islam

Publié le 20 Septembre 2026

Rentrée à Louvain : quand l'université fait rimer accueil et dialogue
​Rentrée à Louvain : quand l'université fait rimer accueil et dialogue

​Par Mario Scolas — Last Night in Orient

Le 20 septembre 2026

 

​Et si la grande force d’une institution séculaire était précisément sa capacité à s’accorder au diapason de son époque ? À l’occasion de la rentrée académique de l’Université Catholique de Louvain (KU Leuven), la traditionnelle célébration d'ouverture a été le théâtre d’un geste fort et inspirant : l’intégration d’une récitation coranique au cœur de l'événement.

​Pourtant, cette belle initiative n'a pas manqué de susciter les foudres de certaines figures politiques, à l'instar d'Alain Destexhe. Opposant notoire à toute manifestation des pratiques musulmanes en Belgique, celui-ci s'est échiné à jeter le discrédit sur cet événement, incarnant par ses prises de position réactionnaires un véritable contradicteur de l'esprit d'ouverture de l'université, en quête évidente de profits électoraux. Mais à quoi bon prêter attention à ces polémiques stériles et bassement politiciennes, si ce n'est pour constater qu'elles passent à côté de l'essentiel ?

​Loin de ces caricatures, l'acte de l'université illustre au contraire une vision vivante et généreuse. Née il y a près de six cents ans, l'institution rappelle que le mot « universel » n'est pas un vain mot. Déjà au XVIe siècle, le grand humaniste Érasme, figure incontournable de l'histoire intellectuelle de Louvain, rappelait que la quête du savoir et la sagesse s'affranchissent des frontières étroites pour embrasser l'humanité tout entière. En ouvrant ses portes à d’autres traditions spirituelles, l'université ne renie rien de son riche héritage chrétien ; elle l’enrichit au contraire en le plaçant dans une posture d'écoute, de curiosité et de respect mutuel.

​Sur un campus universitaire, qui rassemble des étudiants et des chercheurs venus du monde entier, la diversité n'est pas un simple mot d'ordre abstrait : c’est la texture même du quotidien. Permettre aux différentes cultures de se côtoyer et de dialoguer lors des grands moments de la vie académique, c'est offrir une véritable école du vivre-ensemble et apprendre à conjuguer ancrage et hospitalité. Comme le soulignent souvent les chercheurs engagés dans le dialogue interculturel, « l'université n'est pas seulement un lieu de transmission des savoirs, c'est le laboratoire vivant de la citoyenneté mondiale ».

​En choisissant de tisser des ponts plutôt que des murs, l'Université de Louvain rappelle que la connaissance s'accompagne toujours d'une ouverture du cœur et de l'esprit. C'est précisément cette belle dynamique de dialogue et de métissage des cultures que nous défendons à travers Last Night in Orient : tisser inlassablement des liens pour que la diversité devienne notre plus grande richesse commune.

​Portée par cet élan d'intelligence collective, c'est une excellente année académique que nous souhaitons à toutes les étudiantes et à tous les étudiants qui viennent de s'inscrire : qu'elle soit riche en découvertes, en belles rencontres et couronnée de plein succès !

​Par Mario Scolas — Last Night in Orient

Le 20 septembre 2026

 

​Et si la grande force d’une institution séculaire était précisément sa capacité à s’accorder au diapason de son époque ? À l’occasion de la rentrée académique de l’Université Catholique de Louvain (KU Leuven), la traditionnelle célébration d'ouverture a été le théâtre d’un geste fort et inspirant : l’intégration d’une récitation coranique au cœur de l'événement.

​Pourtant, cette belle initiative n'a pas manqué de susciter les foudres de certaines figures politiques, à l'instar d'Alain Destexhe. Opposant notoire à toute manifestation des pratiques musulmanes en Belgique, celui-ci s'est échiné à jeter le discrédit sur cet événement, incarnant par ses prises de position réactionnaires un véritable contradicteur de l'esprit d'ouverture de l'université, en quête évidente de profits électoraux. Mais à quoi bon prêter attention à ces polémiques stériles et bassement politiciennes, si ce n'est pour constater qu'elles passent à côté de l'essentiel ?

​Loin de ces caricatures, l'acte de l'université illustre au contraire une vision vivante et généreuse. Née il y a près de six cents ans, l'institution rappelle que le mot « universel » n'est pas un vain mot. Déjà au XVIe siècle, le grand humaniste Érasme, figure incontournable de l'histoire intellectuelle de Louvain, rappelait que la quête du savoir et la sagesse s'affranchissent des frontières étroites pour embrasser l'humanité tout entière. En ouvrant ses portes à d’autres traditions spirituelles, l'université ne renie rien de son riche héritage chrétien ; elle l’enrichit au contraire en le plaçant dans une posture d'écoute, de curiosité et de respect mutuel.

​Sur un campus universitaire, qui rassemble des étudiants et des chercheurs venus du monde entier, la diversité n'est pas un simple mot d'ordre abstrait : c’est la texture même du quotidien. Permettre aux différentes cultures de se côtoyer et de dialoguer lors des grands moments de la vie académique, c'est offrir une véritable école du vivre-ensemble et apprendre à conjuguer ancrage et hospitalité. Comme le soulignent souvent les chercheurs engagés dans le dialogue interculturel, « l'université n'est pas seulement un lieu de transmission des savoirs, c'est le laboratoire vivant de la citoyenneté mondiale ».

​En choisissant de tisser des ponts plutôt que des murs, l'Université de Louvain rappelle que la connaissance s'accompagne toujours d'une ouverture du cœur et de l'esprit. C'est précisément cette belle dynamique de dialogue et de métissage des cultures que nous défendons à travers Last Night in Orient : tisser inlassablement des liens pour que la diversité devienne notre plus grande richesse commune.

​Portée par cet élan d'intelligence collective, c'est une excellente année académique que nous souhaitons à toutes les étudiantes et à tous les étudiants qui viennent de s'inscrire : qu'elle soit riche en découvertes, en belles rencontres et couronnée de plein succès !

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Louvain, #Islam

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Publié le 8 Août 2026

​« Il n'y a pas de actes héroïques isolés, il y a des consciences qui se lèvent quand tout s'effondre. »

 

​Le rôle de Kaddour Benghabrit et de la Grande Mosquée de Paris durant la Seconde Guerre mondiale constitue en effet l'une des pages les plus lumineuses et courageuses de l'histoire de la Résistance en France.

​Dans un Paris sous botte nazie, la Mosquée est devenue un sanctuaire d'humanité :

  • ​Le sauvetage des persécutés : Grâce à la délivrance de certificats d'appartenance à la religion musulmane, plusieurs centaines de personnes — principalement des Juifs (comme le célèbre chanteur et musicien Salim Hilali), mais aussi des aviateurs alliés et des résistants — ont pu échapper aux arrestations et aux camps de la mort.
  • ​Le réseau clandestin : Des faux papiers étaient confectionnés, et les caves labyrinthiques de la Mosquée servaient parfois de lieux de transit ou de cache provisoire, au mépris du danger mortel encouru face à l'occupant et au régime de Vichy.

​Cet engagement humanitaire universel, mené dans la plus grande discrétion, témoigne d'un sens aigu de l'honneur et de la fraternité qui transcende les clivages politiques et religieux de l'époque.

Kaddour Benghabrit : Un havre de paix et de résistance au cœur de Paris

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Islam, #Paris, #France, #Résistance, #Salim Hilali

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Publié le 4 Juillet 2026

Cheikh Amadou Bamba (1853–1927), également connu sous le nom de Khadimou Rassoul (« Le Serviteur du Prophète »), est un chef religieux soufi, poète et érudit sénégalais dont l'impact historique et spirituel est immense. Il est le fondateur de la confrérie des Mourides (La Muridiyya), qui est aujourd'hui l'une des communautés religieuses les plus importantes et les plus dynamiques du Sénégal.

​Les grands piliers de son héritage
  • ​Résistance pacifique et exils : Face à la colonisation française, Cheikh Amadou Bamba a mené une résistance strictement spirituelle et non violente. Inquiète de son influence grandissante, l'administration coloniale l'a exilé à deux reprises : d'abord au Gabon (1895–1902), puis en Mauritanie (1903–1907). Loin d'affaiblir son mouvement, ces épreuves ont renforcé la ferveur de ses disciples et nourri les récits de ses miracles.
  • ​La sainteté du travail : Le mouridisme se distingue par l'importance accordée à la valeur spirituelle du travail, de la discipline et de l'autonomie. Pour le Cheikh, le travail honnête est considéré comme le prolongement naturel de la prière.
  • ​La fondation de Touba : En 1887, il a fondé la ville sainte de Touba (qui signifie « Félicité » ou « Béatitude »). Aujourd'hui, Touba est une métropole religieuse autonome et abrite la Grande Mosquée, l'une des plus impressionnantes d'Afrique.
  • ​Le Grand Magal : Chaque année, des millions de pèlerins se rendent à Touba pour célébrer le Grand Magal. Cet événement majeur commémore le jour de son départ en exil au Gabon en 1895, vécu non pas comme un deuil, mais comme une action de grâce et une victoire spirituelle.

​Grand poète, il a laissé derrière lui une œuvre colossale composée de milliers de poèmes (khassaides) dédiés à Dieu et au Prophète Mouhammad, qui continuent d'être chantés chaque jour à travers le monde.

 

L'influence de Cheikh Amadou Bamba sur l'Occident ne s'exprime pas à travers des conquêtes territoriales ou un prosélytisme agressif, mais par le biais de la diaspora mouride, de la recherche académique et de la reconnaissance culturelle et politique à l'échelle internationale.

​Voici comment son héritage se manifeste concrètement en Europe et en Amérique du Nord :

​1. La Diaspora Mouride : Des ambassadeurs économiques et spirituels

​Partout dans les grandes métropoles occidentales (Paris, New York, Milan, Madrid), les disciples de Cheikh Amadou Bamba ont importé leur philosophie : lier la foi au travail acharné.

  • ​Les Dahiras : Les Mourides vivant en Occident se regroupent au sein de dahiras (associations religieuses). Ces structures servent de réseaux de solidarité pour les immigrés, mais aussi de centres de diffusion culturelle.
  • ​Le commerce urbain : Le dynamisme des commerçants mourides (notamment à Harlem à New York, ou dans le quartier de la Goutte d'Or à Paris) a marqué l'économie locale. À New York, la communauté est si respectée que la municipalité a officiellement dédié une journée au fondateur de la confrérie : le "Cheikh Amadou Bamba Day" est célébré chaque année le 28 juillet depuis la fin des années 1980.
​2. Le Modèle d'Intégration et de Paix

​À une époque où l'Occident s'interroge souvent sur la compatibilité de l'Islam avec la modernité et les valeurs occidentales, le mouridisme offre un contre-exemple marquant :

  • ​Un Islam de paix : La résistance pacifique de Cheikh Amadou Bamba face au colonialisme français est étudiée en Occident comme un modèle de non-violence, souvent comparé aux philosophies de Mahatma Gandhi ou de Martin Luther King.
  • ​Le respect des lois locales : Les directives des califes successifs (les successeurs de Cheikh Amadou Bamba) ont toujours enjoint aux disciples vivant en Occident de respecter scrupuleusement les lois des pays d'accueil, favorisant une intégration pacifique et un taux de criminalité particulièrement bas au sein de cette communauté.
​3. L'Intérêt Académique et Universitaire

​La vie, l'œuvre poétique (les Khassaides) et le modèle socio-économique fondés par le Cheikh captivent les chercheurs occidentaux.

  • ​De nombreuses universités de renom (comme la Sorbonne en France, ou Harvard et Columbia aux États-Unis) abritent des thèses, des livres et des départements de recherche dédiés à l'étude du mouridisme. Les chercheurs analysent comment une confrérie née en Afrique rurale a réussi à s'adapter avec un tel succès à la mondialisation et au capitalisme occidental.
​4. L'Impact Culturel : Art et Musique

​Le message de Cheikh Amadou Bamba a également touché l'Occident par le prisme de l'art.

  • ​La musique : Des artistes de renommée internationale comme Youssou N'Dour ont largement contribué à faire découvrir la figure du Cheikh en Occident, notamment avec son album Egypt (récompensé par un Grammy Award aux États-Unis), qui célèbre les figures du soufisme sénégalais.
  • ​Les expositions : De grands musées américains et européens (comme le Fowler Museum à Los Angeles) ont déjà consacré des expositions majeures à l'art visuel mouride, montrant comment l'image unique du Cheikh (basée sur la seule photo de 1913) est devenue une icône mondiale de protection et de spiritualité.

​En résumé, l'influence de Cheikh Amadou Bamba en Occident est celle d'un "soft power" spirituel et économique, porté par une communauté transnationale qui a su préserver son identité tout en s'ouvrant au monde moderne.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Soufisme, #Mourides, #Sénégal, #Molenbeek, #Molenbeek-Saint-Jean, #Islam

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