Publié le 18 Septembre 2026

Saint-Josse-ten-Noode : La vraie vie d’un « village-monde » loin des caricatures

Par Mario Scolas (pour Last Night in Orient) — 18 septembre 2026

​Bruxelles est une métropole vibrante, mais elle sert trop souvent de cible à un débat politique et médiatique ultra-polarisé. D'un côté, les sorties et écrits permanents de responsables du Mouvement Réformateur — à commencer par son président Georges-Louis Bouchez — ciblent sans répit les communes populaires. De l'autre, des plateaux télévisés au sensationnalisme stérile, dignes d'une « presse poubelle » à l'image de certains formats vus sur LN24, s'engouffrent dans cette brèche pour y déverser des polémiques futiles. En réduisant ces territoires à des clichés anxiogènes pour faire de l'audience ou de la petite politique, ce double venin empoisonne le débat public.

​Pour les Bruxellois qui y résident au quotidien, ce mépris extérieur est non seulement fatigant, mais profondément injuste. Il est grand temps de balayer ces stéréotypes de salon pour rappeler ce qui fait la véritable richesse de Saint-Josse-ten-Noode.

​1. Le piège du prêt-à-penser politique

​Voir des politiciens qui ne vivent pas à Bruxelles ériger les quartiers populaires en boucs émissaires est une source constante d'exaspération. À travers une rhétorique calculée, le MR tente de transformer Saint-Josse en symbole de tous les maux.

​Pourtant, la réalité de terrain est aux antipodes de ces caricatures. Loin des communiqués hors-sol, la plus petite commune du pays est un carrefour multiculturel dense où des milliers d'habitants construisent leur vie avec dignité, courage et solidarité.

​2. Un moteur institutionnel et de solidarité indispensable

​Loin d'être en marge, Saint-Josse est un véritable pôle névralgique pour l'ensemble de la Région bruxelloise :

  • Le cœur battant de l'emploi : C’est précisément sur l'avenue de l'Astronomie que se trouve le siège central d'Actiris, l'office bruxellois de l'emploi, faisant de la commune un point d'ancrage stratégique pour l'insertion socioprofessionnelle de tous les Bruxellois.
  • Un tissu associatif d'une vitalité hors pair : Face aux défis sociaux, la commune s'appuie sur des structures de terrain extrêmement actives. Des acteurs comme Apprenti-Sage et Avenir (soutien scolaire et encadrement des jeunes), La Barricade (éducation permanente et alphabétisation), Amazone (centre pour l'égalité des genres) ou encore le Centre Culturel Arabe tissent chaque jour un lien social irremplaçable.
​3. Une effervescence culturelle et humaine majeure

​Réduire Saint-Josse à ses défis socio-économiques relève de l'erreur grossière. La commune possède un rayonnement culturel et artistique exceptionnel :

  • Un carrefour de création : Du mythique Botanique — dont les serres et les salles de concert attirent des mélomanes de tout le pays — aux initiatives de proximité, la commune pulse au rythme d'une culture exigeante et accessible.
  • Une terre d'ancrage et d'inspiration : Saint-Josse nourrit l'imaginaire de nombreux créateurs. Qu'il s'agisse de talents nés sur ses pavés (comme le réalisateur Ismaël Saidi) ou d'artistes et de figures engagées qui y ont élu domicile (à l'instar du musicien Marc Grauwels, du chanteur Bénabar ou du journaliste Dan Alexe), tous partagent le même constat : ici, la mixité humaine insuffle une énergie créative unique en son genre.
​En résumé

​Les habitants de Saint-Josse n’ont que faire des jugements péremptoires, des écrits stigmatisants du Mouvement Réformateur ou des vains procès d'intention de la « presse poubelle ». La vraie vie de Saint-Josse, c'est celle de ses habitants, de ses artistes, de ses travailleurs sociaux et de ses associations qui font vivre ce « village-monde » avec une chaleur et un panache que les polémistes envient en secret.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Saint-Josse Ten Noode, #Bruxelles, #Mouvement Réformateur

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Publié le 18 Septembre 2026

Anatomía de la mentira de Estado: de Ramsés II a la era de las guerras cognitivas en 2026

Publicado por Mario Scolas — Last Night in Orient

Fecha: 18 de septiembre de 2026

​« Cuando estalla la guerra, la primera víctima es la verdad. » Si esta célebre frase resuena con tanta fuerza, es porque toca una realidad implacable: la fabricación del consentimiento y la manipulación de la información no son invenciones de la era moderna. Al contrario, hunden sus raíces en el origen mismo de los conflictos armados. Antes incluso de empuñar la espada, los dirigentes de todas las épocas han comprendido que, para vencer, primero debían armar las mentes.

​La inmemorial fábrica del relato bélico

​Si la propaganda contemporánea encontró a sus teóricos más agudos en el siglo pasado, su historia es milenaria. Ya en el siglo XIII antes de nuestra era, cuando el faraón Ramsés II estuvo al borde del desastre militar frente a los hitites en la batalla de Kadesh, la realidad cedió el paso a la versión oficial. De regreso a Egipto, el soberano mandó grabar en los muros de sus templos un relato grandioso en el que derrotaba a solas al enemigo, transformando un revés táctico en un triunfo incontestable.

​Esta necesidad imperiosa de moldear lo real atraviesa los siglos. En la antigua Roma, incapaz de atacar frontalmente a un rival político sin desatar el caos, el futuro emperador Augusto orquestó una vasta campaña de difamación y falsas noticias contra Marco Antonio y Cleopatra, logrando metamorfosear una guerra civil en un fervor patriótico unánime. Siglos más tarde, con la llegada de los ejércitos nacionales y el servicio militar de masas, la propaganda cambió de escala: ya no bastaba con convencer a una corte, era necesario movilizar a pueblos enteros.

​Arthur Ponsonby: la arqueología de las noticias falsas

​Había que esperar al término de la Primera Guerra Mundial para que un observador riguroso sometiera esta maquinaria a un análisis clínico. En 1928, el pacifista británico Arthur Ponsonby publicó Falsehood in Wartime, una obra pionera donde desentrañó cómo las propias democracias fabrican la adhesión al conflicto.

​Lejos de quedarse en la abstracción, Ponsonby actuó como un verdadero médico de la información. Al examinar minuciosamente comunicados oficiales, discursos y portadas de la época, sacó a la luz casos de estudio sorprendentes. Documentó, por ejemplo, la disparatada rumeorología sobre aquellos supuestos trenes secretos que habrían transportado tropas rusas cubiertas de nieve a través de Gran Bretaña en 1914 —una auténtica alucinación colectiva alentada por un Estado ávido de sostener la moral de la retaguardia—. Analizó asimismo la siniestra fabricación del terror (atrocity propaganda), relatos macabros inventados de cero para indignar a las naciones neutrales y doblegar toda resistencia moral.

​Ponsonby sentó así una premisa fundamental: la propaganda no es una anomalía pasajera ni un desvío moral, sino un engranaje estructural de la guerra.

​La estructura en espejo y la psicología de las masas

​Lo más fascinante de la tesis de Ponsonby es comprobar cómo todos los bandos —desde Francia hasta Alemania— empleaban exactamente los mismos recursos retóricos, limitándose a invertir los papeles.

​¿Por qué funciona esta maquinaria con tanta eficacia, incluso entre las poblaciones más instruidas? Sencillamente porque la propaganda no apela jamás al debate racional ni al matiz. Sabe que la guerra exige certezas absolutas y se nutre de los recovecos más profundos de la psicología humana mediante resortes inmutables:

  • La inversión de los roles, que convierte al agresor en víctima legítima.
  • La personalización del villano, reduciendo un complejo tablero geopolítico a la figura maléfica de un único dirigente.
  • La sacralización de la causa, ocultando las luchas de poder tras la defensa abstracta de la civilización o la libertad.
  • El monopolio de la verdad, que descalifica de inmediato cualquier atisbo de crítica equiparándolo con la traición.
​¿Por qué urge releer a Ponsonby en 2026?

​Desde los bajorrelieves de Abu Simbel hasta las granjas de troles, los deepfakes generados por inteligencia artificial y los flujos vertiginosos de nuestras redes sociales, la lección atraviesa los milenios intacta. En 2026, en plena era de las guerras cognitivas y de una polarización geopolítica feroz, los métodos se han industrializado, pero la gramática de la manipulación sigue siendo exactamente la misma.

​Releer hoy a Arthur Ponsonby ya no es un mero ejercicio de erudición histórica, sino un ejercicio elemental de higiene mental. Es el arte de cultivar esa saludable duda metódica frente a los discursos unívocos que, ayer como hoy, nos exigen renunciar al espíritu crítico bajo la coacción de la urgencia o de la concordia.

​Bibliografía
  • Bloch, Marc. Reflexiones de un historiador sobre las falsas noticias de la guerra. (Edición original de 1921).
  • Ellul, Jacques. Propagandes.
  • Morelli, Anne. Principios elementales de la propaganda de guerra (utilisables en caso de guerra fría, caliente o tibia).
  • Ponsonby, Arthur. Falsehood in Wartime: Containing an Assortment of Numerous Lies Circulated Throughout the Nations During the Great War. Londres: George Allen & Unwin Ltd., 1928. (Edición en castellano de referencia).

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Publié le 18 Septembre 2026

​Anatomie du mensonge d'État : de Ramsès II à l'ère des guerres cognitives en 2026

Publié par Mario Scolas — Last Night in Orient

Date : 18 septembre 2026

​« Quand la guerre éclate, la première victime est la vérité. » Si cette formule célèbre résonne avec autant d'acuité, c'est qu'elle touche à une réalité implacable : la fabrique du consentement et la manipulation de l'information ne datent pas de l'ère moderne. Bien au contraire, elles sont aussi anciennes que les conflits armés eux-mêmes. Avant même de brandir le glaive, les dirigeants de tous les temps ont compris qu'il leur fallait d'abord armer les esprits.

​L'immémoriale fabrique du récit de guerre

​Si la propagande contemporaine a trouvé ses plus grands cliniciens au siècle dernier, ses racines plongent profondément dans l'Antiquité. Déjà au XIIIe siècle avant notre ère, lorsque le pharaon Ramsès II frôle la catastrophe militaire face aux Hittites lors de la bataille de Qadesh, la réalité cède le pas face à la communication officielle. De retour en Égypte, le souverain fait graver sur les murs de ses temples un récit grandiose où il terrasse à lui seul ses ennemis, transformant une défaite tactique en un triomphe éclatant.

​Ce besoin vital de façonner le réel traverse l'histoire. À Rome, ne pouvant attaquer frontalement un citoyen sans risquer le chaos politique, le futur empereur Auguste orchestre une vaste campagne de diffamation et de fausses nouvelles contre Marc Antoine et Cléopâtre, métamorphosant une guerre civile en un sursaut patriotique universel. Plus tard, avec l'avènement des armées nationales et de la conscription de masse, la propagande change d'échelle : il ne s'agit plus seulement de convaincre une cour, mais de mobiliser des peuples entiers.

​Arthur Ponsonby : l'archéologie des « fausses nouvelles »

​Cependant, il faut attendre le lendemain de la Première Guerre mondiale pour qu'un observateur rigoureux passe cette machinerie au scalpel. En 1928, le pacifiste britannique Arthur Ponsonby publie Falsehood in Wartime, un ouvrage pionnier où il dissèque la manière dont les démocraties elles-mêmes fabriquent l'adhésion au conflit.

​Loin des théories abstraites, Ponsonby adopte la posture d'un clinicien de l'information. En épluchant les communiqués officiels, les discours et la presse de l'époque, il met au jour des cas d'école sidérants. Il documente par exemple la rumeur folle des trains secrets transportant prétendument des troupes russes « couvertes de neige » à travers la Grande-Bretagne en 1914 — une pure hallucination collective entretenue par un État soucieux de nourrir le moral de l'arrière. Il analyse également la redoutable manufacture de la terreur (atrocity propaganda), ces récits macabres forgés de toutes pièces pour indigner les opinions neutres et briser les dernières résistances morales.

​Ponsonby énonce alors une évidence fondatrice : la propagande n'est pas un accident de parcours ou une déviance, c'est une composante structurelle de la guerre.

​La structure miroir et la psychologie des foules

​Là où la démonstration de Ponsonby fascine, c'est lorsqu'il démontre que tous les belligérants — de la France à l'Allemagne — utilisent exactement les mêmes ficelles rhétoriques en inversant simplement les rôles.

​Pourquoi cette mécanique fonctionne-t-elle avec une telle efficacité, y compris auprès des populations les plus éduquées ? Parce que la propagande ne cherche jamais à convaincre par la nuance ou le débat rationnel. Elle sait que la guerre exige des certitudes absolues et vient flatter les penchants les plus profonds de la psychologie humaine en activant des leviers immuables :

  • L'inversion des rôles, transformant l'agresseur en victime légitime.
  • La personnalisation du « diable », réduisant un conflit géopolitique complexe à la figure maléfique d'un seul dirigeant.
  • La sacralisation de la cause, masquant les rivalités de puissance derrière la défense de la civilisation ou de la liberté.
  • Le monopole de la vérité, qui disqualifie instantanément toute voix critique en l'assimilant à la trahison.
​Pourquoi faut-il relire Ponsonby en 2026 ?

​Des bas-reliefs d'Abou Simbel aux fermes à trolls, aux deepfakes générés par intelligence artificielle et aux flux continus de nos réseaux sociaux, la leçon traverse les millénaires sans une seule ride. En 2026, à l'heure des guerres cognitives et d'une polarisation géopolitique mondiale exacerbée, les méthodes se sont industrialisées à une vitesse fulgurante, mais la grammaire de la manipulation reste rigoureusement identique.

​Relire Arthur Ponsonby aujourd'hui ne relève donc pas du simple exercice d'histoire littéraire : c'est un véritable acte d'hygiène mentale. C'est l'art d'entretenir ce doute méthodique indispensable face aux récits univoques qui, hier comme aujourd'hui, nous somment d'abandonner notre esprit critique au nom de l'urgence ou de la concorde.

​Bibliographie
  • Bloch, Marc. Réflexions d'un historien sur les fausses nouvelles de la guerre. Paris : Allia, 2011 (texte original de 1921).
  • Ellul, Jacques. Propagandes. Paris : Armand Colin, 1962 (rééd. Economica, 2008).
  • Morelli, Anne. Principes élémentaires de la propagande de guerre (utilisables en cas de guerre froide, chaude ou tiède). Bruxelles : Éditions Aden, 2001.
  • Ponsonby, Arthur. Falsehood in Wartime: Containing an Assortment of Numerous Lies Circulated Throughout the Nations During the Great War. Londres : George Allen & Unwin Ltd., 1928. (Édition française de référence : Le Mensonge en temps de guerre, Paris : Les Éditions Rivages, 2018).

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