Publié le 28 Août 2026
Il y a deux décennies, cette aventure éditoriale trouvait ses prémices sur OverBlog, en un temps où le réseau offrait encore le visage d'un espace d'expression affranchi et artisanal. Aujourd'hui, alors que l'on disserte çà et là sur un prétendu « retour en grâce » du format blog, force est d'en sourire. Pour les fidèles de la première heure de Last Night in Orient, il n'y a jamais eu de véritable exode. Tandis que nombre de créateurs s'épuisaient dans l'éphémère des flux continus ou s'étiolaient au sein d'un Facebook désormais mu en agora bruyante et surannée, nous sommes demeurés ancrés. C'est du moins le parcours de Mario Scolas.
Désormais, mes publications ne relèvent plus du simple billet d'humeur jetable : ce sont des living articles, des chantiers intellectuels permanents alimentés par une rigoureuse veille universitaire et actualisés au jour le jour. Cette exigence m'a conduit à me détacher des encyclopédies collaboratives pour me concentrer exclusivement sur mon propre ouvrage. Ce domaine, c'est à la fois ce blog et cette lettre d'information qui rassemble aujourd'hui quatre mille abonnés fidèles. Point ici d'algorithmes capricieux ni de quête obsessionnelle de viralité, mais la satisfaction pérenne d'ériger, pierre après pierre, un sanctuaire de liberté et de profondeur analytique.
D'OverBlog aux « articles vivants » : vingt ans d'un ouvrage perpétuel
Les modes se sont succédé, emportant les illusions de leur époque. L'écueil eût été de céder aux sirènes de l'instantanéité. Pourtant, la véritable puissance du blogueur réside ailleurs : dans sa faculté à synthétiser toute matière au sein d'une seule et même publication matricielle.
Sur les plateformes sociales, chaque contribution s'apparente à une bouteille jetée à la mer ; sur un blog, c'est une demeure que l'on bâtit et que l'on affine indéfiniment.
Préférer son propre domaine à l'encyclopédie : l'impératif académique
Plutôt que d'éparpiller la réflexion en une multitude de fragments caducs, je privilégie un labeur d'orfèvre : une mise en forme quotidienne de mes textes. Chaque jour, abreuvé de sources universitaires rigoureuses, je fais progresser la substance de l'écrit en temps réel, garantissant ainsi une probité scientifique et critique irréprochable.
À force de constance et de méticulosité, mes travaux ont acquis une exhaustivité telle qu'ils rivalisent aisément avec les institutions de référence. Pourtant, j'ai délibérément choisi de m'affranchir de contributions telles que Wikipédia.
L'ambition n'est plus de satisfaire aux critères d'une nomenclature universelle ni de quêter l'assentiment d'un lectorat anonyme. Il s'agit avant tout de veiller sur sa propre maison, de l'enrichir, de l'orner et d'y convier une communauté éclairée, à l'abri du tumulte numérique.
Pourquoi persévérer ?
Vingt ans plus tard, le moteur de cette écriture ne réside plus dans la tyrannie des statistiques ou la recherche de la viralité. Il procède du simple ravissement d'ouvrir son espace d'édition, de ciseler une démonstration à l'aune de travaux solides, et de jouir de la pleine souveraineté sur son œuvre, hors d'atteinte des arbitrages algorithmiques.
Le blogging ne revient pas d'entre les morts ; il patiente simplement, observant la Toile s'épuiser de ses propres turbulences.
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