Publié le 26 Septembre 2026

​Peut-on peindre la mer en son entier ? Les ondes poétiques et universelles de Julos Beaucarne

​Par Mario Scolas, auteur du blog Last Night in Orient — 26 septembre 2026

 

​Il est des rencontres qui marquent une vie entière, des présences lumineuses dont la trace ne s'efface jamais. J'ai eu le grand privilège de connaître Julos Beaucarne, d'aller le visiter chez lui, à Tourinnes-la-Grosse, au cœur de cette Belgique terrienne et vibrante qu'il incarnait si bien. C'est donc avec un immense plaisir, traversé de nostalgie et d'une profonde admiration, que je souhaite lui rendre hommage aujourd'hui sur Last Night in Orient.

​Julos était de ces artistes rares qui refusent les formats étriqués. Conteur aux mains nues, musicien de l'âme et passeur d’humanité, il a façonné un univers où la poésie n'est pas un simple exercice de style, mais une manière essentielle d'habiter le monde, de le relier et de le panser. Pourtant, il me semble qu'on ne célèbre pas encore assez la grandeur de ce troubadour moderne. Pour réparer cet oubli et insuffler un vent d'audace, je repense à l'un de ses textes les plus vertigineux : ce conte poétique intitulé « Peut-on peindre la mer en son entier ? ».

​L'art comme un débordement du réel

​L’histoire nous entraîne dans les pas d'un souverain déchu, contraint à l'exil, qui emporte sous son bras une toile inachevée : un fragment de son palais au bord de l'eau, où la mer n'a jamais été tout à fait terminée. Des années plus tard, son fils, héritier du trône et prisonnier de la froide grisaille d'un monde désenchanté, exige du vieux peintre de la cour qu'il achève enfin cette mer fantasmée.

​C'est ici que s'opère le miracle du conte. Ce que Julos nous murmure à travers ces mots, c’est que l'art est infiniment plus vaste et puissant que la vie brute. Lorsque le vieux peintre reprend ses pinceaux pour poser les ultimes touches, la magie est telle que l'eau se met littéralement à déborder de la toile. L'illusion, portée à son paroxysme de vérité, submerge le réel. N'écoutant que son pinceau, l'artiste dessine alors une barque, un mât et un vent vigoureux, avant de s'y embarquer pour disparaître à jamais à l'horizon de sa propre création.

​Pourquoi ce texte résonne dans notre nuit

​Dans l'esprit d'ouverture et de dialogue qui anime notre espace ici, cette parabole résonne comme un manifeste intime. Elle nous rappelle des vérités indépassables :

  • ​L'imaginaire est un territoire insubmersible : On ne peut enfermer ni l'océan ni la liberté de l'esprit humain. L'art brise tous les cadres qu'on veut lui imposer.
  • ​Le voyage et la mémoire : À travers l'exil ou le manque, la nostalgie ne devient jamais un frein ; elle se transfigure en un formidable moteur de création pure.

​Rendre hommage à Julos Beaucarne, c'est refuser la tiédeur de l'époque. C'est accepter de se laisser submerger par la marée montante de la poésie, là où les frontières s'effacent pour laisser toute la place à l'immensité.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

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Publié le 26 Septembre 2026

Sur les pas de « nénène » : un mot, une tante, un pan de notre mémoire wallonne
Sur les pas de « nénène » : un mot, une tante, un pan de notre mémoire wallonne

​Dans les souvenirs de famille, certains mots possèdent une saveur irremplaçable. Ils traversent les époques et portent en eux une tendresse infinie. C’est le cas de « nénène », un terme profondément ancré dans les traditions de la Wallonie. Mais d'où vient ce diminutif qui, dans votre foyer, désignait si affectueusement votre tante Bernadette ?

​En Belgique francophone, ce mot de patois possède une riche histoire. S'il désignait à l'origine la marraine ou la grand-mère dans le folklore wallon, il est surtout devenu un surnom d'une grande douceur pour les tantes chéries. Dans les familles d'autrefois, il servait à adoucir les prénoms et à tisser un lien de proximité immédiate avec les enfants. Appeler sa tante Bernadette « nénène », c'était saluer une figure protectrice et chaleureuse, dont la présence illuminait le quotidien.

​Bien que ces parlers régionaux se soient longtemps transmis uniquement à l'oral, on retrouve l'esprit de ces surnoms affectueux dans la littérature de terroir et les dictionnaires de patois, témoins de notre patrimoine intime.

​Plus qu'un simple mot, nénène reste le plus beau gardien d'un lien familial précieux, prouvant que les plus belles histoires s'écrivent d'abord avec les mots du cœur.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Wallonie, #Wallon

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Publié le 26 Septembre 2026

​Quand Bad Bunny inspire le Brésil : « Lo que le pasó a Hawái » au cœur de la campagne de Lula

​La musique possède ce pouvoir unique de transcender les frontières et de porter des luttes universelles.

L'actualité récente nous en offre une nouvelle illustration éclatante : l'équipe de campagne du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a obtenu l'autorisation d'adapter le puissant morceau de l'artiste portoricain Bad Bunny, « Lo que le pasó a Hawái », pour rythmer sa course à l'élection.

​Une fusion percutante entre la pop urbaine engagée des Caraïbes et la ferveur des grands hymnes de mobilisation brésiliens.

​Un hymne à la souveraineté et à la défense des territoires

​À l'origine, ce titre fort de Bad Bunny est un cri de contestation, une ode poignante à la défense de l'identité territoriale face à la spéculation, au déplacement des populations et à l'emprise extérieure.

​Pour les besoins de la campagne brésilienne, le morceau a été méticuleusement traduit et adapté en portugais, tout en conservant sa mélodie immédiatement identifiable. Le texte transpose habilement le message d'origine pour exalter la souveraineté nationale, la protection des ressources naturelles du pays — comme ses rivières et ses écosystèmes — et son autonomie face aux convoitises étrangères.

​Un coup de maître culturel et stratégique

​Au-delà de la simple bande sonore, ce spot publicitaire s'impose comme une véritable réussite artistique et communicationnelle :

  • ​Une résonance artistique forte : La vidéo est magnifiquement portée par des figures incontournables de la culture brésilienne, à l'image du célèbre acteur Wagner Moura, dont la stature ancre le message dans l'histoire et l'identité du pays.
  • ​Un dynamisme générationnel : En s'associant à l'univers d'une des plus grandes stars de la musique mondiale actuelle, la campagne parvient à captiver les jeunes générations et à galvaniser une base militante séduite par cette alliance entre rythmes entraînants et conscience politique.
  • ​Une conclusion marquante : Le clip s'achève sur une déclaration limpide de Lula, rappelant avec force que « Le Brésil n'a qu'un seul propriétaire : le peuple brésilien ».

​Pour les amateurs de musique et de pop culture engagée, voir un artiste de la trempe de Bad Bunny — dont l'œuvre questionne constamment l'impact du capitalisme sur les peuples — résonner ainsi dans le paysage politique sud-américain démontre à quel point la musique demeure le plus beau langage pour unir les peuples autour de la dignité et de la préservation de leurs terres.

La chanson « Lo que le pasó a Hawái » de Bad Bunny est un cri du cœur profondément engagé qui aborde des thèmes sociaux et politiques cruciaux, notamment liés à l'identité, à la spéculation immobilière et au déplacement des populations locales :

  • ​La défense des terres et des racines : Dès les premières minutes, le texte évoque la beauté des paysages intérieurs (« dans le monte vert, on peut respirer, les nuages sont plus près ») tout en dénonçant l'expulsion des habitants locaux par la corruption et la spéculation (« un autre de plus qui est parti, il ne voulait pas partir en pleurant, mais le corrupteur l'a expulsé ») [00:58].
  • ​La menace de la gentrification et du tourisme de masse : La chanson critique frontalement ceux qui s'approprient les richesses naturelles et les espaces de vie des communautés (« ils veulent m'enlever la rivière et aussi la plage, ils veulent mon quartier et que grand-mère s'en aille ») [01:21].
  • ​L'avertissement de Hawaï : Le titre fait référence au drame de la colonisation moderne et de la marchandisation à outrance subies par Hawaï, servant d'avertissement pour éviter que le même sort ne soit réservé à d'autres îles ou territoires menacés par la vente de leurs terres aux plus offrants (« je ne veux pas qu'on te fasse ce qui est arrivé à Hawaï ») [01:35].
  • ​La nostalgie et la résistance : Le morceau exprime la douleur de l'exil forcé (« ici personne n'a voulu partir et celui qui est parti rêve de revenir ») [02:18], tout en appelant à la dignité, à la résistance culturelle et à ne pas céder face aux pressions extérieures (« ne lâche pas le drapeau ») [01:35].

​BAD BUNNY - LO QUE LE PASÓ A HAWAii (Visualizer)

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Bad Bunny, #Brésil

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