racisme

Publié le 22 Mars 2014

Le métissage des cultures a un aspect négatif quand il évoque :la transmission des stéréotypes fausses d'une culture à l'autre ou faire disparaître les bonnes valeurs de l'autre culture.

Un dialogue des cultures est un moyen pour développer la connaissance et accéder à une société humaine tolérante.

Le métissage culturel désigne le mélange d'influences culturelles diverses, par exemple dans le domaine musical, pictural, sculptural, vestimentaire, etc. et il est souvent associé à un métissage linguistique1,2.

Dans l'Histoire

Les peuples, gènes et cultures se mélangent depuis la préhistoire.

Selon l’anthropologue américain Alfred L. Kroeber toutes les cultures « peuvent se mélanger presque sans limite » (in Culture Patterns and Processes) mais selon N Journet (2000), en tant que théorie, la notion de métissage culturel serait un concept du xixe siècle, né d'un questionnement sur le « mélange des sangs » qui du point de vue de l'époque sur les races suscitait des débats entre ceux qui l'encourageaient (mixophiles) et d'autres qui étaient farouchement contre (mixophobes)3.

Enjeux

Le métissage culturel est souvent considéré comme une source de créativité4 et l'une des composantes de l'identité voire un processus civilisationnel, mais un processus pouvant parfois être violent et également destructeur dans le cas du métissage induit par les conquêtes militaires ou économiques ; le métissage est dans ces cas un processus de déculturation, de désapprobation et de déstructuration, bien plus que d'acculturation souligne Alain Brossat5

Classification

Le métissage culturel n'est pas nécessairement associé à un « brassage génétique » (par exemple en musique avec le Rap6, le Raï6 ou le jazz métissé ; ainsi un orchestre composés de musiciens polonais, mais intégrant des influences orientalisantes et africaines, dans un cadre musical slave, peut développer une musique métissée contribuant au métissage culturel.
On pourrait conclure que - tout comme au niveau « génétique » - toute culture est métissée, même si chaque ensemble est marqué par des dominantes culturelles. Ainsi, la langue française est constituée en grande partie de racines grecques, grecques « romanisées », latines, celtes, etc. Certains mots auraient même des racines non-indo-européennes. Le degré de métissage ou sa vitesse font aussi l'objet de débats ; certains comme Alfred L. Kroeber ou comme Gruzinski7 (qui a étudié le métissage culturel des amérindiens et colons occidentaux et ce qu'il dénomme des « pratiques d’hybridation » au Mexique pensent que les différences entre cultures peuvent toutes être surmontées, et d'autres comme Claude Lévi-Strauss estiment que « Entre deux cultures, entre deux espèces vivantes aussi voisines qu’on voudra l’imaginer, il y a toujours un écart différentiel et […] cet écart différentiel ne peut pas être comblé »8.

Certains auteurs distinguent ou opposent deux types de métissage :

  1. le métissage volontaire où chaque culture peut être respectueuse des autres et où l'entremêlement des cultures est issu de choix consciemment effectués, en fonction de goûts et d'attirances libres pour des cultures initialement « étrangères ». La plupart des ethnogenèses évoquent un métissage culturel « volontaire », mais une partie du métissage s'effectuerait inconsciemment (dès lors qu'un métissage "génétique" préexiste à la naissance de l'individu).
  2. des formes de métissage imposés par des conquérants et subis par les esclaves ou des colonisés, qui est une violence pouvant conduire à la perte de la culture dominée5.

Métissage, culture et commerce

Pour Alain Brossat avec les formes récentes de mondialisation une idéologie du métissage s'est développée « plus ou moins savante, plus ou moins commerciale »5 (dans le domaine musical par exemple), qui serait aussi, bien souvent, un « déni des liens souvent intimes qu’entretiennent métissage et spoliation, métissage et trouble d’identité, métissage et disparition sans trace »5, un nouvel « alibi culturel » s'interroge J. Audinet dans son ouvrage sur les « Paradoxes du métissage culturel »9.

Dans la littérature, la musique et le cinéma

Le métissage culturel est un sujet traité par de nombreux livres, films et bandes dessinées, de science-fiction y compris, avec des cultures extraterrestres imaginées.
Il est un mode de créativité fréquent dans le monde musical.

Notes et références

  1.  A la croisée des langues: du métissage culturel d'Est en Ouest. Arles [France]: Actes Sud;[Montréal]: Leméac, 1997.
  2.  KARA, Yasmine ABBES, and Bouzaréah ENS LSH. Métissage linguistique et culturel dans l'œuvre romanesque de l'écrivain algérien francophone MOULOUD MAMMERI [archive]. Métissage culturel, 87.
  3.  Journet, N. (2000). Le métissage: une notion piège. Sciences humaines, (11), 32-32 (114 pages) (résumé [archive]).
  4.  Depestre, R. (1984). Les aspects créateurs du métissage culturel aux Caraïbes. Notre librairie, 74, 61-65.
  5.  Revenir plus haut en :a b c et d Brossat Alain, « Métissage culturel, différend et disparition », Lignes, 2001/3 (n° 6), p. 28-52. DOI : 10.3917/lignes1.006.0028. URL : http://www.cairn.info/revue-lignes1-2001-3-page-28.htm [archive]
  6.  Revenir plus haut en :a et b Miliani, H. (1995). Banlieues entre rap et raï. Hommes & migrations, (1191), 24-30.
  7.  Serge Gruzinski, La Pensée métisse, Paris, Fayard, 1999.
  8.  Claude Lévi-Strauss, La Pensée sauvage, Paris, Plon.
  9.  Audinet, J. (2005). Paradoxes du métissage culturel. Africultures, (1), 10-16
Bibliographie
  • Audinet J (2005) Paradoxes du métissage culturel. Africultures, (1), 10-16.
  • Audinet J (1999) Le temps du métissage. Éditions de L'Atelier.
  • Aymes, J.R & Salaün S (2001) Le métissage culturel en Espagne. Presses Sorbonne Nouvelle.
  • Bénat-Tachot L & Gruzinski S (2001). Passeurs culturels: mécanismes de métissage. Maison des sciences de l'homme.
  • Bonneville M.H (1967) Du métissage culturel à une culture métisse. Réflexions autour d'une thèse. Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien, 55-64.
  • Brossat A (2001) Métissage culturel, différend et disparition [archive]. Lignes, (3), 28-52.
  • Furet F & Ozouf J (1977) Trois siècles de métissage culturel [archive].Annales, 488-502.
  • Gallissot R (1992) Pluralisme culturel en Europe: identités nationales et identité européenne. De l'intellectuel métis au métissage culturel de masses. Social science information, 31(1), 117-127 (http://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/053901892031001006 [archive]résumé]).
  • Gruzinski S (1999), La Pensée métisse, Paris, Fayard.
  • Giulia Bogliolo Bruna (sous la direction de), 2006, Thule, Rivista italiana di Studi Americanistici n°16-17 Regards croisés sur l’objet ethnographique : autour des arts premiers et des métissages
  • Jouanny, R. (1986) LS Senghor et le métissage culturelNégritude/Antiquitéin Léopold Sédar Senghor. Sud, 16(63), 23-34.
  • Khatibi, A. (1990) Le Métissage culturel, Manifeste. Abdelkébir Khatibi.
  • Kim, S. M. (2008). Jeunes femmes asiatiques en France: conflit de valeurs ou métissage culturel. Éditions L'Harmattan.
  • Lequin L (1997) Paroles transgressives et métissage culturel au féminin. Journal of Canadian studies, 31(4), 47-57 DOI: https://dx.doi.org/10.3138/jcs.31.4.47 [archive] (résumé [archive]).
  • Louise R (1998) Manifeste du marronisme moderne: Philosophie de l'esthétique des artistes de la Caraïbe et d'Amérique latine: le métissage culturel, 1948-1998. Lafontaine.
  • Lüsebrink H.J (1992) Métissage culturel et société coloniale: émergence et enjeux d’un débat, de la presse coloniale aux premiers écrivains africains (1935–1947). Métissages Littérature-Histoire, 109-18.
  • Taguieff P.A (2009) Une nouvelle illusion théorique dans les sciences sociales: la globalisation comme “hybridation” ou “métissage culturel”. Observatoire du communautarisme.
  • Toumson R (1999) Mythologie du métissage (pp. 241-246). Éditions Karthala.
  • Yu-Sion L (2003) Illusion identitaire et métissage culturel chez les «Sinoi» de la Réunion [archive]. Perspectives chinoises, 78(1), 61-69.

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Publié le 17 Août 2011

Racisme anti-chleuh au Maroc

Tout d'abord les Chleuhs sont des Marocains autochtones.

Au Maroc, on dit que les Soussis sont radins, les Fassis couards et les Oujdis, bornés et plus Algériens que Marocains, etc...

Les Soussis sous apparence de gentillesse sont perçus comme des gens ravagés par l'avarice, un centime est un centime, prêt à tout pour s'enrichir matérialement. On ne compte plus les blagues qui ont cours au dans le royaume chérifien. On les appelle également les chinois du Maroc. Nous constatons et nous relevons des "bêtises" enfantines proches du racisme au premier degré qui sont largement diffusées sur les chaînes télévisées de la SRTN dont la réputation de la nullité se fait connaître au niveau international.

Notons également qu'au Maroc le racisme anti-amazigh est devenu une institution, c'est même un sport national. La constitution marocaine dit clairement que le Royaume chérifien est arabe. Le doustour versus 2011 n'a par ailleurs jamais été traduite et publiée dans la moindre langue berbère du pays. les Chleuhs payent avec leur argent les médias soit disant publics, mais ils n'ont aucun droit d'y être présents. Pas mal, n'est-ce pas ? En fait, comme je l'ai toujours dit, si la marocanité se mesure au temps de passage à la télévision, les Libanais et autres Égyptiens sont plus marocains que les Amazighs. Que c'est triste ! Oui, je sais.

Le racisme anti-chleuh au Maroc est une chose très vécue et dont de nombreux intellectuels marocains s'insurgent. Il vivent mal et trop profondément ces stéréotypes encore diffusé par des humoristes marocains de bas étages ! Certains iront même à faire allusion à l'Argan pour dénoter aussi le préjugé de leur assimilation à des chèvres.

Même Ahmed En-Naciri Es-Slaoui a eu recours à cette imagerie dans son Kitâb al-'Istiqsa pour qualifier les Soussis et partant tous les chleuhs depuis Tan-Tan à Marrakech, y compris le Haouz et le Tensift.

Selon un historien marocain, qui désire actuellement garder son anonymat, il lui semble qu'il est lié à l'émergence de la dynastie sâadienne depuis la vallée de Souss. Le pire ce sont ces mêmes Sâadiens qui ont donné naissance au Makhzen tout en développant la fameuse "garde noire" qui remonte elle à Youssef Ibn Tashfîne.

D'ailleurs, de très nombreuses vieilles familles makhzeniennes de Fès ne sont pas toutes andalouses, mais sont, en réalité d'origine Soussie.

On oublie aussi que Taroudant et sa région fut la capitale impériale des Sâadiens avant leur installation à Marrakech. C'est aussi de cette époque que date la concurrence entre Marrakech et Fès.

Racisme anti-chleuh au Maroc

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Rédigé par Last Night in Orient

Publié dans #Maroc, #racisme

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Publié le 6 Avril 2011

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 Algérie, le Nègre à l'éventail


A partir de l'analyse de cette reproduction de photographie coloniale, cette communication démontre la réalisation de constructions identitaires et la perception de l'Autre dans un contexte colonial. La photographie a permis aux autorités coloniales d'exercer un pouvoir sur les peuples colonisés et de construire une perception particulière des indigènes. La photographie du XIXe siècle a donc bien servi des intérêts gouvernementaux et économiques tout en nourrissant le fantasme d'un monde lointain et exotique.

Elle peut être perçue comme complice d'un spectacle où un système esthétique (idéologique) qui assignait l'image des peuples non occidentaux une valeur de trophée. Dans un univers de spectacle carnavalesque : il s'agissait alors dans ce cas plutôt d'un outil de domination, de classification de l'altérité. La diffusion massive de cartes postales bon marché, illustrant les corps “spectaculaires” (souvent chargés d'érotisme) ou de lieux exotiques y ont grandement contribué.

Accompagnant les expositions universelles, les Musées ethnographiques, la vison colonialiste d'un “autre” fascinant (attirant et repoussant à la fois), ces clichés ont façonné l'imaginaire collectif occidental, et on les retrouve encore aujourd'hui sous couvert d'une lecture au “second degré”, d'objets d'exposition (Musée du Quai Branly, exposition “d'un regard l'autre).


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Rédigé par Last Night in Orient

Publié dans #Exotisme colonial, #le Nègre à l'éventail, #Racisme

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