ranchera

Publié le 23 Janvier 2022

"Elle reste dans la mémoire du peuple mexicain, qui continue d'écouter ses disques et d'apprécier sa façon d'interpréter la musique", a déclaré le cinéaste français Jean-Michel Lacor , qui a produit le film Ripstein. "Sa grandeur est comparable à celle de personnages mythiques des annales de la chanson comme Judy Garland ou Edith Piaf, avec des rôles mélodramatiques, fascinants et universels."

Lucha Reyes (de son nom complet María de la Luz Flores Aceves), (-), est une chanteuse mexicaine. Populaire dans les années 1930 et 1940, elle fut surnommée « la mère de la musique ranchera ». Reyes a démoli les mœurs sociales en affichant l'indépendance féminine. Elle se serait engagée dans des relations bisexuelles et aurait réquisitionné le privilège autrefois exclusivement masculin de boire en public, mélangeant tequila et passion dans le cadre de son acte1.

Cette chanteuse caractérisée par sa voix imposante a connu une fin abrupte alors qu'elle était au sommet du succès.

Biographie

Née à Guadalajara (Mexique)2, Lucha Reyes perd très jeune son père et prend le nom du second mari de sa mère. Née quatre ans seulement avant le déclenchement de la révolution mexicaine, Reyes a surfé sur la vague de nationalisme qui a déclenché une renaissance de l'art indigène dans la peinture, la littérature, le cinéma et la musique. La chanteuse imposante et iconoclaste s'est imposée en tant qu'artiste solo au moment même où ce mouvement artistique prenait de l'ampleur à l'échelle nationale, lui donnant l'occasion de côtoyer d'autres artistes célèbres de l'époque, comme Diego Rivera et, à Los Angeles, le muraliste David Alfaro Siqueiros3.

Elle commence à chanter dans sa ville dès l'âge de treize ans4.

En 1920, elle part étudier le chant aux États-Unis. Elle se produit dans plusieurs états, et rencontre un journaliste qu'elle épouse. Après leur divorce, elle retourne au Mexique en 1924. Elle rencontre les sœurs Ofelia et Blanca Asciencio, avec qui elle crée le trio Reyes-Ascencio. En 1927, elle part en concert avec d'autres artistes en Europe, mais la tournée est annulée à Berlin. Tombée malade sur place, elle perd sa voix de soprano et adapte son répertoire en conséquence. Elle commence alors à interpréter des chansons rancheras.

Elle devient célèbre et fait des apparitions dans quelques films mexicains, comme ¡Ay Jalisco... no te rajes! de Joselito Rodríguez, avec Jorge Negrete (1941), ou Flor silvestre d'Emilio Fernández, avec Dolores del Río et Pedro Armendáriz (1943).

Bien que ses chansons aient toujours eu un air de fête, caractéristique de la culture mexicaine, Lucha a traversé de nombreux problèmes de dépression qui l'ont fait sombrer dans l'alcool5. Elle s'est marié trois fois. En 1934, elle épouse son deuxième mari, le producteur Félix Martín Cervantes6.  

Le 25 juin 1944, Lucha Reyes meurt chez elle à Mexico d'une overdose de barbituriques. Elle laisse dans le deuil son troisième mari, le pilote Antonio Vega Medina, ainsi que sa mère et sa belle-fille.78,9.

Dans la légende, elle s'est identifiée à l'héroïne maudite, au cœur brisé et alcoolique de l'une de ses dernières chansons à succès, "La Tequilera"10.

Le réalisateur mexicain Arturo Ripstein s'inspire de sa vie pour son film La Reine de la nuit (1994). La romancière Alma Velasco a publié une biographie romancée de Lucha Reyes intitulée Me llaman la Tequilera (2012)11. En 2014, son nom est donné à une rue de Los Angeles12.

Discographie

  • Lucha Reyes: La Inmortal
  • Recordando a Lucha Reyes: La Inmortal
  • Lucha Reyes
  • Las grabaciones inéditas de Lucha Reyes
  • Lucha Reyes: Sus primeras grabaciones
  • Canciones mexicanas en la voz de Lucha Reyes
  • La voz folklórica de siempre: Lucha Reyes
  • Lucha Reyes: Lo mejor de lo mejor RCA Víctor
  • Serie Platino 20 éxitos: Lucha Reyes
  • Lucha Reyes: Tesoros de colección
  • Nuestra tradición: Lucha Reyes
  • The unforgettable of mexican song: Lucha Reyes
  • 15 éxitos de Lucha Reyes
  • Lucha Reyes: Mexicanísimo
  • La reina inmortal de la canción ranchera: Lucha Reyes

Références

  1.  « Lucha Reyes | Strachwitz Frontera Collection » [archive], sur frontera.library.ucla.edu (consulté le )
  2.  « WikiMexico - Lucha Reyes: La Tequilera » [archive], sur www.wikimexico.com (consulté le )
  3.  « Lucha Reyes | Strachwitz Frontera Collection » [archive], sur frontera.library.ucla.edu (consulté le )
  4.  « Develarán placa de Lucha Reyes en Ciudad de México » [archive], Al momento.mx, 23 juin 2012.
  5.  (es) diego, « El nacimiento de la canción Ranchera - Historia del Mariachi » [archive], sur Mariachis Juvenil’s Show Bogotá,  (consulté le )
  6.  « Lucha Reyes » [archive], sur IMDb (consulté le )
  7.  « Lucha Reyes | Strachwitz Frontera Collection » [archive], sur frontera.library.ucla.edu (consulté le )
  8.  Acta de defunción [archive] de María de la Luz Flores Aceves.
  9.  (es) 4 de Junio de 2021, « La trágica muerte de Lucha Reyes, la reina de la canción ranchera » [archive], sur infobae (consulté le )
  10.  « Lucha Reyes | Strachwitz Frontera Collection » [archive], sur frontera.library.ucla.edu (consulté le )
  11.  « Recuerdan a la cantante Lucha Reyes La Tequilera » [archive], Excelsior, 23 juin 2012.
  12.  « Inauguran la avenida Lucha Reyes en Los Angeles » [archive], Azteca noticias, 15 mars 2014.

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Publié le 2 Décembre 2021

Cine Ópera était l'une des salles de cinéma les plus importantes de l'âge d'or du cinéma mexicain depuis son inauguration en 1949 jusqu'à sa fermeture en 1998. Sa façade patinée est montrée ici.

L'Époque dorée du cinéma mexicain (en espagnol : Época de Oro del Cine Mexicano) est une période de l'histoire du cinéma mexicain allant de 1930 à 19691. Le qualificatif doré est dû à la conjonction des caractéristiques qui définissent cette époque, notamment la qualité de production, les hauts bénéfices économiques et la renommée internationale de ces films. Le Mexique devient le centre des films commerciaux d'Amérique latine de langue espagnole2. Les productions couvrent différents genres cinématographiques allant du film noir, comédies musicales (fortement influencées par la musique Ranchera), mélodrame, horreur et même d’auteur) et est incarné par une série de vedettes, Cet environnement culturel a favorisé l'émergence d'une nouvelle génération de réalisateurs et d'acteurs considérés à ce jour, icônes au Mexique et dans les pays hispaniques et publics hispanophones.

Histoire

Avec l’élection du président Lázáro Cárdenas en 1934, le gouvernement mexicain, via son secrétariat à l’Education publique, produit « Les Révoltés d’Alvarado », signé par Fred Zinneman, Ainsi commence une longue série de films bénéficiant du soutien financier du gouvernement, dans le cadre de sa politique de promotion des beaux-arts mexicains afin de combattre l’hégémonie de la production cinématographique hollywoodienne. Les cinémas avaient également l’obligation de programmer au moins un film national chaque mois3. Emilio Fernández, dit «el Indio» (l’Indien) en raison de ses origines y jouera un rôle déterminant. Il est très fortement marqué par Eisenstein, mais aussi par le «muralisme», qui puise ses sources dans l’art précolombien et vise à un art «monumental, héroïque, humain et populaire» par le biais d'un art naïf accessible pour tous, et l’«indigénisme», une ferme volonté d’exprimer la réalité culturelle du Mexique4.

En 1939, pendant la Seconde Guerre mondiale, l'industrie cinématographique des États-Unis et d'Europe subit de lourdes difficultés. L'équipement anciennement destiné au cinéma est maintenant destiné à la production d'armes. Certains matériaux comme la cellulose commencent à manquer et sont rationnés. Les thématiques du cinéma français, italien, espagnol ou argentin sont elles aussi affectées, se concentrant davantage sur la guerre. Le Mexique saisit cette occasion pour produire des films aux thématiques plus versatiles, destinés au marché latino-américain. Cet environnement culturel a avantagé l'ascension d'une génération de réalisateurs et d'acteurs qui aujourd'hui encore sont des icônes au Mexique et dans les pays hispanophones. Au cours de ces années, la combinaison parfaite d'une industrie florissante, d'excellents cinéastes et d'une superbe liste de stars a permis la production d'un cinéma de haute qualité et à succès commercial5.

Citons des productions comme « Alla en el Rancho Grande » (1936), œuvre du réalisateur Fernando de Fuentes. Le cadre est paysan et bucolique (« ranchero »), l’humour volontiers machiste6, les chansons nombreuses et il introduit la figure du « peladito » (un marginal) avec Mario Moreno qui deviendra une icône populaire dès 1940, avec « Ahi Esta El Detalle », qui lance l’exportation des films mexicains à travers le monde7. Mario Moreno est aussi consacré par trois autre films de bonne facture de cette époque: Así es mi tierra, Aguila o sol, d'Arcadi Boytler, et surtout Ahí está el detalle (1941)8.

Un véritable star-system mexicain se développe avec des personnalités artistiques comme María Félix, qui joue en 1942 dans El peñón de las ánimas du réalisateur Miguel Zacarías, puis collabore avec Emilio Fernández, connaît son meilleur rôle dans le film Doña Bárbara (1943) de Fernando de Fuentes, et que l’on retrouve plus tard dans un film de Luis Buñuel, La fièvre monte à El Pao (1959) et dans French Cancan (1954) du réalisateur français Jean Renoir9.

En 1945, le Mexique produit plus de quatre-vingts films. C’est alors que commence «l’âge d’or» du cinéma mexicain10.

Roberto Gavaldón est considéré comme « le père du film noir mexicain » avec Double destinée (La Otra, 1946)11.

Les musiciens et les chanteurs étaient une partie essentielle de ce genre de film ; tel est le cas d'Agustín Lara dans « Flor de tango » (1941), où Sofía Álvarez a également joué. Pensons aussi au boléro "Noche de ronda" (1942)12 La bande originale du film comportait plusieurs chansons d'Agustín Lara, en plus de la chanson qui lui a donné son titre.

Les rancheras sont alors des histoires d'amour épiques, duels d'honneur, chansons d'amour et de chagrin. Aux côtés des protagonistes, des hommes très machos, honnêtes et drôles, des femmes belles, soumises et vulnérables ont été les éléments qui ont fait le succès de ces films et en ont fait des classiques. Ses performances ainsi que les histoires abordaient divers sujets tels que les œuvres littéraires, ont ému un large public13.

Références

  1.  Retrieved March 9, 2011.
  2.  « Culture du Mexique | La richesse du cinéma mexicain » [archive], sur Terra Maya (consulté le )
  3.  « Le cinéma mexicain » [archive], sur www.cineclubdecaen.com (consulté le )
  4.  (es) « Cine de Oro Mexicano - EcuRed » [archive], sur www.ecured.cu(consulté le )
  5.  (es) « Cine de Oro Mexicano - EcuRed » [archive], sur www.ecured.cu(consulté le )
  6.  « Culture du Mexique | La richesse du cinéma mexicain » [archive], sur Terra Maya (consulté le )
  7.  Encyclopædia Universalis‎, « CANTINFLAS » [archive], sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  8.  « Le cinéma mexicain » [archive], sur www.cineclubdecaen.com (consulté le )
  9.  « Le cinéma mexicain » [archive], sur www.cineclubdecaen.com (consulté le )
  10.  « Cinéma mexicain, un pays à l’Honneur – FIFAM » [archive] (consulté le)
  11.  Last Night in Orient- LNO ©, « Agustin Lara - Noche De Ronda » [archive], sur Last Night in Orient (consulté le )
  12.  (es) « Cine de Oro Mexicano - EcuRed » [archive], sur www.ecured.cu(consulté le )

Bibliographie

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

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Publié le 14 Octobre 2021

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