Publié le 14 Septembre 2026
Par Mario Scolas — Last Night in Orient, le 14 septembre 2026
Il y a des livres qui ne se contentent pas d'être lus. Ils agissent comme une secousse, une boussole intérieure qui réveille des envies que l'on n'osait à peine formuler. L'Alchimiste a été de ceux-là pour moi. Cette quête intemporelle de la « Légende Personnelle » m'a profondément marqué, me faisant réaliser que la peur de la routine et du regard des autres était bien plus dangereuse que l'inconnu. Ce livre m'a invité à quitter les sentiers tracés pour enfin vivre selon mes propres désirs, oser la rencontre et prendre la plume.
Ce qui me touche infiniment chez Paulo Coelho, bien au-delà de sa sagesse, c’est l'homme derrière l'œuvre. Sa jeunesse a été marquée par de rudes épreuves, notamment le rejet et la violence subis au sein de sa propre famille. Dans le Brésil bourgeois et conservateur de cette époque, son tempérament rebelle, sa sensibilité artistique et son irrépressible désir de devenir écrivain étaient jugés inacceptables, perçus par ses parents comme une forme de folie qu'il fallait absolument briser. Interné à plusieurs reprises et soumis à des traitements lourds pour le faire entrer dans le moule, il a frôlé l'anéantissement.
Mais de cette souffrance, il a su faire une force, transformant le plomb de ce passé douloureux en une écriture lumineuse. C'est cette résilience qui rappelle que nos blessures peuvent devenir le terreau de notre liberté. C'est de cet élan de vie qu'est né Last Night in Orient.
Au départ, tout est parti d'une rêverie : cette pensée intime que nous avons tous, un jour, pour une dernière journée, une dernière nuit. J'ai eu envie d'explorer ces instants en mettant en scène les cultures arabes, et par-dessus tout, leurs musiques. Parce que la mélodie est un langage universel, j'ai voulu en faire le cœur de mes partages.
Cependant, voyager ne laisse jamais indemne. S'imprégner de ces cultures, c'est accepter de se laisser transformer. Je pense au musée du Baron d'Erlanger à Sidi Bou Saïd, suspendu entre ciel et mer, ou encore à cette escapade inouïe dans l'archipel de Kerkennah. Là-bas, le temps s'arrête, et l'on découvre une générosité et une hospitalité rares. Ce sont ces havres de paix humaine qui remettent l'autre à sa juste place : celle d'un trésor.
Pourtant, on ne peut contempler la beauté du monde tout en restant sourd aux fractures qui le traversent.
Créer ce blog a rapidement pris une autre dimension : celle d'un refuge. C'est ce qui m'a permis de prendre de la hauteur face au vacarme des réseaux sociaux, où l'on ne croise trop souvent que le mépris, la haine et la déshumanisation. Face à cette violence numérique, Last Night in Orient est devenu mon espace de résistance, un îlot de dignité.
C'est pourquoi cette lutte contre l'intolérance m'a naturellement poussé à élargir mes horizons, en plongeant dans les sciences humaines, la philosophie, la sociologie et la sociolinguistique. Aujourd'hui, j'analyse les discours de notre époque à travers ces grilles de lecture pour décortiquer les mécanismes de la haine. La beauté des paysages et des arts doit inévitablement s'accompagner d'une pensée critique face aux mots qui blessent et divisent.
Voir l'accueil que vous réservez à mes écrits, chers lecteurs, est la plus belle des récompenses. C'est la preuve que ce chemin de traverse, nourri par les routes de la Méditerranée et le refus de la fatalité, résonne aussi en vous.
Et vous, quelle est la boussole ou le livre qui vous a poussé à oser votre propre chemin ?
La vie est un voyage.
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