aymara

Publié le 29 Septembre 2026

​Musique aymara en Bolivie

​Par Mario Scolas

Mardi 29 septembre 2026

 

​Sur l’Altiplano bolivien, la production sonore du peuple Aymara ne relève pas du divertissement : elle constitue un système sémiotique et cosmologique indissociable de l'organisation sociale, des cycles agraires et de la relation au sacré.

​1. Organologie et typologie instrumentale

​L’univers organologique aymara s'appuie sur les ressources de l’écosystème local — roseaux, bois et peaux — pour dialoguer avec la nature :

  • ​Les flûtes de pan (sikus ou zampoñas) : instrument emblématique fondé sur la structure bipolaire (arca et ira) et la technique du hocket (interlock), où la mélodie est partagée entre deux musiciens (de la ch'uli aiguë à la sanka grave).
  • ​Les flûtes aérophones (quenas et quenachos) : flûtes traversières à encoche favorisant des phrasés mélodiques plus intimes.
  • ​Les instruments de cortège (mohoceqos, pinkullos et tarkas) : flûtes et trompes verticales, dont les tarkas en bois monoxyle au timbre saturé.
  • ​Les membranophones (bombo et tambor) : percussions assurant l'assise rythmique et chorégraphique.

​2. Structure sociale et cosmique

​Dans la société aymara, la musique est un acte totalisant régi par des principes stricts :

  • ​Le suma qamaña (le bien-vivre) : l'exécution collective exclut la virtuosité solipsiste pour privilégier l'harmonie et l'interdépendance communautaire.
  • ​Le calendrier agraire : les répertoires sont strictement saisonniers. Les tarkas se jouent durant la saison des pluies (jallupacha), tandis que les sikus dominent à la saison sèche et lors des récoltes (aymuray).
  • ​La fonction rituélique : chaque offrande musicale (ch'alla) est adressée à la Pachamama (la Terre-Mère) et aux achachilas (les esprits protecteurs des montagnes).

​3. Mutations contemporaines

​Si les grands rituels cycliques et le Carnaval d'Oruro perdurent, la musique aymara a fait l'objet d'une patrimonialisation. Dès les années 1960-1970, dans le sillage de la Nueva Canción, des groupes comme Los Kjarkas ou Savia Andina ont fusionné les structures préhispaniques avec des apports occidentaux (guitare, charango), propulsant le folklore bolivien sur la scène transnationale.

​Bibliographie sélective

  • ​BAUMANN, Max Peter. Andean Music: Symbolic Dualism and Cosmology. The World of Music, 1996, vol. 38, no. 2, pp. 29-50.
  • ​CÁRDENAS TUESTA, Carlos. La música indígena en el Altiplano: identidad, cosmovisión y ritualidad. La Paz : Plural Editores, 2012.
  • ​MEDINACELI, Carlos. La picaresca andina y los sikuris: ensayo sobre las expresiones musicales de la nación aymara. Sucre : Universidad San Francisco Xavier, 1989.
  • ​MENDOZA, Zoila S. Shaping Society through Dance: Mestizo Ritual Performance in the Peruvian Andes. Lima : Fondo Editorial PUCP, 2001.
  • ​TURINO, Thomas. Moving Away from Silence: Music of the Peruvian Altiplano and the Experience of Urban Migration. Chicago : University of Chicago Press, 1993.
  • ​TURINO, Thomas. Music in the Andes: Experiencing Music, Expressing Culture. New York : Oxford University Press, 2008.
  • ​WENDSCAFF, Arturo. Sikus y tarkas: Arqueología del sonido en los Andes bolivianos. La Paz : Editorial 3 de Febrero, 2005.

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Publié dans #Musique bolivienne, #Aymara

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Publié le 2 Juin 2022

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Le vice-président bolivien, David Choquehuanca, a exhorté tous ceux qui souhaitent participer le 21 juin à la célébration du nouvel an aymara, andin, amazonien et chaco 5530 dans le temple Tiwanaku à s'abstenir de manger de la viande, de boire de l'alcool et d'avoir des relations sexuelles. 40 jours avant.

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Publié dans #Aymaras, #Aymara, #Bolivie, #Religion, #David Choquehuanca

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Publié le 1 Avril 2022

Abya Yala est le nom choisi en 1992 par les nations indigènes d'Amérique pour désigner l'Amérique au lieu de le nommer d'après Amerigo Vespucci bien que ce nom ait été utilisé pour la première fois en 1507 par le cosmologiste Martin Wakdseemüller1.
L'expression « Abya Yala » vient de la langue des Kunas, un peuple indigène de l'isthme de Panama qui utilise cette expression pour nommer ce territoire, qui correspond à la Région du Darién (à cheval sur l'actuel Panama et la Colombie)2.

Les mots signifient « terre dans sa pleine maturité ». Le leader indigène aymara Takir Mamani a proposé que tous les peuples indigènes des Amériques nomment ainsi leurs terres d'origine, et utilisent cette dénomination dans leurs documents et leurs déclarations orales, arguant que « placer des noms étrangers sur nos villes, nos cités et nos continents équivaut à assujettir notre identité à la volonté de nos envahisseurs et de leurs héritiers. »

Bien que les différents peuples autochtones qui habitent le continent attribuent leurs propres noms aux régions qu'ils occupent –Tawantinsuyu, Anauhuac, Pindorama–, l'expression  Abya Yala  est de plus en plus utilisée par eux dans le but de construire un sentiment d'unité et d'appartenance3.

Notes et références

  1. ↑ « Abya Yala — Enciclopédia Latinoamericana » [archive], sur latinoamericana.wiki.br (consulté le )
  2. ↑ « Abya Yala — Enciclopédia Latinoamericana » [archive], sur latinoamericana.wiki.br (consulté le )
  3. ↑ « Abya Yala — Enciclopédia Latinoamericana » [archive], sur latinoamericana.wiki.br (consulté le )

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