musiques marocaines

Publié le 14 Mai 2008

L'héritage de la chanson judéo-marocaine : Cheikh Mouizo

Les juifs étaient intégrés au tissu culturel du Maroc rural, ils avaient des coutumes communes avec leurs voisins musulmans : l'habillement, la nourriture, la « vénération de saints hommes et, à l'occasion, de saintes femmes, ainsi que les rythmes et les modes de la vie quotidienne. Les liens sociaux et économiques entre les juifs et les musulmans dans les régions de culture berbère étaient très étroits, bien que chaque groupe ait aussi gardé des traits culturels distincts et des limites religieuses très strictes. Alors que dans toutes ces régions les juifs parlaient « berbère, car d'aussi loin que les gens se souviennent, ils parlaient l'arabe « vernaculaire (avec des tournures spécifiquement juives) dans la plupart des mellahs, comme leur langue maternelle. Ils écrivaient en judéo-arabe, employant « des caractères hébraïques pour transcrire leur parler marocain. Bien que la nourriture consommée par les juifs ressemblât beaucoup à celle des musulmans, leurs lois alimentaires leur interdisaient de consommer des repas préparés dans « des maisons non juives. Par ailleurs, ils pouvaient manger des œufs, des olives, du « miel, de l'huile ou des produits laitiers chez leurs voisins. Alors que les costumes des juifs et des musulmans paraissaient très semblables, un examen approfondi « révélait presque toujours des signes distinctifs chez les juifs, qu'il s'agisse de la « couleur du vêtement du dessus ou bien de la sorte de coiffe portée par les femmes « et par les hommes. La loi islamique stipulait que les dhimmis devaient porter un vêtement les distinguant des musulmans (et leur interdisait par exemple le port d'un turban), mais dans le pays berbère, les traits distinctifs permettant de reconnaître les juifs relevaient davantage de la coutume que de l'exigence légale   (Daniel Schroeter).

Qui pourrais me donner le titre et un élément historique de cette belle chanson nostalgique ? Je sais d'emblée que mon ami  Rachid me racontera un peu l'histoire de cette chanson marocaine. Elle me fait fortement pensé à  Houcine Slaoui.. Mais elle ne lui est pas attribuée ! Et bien entendu le détective Rachid a trouvé l'auteur : Il s'agit de cheikh Mwijo et il me signale que l'album s'intitule  Arousiath

 
Les musiques judéo-arabes sont souvent des dérivés populaires de la nouba, commencent souvent de la même façon : en longues vocalises à la nostalgie poignante sur fond de très légères cordes et percussions. Puis le tout s'emballe en une formidable d'arabesques ornementées aux voix de miel. Parmi les voix que j'ai retenu citons Mouzino, cheikh Zouzou, Blond Blond, Sami el Maghribi, Salim Hallali, Raoul Jouno parmi les hommes. Leïla Sfez, Habbiba Msika, Louisa Tounsia, Saliha, parmi les femmes.
 
La musique judéo-andalouse a non seulement enrichi le judaïsme marocain dans sa particularité, mais a également contribué à l'essor des valeurs substantielles de la culture marocaine.
Ceci est visiblement présent au coeur de la musique andalouse dans toute l'étendue de son répertoire. Pour cela, le Festival de musique judéo-andalouse a été créé. A travers deux soirées organisées lundi 7 et mardi 8 janvier 2008 à Casablanca, cet événement a bel et bien témoigné de la richesse de cette musique. Animées par l'étonnant Kinor David, orchestre de musique séfarade, ces deux soirées ont été riches en intonations. Que de grands noms y ont participé: de Micelle Abbitan au grand Orchestre gharnati d'Oujda, en passant par les élégantes formations andalouses de Mohamed Alami et de Azzedine Benkirane. (Maroc, deux passions, une mémoire)

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Mario Scolas

Publié dans #Musiques marocaines

Repost0

Publié le 17 Février 2008

Driss El Maloumi (né le 25 mai 1970, à Agadir au Maroc), est un oudiste marocain réputé pur sa virtuosité et son talent. Surnommé , l’ «enchanteur du oud», il figure parmi les meilleurs joueurs de Oud de sa génération. Sa culture musicale et littéraire, alliée à une rare maîtrise instrumentale, lui permet d’aborder différents styles musicaux. Il est probablement l'un des oudistes les plus sollicités de sa génération pour son jeu à la technique affirmée et délicate empreint de  profondeur qui caractérise cet instrument de musique majeur de la musique arabo-andalouse.


Biographie et évolution musicale

Après une enfance sans soucis, il obtient en 1993 un master en littérature arabe à l'Université Ibnou Zohr d'Agadir et présente un mémoire de fin d'études sur une approche philosophique de la musique ayant trait à la forme et au fond dans le discours artistique. A côté de cela, il reçoit une très solide formation musicale classique arabe et occidentale. Il est récompensé successivement par le Premier Prix du Oud, le Premier Prix de Perfectionnement et le Prix d'Honneur à l'Examen National du Oud du Conservatoire National de Musique de Rabat en 1992, 1993 et 1994.

 

Talentueux et nourri de l'écoute et de la tradition des grands maîtres de musique, il explore de nouveaux genres musicaux où la rencontre instrumentale et l'immersion dans des genres nouveaux, tels que la musique baroque et le jazz notamment, donnent naissance à une musique puissamment évocatrice, ouverte, délicate et surprenante qui éveille la sensibilité et la spiritualité de l'auditeur.

Multipliant les compositions en solo, en duo avec percussions ou trio (Percussions et Guembri ou Ney), Driss El Maloumi sait puiser dans la profondeur de l'âme soufie mais aussi dans tous les genres de la tradition orientale pour créer une couleur musicale où s'exprime aussi sa culture berbère.

 

Driss El Maloumi croise le chemin d' artistes internationaux, tels que Jordi Savall et son ensemble Hesperion XXI (Espagne), Pierre Hamon (France), Keyvan Chemirani (fils de Djamchid Chemirani) (Iran), Françoise AtlanOmar Bachir (Iraq), Carlo Rizzo (Italie), et Alla (Algérie) en musique ancienne, traditionnelle ou classique ainsi que le trompettiste de jazz Paolo Fresu (Italie), Claude Tchamitchian (Arménie), Alban DarcheXavi Maureta (Espagne). (France), (France),

 

Driss El Maloumi est associé à la composition musicale pour des spectacles tels que Isabel « I » (direction musicale : Jordi Saval), L'Amour Sorcier de Manuel de Falla (réalisation : Antoine Bourseiller), Caravane de Lune (Direction musicale : Gerard Kurdjian) et Oiseau de Lune (réalisation : Antoine Bourseiller).

 

Il a joué aux côtés de grands poètes tels que Abdelatif Lâabi (Maroc) et Adonis (Syrie). Il a réalisé en 2000 l'album de jazz Tawada coécrit avec l'artiste français Alban Darche. Cet album a été distingué de 4 étoiles dans Jazzman magazine. En 2003, sa rencontre avec le trio italien Paftrio a donné naissance à l'album « Jazz aux Oudayas ». Il a également participé aux enregistrements de l'album "Noches" de la chanteuse française d'origine séfarade Françoise Atlan en 1998 qui a obtenu un "Choc" du Monde de la Musique et collaboré à plusieurs albums de l'artiste catalan Jordi Savall et son épouse la cantatrice Montserrat Figueiras.

 

Driss El Maloumi a souvent été invité a participer à de nombreux festivals au Maroc, ainsi qu'en Espagne, en France, en Italie, au Portugal, en Grèce, en Jordanie en Suisse, en Autriche, aux Pays Bas, en Colombie, en Argentine et au Brésil.

 

La presse lui reconnait beaucoup de qualités artistique comme la pureté et la délicatesse de son jeu et de sa musique, le qualifiant souvent de "magicien du Oud".

 

Driss El Maloumi participe en 2008 à Musiques Métisses à Angoulême, un festival où chaque année des artistes du monde entier viennent présenter leurs concerts, et où plus de 60 000 spectateurs viennent partager l’ambiance des concerts comme du village du Festival.

 

Discographie

  • Maroc: l'âme dansée

Voir les commentaires

Rédigé par Mario Scolas

Publié dans #Musiques marocaines, #Driss El Maloumi

Repost0

Publié le 29 Janvier 2008

Tarik Lamirat est un jeune chanteur et musicien français d'origine marocaine, vivant et travaillant dans sa ville natale et à Marrakech. Il se forge une belle réputation en endossant son accordéon et associant avec brio le raï tantôt avec une couleur et un rythme hispanique tantôt une couleur latino américaine ou encore en trouvant de nouvelles inspirations au répertoire chaâbi marsaoui. Doté d'une belle présence artistique, il est l'auteur de bientôt 3 albums et figure aujourd'hui pour son public et ses amis comme l'un des espoirs pour ses apports et avoir tenté quelques expériences de personnalisation et de modernisation et de fusion de ces musiques traditionnelles à travers quelques chansons mises au goût du jour.

 

Biographie et évolution musicale

Il est tombé amoureux de l'accordéon en écoutant les premières cassettes de Cheb Khaled, Bellemou ainsi que l'accordéon égyptien chez Oum Kalsoum par exemple, qui pour lui est le meilleur jeu d'accordéon oriental qu'il connaissait.

Adolescent, Tarik enregistre pour la première fois deux titres intitulés Waâlache et El Aâyne dans une compilation intitulée "XY Patrimoine génésique" avec le concours de la mairie de Nice.

Dima dima (en arabe "toujours") est le titre du premier album enregistré en 2002 grâce au soutien du ministère de la jeunesse et des sports. Complex Explanations est le titre d'une chanson d'une grande maturité qui trouve un rythme particulièrement original dans le raï. Written In Red, se base sur une instrumentation assez rétro aux accents latins.
Par ailleurs, la représentation en musique lui est très familière et fait partie d'un groupe d'amis qui animent de nombreuses fêtes familiales traditionnelles et se produit surtout lors de concerts, comme aux Musicales de Bastia.

Co-fondateur du groupe Zoubir Wa Tarik, il débute sur la scène du théâtre Lino Ventura[1] en septembre 1994. Il est programmé pour de nombreuses premières parties parmi lesquelles le chanteur de variété raï Faudel, la chanteuse populaire algérienne Souad Massi (Cannes La Bocca Théâtre de la Licorne), le mythique Nass El Ghiwane, ceux que Martin Scorsese a appelé "Les Rolling Stones de l'Afrique" ou encore avec le trio Ekova qui présente une musique du monde aux influences moyen-orientales, maghrébines et celtiques confinées. 

Le titre de son second album est un mot en darija magrébine signifiant “Mektab” (en français destin, mektoub en arabe) qui compose onze titres variés dans un style orientalo-latino qui est édité en 2007.

On y trouve également le clip vidéo de son titre”Mektab” réalisé par Raymond Roels dans un style très entraînant de flamenco dans un décors très feutré et intimiste. Figure surtout dans cet album une reprise dans une version très originale d’un standard français de la “La Foule” d' Édith Piaf qu'il accompagne à l'accordéon[2] en la chantant en francarabe ou Hadi la vie est le titre bonus, de la même chanson à l'étonnante instrumentation mariachi. Dans “Fine m’chti” (où es-tu parti(e) ?), Tarik Lamirat interprète un chant traditionnel marocain de Jedwane, El ghira, est un titre connu qui renoue avec de la diaspora maghrébine. El B'nya oriental est une interprétation aux teintes latino[3].

 

En 2008, Tarik Lamirat achève l'enregistrement de 8 compositions originales réunies en un album offrant une base de Chaâbi, de Rai avec sonorités de salsa. La même année il fait le 15 mars 2008, la première partie de l'Orchestre National de Barbès à Nice.
En été 2008, Tarik se réconcilie davantage vers le chaâbi, en allant vers de nouvelles rencontres musicales au Maroc. Fin 2008, l'album se concrétise petit à petit avec de belles surprises.

En 2009, il participe à nos talents pour Gaza et à plusieurs festivals au Maroc.

Critiques

Présence artistique affirmée et généreuse, à l'instar d'autres artistes de sa génération, il fait dorénavant partie intégrante de la nouvelle scène musicale des musiques maghrébines ![4]

Il est un peu regrettable qu'il ne fait pas partie des artistes programmés sur des chaînes comme Beur FM dont la mission devrait revenir comme par le passé à promouvoir ceux qui ne passent pas sur NRJ ou Fun pour permettre au public d'apprécier autre chose que Puff Daddy ou Beyonce[5] [6].
Tout en conservant l'essence des compositions traditionnelles, Tarik Lamirat tend à démontrer que La musique latino-américaine et la musique maghrébines possèdent un certain nombre de traits en communs.

Albums

  • Dima dima
  • Mektab, 2007


Notes et références de l'article

  1. ↑ Ce lieux est né d’une volonté politique de créer un développement social et culturel du quartier de l’Ariane tout en proposant une salle de spectacle polyvalente pouvant accueillir les meilleurs artistes nationaux et internationaux en danse, théâtre et musique pour tous les Niçois.
  2. ↑ Notons que dans les années 30, on chantait le wahrani, en adaptant le melhoun accompagné à l’oud, mais aussi avec des instruments nouveaux comme l’accordéon, le banjo ou le piano.
  3. ↑ Délégation Départementale à la Musique et à la Danse des Alpes-Maritimes
  4. ↑ Appréciation de Mario Scolas
  5. ↑ Ces artistes ont déjà suffisamment de diffusion sur les autres émetteurs.
  6. ↑ Appréciation de Mario Scolas

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Mario Scolas

Publié dans #Tarik Lamirat, #Musiques marocaines

Repost0