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Publié le 4 Septembre 2026

La Boîte à Musique ferme ses portes : adieu au temple bruxellois du disque classique

Par Mario Scolas

Fervent amateur de cette maison où j’ai toujours pu trouver le disque idéal, la discothèque idéale, c'est avec une profonde mélancolie que je vois s'effacer une page majeure de l’histoire culturelle bruxelloise. Établie au 74 de la rue du Coudenberg — dans un écrin architectural dessiné par le maître de l'Art nouveau Victor Horta —, La Boîte à Musique a définitivement baissé son rideau. Depuis 1935, cette enseigne tutélaire incarnait un sanctuaire pour les mélomanes, un lieu d'élection où la musique classique s'éprouvait, se transmettait et s'incarnait.

À l'heure où l'avènement du streaming s'impose en rouleau compresseur, cette disparition dépasse la simple cessation d'une activité commerciale : elle consacre l'effacement progressif d’un rapport charnel, intime et hautement humaniste à la culture.

 

​Une institution façonnée par l'exigence et la passion

​Fondée sur une rigueur absolue, cette maison familiale a traversé les décennies grâce à la ferveur de personnalités d'exception. À sa tête, le chevalier Bertrand de Wouters d'Oplinter, administrateur délégué et figure incontournable de la vie intellectuelle belge, a tenu la barre durant de longues années, conférant à l'établissement le prestigieux titre de Fournisseur breveté de la Cour de Belgique.

​Sous son impulsion, la boutique ne s'est jamais cantonnée à un rôle de simple diffusion. Elle s'est érigée en véritable actrice de la création phonographique en donnant naissance à des labels de référence tels que Pavane Records et Musica Ficta, s'engageant corps et âme pour la sauvegarde du patrimoine musical et la consécration d'interprètes d'élite.

​Du disque-objet au flux désincarné

​Durant près d’un siècle, l'acquisition d’une œuvre relevait du viatique. Rompre le film protecteur, contempler l'iconographie de la pochette, se plonger dans la substance critique du livret et s'imprégner de l'objet : autant de gestes tactiles qui conféraient à la création une densité artistique que le flux numérique, par sa nature immatérielle et évanescente, est impuissant à restituer.

​Le tout-numérique nous a certes affranchis au nom de l'efficacité et du nomadisme, mais au prix fort d'une standardisation. En réduisant la musique à un flux infini et anonyme, il encourage une consommation volatile, aux antipodes du recueillement qu'exigeait la contemplation du disque physique.

​Le disquaire : un herméneute irremplaçable

​Dans les méandres exigeants du répertoire classique, la plus haute valeur ajoutée de La Boîte à Musique résidait dans l'érudition de ses équipes. Face à une partition d'orfèvre signée Bach ou Beethoven, il existe autant de visions que de génies interprètes.

​Les libraires du son n'étaient point de simples marchands, mais de véritables passeurs d'âme :

  • Le comparatif éclairé : Ils guidaient le mélomane à travers les subtilités herméneutiques d'une version, expliquant de concert pourquoi telle lecture architecturale l'emportait sur une autre portée par le lyrisme ou la ferveur.
  • L’art de la maïeutique : Par leur éloquence et leur culture encyclopédique, ils éveillaient le désir d'exploration, métamorphosant l'acte d'achat en une quête esthétique inattendue.

​Ce magistère du conseil sur mesure, les algorithmes froids des plateformes ne sauraient en endosser l'habit. Une machine calcule des corrélations statistiques ; elle ne transmet point le frisson d'une épiphanie musicale partagée.

​Une lame de fond structurelle : les raisons d'une fermeture

​La chute de cette vigie culturelle ne relève pas d'un accident conjoncturel, mais bien d'une mutation sociétale profonde. Comme l'a sobrement souligné l'équipe de la maison, cette décision tragique entérine « l'évolution profonde et durable du marché du disque ».

​Plusieurs facteurs interconnectés ont eu raison de cette institution centenaire :

  • L'hégémonie de la commodité numérique : La bascule massive du public vers le streaming et l'écoute dématérialisée a provoqué l'effondrement global des ventes de supports physiques, y compris au sein du public classique.
  • L'asphyxie financière des indépendants : Maintenir une boutique spécialisée dotée d'un stock de haute exigence, nichée au cœur d'un quartier prestigieux et patrimonial de Bruxelles, génère des charges fixes considérables que les volumes de vente actuels ne parviennent plus à amortir.
  • Le coût de l'humain : Contrairement à une interface web automatisée, faire vivre un tel sanctuaire supposait d'investir dans des ressources humaines de haut vol — des experts et des conseillers qualifiés —, dont le modèle économique contemporain ne valorise plus le labeur.
​Vers une amnésie esthétique ?

​L'extinction de ce phare bruxellois appauvrit irrésistiblement le tissu vivant de notre cité. En perdant nos disquaires indépendants, nous abdiquons ces îlots de résistance contre l'uniformisation globale, ces espaces de flânerie où le hasard offrait de splendides épiphanies artistiques.

​L’agonie de La Boîte à Musique nous renvoie à ce constat d'une lucide amertume : à force de pactiser avec la seule commodité, nous avons subrepticement consenti à dilapider une parcelle essentielle de notre conscience artistique.

​SOURCES DOCUMENTAIRES ET ADMINISTRATIVES (NORME ISO 690)
​1. Documents institutionnels et brevets royaux
  • COUR DE BELGIQUE. Liste officielle des Fournisseurs brevetés de la Cour de Belgique : Arrêté de nomination et notices historiques des établissements titulaires. Bruxelles : Palais Royal, [s. d.]. Mention de l'attribution du brevet à la S.A. La Boîte à Musique.
  • BELGIQUE. BANQUE-CARREFOUR DES ENTREPRISES. Fiche signalétique et historique de la S.A. La Boîte à Musique. Numéro d'entreprise : BE 0446.216.430. Disponible en ligne : [https://kbopub.economie.fgov.be](https://kbopub.economie.fgov.be).
​2. Catalogues, production phonographique et archives de la maison
  • LA BOÎTE À MUSIQUE (Bruxelles). Catalogue général et notes de présentation de la S.A. La Boîte à Musique (divisions Pavane Records et Musica Ficta). Bruxelles : La Boîte à Musique, [s. d.].
  • PAVANE RECORDS / MUSICA FICTA. Notices phonographiques et directions artistiques sous la supervision du chevalier Bertrand de Wouters d'Oplinter. Bruxelles : La Boîte à Musique S.A., 1980–2026.
​3. Communications et sources professionnelles directes
  • DE WOUTERS D'OPLINTER, Bertrand et l'équipe de La Boîte à Musique. Communiqué officiel et note aux mélomanes : L'évolution du marché du disque et transition numérique de la boutique du 74 rue du Coudenberg. Bruxelles : La Boîte à Musique, 2025-2026. Disponible en ligne : [https://laboiteamusique.eu](https://laboiteamusique.eu).

 

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Disques, #musique classique, #Bruxelles, #Bozar

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Publié le 25 Janvier 2019

Considérée comme la «reine du qanun», la Syrienne Maya Youssef s'est formée aux traditions musicales arabe, turque, arménienne et azérie. À Londres, son pays d'adoption, elle a joué aux BBC Proms aux côtés de Damon Albarn. Son premier album, Syrian Dreams, est une ode à l'espoir, à la vie et à la paix.

Maya Youssef, «la reine du qanun», a eu une carrière atypique, c'est le moins que l'on puisse dire. Un jour, alors qu'elle n'avait que 9 ans, la jeune Syrienne prenait un taxi pour se rendre à l'Académie de musique de Damas où elle étudia le violon. Un morceau de qanun jouait à la radio ... Elle avait pris sa décision, elle jouerait du qanun! "Cet instrument est réservé aux hommes", a répondu le chauffeur de taxi; un avertissement qui n'a pas suffi à étouffer la détermination de Maya. Après une formation dans les traditions musicales arabe, turque, arménienne et azérie, la musicienne a déménagé en Angleterre où elle est apparue, entre autres, aux BBC Proms aux côtés de Damon Albarn (Blur, Gorillaz). Profondément émue par la guerre qui a affligé son pays natal, elle a décidé de lancer son premier album en 2017, Syrian Dreams, produit par Joe Boyd (Pink Floyd, Nick Drake ...). À BOZAR,

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Rédigé par Last Night in Orient

Publié dans #qanun, #Maya Youssef, #2019, #Bruxelles, #Concert, #Bozar

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Publié le 23 Mars 2018

Le projet s'appelle SOUTH MED CV, c'est-à-dire la valeur publique de la culture dans les pays du sud méditerranéen.

Le 10 avril 2018, South Med CV organisera sa dernière conférence en partenariat avec BOZAR. Southmed CV rapproche du centre de la sphère publique la culture en marge de la société dans les pays du Sud de la Méditerranée. Des acteurs inspirants du changement culturel venus d’Egypte, de Jordanie, du Liban, du Maroc et de Palestine discuteront de la façon dont des projets culturels et artistiques peuvent promouvoir les droits de l’homme et l’engagement civique.

Le 10 avril 2018, South Med CV organisera sa dernière conférence en partenariat avec BOZAR. Southmed CV rapproche du centre de la sphère publique la culture en marge de la société dans les pays du Sud de la Méditerranée. Des acteurs inspirants du changement culturel venus d’Egypte, de Jordanie, du Liban, du Maroc et de Palestine discuteront de la façon dont des projets culturels et artistiques peuvent promouvoir les droits de l’homme et l’engagement civique.

Mardi 10 avril 2018

Cette conférence marque la fin de trois années de travail intensif dans le cadre du projet SouthMed CV. Le public et les invités découvriront les réalisations de SouthMed CV et de ses 38 projets subventionnés, qui ont renforcé l’idée selon laquelle la culture peut avoir un impact social, économique et politique dans la région du Sud de la Méditerranée, et contribuer ainsi au développement humain durable dans la région.

Des acteurs inspirants du changement culturel venus d’Egypte, de Jordanie, du Liban, du Maroc et de Palestine discuteront de la façon dont des projets culturels et artistiques peuvent promouvoir les droits de l’homme et l’engagement civique dans la sphère publique. L’événement inclura aussi la présentation du livre « MAHATTAT » (« Gares »), qui illustre la dynamique culturelle qui était à l’œuvre sur la rive sud de la Méditerranée de 2015 à 2018, à travers le prisme de SouthMed CV.

11:30 -  14:00 Séance privée 

La séance privée se tiendra en présence de Son Altesse Royale la Princesse Wijdan bint Fawwaz Al Hashemi du Royaume hachémite de Jordanie, de représentants de BOZAR, d’Interarts et de l’UE, co-fondatrice de SouthMed CV dans le cadre du programme régional Med Culture. Oussama Rifahi (membre du Conseil du Fonds arabe pour les arts et la culture, Liban) et Ferdinand Richard (président du Fonds Roberto Cimetta, France) seront les principaux orateurs.

16:00 – 17:30 Séance publique

Pertinence et impact de SouthMed CV : la contribution de 38 projets bénéficiaires du développement durable de la région du Sud de la Méditerranée

- Sawsan Darwaza, directrice, Ma3Mal612 (Jordanie)
- Marina Barham, directrice, Al-Harah Theatre (Palestine)
- Hicham Bouzid, directeur artistique, Think Tanger (Maroc)
- Joana Hammour, manager, NAHNOO (Liban)
- Amr Hussein, PDG, Koshk Comics (Égypte)

Modérateurs:
- Toni Cots, responsable du projet SouthMed CV, Interarts (Espagne)
- Rania Kamhawi, Project Manager, The National Centre for Culture and Arts of King Hussein Foundation (Jordan)

17:30 – 18:00 Conclusions

- Mercedes Giovinazzo, directrice Interarts (Espagne)
- , opératrice artistique et chercheuse indépendante, évaluatrice externe de SouthMed CV (Palestine)

INFORMATIONS PRATIQUES

Date : Mardi 10 avril 2018 

Conference de presse  09:30 - 10:30 (Bar Victor, Center For Fine Arts)

Séance privée 11:30 -  14:00

Séance publique 16:00 - 18:00

Lieu : Rotonde Bertouille, Palais des Beaux-Arts, 23 Rue Ravenstein,  1000 Bruxelles

Prix : entrée libre, inscription

Financé par : Commission européenne
Partenaire Structurel : Evens Foundation
Partenaires : German commission for UNESCO, Interarts, BAC Arts Centre (Tunisie), Khayal Arts & Education (Liban), Gudran Association for Art and Development (Egypte), National Centre for culture and arts of the King Hussein Foundation (Jordanie)
Dans le cadre de : Med Culture
 

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Rédigé par Last Night in Orient

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