlemcen, la capitale des "ziyanide" a été de tout temps réputée pour son grand rayonnement culturel. Le gharnati est typiquement algérien. Au maroc l'andalou s'appelle el "ala  et il est différent de l'andalou algérien aussi bien par sa structure que par ses modes musicaux.

Gharnati signifie littéralement "extase grenadine" est un genre musical originaire de la Ville de Tlemcen et qui constitue également le mode musical le plus usité dans la ville marocaine d'Oujda au Maroc, où il reste omniprésent et où s'organisent notamment chaque mois de juin le Festival International de la musique Gharnati qui demeure une symbiose presque millénaire entre divers apports arabo-hispaniques de l'Andalousie.

La musique arabo-andalouse a été amenée au Maroc après la chute des arabes en Andalousie. Elle s'est implanté principalement à Fès, Tétouan, Rabat et Oujda. On l'appelle soit "fassiya" (originaire de Fès) soit "tetouanniyya" (originaire de Tétouan).

A Rabat et Oujda a surtout été développé un style dit  "Gharnati", en hommage à la ville de Grenade, dernier bastion de la présence arabe en Andalousie .

Véritable art musical, il a été conservé principalement à Tlemcen en Algérie et à Oujda, (proche de la frontière algérienne). Il s'est influencé de la musique turque sous l'empire Ottoman dont l'influence est sensible au niveau de l'interprétation vocale et instrumentale.

Gharnati est le terme sous lequel on désigne notamment au Maroc la musique arabo-andalouse, forme la base principale du répertoire incluant en plus d'autres formes musicales marocaines arabe et judéo-arabes. 

C'est un algérien qui a fondé une école de "gharnati" à Oujda (Maroc) au début du vingtième siècle mais aujourd'hui les marocains veulent se l'approprier. Les plus grands poètes tlemceniens du hawzi, ont pour noms Saïd el Mendassi (décédé vers 1737 à Sijilmassa au Maroc, où il est enterré), Ahmed Bentriki (surnommé Ben Zengliet qui fut banni de Tlemcen pour émigrer dans la ville d'Oujda au Maroc), Mohamed Benmsaïb, Mohamed Bensahla et son fils Boumediène Bensahla.

Répartition géographique

Ces musiques se sont répandues sur une partie du Maroc suite à des déplacements de populations judéo-marocaines et à l’installation d’Algériens au Maroc au début du XXe siècle.

Les Marocains désignent indistinctement par le qualificatif de « gharnati », la musique pratiquée à Tanger, à Tétouan comme dans certaines communautés juives du Maroc. Cette musique s'inscrit dans la mouvance des écoles algériennes, qu'elles soient d'obédience tlemcénienne (Sami el Maghribi) ou Algéroise (Ahmed Pirou).

Des noubat andalouses y sont recueillies par le Tétouanais Mohammed El Haïk et publiées en 1800 (Daniel Eisenberg, « La musique andalouse marocaine », Journal of Hispanic Philology, n°12, 1988, pp. 181-189).

Dans son ouvrage Juifs d'Andalousie et du Maghreb, Haïm Zafrani précise avoir mis la main sur une copie de ce répertoire écrit en 1786 et recopiés par des Juifs marocains (Haïm Zafrani, Juifs d'Andalousie et du Maghreb, éd. Maisonneuve et Larose, Paris, 2002, p. 138) ; il en est de même pour un rarissime répertoire de chansons maures de Grenade et Cordoue imprimé en 1886-1887. Dans ce même ouvrage, il met en lumière le rôle joué par les Juifs dans la préservation de ce patrimoine :

« Au Maghreb, et plus particulièrement au Maroc, les populations musulmanes et juives ont pieusement conservé la musique hispano-arabe [...] En Espagne comme au Maroc, les Juifs ont été les ardents mainteneurs de la musique andalouse et les gardiens zélés de ses vieilles traditions. »(Haïm Zafrani, op. cit., pp. 138-139)

 

Caractéristiques et thèmes

Les thèmes du Gharnati se base généralement sur les amours contrariées ou sublimées et s'appuie sur une série de "Noubas" chacune d'elles se divise en cinq mesures distinctes (mizan), (rythmes). Ces rythmes se succèdent dans l'ordre suivant: Mssadar, Btayhi, Darj, Insiraf et Makhlas. La Nouba est aussi un mode dont douze préservées en l'état et quatre inachevées. 

Les formations qui exécutent la Nouba est composé d'un petit nombre de musiciens qui sont à la fois des instrumentistes et des chanteurs. Toutefois, malgré les influences ottomanes la mélodie de base conserve l'esprit des origines. Cette musique ramenée d'Andalousie par les arabes a réussi à garder son caractère ancestral et sa richesse musicale est agrémentée par des textes chantés qui figurent parmi les plus belles pages de poésie arabo-musulmane d'Andalousie Les thèmes abordés, ils ne sont autres que ceux chantés par la poésie arabe classique qui loue les vertus de l'amour et du don divin.

Le mixage de la poésie inscrite dans le contexte de la  musique gharnati s'appelle hawzi qui est connu dans le Maroc oriental et à Tlemcen d'où le style provient.

Le répertoire de cette musique comprend également quelques pièces plus brèves que les noubas. Dans ces régions, on joue donc les noubas algériennes, soit 16 suites dont quatre inachevées.

Instrumentation

Ce style est caractérisé par la prépondérance des instruments à cordes pincées : on y rencontre la mandoline et parfois le banjo (au Maroc). En Algérie, on ne joue du banjo que dans les orchestres de musique populaire comme le hawzi, l'âroubi et le chaâbi.

Le chant à l'unisson se partage entre un soliste et les choristes-instrumentistes, la musique se jouant au rebab, des violons et altos, violoncelle, des ouds, le piano et des percussions. Le chant exécuté est parfois enrichi par des ornements vocaux.

Musiciens célèbres

 

Liens internet

 

Voir aussi

 

Gharnati is a version of the Andalusian musical style, thought to have originated in Granada, Spain, and developed after 1492 in Algeria. Unlike the more typical Moroccan style of Andalusian music, gharnati uses a small ensemble and emphasizes solo singing. The style, specific to the cities of Rabat and Oujda, was brought to Morocco by Algerians from Tlemcen and Algiers, fleeing French colonial rule.

The repertoire of gharnati is organized in suite form, a series of vocal and instrumental pieces that follow one another according to a specific order (nûba). A complete nûba consists of a measured orchestral overture (tushia) that establishes the mode; an instrumental interlude with a lively rhythm performed at the beginning of each vocal piece (kûrsi)a first vocal piece performed by a soloist in a slow 2/4 or 4/4 rhythm (msaddar); an unmeasured instrumental and vocal solo performance (istikhbar); a second vocal piece employing the same 2/4 or 4/4 rhythm (btayhi); a third vocal performance in a faster version of the same rhythm (darj); a fourth vocal piece in a 10/8 or 5/8 rhythm (insirâf); and a final vocal performance sang in unison by the ensemble over a fast 6/8 rhythm (makhlas).

 

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Rédigé par Mario Scolas

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