henri simonet

Publié le 4 Septembre 2026

​Henri Simonet : les zones d'ombre d'un itinéraire politique

​Figure éminente de la vie publique belge — ayant occupé les charges de ministre des Affaires étrangères, de vice-président de la Commission européenne et de bourgmestre d'Anderlecht —, Henri Simonet a vu son parcours entaché par de graves controverses. Si l'historiographie et l'institution judiciaire ne l'ont jamais formellement incriminé sous l'acception de la corruption ou d'un enrichissement illicite, son nom demeure indissociable d'un retentissant scandale éthique et politique lié aux exportations d'armement vers l'Amérique latine.

​1. L’affaire des licences d'armement à destination du Cône Sud

​Au printemps 1980, l'hebdomadaire d'investigation Pour jette le pavé dans la mare en révélant l'existence de filières clandestines permettant l'acheminement illicite de matériel militaire belge vers l'Argentine et l'Uruguay.

  • L'écran géopolitique et l'opacité des dérogations : À cette époque, ces deux nations subissent le joug de dictatures militaires féroces. Alors que la communauté internationale décrète de stricts embargos pour ne point cautionner des violations massives des droits fondamentaux, le royaume de Belgique soumet l'exportation d'armes à un régime d'autorisation rigoureux, piloté conjointement par plusieurs départements ministériels sous l'égide des Affaires étrangères. L'enquête met en lumière le contournement des interdictions officielles par le truchement de circuits opaques et de sociétés écrans.
  • La mise en cause ministérielle : En sa qualité de chef de la diplomatie (1977-1980), Simonet assumait la tutelle administrative de ces autorisations. Ses détracteurs lui ont vertement reproché d'avoir subrogé l'impératif éthique des droits de l'homme aux exigences d'une realpolitik pragmatique, favorisant tacitement les intérêts industriels nationaux au mépris des sanctions internationales.

​2. Fractures idéologiques et émancipation socialiste

​Intellectuel d'une fulgurante érudition, mais chantre d'une social-démocratie aux accents néolibéraux marqués, Henri Simonet cristallisait de longue date les inimitiés au sein de l'appareil du Parti socialiste (PS).

  • La rupture organique avec la gauche : L'éclatement de ce scandale des licences d'armes agit comme le catalyseur ultime, scellant sa rupture définitive avec la direction de son parti d'origine.
  • Le basculement vers le libéralisme : Affaibli par cette « diplomatie du canon », il s'affranchit du PS au début des années 1980 pour rallier les rangs du Parti Réformateur Libéral (PRL), avant de focaliser l'essentiel de son action publique sur son fief électoral anderlechtois.

​3. Épilogue judiciaire et rétrospection historique

​En dépit d'une tempête médiatique d'une rare intensité, de des interpellations parlementaires réitérées et des investigations menées par des organismes spécialisés, le dossier n'a donné lieu à aucune poursuite pénale ni à un quelconque verdict de culpabilité à l'encontre d'Henri Simonet. En raison des zones grises juridiques de l'époque en matière de contrôle des armements et de la porosité coutumière entre les sphères industrielles et étatiques, la sanction fut exclusivement politique, sonnant le glas de son influence sur l'échiquier national.

​Références bibliographiques

  • [1] Journal de l'année 1982. Paris : Larousse, 1982. (Notice consacrée au dossier européen et aux flux d'armement, p. 175).
  • [2] GROUPE DE RECHERCHE ET D'INFORMATION SUR LA PAIX (GRIP). Notes d'analyse sur le commerce et le contrôle des licences d'exportation d'armes de la Belgique. Bruxelles : GRIP, 1980-1985.
  • [3] PARLEMENT BELGE. Annales parlementaires : Chambre des représentants et Sénat. Bruxelles : Services de la Nation, sessions de 1980 à 1982 (interpellations relatives aux licences d'exportation vers l'Amérique latine).
  • [4] GALLEGO-DÍAZ, Soledad. Escándalo político en torno al ministro de Exteriores belga. El País, 1 juin 1980.
  • [5] HEBDOMADAIRE POUR. Enquêtes sur les filières d'exportation d'armement belge vers le Cône Sud. Bruxelles : Éditions Pour, printemps 1980.

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Publié dans #Henri Simonet, #Histoire de Belgique, #Politique

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Publié le 4 Septembre 2026

Le cortège du collège Anderlechtois

Le cortège du collège Anderlechtois

Anderlecht sur un même pied d'égalité : Quand le Marché Annuel remet tout le monde à sa place

​Le Marché Annuel d'Anderlecht n'est pas seulement une foire ou une braderie de rentrée : c'est le grand rendez-vous où la commune tout entière se regarde dans le miroir. Entre deux effluves de croustillons, les kilomètres d'étals et les fanfares, cet événement populaire rappelle une vérité fondamentale : ici, pas de traitement de faveur. Tout le monde est logé à la même enseigne.

​La zwanze comme grande égalisatrice

​Dans les rues bondées, de la rue Wayez à la place de la Vaillance, l'esprit bruxellois fait loi. La célèbre zwanze — ce mélange d'autodérision, de gouaille et de franc-parler — ne fait de cadeaux à personne. C'est précisément dans cette atmosphère de kermesse que les figures de la commune, qu'elles soient commerçantes, riveraines ou politiciennes de l'envergure d'un Henri Simonet en son temps, se retrouvent renvoyées à une saine simplicité.

​Sur le marché, impossible de se cacher derrière un titre ou une fonction. Le bain de foule n'est pas une tribune, c'est une mise à l'épreuve de la proximité. Entre une poignée de main chaleureuse, un verre de peket partagé au comptoir et une boutade bien sentie lancée par un habitant, les barrières tombent. Là, les sukkeleirs du quotidien côtoient les élus d'un jour, les remettant immédiatement à leur place. Les politiciens y apprennent l'art indispensable de ne pas se prendre au sérieux, ramenés instantanément à hauteur de citoyen.

​Une fête de quartier grandeur nature

​Au fond, si le Marché Annuel d'Anderlecht perdure avec autant de succès, c'est parce qu'il célèbre ce pied d'égalité culturel et social. Dans ce joyeux brouhaha intergénérationnel, les étals de la brocante, les rires des enfants près des manèges et les discussions animées au coin d'une rue rappellent que la commune appartient à tout le monde, et à personne en particulier. Une belle leçon de démocratie de terrain, menée à coups de rires et de bonhomie.

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Publié le 17 Janvier 2022

Henri Simonet, une figure de la Belgique de papa.

Je suis pour la Belgique unie, contre l'immigration abusive et une intégration-bidon, pour l'exclusion des clandestins pour la sécurité des citoyens". Ah, le franc-parler du père Simonet ! "J'ai trop voyagé dans ma vie pour être raciste. J'ai rencontré des poètes arabes, des savants turcs, des juristes noirs dont le niveau de culture et d'éducation était fort convenable. Malheureusement, ce ne sont pas ces gentlemen là qui viennent s'établir chez nous! Il n'y a rien de plus fou et de plus dangereux que de mer la réalité. C'est vrai que la recrudescence de l'insécurité a un rapport direct avec l'augmentation du nombre des immigrés. Ce n'est quand même pas raciste que de constater que de nombreux auteurs de vols et d'agressions ne sont pas des individus de type scandinave! Les émeutiers de Forest et de Molenbeek n'avaient pas non plus le look chinois! Qu'a fait le gouvernement? Rien! Il s'est voilé la face avec le rapport-pensum de Madame Paula D'Hondt, un ramassis de patenôtres masochistes! Je connais personnellement bien le problème: ma mère a tenu un blanchisserie non loin du Petit-Château, rue Forêt d'Houthulst, un quartier où les immigrés sont en majorité. Et bien, c'est dramatique pour les "petits Belges" qui y habitent.(…)

Il faut aussi contrôler l'immigration existante en cessant de nous comporter comme des nigauds et des jobards. Je pense à ces minimex versés à des péripatétiennes ghanéennes domiciliées à Seraing et soulageant les marins d'Anvers au tarif de SOS-Dépannage! A quoi sert-il aussi de dépenser des milliards pour une intégration dont les intéressés ne veulent pas? Avec les clandestins c'est encore pire! En les tolérant, en ne les expulsant pas, on les force quasiment à s'installer dans l'illégalité et la délinquance. C'est aberrant. (…) Remettons les choses à l'endroit.
En s'introduisant clandestinement en Belgique, un étranger pose un acte délictueux. Et, au lieu de le punir, on le récompense en lui accordant un pécule mensuel! Tout au contraire, il faudrait renforcer les contrôles aux frontières et expulser les clandestins! Ils sont déjà plusieurs dizaines de milliers à parasiter au mieux, à survivre d'expédients au pire! Et je ne vois pas ce que la notion de charter a d'odieux. Quand j'étais bourgmestre d'Anderlecht, j'ai connu nombre de petits pensionnés anderlechtois de pure souche qui n'auraient jamais pu se payer un vol en charter! Par une espèce de perversion, le terrorisme intellectuel d'une gauche non pas angélique mais diabolique est parvenu à rendre péjoratif le terme "sécuritaire". J'affirme moi que c'est l'insécurité qui menace les libertés!"

(Polémique du 05-11-1998) - il s'agit d'une interview d'Henri Simonet recueillie par Michel Géoris pour Paris-Match du 21/11/91.

 

Henri François Simonet, né à Bruxelles le  et mort le 1, fut Ministre d'État et bourgmestre PS d'Anderlecht entre 1966 et 1984.

 

Biographie

Né à Bruxelles le 10 mai 1931 dans une famille modeste patoisante2 et peu politisée, il se révèle très tôt un élève surdoué3. Et c'est à l'Université libre de Bruxelles qu'il décroche ses doctorats en droit et en sciences économiques et financières. Avant de partir pour un an à l'Université américaine de Columbia.

En 1959, il devient membre du Parti socialiste. Deux ans plus tard, il devient chef de cabinet d'Antoine Spinoy, ministre des Affaires économiques et de l'Energie.

Faisant déjà partie de l'aile droite et atlantiste du PS, il est aussi membre d'honneur du Cercle des Nations4, il quitte celui-ci en 1985 pour rejoindre le Parti réformateur libéral, où il tient des discours de plus en plus critiques sur la question de l'immigration5.

Sous l'administration d'Henri Simonet, le visage d'Anderlecht se modifie. L'implantation de l'hôpital Erasme sur le territoire d'Anderlecht, pour laquelle il a particulièrement œuvré en tant que président du Conseil d'administration de l'ULB permet du même coup le développement économique de toute cette partie de la commune.

En 1984, Henri Simonet décide d'abandonner la vie politique communale et Christian D'Hoogh lui succède au mayorat d'Anderlecht.

Après avoir été député PS du  au  et du  au , il devient député national belge pour le PRL du  au , ensuite sénateur jusqu'au , puis à nouveau député fédéral jusqu'au , où il cède son siège à son fils Jacques.

Il fut également vice-président de la Commission européenne et ministre des Affaires étrangères et économiques.

Il est administrateur de sociétés et professeur d'université, étant docteur en droit et en sciences économiques et financières et CRB Graduate Fellow (Colombia University, États-Unis).

Simonet est ministre des Affaires étrangères, secrétaire d'État à l'Économie régionale, adjoint au Ministre des Affaires bruxelloises, ministre des Affaires économiques, membre et Vice-Président de la Commission des Communautés européennes.

Henri Simonet, ministre des Affaires étrangères, candidat officieux au poste de secrétaire général de l'OTAN, est impliqué dans un scandale politico-financier, par l'intermédiaire de son épouse Marie-Louise Angenet, dans une sombre affaire de vente d'armes en Argentine et en Uruguay6.

En 1992, il quitte la politique au profit de son fils Jacques Simonet, qui poursuit également une carrière politique.

Il meurt, le  et sa dépouille mortelle repose au cimetière d'Anderlecht7.

Distinctions

Publications

  • Je n'efface rien et je recommence, Didier Hatier (Collection 'Politiques'), 1986.
  • Simonet, Henri: „La formation du capital dans les pays sous-développés et l'assistance financière étrangère“, Brüssel (VUB) 1959 [archive]
  • Simonet, Henri: „Le Point de la Situation au Congo“, 1960 [archive]
  • Simonet, Henri: “Energy And The Future Of Europe”, in: “Foreign Affairs”, April 1975 [archive]
  • Simonet, Henri: “Belgium in the Postwar Period Partner and Ally”, 1981, ISBN 0892060336.
  • Kissinger, Henry/ Simonet, Henri u. a.: “NATO, the Next Thirty Years : Report of the Conference, Palais d'Egmont, Brussels, Belgium, September 1-3, 1979”, Januar 1979, ISBN 0892060123.

Sources

  1.  « Gezin Henri Francois SIMONET / Marie-Louise ANGENENT (F89738) » [archive], sur www.dermout.eu (consulté le )
  2.  « Le Guide des Connaisseurs - Jacques Simonet maniait la fourchette avec humour » [archive], sur www.leguidedesconnaisseurs.be (consulté le )
  3.  « HENRI SIMONET MORT D'UN SCEPTIQUE QUI SE DEFENDAIT D'ETRE CYNIQUE » [archive], sur Le Soir (consulté le )
  4.  Tondeur Maxime, « ROUGEs FLAMMEs: MON LONG MAI 68 ( 3 ) : AVRIL 1970 - Αλαβαρακ ! LA " SEMAINE GRECQUE " CONTRE LA DICTATURE DES COLONELS » [archive], sur ROUGEs FLAMMEs,‎  (consulté le )
  5.  Interview de Henri Simonet, in Paris-Match 21/11/91 [archive]
  6.  (es) Soledad Gallego-Díaz, « Escándalo político en torno al ministro de Exteriores belga », El País,‎  (ISSN 1134-6582, lire en ligne [archive], consulté le )
  7.  « HENRI SIMONET A ETE INHUME A ANDERLECHT » [archive], sur Le Soir (consulté le )

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