racisme

Publié le 2 Décembre 2019

L’UNESCO votera sur la rupture de ses liens avec le carnaval d’Alost

L’UNESCO votera sur la rupture de ses liens avec le carnaval d’Alost

En 1997 s’est tenue à Marrakech, à l’initiative d’intellectuels marocains et de l'Unesco, une réunion au cours de laquelle a été défini le concept de « patrimoine oral de l’humanité », et décidé d’établir une distinction pour la préservation et la mise en valeur des « chefs-d’œuvre » de ce patrimoine.

On entend par patrimoine culturel immatériel les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. Aux fins de la présente Convention, seul sera pris en considération le patrimoine culturel

— Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

L'UNESCO applique une politique de tolérance zéro contre toutes les formes de harcèlement et de racisme.

Cette année, le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel se réunira à l’Agora Bogotá Centro de convenciones à Bogota en Colombie, du 9 au 14 décembre. Ce sera la première fois que le Comité se réunira dans la région Amérique latine et Caraïbes.

María Claudia Lopez Sorzano, Secrétaire à la Culture, aux Loisirs et aux Sports de la ville de Bogotá, présidera cette quatorzième session. Elle est la première femme à la tête de la capitale, elle est aussi écolo et homo. 

Pendant six jours, les membres du Comité examineront les développements récents dans la mise en œuvre de la Convention. Dans ce contexte, le Comité examinera les lignes directrices sur la meilleure façon de sauvegarder le patrimoine vivant dans les situations d'urgence. Unia considérait que le char caricaturant des juifs ne violait pas la loi sur le racisme.

Le Comité poursuivra également sa réflexion sur les moyens d'améliorer la participation des organisations non gouvernementales à la mise en œuvre de la Convention. Dans le cadre du suivi des éléments inscrits sur les listes du patrimoine culturel immatériel, le Comité évoquera le cas du Carnaval d'Alost (Belgique), inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel en 2010. Le projet de résolution évoque l’édition 2019 – qui avait suscité l’indignation ainsi que des accusations d’antisémitisme – et plusieurs autres antécédents, notamment celui d’un char qui, en 2009, montrait des hommes habillés en Juifs orthodoxes, au nez crochu, qui arboraient des symboles palestiniens. Dans la ville flamande d’Alost, le carnaval voit défiler annuellement, avant le mercredi des Cendres, un char « représentant des juifs orthodoxes au nez crochu, entourés de rats et juchés sur des sacs d’argent ». En 2013, un char du carnaval d'Alost ressemblait à un wagon de train utilisé pour le transport les Juifs vers les camps de la mort. « Une affiche sur le wagon montrait des politiciens belges flamands déguisés en Nazis et tenant des bonbonnes présentées comme contenant du Zyklon B », le poison utilisé pour exterminer les Juifs dans les chambres à gaz pendant la Shoah. Accusé d'antisémitisme pour l'avoir dans un premier temps soutenu au titre de la transgression carnavalesque, le maire Christoph D’Haese décide le 1er décembre 2019 de retirer son carnaval de la liste du patrimoine de l’humanité de l'Unesco où il était inscrit depuis 2010, avant que l'organisme de l'ONU ne le fasse.

Ceci amènera certainement aux conclusions que que les événements folkloriques, tels que le carnaval, soient à l’avenir davantage «inclusifs». Il faut davantage travailler sur les «stéréotypes qui conduisent aux préjugés, qui à leur tour peuvent causer de la discrimination». Le monde éducatif et associatif belges ont un rôle à jouer dans ce domaine.

    

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Antisémitisme, #Racisme, #Unesco, #Carnaval d’Alost, #Patrimoine culturel immatériel, #Belgique

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Publié le 28 Août 2019

Le blackface est un mode de stylisation du corps qui implique le « noircissement » et l'exagération des lèvres, des cheveux et des traits phénotypiques associés aux personnes d'origine africaine.

Les militants décoloniaux dénoncent plusieurs personnages folkloriques en particuliers : les Noirauds, les Basoulous de Basècles, le Sauvage d’Ath, Magnon dit le « diable cornu » et le Père Fouettard, compagnon de Saint Nicolas lors de la distribution annuelle de cadeaux aux enfants sans oublier les chars négrophobes du carnaval d'Alost dont les autorités locales ont même défendu leur cas auprès de l’Unesco en mettant en avant la notion de liberté d’expression.

Grimé de noir, le “Sauvage” est décrit sur le site officiel de la Ducasse d’Ath comme un personnage qui “témoigne du goût de l’exotisme du 19e siècle”. Apparu en 1856, ce personnage symbolisait surtout la fascination malsaine des Occidentaux de l'époque par rapport aux populations d'Afrique subsaharienne, considérées comme "des sauvages" (le nom du personnage ne doit rien au hasard). "Le Sauvage est un personnage grimé de noir et affublé de toute une série de signes avilissants tels qu’attribués aux Noirs par nos sociétés racistes à travers l’histoire", dénonce l'association Bruxelles Panthers. "Gros nez, grosses lèvres rouges, tenues « tribales », boucle dans le nez, chaînes au cou et aux poignets, etc. ; à cela s’ajoute un comportement agité". En effet, son rôle est de "faire rire le public et faire peur aux enfants" .

Le racisme anti-noirs encore désigné sous le vocable « négrophobie » est la forme de racisme qui bénéficie le moins de visibilité sociale et médiatique. Que ce soit en Europe ou plus spécifiquement en Belgique, cette forme de racisme et la lutte qui en découle viennent en dernière position en termes de présence ou de prise en charge dans la société. Cette invisibilité sociale et médiatique est due essentiellement à des raisons historiques, sociales et politiques.

Ce genre de traditions de négrophobie qui souillent la réputation de la Belgique. Cet héritage esclavagiste et colonial belge a laissé de graves séquelles qui nourrissent, encore en 2019, de forts préjugés de mythes. J'ai cru que la société belge avait tourné la page de la colonisation, ce n'est pas le cas.

Didier Reynders est fier d'être un "Noiraud". En Belgique, en plus des séquelles laissées dans la société par l’esclavage, la colonisation belge au Congo, au Rwanda et au Burundi a créé une propagande puissante soutenue par des appuis politiques, sociaux, économiques et financiers conséquents. Cette propagande a laissé un héritage qui entraîne encore de nos jours des préjugés sur la perception du Noir par les autres composantes de la société. 

Didier Reynders est fier d'être un "Noiraud". En Belgique, en plus des séquelles laissées dans la société par l’esclavage, la colonisation belge au Congo, au Rwanda et au Burundi a créé une propagande puissante soutenue par des appuis politiques, sociaux, économiques et financiers conséquents. Cette propagande a laissé un héritage qui entraîne encore de nos jours des préjugés sur la perception du Noir par les autres composantes de la société. 

…nous avons dit, dans notre traité sur la Poétique, combien il y a d’espèces de plaisanteries, dont une partie s’accorde avec le caractère de l’homme libre, l’autre non: vous devez donc veiller à n’en prendre que ce qui est en harmonie avec votre personne. L’ironie est plus digne de l’homme libre que la bouffonnerie; par le rire, l’ironiste cherche son propre plaisir, le bouffon celui d’autrui.

Aristote

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Publié le 26 Août 2019

Décidément, le racisme et la négrophobie en Belgique, quand bien même certains s'évertueraient à les nier, ont encore de beaux jours devant eux. Le racisme n’est pas inné, il se transmet. Un racisme "pernicieux" bien ancré. Ce personnage "sauvage"(...) est symptomatique du problème que nous avons en Belgique avec l'histoire coloniale de notre pays.

Un carnaval sans racisme favorise le respect entre les personnes et une société ne se développe pas si une partie de sa population est déshumanisée et ses droits bafoués.

Lorsque l'égalité d'accès aux droits et la promotion de la citoyenneté gagnent, toute la société est gagnante.

Last Night in Orient - LNO ©

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Unesco, #Ducasse d’Ath, #Racisme, #black faces, #Belgique, #négrophobie, #esclavage, #Audrey Azoulay, #Blackface

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