politique

Publié le 16 Juillet 2026

Bien que les avis puissent diverger sur la gestion de l'espace public après une tragédie, la réaction à Bruxelles montre une sensibilité très forte. L'organisation d'un DJ set au pied d'un bâtiment marqué par un drame récent est largement perçue par la population et de nombreux observateurs comme déplacée et irrespectueuse vis-à-vis du deuil collectif.

Mario Scolas

Décérébrés cyniques sous musique de merde.  Images filmées aujourd'hui jeudi 16 juillet 2026. 
Décérébrés cyniques sous musique de merde.  Images filmées aujourd'hui jeudi 16 juillet 2026. 

Décérébrés cyniques sous musique de merde.  Images filmées aujourd'hui jeudi 16 juillet 2026. 

La question de la décence d'un tel événement au pied d'un lieu de tragédie suscite un vif débat éthique et public, particulièrement à la suite du terrible incendie survenu en juillet 2026 à la tour OXY (l'ancien Centre Monnaie) en plein cœur de Bruxelles.

​Le point de vue de l'indécence et du manque de respect

​Pour une grande partie de l'opinion publique, des collectifs citoyens et des responsables politiques, organiser un DJ set ou un événement festif à proximité immédiate d'un drame récent est jugé insensible, voire indécent.

  • Le respect du deuil et des familles : Un incendie de chantier dans une tour comme la tour OXY, qui a coûté la vie à six ouvriers piégés dans un ascenseur, est un traumatisme récent. Faire la fête au pied de ce qui est encore considéré comme une scène de drame et d'enquête est perçu comme un manque flagrant d'empathie envers les victimes et leurs familles.
  • L'incongruité du contraste : La musique forte et l'ambiance festive contrastent violemment avec la gravité de la perte de vies humaines. À Bruxelles, cette tension a d'ailleurs mené à l'annulation (ou au report) de certains événements majeurs, comme un concert surprise de la DJ Charlotte de Witte prévu à proximité de la Bourse, la Ville et les organisateurs ayant jugé d'un commun accord qu'il aurait été inapproprié de faire la fête à quelques mètres du drame.

Que cet événement ait été maintenu aujourd'hui, malgré l'émotion encore si vive, explique parfaitement la colère et la sidération des Bruxellois. C'est le type même de situation où le principe du "show must go on" et les impératifs commerciaux l'emportent sur la décence la plus élémentaire.

​Ce genre de décision provoque généralement un profond sentiment d'indignation pour plusieurs raisons :

​Ce décalage violent entre la fête et la tragédie ne fait que renforcer le sentiment d'un manque cruel d'humanité dans la gestion de l'espace urbain. La colère des gens est, dans ce contexte, on ne peut plus légitime.

Voir les commentaires

Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Place de la Monnaie, #Bruxelles, #2026, #Politique

Repost0

Publié le 28 Juin 2026

Les talibans à Bruxelles.

La venue d'une délégation de talibans à Bruxelles en juin 2026 s'est faite à l'initiative conjointe de la Commission européenne et de plusieurs États membres de l'Union européenne (co-présidée notamment avec la Suède).

​Les détails de cette visite particulièrement controversée s'articulent autour de deux acteurs clés :

  • L'invitation : La Commission européenne a initié ces discussions à la suite d'une demande formelle de près de 20 États membres de l'UE. L'objectif était d'organiser une réunion de "niveau technique" (et non politique) pour négocier les modalités d'expulsion et de renvoi des migrants afghans dont la demande d'asile a été rejetée, en ciblant en priorité les personnes condamnées pour des infractions graves ou considérées comme une menace pour la sécurité.
  • L'octroi des visas : C'est le ministère belge des Affaires étrangères (dirigé par Maxime Prévot) qui a dû délivrer les visas d'un jour nécessaires à l'entrée des cinq délégués talibans (menés par Abdul Qahar Balkhi). Le ministre belge a précisé qu'il désapprouvait cette démarche, mais qu'en tant que pays hôte des institutions européennes, la Belgique était tenue d'accorder ces visas d'un jour, strictement limités au territoire belge, après s'être assurée auprès des services de sécurité que ces individus ne présentaient pas de menace directe pour le pays. 

     

​L'Union européenne a fermement insisté sur le fait que cette rencontre technique ne constituait en aucun cas une reconnaissance officielle du régime des talibans, bien que l'événement ait suscité de vives condamnations de la part de nombreuses ONG et défenseurs des droits humains.

Voir les commentaires

Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Talibans, #Union européenne, #Bruxelles, #Afghanistan, #Politique, #Migrants, #Réfugiés

Repost0

Publié le 3 Juin 2026

Molenbeek en difficultés financières - Qu'impliquerait une fusion des communes ?

La fusion des 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale en une seule et unique entité (ou en un nombre restreint de blocs) est l'un des serpents de mer les plus célèbres de la politique belge. Qualifiée de "lasagne institutionnelle" par ses détracteurs, l'organisation actuelle fait l'objet de débats intenses.

​Une telle réforme impliquerait des bouleversements politiques, électoraux et communautaires majeurs.

​1. La redistribution du pouvoir : de 19 barons à un super-maire

​Actuellement, Bruxelles compte 19 bourgmestres dotés d'une influence politique considérable, souvent perçus comme des "barons" sur leur territoire.

  • Concentration du pouvoir : Une fusion supprimerait ces 19 postes au profit d'un seul bourgmestre pour toute la capitale (ou de quelques-uns si la fusion est partielle). Ce "Super-Bourgmestre" de Bruxelles pèserait politiquement aussi lourd, voire plus, que le Ministre-Président de la Région.
  • Le modèle des "districts" : Pour maintenir une gestion de proximité, le modèle le plus souvent évoqué est celui d'Anvers ou de Paris : transformer les anciennes communes en districts. Ces districts géreraient les compétences du quotidien (culture locale, sport, état civil), mais le vrai pouvoir politique, budgétaire et sécuritaire serait centralisé au niveau de la ville-région.

​2. Le séisme électoral et la représentation des partis

​Modifier la carte communale changerait radicalement les dynamiques de vote.

  • Fin des fiefs locaux : Certains partis ont des bastions historiques très marqués (par exemple, le PS à Molenbeek ou à la Ville de Bruxelles, le MR à Uccle ou à Etterbeek, les Engagés à Woluwe-Saint-Lambert). Une fusion globale lisserait ces votes.
  • Le poids des coalitions : Les majorités communales ne ressembleraient plus à des micro-alliances locales parfois baroques, mais s'aligneraient plus naturellement sur les blocs politiques régionaux.

​3. L'équilibre communautaire (Francophones vs Néerlandophones)

​C’est le cœur du blocage politique. Historiquement, la demande de fusion des communes est portée par les partis néerlandophones, tandis que les partis francophones y opposent une forte résistance.

  • La crainte francophone : Les francophones craignent qu'une fusion des communes n'aboutisse à une fusion complète avec la Région. Or, au niveau communal, la stricte parité linguistique n'est pas obligatoire dans les collèges (contrairement au gouvernement régional où elle est de mise). Une fusion globale risquerait de rouvrir la boîte de Pandoure des clés de répartition linguistique et de la protection des minorités.
  • L'efficacité flamande : Côté néerlandophone, on avance que la division actuelle nuit à l'efficacité de la capitale. Ils réclament une structure simplifiée pour une meilleure gestion globale (notamment en matière de mobilité et de sécurité), en garantissant la représentation flamande via le système des districts.

​4. La centralisation de la sécurité (Déjà en marche)

​La sécurité est l'argument n°1 des partisans de la fusion. Jusqu'ici, Bruxelles est divisée en 6 zones de police broad-communales, ce qui crée parfois des problèmes de coordination (la criminalité ne s'arrêtant pas aux frontières d'une commune).

Actualité : La fusion des 6 zones de police bruxelloises en une seule zone unique fait l'objet d'un bras de fer intense. Portée par le gouvernement fédéral, cette réforme a été votée, mais elle suscite la fronde des bourgmestres bruxellois (via l'association Brulocalis), qui contestent cette mesure devant la Cour constitutionnelle, y voyant une atteinte à l'autonomie locale et un gouffre budgétaire potentiel pour leurs finances.

 

​Si la fusion des polices se concrétise et se maintient, elle constituerait la première brèche politique majeure vers une centralisation totale, privant les bourgmestres de leur casquette de "chef de la police locale".

Voir les commentaires

Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Molenbeek-Saint-Jean, #Bruxelles, #Politique, #Molenbeek

Repost0