musiques algeriennes

Publié le 14 Janvier 2008

Je suis analphabète, j'ai grandi orpheline. Mes parents sont morts peu avant la guerre, avant que les Américains ne viennent. On buvait le café avec du sirop, on grillait le grain du blé pour remplacer le café pendant la guerre. On s'habillait avec des couvertures. C'était l'époque des bons d'approvisionnement. Le louis d'or coûtait dix francs, on tapait aux portes pour vous en proposer. Quand la sirène sonnait, on fuyait dans les vignes, dans les trous. J'étais jeune, orpheline et sans foyer. J'étais perdue. Je dormais chez des gens qui m'employaient à l'occasion ; chez un capitaine, un Français, une Française, j'aidais au ménage, contre un peu de sous, des habits, en endroit où dormir. J'allais par-ci, par là. Quand il n'y avait plus de surveillance, on s'enfuyait. Je rencontrais des cortèges de mariage, j'entrais avec eux, je mangeais, buvais et m'amusais. Je devenais un peu folle, je voulais chanter. J'étais protégée ainsi. Je suivais le hamdaoua aïssaoua. Je jouais avec eux du bendir, pour les fêtes religieuses, les mariages. Ils me donnaient un peu d'argent.

Arborant diadèmes de perles et mains teintées au henné, elle  reste la chanteuse la plus prolifique et la plus créatrice du genre avec plus de 400 cassettes produites, 300 disques 45 tours, et 25 albums produits depuis 1954. Porte-parole des femmes du Maghreb, considérée par nombre de musiciens comme la mère du raï, elle a chanté l'amour, l'amitié le deuil, la guerre, l'alcoolisme, l'émigration, la révolte...et évoqué dans ses textes les thèmes des souffrances de son peuple. Étudiée dans tous les coins du monde ses anciennes chansons sont revisitées par les « raïmens » actuels et ses succès sont remixés par d'innombrables DJ sans réels talents.

Cheikha Rimitti الشيخة الرميتي (née Saidia Rimitti le 8 mai 1923 à Tessala, près de Sidi-Bel-Abbès en Algérie - décédée 15 mai 2006 à Paris) fut une chanteuse considérée comme la mère spirituelle du style raï tout style et génération et sexes confondus. Toujours copiée par les jeunes génération comme Khaled, Zahaounia, sans son autorisation, Cheikha Rémitti demeure cependant jamais inégalée !
Cheikha Rimitti الشيخة الرميتي (née Saidia Rimitti le 8 mai 1923 à Tessala, près de Sidi-Bel-Abbès en Algérie - décédée 15 mai 2006 à Paris) fut une chanteuse considérée comme la mère spirituelle du style raï tout style et génération et sexes confondus. Toujours copiée par les jeunes génération comme Khaled, Zahaounia, sans son autorisation, Cheikha Rémitti demeure cependant jamais inégalée !

Cheikha Rimitti الشيخة الرميتي (née Saidia Rimitti le 8 mai 1923 à Tessala, près de Sidi-Bel-Abbès en Algérie - décédée 15 mai 2006 à Paris) fut une chanteuse considérée comme la mère spirituelle du style raï tout style et génération et sexes confondus. Toujours copiée par les jeunes génération comme Khaled, Zahaounia, sans son autorisation, Cheikha Rémitti demeure cependant jamais inégalée !

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Biographie

D'origine modeste et paysanne, Saidia vécut dans la culture du chant rural. Orpheline trop tôt, élevée et exploitée par des "patrons" qu'elle a quittés à l'adolescence pour suivre une troupe de musiciens bédouins, la jeune Saidia connait la misère avant de se lancer dans les années 40 dans la chanson, à Relizane, Oran et ensuite Alger.

Cheikha Rimitti a posé les premiers jalons thématiques du raï n’a pas eu l’itinéraire d’un enfant gâté. Ce n’est que bien plus tard qu’elle intègre une troupe de musiciens avant de s’imposer comme la mamie la plus inspirée du raï.

A Oran, elle est associée à la naissance du raï, musique d'origine bédouine, utilisée par les femmes. Après l'indépendance, ses chansons lui valent d'être censurée par le régime du FLN. Rimitti provoqua à la fois en effet le FLN censeur et l'islam strict. Chantant l'amour, la femme, les excès de alcool, les corps emmêlés… et présidant à des fêtes arrosées à la bière, elle a très vite été boudée par l'Algérie officielle.

Dès la fin des années 40, sa lancinante voix androgyne est remarquée lors des fêtes du marabout Sidi Abed prolongées par des concerts.

Cheikha enregistre en 1952 "Cheikha Remettez Reliziana" qui est le titre de son premier album et qui inclue "Er-Raï Er-Raï".

Elle gagne son surnom au début des années 50 dans les bars où elle ordonnait au patron d'offrir la tournée aux clients : "Remettez, remettez ! remettez moi une tournée !  "rimitti", avec l'accent du pays.

Elle s'attire une réputation sulfureuse dès son premier succès, en 1954, avec "Charrak gatta", évocation à peine voilée du dépucelage dans lequel certains voient une attaque contre le tabou de la virginité[1].

Sur le plan de la diffusion, Rimitti, se fait connaître grâce à une émission de dédicaces présentée par Mériem Abed sur Radio-Paris captée en Algérie. Les fan de Rimitti, notamment dans les milieux ruraux, attendent avec impatience les vendredis soir, le magnétophone prêt pour l'enregistrement.

Saidia s'établit à Paris en 1979, où elle anime les soirées dans des cafés communautaires. Bien que mise à l'écart par les siens, elle devient peu à peu l'ambassadrice internationale du raï et atteint même un nouveau public à la fin des années 90.

Cheikha Rimitti fut récompensée par le Grand Prix du Disque 2000 de l'Académie Charles Cros.

Après « Nouar en 2002, à plus de quatre-vingt ans et sa voix aux étonnants accents mâles toujours aussi puissante, elle revient avec son dernier 'album en 2005 intitulé N'Ta Goudami (littéralement, "toi, face à moi") sorti chez Because Music, associant les bases traditionnelles du raï à des sonorités plus modernes qui fusionne des harmonies arabo-andalouses de la musique châabi, des paroles crues et improvisées de cette sorte de blues algérien et les rythmiques complexes et envoûtantes des gnawa africains du désert du Sud-Maghreb.

Cheikha Rimitti s'est éteinte d'un arrêt cardiaque à son domicile, à 83 ans le 15 mai 2006, deux jours après son concert au Zénith (Paris) où la diva chantait avec les "chebs", notamment Khaled. Elle venait d'enregistrer Nrohou nzorou avec le jeune Cheb Najim qui a été programmé dans plusieurs festivals l'été suivant. Ses 4 enfants vivent en Algérie.

Albums

  • Sidi Mansour (1994)
  • Ghir al Baroud (1996)
  • Cheika (1996)
  • Trab Music (2000)
  • Nouar (2000)
  • L'etoile du Rai (2001)
  • Live European Tour 2000 (2001)
  • Salam Maghreb (2001)
  • N'ta Goudami (2006) 

Cheikha Rimitti - C'est fini, j'en ai marre

Cheikha Rimitti, porte parole des femmes du Maghreb !

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Rédigé par Mario Scolas

Publié dans #Raï, #Musiques algériennes, #Cheikha Rimitti, #N'ta Goudami

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Publié le 26 Décembre 2007


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Mahieddine Bachtarzi  (en arabe : محيى الدين بشطارزي) - (né à Alger le 15 décembre 1897 - décèdé à Alger le 6 février 1986). Il fut un des principaux artisans du théâtre algérien. Il fut aussi chanteur d'opéra (ténor), acteur de cinéma, comédien, auteur et directeur du TNA (opéra d'Alger). Surnommé Le Caruso du désert par la presse française à la suite à une réception donnée au Quai d'Orsay où il brilla en 1925  fut un chanteur, compositeur et pédagogue algérien reconnu. Il est l'auteur de quelque 400 œuvres musicales. Avec une carrière qui s'étale sur plus de 70 ans,  il demeure toujours l'interprète qui a le plus interprété à la Çan'a d'Alger. Il obtiendra de nombreuses distinctions honorifiques tout au long de sa vie. 

Biographie et évolution musicale

Mahieddine Bachtarzi poursuit des études coraniques à la Medersa libre de cheikh Ben Osman, à l’issue desquelles il devient chantre à la grande mosquée d’Alger. Il avait alors 14 ans. 

Doté d’une voix chaude et suave, il fait son entrée en scène en intégrant l’école de musique El Moutribia, où il sera nommé président, sans pour autant oublier d’assumer son rôle de Bach Hazzab. Après un périple de 12 ans de concerts , avec la troupe El Moutribia à travers l’Europe, il devient, en 1928, professeur de musique au Conservatoire municipal d’Alger. 

Il est admis en 1931, comme membre de la société des auteurs-compositeurs de musique de Paris tout et obtient, en 1926, la distinction honorifique marocaine de 5ème chevalier du Ouissam et de commandeur du mérite humain décerné par les autorités suisses pour sa contribution et le rôle qu’il a joué pour faire connaître la culture et la musique algériennes. 

Parallèlement à la musique, il s’investit dans le théâtre populaire plus accessible en recourant aux pièces composées par Allalou et Rachid Ksentini, puis dès 1931, en collaboration avec Mohamed El-Hamel, il écrit Djeha et l’usurier, une fable populaire qui séduisit vite le public et en 1932 entame sa première tournée à travers son pays.

À l’Indépendance de l'Algérie, il dirige le Conservatoire de musique d’Alger où le chanteur de Chaâbi algérois El Hachemi Guerouabi fut parmi ses brillants étudiants. 

Le ténor algérien s'est produit avec succès dans plusieurs tournées dans les milieux d'émigrés algériens en métropole. 

Le 21 mai 1992, à titre posthume, Mahieddine Bachtarzi est récompensé par la médaille de l’Ordre du mérite national. 

Il demeure l'interprète qui a le plus donné à la Çan'a d'Alger avec une immense carrière artistique qui s'est étalé pendant plus de 70 ans.

L'Association de Musique Andalouse EL-BACHTARZIA de Koléa a été fondée en 1992 en hommage au grand Maître de la musique arabo-andalouse et homme de théatre.

 

Chansons connues

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Le recueil de chansons de Mahieddine, publié en 1937, comportait les titres suivants[2] :

  • Pourquoi m'avoir reproché ?
  • Habibi L'Toua Madjache
  • H'bibi Ghab Ma Djani
  • La voix de l'Algérie
  • "El-Aachagua"
  • Taaallamou
  • Yeedjebni Essif
  • Marefnach Ach Mentriq Nakhdou
  • Littihade
  • Leila
  • Houbb Erreassa
  • Yezha Quelbi
     

Filmographie

  • 1936 : Un de la légion de Christian Jaque
  • 1937 : Sarati, le terrible de André Hugon
  • 1940 : Face au destin de Henri Fescourt
  • 1946 : Serenade for Mariam de Norbert Gernolle
  • 1947 : Kenzi de Vicky Ivernel
  • 1969 : L'Opium et le Bâton de Ahmed Rachedi
     

Bibliographie

Rachid Bencheneb, «Les mémoires de Mahieddine Bachtarzi ou vingt ans de théâtre algérien», Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, Pp : 15-20.

 

 

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Rédigé par Mario Scolas

Publié dans #Musique arabo-andalouse, #Mahieddine Bachtarzi, #Musiques algériennes

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Publié le 19 Décembre 2007

El Hachemi Guerouabi, maître du chaâbi Algérien

El Hachemi Guerouabi (né le 6 janvier 1938 à El Madania quartier de La Redoute - Alger et décédé le 17 juillet 2006 à Zeralda - Alger) est un chanteur, musicien et compositeur de chaâbi algérien. Il demeure pour beaucoup de chanteurs algériens pour toutes les nouvelles génération  qui reprennent ses œuvres. Il interprétait ses propres compositions et des "standards" du répertoire traditionnel du malhoun marocain, du chant classique (gharnati) ou populaire (hawzi) de Tlemcen.

Biographie et évolution musicale

Il grandit dans le quartier populaire de Belouizdad (Belcourt). Passionné de football, il joue sa dernière saison en 1951-52, sous les couleurs de la Redoute AC en tant qu’ailier droit. Mais déjà il s’intéresse particulièrement à la musique au début des année 1950. Ses références musicales sont El-Anka, M’rizek ou Zerbout.

Guerouabi sera également élève de Mahieddine Bachtarzi qui lui permettra de rejoindre l’Opéra d’Alger "El Arbi" entre 1953 et 1954, où il obtient deux prix, en 1953 et 1954, où il chante notamment Magrounet Lehwahjeb. Ensuite, il a côtoyé le grand parolier-musicien, Mahboub Bati, qui l’a encouragé par ses orientations musicales.

A l’Indépendance, face à l’invasion des chansons occidentales et orientales égyptiennes, il fallait trouver une place pour un genre algérien et le chaâbi s’est tout naturellement détaché comme genre algérien par excellence. Guerouabi fera la joie des mélomanes algériens avec El Barah (hier), chantant la jeunesse perdue. Ou encore "el werqa" (la feuille de papier) chanson d'amour et de nostalgie, mais ces succès sont à classer dans le style variété.

En 1978,  après la disparition de El hadj M'hamed El Anka, maître incontesté du chaâbi durant cinquante ans, les regards se tournent vers El Hachemi Guerouabi. Il suivra alors ce chemin tout tracé en s’imposant comme novateur après s’être rendu célèbre avec la chanson de variété. Guerouabi se rendra célèbre avec les poèmes chaabis célèbres comme «youm el djemaâ » (jour de vendredi) ou « Laachiq, Aouicha ou el Harraz » (l’amoureux, Aouicha et le magicien).

Gravement atteint d'un cancer, il décède le 17 juillet 2006 et est enterré dans le cimetière du quartier qui l'a vu naître.

 


Aujourd'hui m'est apparu un ange de beauté - Auteur: Mohamed Ben Sahla (Tlemcen 18ème siècle) - Interprète: El Hachemi Guerouabi

 

sur le mode Istikhbâr
Honte à toi qui m'es devenu hostile sans raison.
Tu ne connaîtras jamais, être charmant, une créature comme moi.
Tu étais mon bien-aimé, la source de mes souffrances,
[et pourtant] je t'adorais nuit et jour.
Voilà que les envieux nous ont séparés et que tu as cessé tes visites.
Je ne trouve ni goût à la vie, ni douceur au sommeil.
Je t'en supplie, être charmant, vends-moi et perçois-en le prix.


refrain
Aujourd'hui m'est apparu un ange de beauté, errant sur un chemin.
Il courait dans le désert, d'un air décidé,
les bédouins l'ont pris pour un criminel.
S'il me fallait verser une rançon ou son prix,
je donnerais cent pièces d'or.
Aujourd'hui m'est apparu un ange de beauté,
ô vous qui m'écoutez, il m'a tourmenté.
J'offrirais cent pièces d'or
et ce serait tellement dérisoire pour l'acquérir .
Je le contemple, contemple ses yeux et ne résiste pas à chanter [sa beauté]


Il incarne [pour moi] toute la beauté du monde.
vous qui m'écoutez, il m'a ravi le cœur .
Aujourd'hui m'est apparu un ange de beauté,
vous qui m'écoutez, il m'a ravi le cœur .


refrain
Il incarne [pour moi] toute la beauté du monde

Et - il s'est établi dans les vallées.
Il possède la perfection dans la splendeur et l'élégance,
sa flamme couve en mon sein.
Ses sourcils infligent une vive blessure. Je l'ai ressentie, j'en fus atteint.
Aujourd'hui m'est apparu un ange de beauté,
vous qui m'écoutez, j'en ai le cœur chaviré.


refrain
Viens voir ce que j'ai enduré :
j'ai dépéri pour l'amour de cet ange de beauté.
Je l'ai rencontré sur mon chemin :
il m'a fait perdre la raison puis abandonné.



Qui s'apitoiera sur moi si je pleure ? Qui s'intéressera à moi si je ris ?
Aujourd'hui m'est apparu un ange de beauté,
ô vous qui m'écoutez, il m'a tourmenté.


refrain
Que faire ? Comment m'y prendre?
Je suis embarrassé pour décrire cet ange de beauté.
Sa beauté et sa splendeur sont si grandes
qu'elles défient toute description.


Sa chevelure fine comme l'or,
douce comme la soie est d'un noir d'ébène.
Aujourd'hui m'est apparu un ange de beauté,
oh vous qui m'écoutez, il m'a tourmenté.


refrain
Il est d'or, de noir, de toutes les couleurs, et il a un regard si envoûtant.
Son cou est pareil à un rameau de saule ou une tige de lys.
Sa bouche, semblable à une agate ou une perle [précieuse ]
pailletées d'or et de corail.


refrain
Puisse s'éteindre le feu qui brûle mes entrailles .
A vous qui comprenez ces vers,
j'ai affronté une mer déchaînée, en corsaire.
J'implore Dieu, le Clément, de me pardonner mon insoumission à Lui.

 

Discographie

  • Le Chaabi des Maîtres (1994)
  • Salem Maghreb (2001)
  • Le grand Maître du chaabi rend hommage au pays (2002)
 

Voir aussi

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Rédigé par Mario Scolas

Publié dans #Musiques algériennes, #El Hachemi Guerouabi, #chaâbi

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