racisme

Publié le 15 Septembre 2026

​L’islamophobie est un système politique : briser l’impunité, imposer le rapport de force
​L’islamophobie est un système politique : briser l’impunité, imposer le rapport de force
​L’islamophobie est un système politique : briser l’impunité, imposer le rapport de force
​L’islamophobie est un système politique : briser l’impunité, imposer le rapport de force
​L’islamophobie est un système politique : briser l’impunité, imposer le rapport de force
​L’islamophobie est un système politique : briser l’impunité, imposer le rapport de force
​L’islamophobie est un système politique : briser l’impunité, imposer le rapport de force

​Une croix gammée et des macules haineuses répétées à deux reprises sur le frontispice de la mosquée de Schelle ne relèvent point d’une simple vilenie conjoncturelle : elles constituent un sémaphore politique adressé à une fraction entière de la population pour lui signifier son assignation au ban de la communauté des citoyens.

​Pourtant, face à ces récurrences offensives, le réflexe technocratique et médiatique s’empresse de ravaler l’événement au rang de fait divers ou de l’attribuer à la pathologie solitaire d’un désœuvré. C’est un déni délibéré. On se refuse obstinément à qualifier une agression téléguidée qui s’inscrit dans un climat de xénophobie antimusulmane méthodiquement instillé, banalisé et affranchi de toute retenue.

​La hiérarchie cynique des indignations

​Mettons en lumière cette vérité insoutenable : si ce même emblème thanatophore avait souillé tout autre lieu de culte en Belgique, la machinerie médiatico-politique se serait embrasée sans délai. Éditions en continu, manchettes obsédantes, processions ministérielles en urgence sur les lieux du drame.

​Il ne s’agit nullement de minorer les autres formes de racisme — que nous combattons avec une intransigeance absolue —, mais bien d’exiger des comptes sur ce régime permanent de l’iniquité mémorielle et protectrice. Pour quelle raison la gravité des outrages s'évanouit-elle lorsqu'elle frappe une mosquée ? Pourquoi les musulmans sont-ils contraints de quémander une sollicitude institutionnelle et de prouver sans cesse leur légitimité à être défendus ?

​Le marigot numérique : la fabrique quotidienne de la cyberhaine

​L’exploration des sections vespérales de commentaires sur les réseaux sociaux, à chaque divulgation d’une profanation, suffit à mesurer l’abîme. Ces agoras électroniques se sont muées en baromètres pestilentiels d’un corps social intoxiqué, où la vindicte s’étale désormais sans le moindre vernis hypocrite :

  • ​L’inversion spécieuse et le cynisme ricanant : on crie à la supercherie grossière, on impute aux fidèles eux-mêmes la machination de leur propre calvaire pour capter la commisération publique, ou l’on applaudit en sous-main le sacrilège.
  • ​L’exutoire du prétendu « ras-le-bol » : l’infamie est instantanément dédouanée, voire légitimée, au prétexte d’une tension sociétale dont les victimes se voient, par un tour de passe-passe idéologique, rendues seules comptables.
  • ​La déculturation et la déshumanisation ordinaires : les proses déversées réduisent des populations entières à l’état de nuisances ou d’intrus, accréditant l’idée pernicieuse que leurs sanctuaires et leurs existences possèdent une valeur ontologique inférieure.

​Et si l'on a le toupet d'objecter à ces torrents de fiel pour rappeler l'impérieuse rectitude des faits, la réplique fusionnelle ne se fait pas attendre : on est instantanément affublé des stigmates d’« islamo-gauchiste » ou de « communiste ». Brandies comme des anathèmes suprêmes par des plumitifs incapables de la moindre élévation conceptuelle, ces caricatures d'un autre âge ne visent qu'à disqualifier par l'étiquette toute parole insoumise.

​Du pré carré aux quartiers : la sédition urbaine au grand jour

​Cette haine ne se confine ni aux écrans cathodiques ni aux pierres souillées : elle s'incarne avec fracas dans de véritables expéditions punitives. Les incursions factieuses de bandes de hooligans, venues semer la terreur et cibler des quartiers populeux comme Molenbeek en marge des joutes footballistiques, en fournissent l’éclatante démonstration. Sous le couvert fallacieux de rivalités sportives, ce sont de véritables battues racistes qui se déploient en toute impunité, trahissant l’assurance avec laquelle certains groupuscules s'arrogent le droit d'infester et de mater les zones populaires.

​De la matrice idéologique aux partis de gouvernement : la complaisance des pyromanes

​L’islamophobie ne procède d’aucune génération spontanée : elle est activement nourrie par la surenchère sécuritaire et identitaire de formations politiques se revendiquant de l’arc gouvernemental — au premier rang desquelles le Mouvement Réformateur (MR) —, lesquelles rivalisent de démagogie avec les officines de l’extrême droite.

​Dès lors que le discours public érige une communauté entière en quintessence du péril, il arme virtuellement les bras de ceux qui passent à l’acte, qu’ils manient la bombe de peinture ou le gourdin. C’est cela, l’islamophobie politique :

  • ​Elle pervertit une laïcité d’émancipation en une laïcité d’exclusion destinée à corseter les libertés des seuls musulmans.
  • ​Elle frappe chaque individu de confession musulmane d'une présomption perpétuelle de culpabilité, le condamnant à faire patte blanche ad aeternam.
  • ​Elle octroie au Léviathan étatique l’onction de condamner du bout des lèvres une profanation tout en plébiscitant des dispositifs législatifs qui institutionnalisent la suspicion.
​L’impératif d’une application intransigeante de la loi Moureaux

​Face à cette impunité structurelle, nous rejetons avec dédain les incantations lénifiantes et les communiqués larmoyants. Nous exigeons des dépositaires de l’autorité publique qu’ils rompent avec leur compromission tacite en activant, avec une rigueur implacable, les instruments juridiques en vigueur, au premier chef desquels figure l’arsenal de la loi antiraciste du 30 juillet 1981 (dite loi Moureaux).

​Cet instrument, originellement forgé pour juguler le racisme et la xénophobie, ne saurait demeurer une coquille vaine face aux assauts subis par les minorités :

  • ​Poursuivre et châtier implacablement la provocation publique à la haine et à la ségrégation, y compris dans ses avatars connectés qui pullulent sur la Toile.
  • ​Incarcérer la récidive et ériger le mobile discriminatoire en circonstance aggravante incontestable pour chaque vandalisme, chaque incursion factieuse et chaque agression.
  • ​Dissoudre et frapper d’interdiction politique et judiciaire les groupuscules, les milices de supporters et les tribunes politiciennes qui normalisent l'exclusion.
​De l'indignation captive à l’érection du rapport de force

​À Schelle, à Molenbeek, à Laeken et en tout point du territoire, notre regard ne s'arrête point au seuil de la pierre profanée. Il dissèque les structures du pouvoir, les officines partisanes qui jettent l’huile sur le feu, les relais médiatiques complices et les rouages de la domination raciale.

​Notre riposte ne consistera jamais à courber l'échine ou à quémander une tolérance condescendante. Elle sera l’exacte antithèse de la soumission : consolidation de nos fronts collectifs, indéfectibilité de la solidarité organique, et construction opiniâtre d’un véritable rapport de force politique.

​Nous ne nous satisfaisons point que l’on astique les façades ou que l’on consigne nos sanctuaires sous cloche policière. Nous voulons abattre l'architecture systémique qui autorise qu'on les piétine.

​Bibliographie

  • ​DELPHY, Christine, 2001. L'Ennemi principal : Tome 2, Penser le genre. Paris : Syllepse. ISBN 978-2-913165-27-0.
  • ​FANON, Frantz, 2002 [1961]. Les Damnés de la terre. Paris : La Découverte. ISBN 978-2-7071-3642-8.
  • ​GUÉNIF-SOUILAMAS, Nacira (dir.), 2006. La République face à sa diversité : essais sur la discrimination, l'intégration et le racisme. Paris : La Découverte. ISBN 978-2-7071-4770-7.
  • ​MBEMBE, Achille, 2013. Critique de la raison nègre. Paris : La Découverte. ISBN 978-2-7071-7747-4.
  • ​SAID, Edward W., 2005 [1980]. L'Orientalisme : L'Orient créé par l'Occident. Traduit de l'anglais par Catherine Malamoud. Paris : Seuil. ISBN 978-2-02-079490-9.
​Rapports et documents institutionnels
  • ​CENTRE INTERFÉDÉRAL POUR L'ÉGALITÉ DES CHANCES (UNIA). Rapports annuels : Statistiques et signalements des discriminations en Belgique. Bruxelles : Unia. Disponible en ligne : https://www.unia.be (consulté en 2026).
  • ​COLLECTIF CONTRE L'ISLAMOPHOBIE EN BELGIQUE (CCIB). Études et rapports sur l'impact des discours politiques et sécuritaires sur les discriminations. Bruxelles : CCIB.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Islamophobie, #Racisme, #Belgique

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Publié le 14 Septembre 2026

​Déconstruire l'imposture du racisme : de la logique aux mémoires musicales

​Par Mario Scolas — Last Night in Orient

Publié le 14 septembre 2026 à 19:55

​Introduction

​Analyser le racisme exige de dépasser l'émotion pour intercepter les structures qui le fondent. Rédigé depuis la Belgique — un pays au cœur de l'Europe où les discriminations systémiques et les crispations identitaires connaissent une recrudescence notable sous l'impulsion des politiques d'austérité et des orientations sécuritaires de la coalition fédérale dite « Arizona » —, cet article prend une résonance toute particulière. Cet ancrage militant et culturel trouve d'ailleurs un écho vibrant dans des rendez-vous populaires comme ManiFiesta, la grande fête de la solidarité où s'est manifestée ce week-end toute la vitalité de cette alternative solidaire. Trop souvent réduit à de simples tensions interpersonnelles, le racisme y apparaît pour ce qu'il est : un système global de domination, soutenu par des récits politiques et des constructions historiques. De l'empreinte coloniale de l'Occident aux mythes du métissage en Amérique latine, en passant par les traumatismes du continent africain, la critique de ce phénomène réclame une rigueur absolue. Comment la logique formelle, la philosophie critique, la sociologie de la colonialité et la vitalité des mémoires musicales s'allient-elles pour démanteler cette architecture de l'exclusion ?

​I. La déconstruction par la rigueur : l'aberration de la logique formelle

​Avant d'être un rapport de force social, le racisme se présente comme un discours qui prétend à une cohérence rationnelle. C'est précisément sur le terrain de la logique formelle et de l'analyse philosophique que cette prétention s'effondre.

  • ​La faillite argumentative (le sophisme naturaliste) : Sur le plan logique, le discours raciste commet une double faute : une erreur de catégorie et un sophisme naturaliste. Il consiste à inférer des hiérarchies morales, sociales ou intellectuelles à partir de simples variations phénotypiques (biologiques). La « race » n'étant sur le plan scientifique qu'un artifice taxonomique dénué de fondement empirique, ériger cette fiction en critère de jugement rationnel constitue un non-sens argumentatif absolu.
  • ​L'éthique de la reconnaissance : Sur le plan philosophique, la logique de l'exclusion nie l'universel abstrait au profit d'un particularisme hiérarchisé. La pensée critique exige au contraire de substituer à cette domination une politique de la reconnaissance, où l'altérité n'est plus mesurée à l'aune d'une norme centrale, mais reconnue dans sa pleine souveraineté ontologique.

​II. L'anamnèse historique : l'Occident et la matrice de la « colonialité »

​L'aberration logique du racisme n'est pas née dans le vide : elle a été institutionnalisée par l'histoire matérielle et par l'expansion impériale de l'Occident.

  • ​La binarité coloniale : La modernité occidentale a structuré le monde selon une fracture hiérarchique rigide (le pôle « civilisateur » versus le pôle « colonisé »). Cette classification a permis de légitimer l'exploitation économique par la déshumanisation méthodique.
  • ​La permanence de la colonialité : Cet artifice conceptuel ne s'est pas limité aux consciences individuelles. Comme le théorisent les penseurs de la décolonialité — à l'instar d'Aníbal Quijano avec sa notion de colonialité du pouvoir, ou de Walter Mignolo et María Lugones qui étendent cette grille à la co-construction du genre, du savoir et de l'être —, la fin du colonialisme politique et formel n'a pas aboli les structures de domination. Un patron mondial de classification continue de régir l'accès aux ressources, maintenant une asymétrie globale de l'Afrique jusqu'aux diasporas.

​III. Le vernis institutionnel : le mythe du métissage en Amérique latine

​Si l'Occident a formalisé le racisme global, les États d'Amérique latine ont souvent opté pour une stratégie d'invisibilisation à travers le mythe du mestizaje (métissage).

  • ​Le sophisme de l'uniformité : En décrétant que « nous sommes tous métis », les récits nationaux officiels ont utilisé un syllogisme fallacieux : le métissage biologique a eu lieu, donc l'inégalité raciale n'existe plus. C'est ici que s'applique le théorème sociologique selon lequel une situation définie comme réelle dans ses mythes produit des effets bien réels.
  • ​Le blanchiment structurel (blanqueamiento) : Loin d'abolir les hiérarchies, ce métissage institutionnel a fonctionné comme un processus d'assimilation silencieux, valorisant implicitement les traits et les héritages euro-centrés tout en marginalisant et folklorisant les apports noirs et amérindiens.

​IV. La riposte par la praxis : les circulations musicales et la Rumba congolaise

​Face aux logiques d'exclusion politiques, aux structures systémiques et aux hégémonies occidentales, la culture et la musique n'offrent pas seulement un réconfort : elles constituent une démonstration pratique de résistance.

  • ​Le grand arc transatlantique : Les musiques afro-latines, nées du syncrétisme contraint mais créatif des diasporas, ont traversé l'Atlantique au XXe siècle pour féconder l'Afrique subsaharienne. En retour, ces sons réappropriés ont engendré des monuments artistiques majeurs, à l'instar de la Rumba congolaise (inscrite au patrimoine immatériel de l'UNESCO).
  • ​La musique comme archive vivante de la raison : Loin d'être un simple divertissement, la rumba et les expressions artistiques des Suds agissent comme de véritables archives mémorielles et des contre-pouvoirs logiques. Elles démontrent par l'acte créateur l'absurdité des frontières raciales, restituant aux peuples opprimés leur pleine dignité et prouvant que la culture est l'espace souverain où s'exerce la véritable universalité humaine.

​Conclusion

​Penser le racisme avec la rigueur qu'impose l'analyse critique — en combinant la logique formelle, la sociologie de la colonialité, l'histoire de l'Occident et l'étude des foyers de résistance transatlantique de l'Afrique à l'Amérique latine — permet de lever tous les voiles du déni. Le racisme n'est ni une fatalité naturelle ni une simple illusion psychologique : c'est un système d'exclusion intellectuellement absurde et historiquement structuré. À l'heure où les crispations politiques belges illustrent la tenace persistance de ces réflexes autoritaires, le briser exige une exigence constante de la pensée, soutenue par la force inépuisable de ces mémoires et de ces musiques. C'est précisément ce souffle d'espoir et de refus de la division qui s'est manifesté tout au long de ce week-end lors de rassemblements comme ManiFiesta, prouvant sur le terrain que cette alternative solidaire reste notre boussole la plus sûre pour réaffirmer l'indivisible humanité.

 

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

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Publié le 12 Septembre 2026

C'est des préjugés qu'il faut avoir peur, pas des réfugiés ni des étrangers
C'est des préjugés qu'il faut avoir peur, pas des réfugiés ni des étrangers

​À l'ère de la fluidité numérique, où les fils d'actualité défilent au rythme de nos sollicitations permanentes, il est devenu presque illusoire d'échapper à la marée montante du pessimisme et du rejet. Sur les réseaux sociaux, et singulièrement sur Facebook, les espaces de commentaires se métamorphosent trop souvent en exutoires où la xénophobie s'étale sans fard, nourrie par un climat anxiogène entretenu à dessein.

​Pourtant, à force de stigmatiser autrui, de voir en chaque exilé ou en chaque étranger le héraut d'une menace imminente, on dévoie fondamentalement le combat. C'est des préjugés qu'il faut avoir peur, pas des réfugiés ni des étrangers.

​Les réseaux sociaux : l'industrialisation de la peur

​Il ne sied point de faire preuve de naïveté : la haine en ligne ne procède en rien d'une fatalité spontanée. Les plateformes numériques obéissent à une grammaire marchande impitoyable, celle de l'économie de l'attention. La colère, l'indigence morale et l'effroi sont des affects viscéraux qui engendrent infiniment plus d'interactions — partages, controverses, commentaires — que ne sauraient le faire la nuance ou l'apaisement.

​En quête perpétuelle de notre disponibilité mentale, les algorithmes confinent les usagers dans des « chambres d'écho ». Dans ces espaces clos, les poncifs sur les flux migratoires se perpétuent en boucle, validés par un consensus tacite où la parole décomplexée s'auto-entretient. L'on ne cherche plus à appréhender la complexité du monde, mais à conforter ses propres angoisses. Le stéréotype s'érige alors en dogme, et la peur achève de s'installer durablement.

​Le terreau politique : quand l'institutionnel libère la parole

​Cette libération de la xénophobie virtuelle ne surgit pas du néant. Elle trouve un écho direct dans le climat politique que nous traversons en Belgique, où la surenchère sécuritaire et la mise en accusation permanente de la question migratoire tendent à banaliser le rejet. À force de faire de l'étranger la source de tous nos maux dans l'arène publique, on offre un formidable viatique à ceux qui propagent ensuite cette hostilité sur les réseaux sociaux.

​Ce discours ambiant agit comme un accélérateur de décomplexion. En transformant le débat démocratique en une opposition binaire entre « nous » et « eux », cette parole politique, souvent décomplexée, constitue précisément l'antichambre du racisme.

​Réduire l'altérité à l'épouvantail

​Le propre du préjugé réside dans son aptitude à abolir la complexité du réel. Invoquer « les étrangers » ou « les réfugiés » comme s'il s'agissait d'une masse indifférenciée, c'est effacer délibérément des millions de visages, de trajectoires intimes, de blessures indélébiles, mais aussi d'espérances.

​Derrière chaque exil, il y a des existences fracassées par les soubresauts de l'histoire, des hommes et des femmes en quête d'un répit, d'un avenir pour leur lignée, d'une terre hospitalière. Mais le racisme ordinaire s'accommode mal de la nuance ; il préfère l'abstraction. Il fabrique de toutes pièces un épouvantail destiné à rassurer une société en mal de repères. On redoute une silhouette fantasmée, un péril illusoire, oubliant que la véritable gangrène du vivre-ensemble demeure notre incapacité à toiser l'autre dans sa pleine dignité humaine.

​Déconstruire la crainte pour restaurer le lien

​La perspective heureuse, c'est qu'un préjugé porte en lui sa propre caducité : il se déconstruit. Face à la viralité délétère de la haine numérique et aux instrumentalisations politiciennes, l'antidote le plus robuste demeure l'exercice de l'esprit critique, la curiosité intellectuelle et la fréquentation de l'altérité.

​Lorsque l'on s'affranchit des écrans et des généralisations hâtives pour prêter l'oreille aux parcours singuliers, on constate que la réalité du terrain contredit en tout point les caricatures virtuelles. L'engagement associatif, l'accueil et la solidarité de proximité rappellent chaque jour que le dialogue demeure non seulement possible, mais infiniment plus fécond que le repli identitaire.

​Reprendre possession de l'espace public

​Le racisme en ligne et le rejet politique prospèrent par abdication, faute de contradictions ou par lassitude générale. Il est grand temps d'opérer un déplacement du regard. Cessons de concevoir l'altérité comme une infortune, et commençons à redouter ce que ces paniques morales infligent à notre propre humanité.

​À l'avenir, face à la récurrence des diatribes haineuses et aux discours de division, il conviendra de se remémorer une vérité essentielle : le péril ne gît point sur les chemins de l'exil, mais bien dans les consciences de ceux qui choisissent l'aversion par facilité. Faisons de nos espaces d'expression, numériques ou non, des sanctuaires où le préjugé se trouve définitivement banni.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Facebook, #Racisme, #Immigration

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