musiques traditionnelles marocaines

Publié le 26 Juillet 2026

L'Écho des Bardes : Le souffle du Melhoun dans les musiques actuelles

Que se passe-t-il lorsque la métrique savante des anciens bardes percute la culture club et la trap moderne ? Entre quête d'ancrage et désir d'émancipation, la nouvelle garde artistique maghrébine refuse de choisir entre tradition et avant-garde. En réinventant le Melhoun, cette génération ne fait pas du simple folklore : elle puise dans le Kalam (la parole) une matière brute pour raconter ses propres urgences et redéfinir la bande-son du monde arabe contemporain.

Mario Scolas

La mémoire du Melhoun—ce patrimoine poétique et musical pluricentenaire d'Afrique du Nord (notamment au Maroc et en Algérie)—ne dort pas dans les livres d'histoire. Aujourd'hui, une nouvelle vague d'artistes issus de la scène indie, hip-hop et électro se réapproprie ses métaphores, son rythme et ses modes musicaux pour façonner une identité contemporaine unique.

​Voici comment cette résonance s'articule à travers différents genres :

​1. Dans le Hip-Hop : L'art du "Kalam" et du storytelling

​Le Melhoun est avant tout une poésie populaire urbaine basée sur le Kalam (la parole ciselée), le jeu de rimes complexe et le récit de vie. Pour les rappeurs maghrébins, la filiation est naturelle.

  • L'héritage de la joute poétique : Tout comme les bardes du Melhoun (Chouara) rivalisaient de dextérité verbale, les artistes du hip-hop utilisent le Melhoun pour enrichir leur lexique (Darija) et construire des métaphores à plusieurs niveaux de lecture.
  • Sample et citations : Des producteurs et rappeurs échantillonnent directement des mélodies ou des voix de maîtres du Melhoun pour ancrer leurs morceaux dans une réalité locale tout en produisant un son moderne (ex. El Grande Toto, Lbenj ou la scène trap/rap marocaine et algérienne qui intègre ces sonorités traditionnelles).

​2. Dans l'Électro : Trance, rythmes profonds et club culture

​La scène électro underground maghrébine et de la diaspora (souvent qualifiée d'Electro-Chaâbi ou d'Arab Futurism) réinterprète la dimension mystique et le groove du Melhoun.

  • Hypnose et récurrence : Le Melhoun repose sur une structure progressive (la Qasida commence lentement puis monte en intensité). Les DJ et producteurs électro (comme Amine K, Kothar , ou des collectifs comme Arabstazy) utilisent cette montée en puissance pour créer des morceaux taillés pour les clubs, fusionnant kick synthétique et percussions traditionnelles (Taârija, Tar, Bendir).
  • Les voix patrimoniales sous les synthétiseurs : On assiste à des collaborations directes ou à des réarrangements où les mélismes (Hanane) du chant Melhoun sont posés sur des basses Deep House ou Techno, créant un contraste saisissant entre mémoire ancienne et futurisme sonore.

​3. Dans la scène Indie & Pop Alternative : Réinvention mélodique

​Les artistes indie-pop et folk alternative réinterprètent le Melhoun de façon plus intime, souvent en dépoussiérant l'orchestration instrumentale lourde pour la ramener à l'essentiel.

  • Réécriture et réappropriation des thèmes : Le Melhoun traite de l'amour, de la nostalgie (El Ghorba), de la nature et de la spiritualité. Des artistes comme Elida Almeida (dans d'autres registres) ou des projets alternatifs comme Nasser & Co, Ktab, ou N3RDISTAN (qui mêle poésie arabe classique/Melhoun, hip-hop et rock électro) redonnent vie à ces textes en les adaptant aux névroses et aux aspirations de la jeunesse actuelle.
  • Épuration acoustique : La guitare électrique, le synthétiseur vintage ou le violoncelle remplacent parfois le gimbri ou l'oud traditionnel, offrant une couleur indie tout en respectant les modes musicaux (Maqâmât) d'origine.

​Synthèse : Pourquoi cette mémoire résonne-t-elle aujourd'hui ?

Un besoin d'ancrage sans nostalgie fétichiste

Pour la nouvelle génération, s'inspirer du Melhoun n'est pas un simple acte folklorique. C'est une démarche d'affirmation culturelle : prouver que l'on peut faire de la musique ultra-moderne (Trap, Bass Music, Indie Rock) sans copier aveuglement les codes occidentaux, en puisant dans un réservoir d'images et de rythmes vieux de plusieurs siècles.

En définitive, la scène indie, hip-hop et électro maghrébine offre au Melhoun sa plus belle renaissance : celle de la rue et du dancefloor. En fusionnant l'héritage des bardes et l'audace des machines, ces artistes rappellent une vérité essentielle — la modernité n'a jamais consisté à oublier d'où l'on vient, mais à transformer ce que l'on a reçu en un cri résolument neuf.

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Publié dans #Malhoun, #melhoun marocain, #influences de fusion musicales, #Musiques traditionnelles marocaines

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Publié le 29 Avril 2022

Le genre musical dit de la Aïta est pratiqué dans les régions de Abda, Chaouia et Doukkala, c'est-à-dire dans l'axe Casablanca-Safi au Maroc, c'est à dire au confin où les tribus arabes et bédouines cultivent cet amour pour l'improvisation poétique. Aujourd'hui encore, beaucoup de groupes s'inspirent de leurs compositions qui restent d'actualité. L'art de Aïta s'inspire de la vie sociale de l'homme marocain et repose souvent sur le thème de l'Amour, le plaisir le beauté et la nature. Notons que cet art a connu son apparition dans les régions comme Safi, Casablanca, El Jadida, Beni Mellal, Khouribga, Marrakech ; Kalaât Sraghna, Kénitra, Khénifra et Taounat.

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Publié dans #Aïta, #Chikhates, #musiques traditionnelles marocaines, #Aïta Jabalia, #Maroc

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Publié le 23 Mars 2019

La 14e réunion annuelle de la commission de l’Unesco, qui doit se tenir à Bogota, du 9 au 14 décembre 2019, prendra par la suite la décision d’inclure ou non l’art Gnawa sur cette liste.
La 14e réunion annuelle de la commission de l’Unesco, qui doit se tenir à Bogota, du 9 au 14 décembre 2019, prendra par la suite la décision d’inclure ou non l’art Gnawa sur cette liste.
La 14e réunion annuelle de la commission de l’Unesco, qui doit se tenir à Bogota, du 9 au 14 décembre 2019, prendra par la suite la décision d’inclure ou non l’art Gnawa sur cette liste.

La 14e réunion annuelle de la commission de l’Unesco, qui doit se tenir à Bogota, du 9 au 14 décembre 2019, prendra par la suite la décision d’inclure ou non l’art Gnawa sur cette liste.

Les styles de musique surgissent du plus profond de nos êtres, là où le legs ancestral de l'expression collective se mélange aux effluves de l'expérience individuelle et de sa perception environnementale externe résonnante sur les cordes sensibles de notre entité interne. En cette matière, la musique nord-africaine constitue un échantillonnage culturel très riche, ayant survécu à la colonisation et à l'appauvrissement en se ressourçant, paradoxalement, dans la force réactionnaire des opprimés.

L'Hâl " ou La transe cabalistique du phénomène El ghiwan - par Khalid Benslimane)

La tradition orale est à la base un témoignage oculaire transmis oralement d’une génération à une autre avec l’éclectisme du verbe et la transmission codifiée qui la caractérise selon les diverses sociétés. Cette tradition orale représente toujours des témoignages oculaires dans sa genèse, celle-ci sera contée par les initiés très souvent, et seule cette tradition nous intéresse ici.

La tradition orale dans la sphère africaine

En décembre 2019, à Bogotá, le Maroc saura si la musique de transe Gnawa figurera sur la liste de l’Unesco.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Bogotá, #Colombie, #Unesco, #Maroc, #Musiques traditionnelles marocaines, #Gnawa, #2019

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