Publié le 9 Octobre 2026

C’est incroyable mais vrai : Hitler Mussolini gagne des élections au Pérou

​Rassurons-nous d’emblée : il ne s’agit évidemment pas des dictateurs ressuscités. Pourtant, la réalité vient à nouveau de dépasser la fiction. Au Pérou, un homme politique vient de remporter une élection municipale sous un nom à faire frémir l’Histoire : Hitler Mussolini Simeón Flores.

​Dans le petit district de Queropalca, niché au cœur de la région de Huánuco, les électeurs ont rendu leur verdict. Au terme d’un scrutin serré, c’est ce candidat péruvien — aux convictions parfaitement pacifistes — qui s’est imposé en tête avec 34,5 % des voix.

​Un patronyme hors du commun

​Rien à voir, donc, avec le tyran du IIIᵉ Reich ni avec le Duce italien. Le nouveau maire n’a d’autre ambition que de développer sa commune rurale. Pour faire campagne auprès des habitants, il privilégiait d’ailleurs le surnom bien plus chaleureux de « Musho ». Mais sur les registres officiels de l’état civil péruvien (le RENIEC), son identité s’affiche en toutes lettres.

​Comment expliquer un tel choix ? Dans plusieurs zones rurales du Pérou, baptiser un enfant avec des prénoms historiques ou issus de la culture populaire est une coutume courante. Les parents privilégient souvent des sonorités jugées « imposantes » ou « originales », sans mesurer la tragédie mondiale qu’elles évoquent. Dans les registres du pays, Hitler et Mussolini côtoient ainsi en toute simplicité des citoyens nommés Napoléon, Churchill, Dólar ou même Superman !

​Pourquoi aucune réaction du CRIF ?

​Face à cette victoire rocambolesque, aucune organisation de mémoire — à commencer par le CRIF en France — n’a jugé bon de réagir. La raison en est simple : il ne s’agit ni d’une provocation, ni d’une apologie du totalitarisme, mais d’une méconnaissance historique lors de l’enregistrement de sa naissance. N’ayant choisi ni ses prénoms ni l’héritage des dictateurs qu’ils rappellent, le candidat ne véhicule aucune idéologie haineuse. Les observateurs internationaux y voient donc une étrangeté de l’état civil local plutôt qu’un message politique.

​Un enjeu très pragmatique

​Si l’annonce de son élection a déclenché une vague virale sur les réseaux sociaux et dans la presse internationale, les priorités à Queropalca demeurent très concrètes : routes, budget municipal et soutien aux agriculteurs locaux.

​Il n’en reste pas moins qu’avec ce succès électoral, cet homme au nom invraisemblable entre malgré lui dans les annales des curiosités politiques globales. Une preuve de plus que parfois, la réalité ne manque pas d’ironie !

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Pérou

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Publié le 9 Octobre 2026

Le Journal Télévisé de 13 h de la RTBF Info est tombé dans le piège de la spectacularisation

​Par Mario Scolas pour Last Night in Orient — 9 octobre 2026

​À l’heure où l'information se consomme dans l'urgence, le Journal Télévisé de 13 h de la RTBF a récemment offert un cas d'école de ce que la sociologie des médias nomme la spectacularisation. En choisissant d'ouvrir son édition sur les violences commises en marge d'une manifestation, la chaîne publique a commis un choix éditorial lourd de sens, illustrant une distorsion de la réalité démocratique.

​Pour comprendre l'impact de ce choix, il faut d'abord se tourner vers la dramaturgie télévisuelle. Soumis à la tyrannie du chronomètre, le journal cherche instinctivement à capter l'attention par le choc visuel. Le mélodrame l'emporte alors sur l'analyse, réduisant une crise sociale complexe à un affrontement manichéen où le fait politique est rétrogradé au rang de fait divers sécuritaire.

​Cette mise en scène obéit à une théorie du cadrage redoutable : en imposant d'emblée un cadre policier à l'événement, le JT verrouille l'interprétation du téléspectateur. La crise n'est plus lue comme un cri de détresse sociale, mais comme une menace directe à l'ordre public. Ce procédé engendre une criminalisation de la protestation d'une violence symbolique inouïe. En plaçant l'agitation d'une minorité en tête de gondole, le journal invisibilise la masse des citoyens qui expriment un désaccord légitime dans le calme, amalgamant l'ensemble du cortège à ses franges violentes.

​Pire encore, cette exposition nourrit une prophétie auto-réalisatrice bien connue des sociologues de la déviance. Les groupes radicaux, parfaitement conscients des règles du jeu médiatique, savent qu'une vitre brisée garantit un prime-time. En leur offrant cette vitrine, les médias — et en premier lieu le service public — deviennent les complices d'une stratégie de la tension. <div></div>

​Mais cette dérive s'ancre aussi dans une profonde fragilité institutionnelle. Alors que la RTBF face à des coupes budgétaires massives exigées par la Fédération Wallonie-Bruxelles, la question de l'indépendance éditoriale se pose avec acuité. Un média public étranglé financièrement et soumis à la dictature de l'audimat présente une vulnérabilité structurelle. On assiste dès lors à une forme d'homologie structurale entre les intérêts du pouvoir en place — soucieux de disqualifier la fronde sociale — et les choix de programmation d'une institution fragilisée, incitée à privilégier le consensus mou ou le sensationnalisme au détriment d'enquêtes de fond exigeantes.

​C'est précisément là que l'erreur de la RTBF devient impardonnable. Contrairement aux acteurs privés, le service public est financé par la collectivité pour être un garant du débat démocratique. En troquant la rigueur contre le frisson de l'image choc, l'institution manque à son mandat premier.

​Ce spectacle permanent est un scandale déontologique inacceptable. Face à ces dérives, l'avenir de notre démocratie d'information dépend d'un sursaut collectif : par un droit de regard et une exigence citoyenne accrus, le public doit rappeler le service public à ses devoirs fondamentaux. L'information publique doit impérativement redevenir le miroir fidèle des rapports de force réels de notre société, affranchie des pressions et de la mise en scène de ses excès, pour que pareille faute ne se reproduise plus.

Bibliographie (Norme universitaire ISO 690) avec extraits analytiques
  1. ​BECKER, Howard Saul. Outsiders: études de sociologie de la déviance. Paris: Métailié, 1985. ISBN 978-2-86424-039-5.
    • ​Extrait / Éclairage : « Les règles créent la déviance en l'appliquant à des personnes particulières et en les étiquetant comme des outsiders. » (Cette approche éclaire la prophétie auto-réalisatrice et la façon dont les médias étiquettent les mouvements sociaux).
  2. ​BOURDIEU, Pierre. Sur la télévision. Paris: Liber, 1996. ISBN 978-2-912107-00-4.
    • ​Extrait / Éclairage : « La télévision tend à accorder un privilège extraordinaire à tout ce qui est spectaculaire, dramatique, divers, au fait divers qui fait sensation. » (Fondement direct du concept de spectacularisation du journal télévisé analysé dans votre tribune).
  3. ​CHOMSKY, Noam et HERMAN, Edward S. La Fabrication du consentement: de la propagande médiatique en démocratie. Traduit de l'anglais par Nicolas Chevalier. Paris: Agone, 2008. ISBN 978-2-7489-0072-9.
    • ​Extrait / Éclairage : « Les médias servent à mobiliser l'appui public en faveur des intérêts spéciaux qui dominent l'activité étatique et privée. » (Soutient l'analyse d'économie politique et l'homologie structurale entre le pouvoir et le service public fragilisé).
  4. ​DELLA PORTA, Donatella et DATES, Ansgar (dir.). Transnational Protest and Global Activism. Lanham: Rowman & Littlefield Publishers, 2005. ISBN 978-0-7425-1820-5.
    • ​Extrait / Éclairage : « Public authorities and media frames often converge to criminalize dissent, reducing complex political mobilizations to public order issues. » (Appuie le mécanisme de criminalisation de la protestation et le déplacement du stigmate sécuritaire).
  5. ​ENTMAN, Robert M. Framing: Toward Clarification of a Fractured Paradigm. Journal of Communication, 1993, vol. 43, no. 4, pp. 51–58. ISSN 0021-9916.
    • ​Extrait / Éclairage : « Framing essentially involves selection and salience. To frame is to select some aspects of a perceived reality and make them more salient in a communicating text. » (Définit la théorie du cadrage journalistique et la mise en avant artificielle de la violence).
  6. ​GOFFMAN, Erving. Les Cadres de l'expérience. Paris: Éditions de Minuit, 1991. ISBN 978-2-7073-1384-5.
    • ​Extrait / Éclairage : « Les cadres primaires permettent à l'individu d'en andosser ou d'en décoder la signification, organisant les événements sociaux selon des schémas d'interprétation prescriptifs. » (Sert de base conceptuelle au verrouillage de l'interprétation par le JT de la RTBF).
  7. ​NEVEU, Erik. Sociologie du journalisme. 4e éd. Paris: La Découverte, 2019. ISBN 978-2-7071-9721-4.
    • ​Extrait / Éclairage : « Le journalisme est traversé par des contraintes économiques et politiques structurelles qui pèsent lourdement sur la fabrique de l'information et l'autonomie des rédactions. » (Éclaire la vulnérabilité institutionnelle et les pressions budgétaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles).

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Journalisme, #Presse, #Presse poubelle, #2006

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Publié le 9 Octobre 2026

Le jazz belge : chronique d’une exception permanente, entre héritage et avant-garde

​Article publié sur Last Night in Orient le 9 octobre 2026.

​Si l'on associe spontanément la Belgique à sa tradition brassicole ou à son art pictural, les mélomanes avertis savent qu'elle constitue, depuis plus d'un siècle, l'un des foyers les plus stimulants d'Europe pour le jazz. Loin des sentiers balisés, la scène belge cultive une singularité rare : une capacité inouïe à honorer ses filiations tout en dynamitant les frontières esthétiques.

​Des fondations mythiques aux maîtres de l'intime

​Impossible d’aborder cette vitalité sans en convoquer les racines fondatrices. Comment ne pas songer à Django Reinhardt, né à Liberchies, dont le génie virtuose a révolutionné la guitare et cofondé le jazz manouche ? À ses côtés, l’immense Toots Thielemans a élevé l’harmonica chromatique au rang de noble voix soliste, s'invitant sur les scènes des plus grands, de Miles Davis à Quincy Jones.

​Cette exigence de l’excellence mélodique a ensuite été transmise, au tournant des décennies, par des passeurs d’exception — du pianiste Michel Herr aux explorations métissées du trio Aka Moon. Aujourd’hui, elle trouve de superbes prolongements contemporains : des figures tutélaires comme le pianiste et compositeur Ivan Paduart — dont le lyrisme raffiné et la complicité historique avec Toots Thielemans incarnent la quintessence de l’élégance européenne — côtoient des esprits libres de la trempe de Bram De Looze. Ce dernier, par une approche incisive du clavier, symbolise à merveille cette génération qui conjugue l'urgence de l'improvisation à une science consommée de la composition.

​La « New Wave » ou le décloisonnement radical

​La véritable signature du jazz belge contemporain réside toutefois dans son refus des étanches frontières. Nourrie par la porosité naturelle entre Bruxelles, la Wallonie et la Flandre — et soutenue par l'archivage précieux de labels historiques comme Igloo ou W.E.R.F. —, la scène s'affranchit des dogmes académiques pour épouser les pulsations des musiques actuelles. Le jazz y devient perméable, s'acoquinant avec l'électronica, le hip-hop, la club culture ou les textures ambient.

​À l'avant-garde de cette effervescence, plusieurs propositions artistiques redéfinissent le paysage :

  • ​Nala Sinephro, harpiste et productrice d'origine bruxelloise établie à Londres, tisse un jazz ambient et spirituel d'une grâce absolue, unanimement salué par la critique internationale.
  • ​Des collectifs organiques tels qu'Echt!, Tukan ou le trio KAU injectent l’énergie crue des machines et des textures électroniques au cœur d'une interprétation pourtant jouée en live, redessinant les contours du groove urbain.
  • ​Des batteurs visionnaires comme Antoine Pierre, à la tête de projets transversaux à l'instar de VAAGUE, bousculent les structures rythmiques traditionnelles pour accoucher d'une fusion hautement organique.
​Un écosystème au diapason de la création

​Cette effervescence ne doit rien au hasard. Elle prospère grâce à un maillage d’institutions audacieuses — de la programmation pointue du Flagey ou de la Jazz Station à Bruxelles jusqu’aux scènes plus intimes en région — qui font écho à la curiosité insatiable d’un public fidèle.

​Qu'il se fasse chambre, acoustique et introspectif, ou qu’il se love dans les brumes électroniques d’une fin de nuit urbaine, le jazz belge s'impose plus que jamais comme un art en perpétuel mouvement. Une boussole précieuse, à savourer le moment venu, les yeux fermés.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Jazz, #Jazz belge

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