Publié le 18 Septembre 2026

La mort du « allô » : quand la Génération Z et la cybersécurité redessinent nos coups de fil

La mort du « allô » : quand la Génération Z et la cybersécurité redessinent nos coups de fil

Par Mario Scolas pour Last Night in Orient

18 septembre 2026

 

​De Paris à Bruxelles, le scénario est devenu quotidien : un numéro inconnu s'affiche sur l'écran du smartphone, on décroche, et c'est le grand silence.

​Depuis l'invention de la téléphonie, le vénérable « allô » (ou « hallo » chez nos voisins belges néerlandophones) a été notre réflexe universel. Un automatisme linguistique transmis de génération en génération, répété machinalement, et qui n'a plus aucun sens concret dans nos conversations modernes. Mais aujourd'hui, ce petit mot traverse sa plus grande crise existentielle, car il est en train de devenir un piège.

​Le double danger des temps modernes : IA et appels silencieux

​Derrière la recrudescence des appels intempestifs se cache une menace redoutable : le clonage vocal par intelligence artificielle.

​Le piège est bien rodé. Un enregistreur automatisé vous appelle et reste muet quelques secondes. Votre réflexe immédiat ? Lancer un « Allô ? » bien net. C'est exactement ce que cherchent les escrocs. Cet échantillon de votre voix est capté et injecté dans des logiciels génératifs pour cloner votre timbre vocal. Résultat : les pirates peuvent ensuite appeler vos proches en se faisant passer pour vous, simulant une fausse urgence pour leur soutirer de l'argent.

​Le grand renversement générationnel : quand la Gen Z donne la leçon aux baby-boomers

​Habitués à sermonner les plus jeunes sur leur prétendue dépendance aux écrans ou leur téléphonophobie, les baby-boomers feraient bien aujourd'hui de s'inspirer de leur progéniture. La Génération Z nous offre une véritable leçon de pragmatisme et de cybersécurité.

​En refusant de décrocher à l'aveugle, en attendant que l'interlocuteur parle le premier ou en filtrant systématiquement les appels, les jeunes court-circuitent les cybercriminels. Ce qu'on qualifiait un peu vite de caprice technologique s'avère être une habitude d'une efficacité redoutable. Paradoxalement, ce sont aujourd'hui les enfants et petits-enfants qui doivent rééduquer leurs aînés et leur transmettre ce réflexe de survie numérique.

​Mon choix personnel : tolérance zéro avec les inconnus

​À l'ère de l'hyper-sollicitation, la meilleure défense reste de fermer la porte à double tour. Personnellement, j'ai adopté une règle radicale : je ne réponds jamais aux inconnus, ni par téléphone, ni par les applications de messagerie comme Messenger, Facebook ou WhatsApp.

​Si un profil ou un numéro ne fait pas partie de mon cercle de confiance, c'est le silence radio immédiat. Si la démarche est légitime et importante, un véritable interlocuteur saura trouver un autre moyen de se faire identifier. Ignorer les inconnus n'est pas de l'impolitesse, c'est le prix de la tranquillité.

​Les bons réflexes pour contrer les arnaques au quotidien

​Puisque les tentatives de fraude se multiplient, voici quelques règles d'or à partager autour de vous :

  • Ne dites jamais « Allô » ou « Oui » en premier : Si vous décidez de décrocher face à un numéro non enregistré, restez silencieux et attendez que la voix en face se manifeste.
  • Méfiez-vous de tous les canaux : Les escrocs ne passent plus seulement par les appels vocaux, mais s'invitent sur vos messageries. Le principe reste le même : pas de réponse aux profils inconnus.
  • Instaurez un mot de passe familial : Face au risque d'IA vocale, convenez d'une question secrète avec vos proches pour déjouer les fausses urgences financières.
  • Signalez les fraudes : En France, pensez à utiliser la plateforme 33700 pour les spams vocaux et SMS ou la plateforme Pharos. En Belgique, tournez-vous vers Safeonweb ou le point de contact officiel du SPF Économie.

​Conclusion

​Le « allô » a fait son temps. À l'ère des arnaques 2.0 et du clonage vocal, ce qui n'était qu'une simple habitude linguistique séculaire est devenu une vulnérabilité numérique. En adoptant la culture du silence, la jeune génération nous rappelle avec brio que se protéger des menaces d'aujourd'hui demande parfois de réinventer nos automatismes les plus anciens. Désormais, face à l'inconnu, le meilleur bouclier reste le silence.

À vous la parole : Et vous, faites-vous partie de ceux qui filtrent tout, ou décrochez-vous encore par habitude ? Partagez vos astuces ou vos expériences en commentaire !

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Scammer, #Smartphones, #2006

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Publié le 17 Septembre 2026

L’affaire Freddy Mortier à l’Université de Gand : entre défense des règles et légitimation du pire
L’affaire Freddy Mortier à l’Université de Gand : entre défense des règles et légitimation du pire

Par Mario Scolas, Last Night in Orient — 17 septembre 2026

 

​La rentrée universitaire belge a offert le spectacle saisissant d’une institution prise en étau entre ses propres dogmes procéduraux et la réalité des luttes idéologiques contemporaines. Lors de la cérémonie de proclamation de la faculté des Lettres et de Philosophie de l’Université de Gand (UGent), le 16 septembre 2026, l’intervention de Freddy Mortier, professeur d’éthique et vice-recteur de l'institution, a provoqué une onde de choc au sein de l'amphithéâtre. En choisissant de consacrer une partie de son allocution à la critique du traitement institutionnel réservé au chercheur américain Nathan Cofnas — dont les écrits ont été largement stigmatisés pour leur caractère raciste —, le professeur a déclenché la colère ouverte des étudiants, marquant les soubresauts d'un malaise profond au sein de l'académie.

​L’incompréhension légitime d'une jeunesse vigilante

​La réaction des étudiants, caractérisée par des huées nourries et un départ massif de la salle, ne relève pas d'une simple incivilité conjoncturelle ; elle exprime une exigence morale fondamentale. Pour la communauté étudiante, le formalisme procédural invoqué par la vicariance académique ne saurait servir de bouclier à la propagation, même indirecte, de thèses délétères. En effet, l'argumentaire du professeur Mortier, axé sur la défense de la régularité des procédures disciplinaires et la dénonciation de ce qu'il a qualifié de « lynchage interne », a été perçu comme une minimisation intolérable de la violence intrinsèque des théories de Nathan Cofnas.

​Le cœur du désaccord réside dans une fracture de perception : là où certains voient dans la stricte observation des règles le rempart ultime contre l'arbitraire, d'autres considèrent que l'université ne saurait se retrancher derrière une neutralité bureaucratique lorsqu'elle est confrontée à des doctrines qui nient l'égale dignité des êtres humains.

​Le piège de l'instrumentalisation : de l'extrême droite aux droites libérales et conservatrices

​Ce cas d’école met également en lumière les périls d’une récupération politique cynique qu’il convient de nommer avec rigueur. Il serait intellectuellement malhonnête de céder à l'équivalence facile en renvoyant dos à dos les extrêmes. L'extrême droite ne représente pas une simple opinion divergente sur un échiquier politique symétrique : elle constitue, par essence, une pensée de l'exclusion, de la hiérarchisation et du rejet de l'autre. C'est précisément cette matrice idéologique que charrient les travaux de Nathan Cofnas.

​Cependant, la porosité de ces thématiques s'étend bien au-delà des seules marges radicales. Des figures et des courants de la droite classique ou nationaliste — à l'instar de positionnements observés au sein du spectre libéral et conservateur, notamment par des personnalités proches de mouvements comme le Mouvement Réformateur (MR) ou la N-VA — s'emparent régulièrement de ces controverses pour alimenter une rhétorique anti-intellectuelle ou fustiger une prétendue « rectitude politique » sur les campus. En se posant fallacieusement en champions de la liberté d’expression, ces acteurs banalisent des idées fondées sur la discrimination. Le malaise exprimé par les observateurs lucides naît précisément de cette faille : en privilégiant une défense tatillonne des rouages institutionnels, l'université risque d'offrir une respectabilité de façade à des thèses qui sapent les fondements de l'humanisme démocratique.

​Quand la procédure étouffe l’éthique : l’angle mort philosophique

​Sur un plan strictement philosophique, cette controverse met en lumière le piège d'un formalisme abstrait dissocié de toute responsabilité morale. En tant que professeur d'éthique, Freddy Mortier a choisi de placer son intervention sur le terrain de la stricte déontologie procédurale, postulant que la règle doit primer indépendamment des sujets traités. Or, une telle posture rate l'essence même de l'éthique appliquée : l'université ne peut se réfugier derrière une neutralité bureaucratique lorsqu'elle traite de doctrines qui nient l'universalité des droits humains. Confondre la défense des rouages institutionnels avec la légitimation passive de thèses d'exclusion constitue une cécité morale que la jeunesse universitaire, à juste titre, refuse d'admettre.

​Vers quelle boussole académique ?

​L'incident de Gand consacre la faillite d'une vision purement technocratique de l'éthique universitaire. Il pose avec une acuité redoutable la question de la responsabilité des institutions d'enseignement supérieur : l'université peut-elle se contenter d'être un sanctuaire procédural aveugle aux dynamiques de domination qu'elle abrite, ou doit-elle assumer des lignes rouges éthiques infranchissables ?

​En voulant défendre la pureté de la règle, le professeur Freddy Mortier a paradoxalement mis en lumière l’urgence d'une refonte de la boussole morale des institutions académiques. Car si la liberté de recherche est un pilier indérogeable de la démocratie, elle ne saurait prospérer sur la négation des droits fondamentaux sans perdre son âme — et s'exposer, à juste titre, à la résistance intransigeante de sa jeunesse.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Nathan Cofnas

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Publié le 17 Septembre 2026

Pourquoi mon Greyhuahua se prend-il pour un loup ? (Le mystère du chien silencieux)

Par Mario Scolas | Last Night in Orient | 17 septembre 2026

​Avoir un chien à la maison, c’est généralement s'attendre à un minimum d'animation : des aboiements de joie à l'arrivée, des alertes au passage des promeneurs ou des jappements d'impatience. Mais que faire lorsque votre compagnon refuse obstinément d'émettre le moindre son au quotidien, sauf... si vous diffusez une piste audio sur votre smartphone ?

​C’est précisément le cas avec mon propre Greyhuahua de 7 ans — aussi appelé affectueusement Grey Wawa, ce charmant croisement entre un Chihuahua et un Petit Lévrier Italien. S'il sait parfaitement donner de la voix, il ne le fait jamais spontanément, réservant ses vocalises pour chanter comme un loup, la tête en arrière !

​D'où vient ce comportement aussi surprenant qu'attachant ? Décryptage d'un mélange génétique unique.

​1. Le paradoxe génétique : entre Chihuahua et Lévrier

​Pour comprendre ce silence habituel, il faut se pencher sur ses origines. Le Chihuahua a la réputation d'être un petit chien « bavard », toujours prompt à s'exprimer. À l'inverse, le Petit Lévrier Italien (PLI) est un canidé naturellement très discret. Les lévriers chassent à vue et non à la voix ; ils n'ont jamais été sélectionnés pour aboyer ou faire office de gardiens.

​En héritant du tempérament calme et réservé du lévrier, le Greyhuahua ne ressent tout simplement pas le besoin viscéral de japper pour un oui ou pour un non. Un véritable atout pour la vie en appartement !

​2. Le mystère du smartphone : pourquoi réagit-il aux sons ?

​S'il reste totalement muet face aux bruits familiers du foyer, un son émis par votre téléphone (qu'il s'agisse d'un aboiement ou d'un signal particulier) déclenche une réaction instantanée. Ce phénomène s'explique par deux mécanismes principaux :

  • Le réflexe de communication sociale (contagious barking) : pour lui, entendre un congénère équivaut à un message. Il ressent alors le besoin de participer ou de répondre, un peu à la manière d'un appel au sein d'une meute.
  • L'effet de surprise et la curiosité : un son inhabituel capte immédiatement son attention et réveille son instinct d'interaction avec vous.
​3. Quand le chien se prend pour un loup

​Le clou du spectacle reste sa façon de réagir. Plutôt que de pousser de petits aboiements aigus, il lève majestueusement la tête pour émettre un son long et mélodieux, digne d'un film de loups.

​Les lévriers et les petits croisements proches de leurs instincts ancestraux conservent souvent ce mode d'expression plus primitif. En adoptant cette posture tête levée, il maximise la portée de sa voix pour communiquer à sa façon.

​En résumé

​À 7 ans, mon Greyhuahua a beau afficher le gabarit d'un Chihuahua, il cultive la sagesse silencieuse d'un lévrier et l'âme d'un petit loup. S'il choisit de s'exprimer uniquement sur sollicitation, c'est avec une distinction toute particulière !

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Greyhuahua, #Chiens, #Chihuahua

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