Publié le 13 Octobre 2026

​Penser la Révolte en 2026

​Par la rédaction de Last Night in Orient

​Évoquer la mémoire du communisme belge sur un espace dédié aux circulations culturelles et aux pensées critiques peut surprendre. Pourtant, la Méditerranée et l’Europe partagent un même fil invisible : celui des luttes anti-fascistes, de l’émancipation humaine et du refus des fatalités économiques.

​Né en septembre 1921 de la jonction entre le groupe de Joseph Jacquemotte et les Jeunes Gardes Socialistes de War Van Overstraeten, le Parti Communiste de Belgique (PCB) n’a jamais été un simple appareil électoral. Il fut un laboratoire d'idées, un moteur syndical de combat et une armée de l'ombre dans la nuit de l'Occupation. Plus d'un siècle plus tard, son empreinte conserve une acuité intellectuelle et politique singulière.

​De la mine à la Résistance : Les preuves par le feu

​Pour saisir la portée du communisme en Belgique, il faut revenir aux secousses du siècle dernier. Dès les années 1930, face à la crise économique et à la montée des fascismes, les militants du PCB insufflent un syndicalisme de rupture. Lors des grandes grèves du Borinage en 1932 puis du mouvement national de 1936, la stratégie est claire : imposer l'action directe à la base pour débloquer les hésitations des états-majors réformistes. De cette pression naissent les piliers de notre modernité sociale : la semaine de 40 heures dans l'industrie lourde et les premiers congés payés.

​Mais c'est sous l'Occupation nazie que le mouvement écrit sa page la plus somptueuse et la plus tragique. Moteur du Front de l'Indépendance et des Partisans armés, le parti paie un tribut d'une lourdeur effroyable à la déportation et aux exécutions.

​Cette immense légitimité démocratique, conquise dans la clandestinité, pèsera de tout son poids au lendemain de la guerre. En 1944, la crainte des élites politiques et patronales de voir basculer une population éprouvée accélère la signature du Pacte Social et la fondation de l’ONSS (Sécurité sociale). Si notre système universel de santé, de retraite et de protection contre le chômage vit le jour, c'est d'abord parce que l'ombre du communisme rendait impossible tout retour à l'ordre ancien.

​L'Exigence républicaine et le martyr de Julien Lahaut

​La trajectoire du communisme belge est aussi marquée par une figure indissociable du refus des compromis : Julien Lahaut.

​Le 18 août 1950, en pleine crise de la Question Royale, le président du PCB est assassiné sur le seuil de son domicile à Seraing par un commando d'extrême droite. Quelques jours plus tôt, au Parlement, avait retenti le célèbre « Vive la République ! ».

​L'assassinat de Lahaut demeure une blessure ouverte dans l'histoire politique du pays. Il incarne le prix payé par ceux qui ont refusé de substituer le culte des symboles institutionnels aux exigences de la justice sociale, marquant le début d'une marginalisation politique orchestrée au plus fort de la Guerre froide.

​Un héritage intellectuel pour penser notre présent

​Que reste-t-il de cette trajectoire centenaire ? Alors que nous affrontons l'urgence climatique, la marchandisation du vivant et la fragmentation de la société, la grille de lecture communiste ne relève pas de la nostalgie : elle offre des clés d'analyse d'une modernité saisissante.

  • ​La grille matérialiste contre la vie chère : Là où le discours managérial dissout les inégalités derrière des notions abstraites d'« équilibre budgétaire », l'analyse marxiste rappelle une réalité fondamentale : toute richesse provient du travail. Face aux superprofits et à la baisse du pouvoir d'achat, cette lecture reste l'outil le plus affûté pour penser la redistribution et la souveraineté sur les biens communs.
  • ​L'Unitarisme social contre la division identitaire : Face au repli communautaire et au découpage institutionnel du pays, la tradition communiste a toujours défendu une position originale : l'unitarisme des travailleurs. Qu'il parle français, néerlandais ou qu'il soit issu des vagues d'immigration, le monde du travail partage la même réalité matérielle. Diviser la protection sociale le long de frontières linguistiques, c'est affaiblir la collectivité face aux logiques de marché.
  • ​Les « Services du Peuple » et la recherche-action : Le savoir ne doit pas s'élaborer dans des tours d'ivoire. Du développement des maisons médicales gratuites à la défense du droit au logement, le communisme a légué une méthode d'action où l'expertise juridique, médicale et intellectuelle se met directement au service du terrain.

​Face au gouvernement Arizona : La contre-offensive nécessaire

​En 2026, l'inquiétude monte au sein du monde du travail et de la société civile face au cap fixé par le gouvernement Arizona. Entre la réforme du chômage dégressif, la mise en place d'un malus pension contraignant à prolonger des carrières déjà pénibles, l'extension des flexi-jobs et la flexibilisation accrue du temps de travail, la logique d'austérité menace directement les fondements du pacte social de 1944.

​C'est précisément ici que la pensée communiste et la tradition marxiste apportent des réponses claires et offensives :

  • ​Opposer la légitimité du droit à la marchandisation du travail : Face à la précarisation des statuts, la grille communiste refuse de considérer le chômage ou la maladie comme des fautes individuelles. Elle rappelle que la protection sociale est un droit inaliénable financé par la richesse créée par les travailleurs eux-mêmes, et non une concession accordée par l'État.
  • ​Réimposer le rapport de force plutôt que le consensus subi : Contre le durcissement du cadre des actions syndicales, l'héritage de 1932 et 1936 enseigne que les régressions ne s'arrêtent pas par la négociation passive, mais par la mobilisation collective à la base, réunissant travailleurs, précaires, jeunes et retraités.
  • ​Proposer une alternative budgétaire par la justice fiscale : Là où la coalition Arizona impose l'effort sur les pensions et les services publics, la pensée communiste démontre qu'il existe d'autres voies : la taxation effective des hauts patrimoines, le blocage des prix des biens essentiels et le refinancement massif de la santé et de l'enseignement.

​Métamorphoses contemporaines : De la culture engagée aux nouvelles arènes politiques

​Si le PCB historique a cédé sa place institutionnelle à la fin du XXᵉ siècle, la matrice culturelle et politique qu'il a semée s'est métamorphosée pour habiter le paysage contemporain belge.

​1. Le renouveau de la gauche radicale dans le paysage politique

​Sur le plan politique, l'héritage marxiste s'incarne aujourd'hui dans l'ascension du Parti du travail de Belgique (PTB). En réinvestissant le terrain populaire, les parlements et les entreprises, cette force réintroduit au cœur du débat public des concepts majeurs : la taxe sur les grandes fortunes, le blocage des prix de première nécessité et la dénonciation des politiques d'austérité, constituant l'opposition de fond au programme de l'Arizona.

​2. ManiFiesta : La contre-culture en fête

​Cet héritage vit également à travers des rassemblements culturels majeurs. Chaque année, le festival ManiFiesta (la Fête de la Solidarité organisée sur la côte belge) rassemble des dizaines de milliers de personnes. Conçu comme un pendant belge à la Fête de l'Humanité, cet événement est devenu le carrefour de la création artistique engagée : hip-hop conscient, musiques du monde, débats intellectuels internationaux et expositions collectives. Il illustre la persistance d'une culture populaire qui associe fête, résistance et fraternité interculturelle.

​3. L'art muraliste et la mémoire critique

​De l'héritage des Forces Murales (fondé par des figures comme Roger Somville) jusqu'aux collectifs de street art engagé à Bruxelles, Liège ou Charleroi, l'idée que « l'art doit appartenir à tous » habite encore la scène artistique contemporaine. On la retrouve dans les réseaux de presse indépendante, les ciné-clubs populaires et les tiers-lieux culturels qui continuent de faire de la création un outil de politisation et d'émancipation.

​Continuité des luttes

​Les conquêtes sociales et culturelles dont nous bénéficions aujourd'hui n'ont jamais été concédées par pure bienveillance administrative : elles furent arrachées par le rapport de force et l'engagement d'hommes et de femmes convaincus qu'un autre monde était possible.

​Face aux inquiétudes du présent, relire l'histoire du communisme belge depuis 1921, c'est se réapproprier une boussole intellectuelle précieuse pour refuser le fatalisme, décloisonner la culture et réinventer nos solidarités.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Communisme, #Belgique, #Histoire de Belgique

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Publié le 13 Octobre 2026

MolenDigue : quand la démocratie citoyenne offre une respiration au cœur du Molenbeek dense

​Par Mario Scolas, pour la rédaction de Last Night in Orient

Mardi 13 octobre 2026

​Sur les rives du canal de Charleroi, le paysage urbain de Molenbeek-Saint-Jean s’apprête à tourner une page décisive de son histoire. Longtemps relégués au rang d’artères utilitaires et minérales dominées par le transit automobile, les quais du Hainaut et des Charbonnages font aujourd’hui l’objet d’une métamorphose ambitieuse baptisée MolenDigue. Portée par l’échevine du Développement territorial, de la Mobilité et des Travaux publics, Saliha Raïss, avec le soutien de la bourgmestre Catherine Moureaux et du Collège communal, cette initiative entend redessiner le visage de la commune en remettant l’humain, la convivialité et la nature au cœur de la cité.

​Au-delà du simple projet d’aménagement, MolenDigue s’affirme comme la preuve vivante d’une démocratie participative en action. En choisissant de consulter directement les riverains et les usagers du quartier, la municipalité a fait le pari de l’écoute, de la transparence et de la co-construction. La réponse de la population s’est révélée d’une clarté magistrale : 83 % des participants se sont prononcés en faveur d’une végétalisation généreuse du site et d’une réduction nette de la place accordée aux véhicules motorisés.

​Comme le résume avec sincérité Youssef, riverain du quai du Hainaut et père de famille :

​« Aujourd’hui, traverser le quai relève parfois du parcours du combattant entre le bruit et la vitesse des voitures. Ce que nous demandons, c’est simplement de pouvoir marcher au bord de l’eau, s’asseoir à l’ombre d’un arbre et laisser respirer nos enfants dans notre propre quartier. »

 

​Ce plébiscite prend une résonance d’autant plus singulière que le Bas-Molenbeek figure parmi les zones urbaines les plus densément peuplées de la Région bruxelloise, et même du pays, avec des pics dépassant les 25 000 habitants au kilomètre carré. Dans ce tissu urbain particulièrement compact, où les îlots de fraîcheur sont rares et où le logement individuel manque souvent d’espaces extérieurs, la rue cesse d’être un simple lieu de transit pour devenir un véritable prolongement du foyer. Dès lors, planter massivement des arbres, élargir les trottoirs, sécuriser les parcours cyclables et aménager des zones de repos le long de l’eau ne relève pas d’une coquetterie architecturale ; c’est un impératif d’équité sociale, de santé publique et de bien-être quotidien.

​S’exprimant sur le sens profond de cette démarche, l’échevine Saliha Raïss rappelle l’engagement de la commune envers ses habitants :

​« Les citoyens nous ont envoyé un signal fort et limpide. MolenDigue n’est pas seulement un projet d’infrastructure, c’est le symbole d’une ville qui se réapproprie ses berges pour offrir une meilleure qualité de vie, un air plus pur et un espace apaisé à une population qui en a profondément besoin. »

 

​S’inscrivant dans la dynamique globale du Plan Canal et des Contrats de rénovation urbaine, le projet s’articule également avec l’effervescence culturelle et artistique qui anime les berges, symbolisée par des institutions phares comme le MIMA ou le musée de La Fonderie. En s’inspirant de la philosophie d’une digue littorale, MolenDigue ambitionne de relier ces polarités patrimoniales et créatives au sein d’une grande promenade apaisée, propice à la flânerie, au lien social et au rayonnement du quartier.

​Il appartient désormais à la Région de Bruxelles-Capitale, gestionnaire de ces grands axes via Bruxelles Mobilité et le Port de Bruxelles, de concrétiser cette vision partagée en débloquant les moyens nécessaires. En démontrant qu’il est possible d’allier exigence démocratique, revitalisation culturelle et transition écologique au sein d’un territoire à très forte densité, Molenbeek esquisse les contours d’une ville plus juste, plus sereine et résolument respirable. Un élan exemplaire que Last Night in Orient continue de saluer, d’accompagner et de soutenir avec conviction.

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Publié le 12 Octobre 2026

Nada que celebrar: epistemologías decoloniales y soberanía memorial en América Latina

​Por Mario Scolas, para la redacción de Last Night in Orient

​Resumen: Con motivo del 12 de octubre, Mario Scolas analiza los fundamentos teóricos, filosóficos y políticos de la consigna «Nada que celebrar». Desde el «encubrimiento del Otro» teorizado por Enrique Dussel hasta la defensa del cuerpo-territorio, un recorrido por el corazón de la descolonización de la memoria y las luchas por la soberanía en América Latina.

​1. 1492 y la «colonialidad del poder»

​Cada 12 de octubre, la reactivación de los debates historiográficos alrededor de la conmemoración de la llegada europea al Caribe en 1492 pone de relieve la fractura memorial que atraviesa América Latina. Mientras que los discursos oficiales del siglo XX promovieron durante décadas la consolidación de relatos teleológicos cimentados en el concepto de mestizaje o en el eufemismo institucional del «encuentro de dos mundos», los movimientos indígenas contemporáneos y la corriente de la filosofía decolonial cuestionan de manera radical la legitimidad de tales paradigmas. Para estos actores, el 12 de octubre de 1492 no constituye el acto fundador de una síntesis cultural, sino el punto de inflexión que marca la instauración de lo que Aníbal Quijano conceptualizó como «colonialidad del poder»: un sistema estructurado sobre la jerarquización racial, la desposesión territorial y el sometimiento de las cosmogonies originarias.

​2. El «encubrimiento del Otro» y el Ego conquiro en Enrique Dussel

​El armazón teórico de esta impugnación encuentra una de sus formulaciones más rigurosas en la obra del filósofo Enrique Dussel. En su libro fundamental 1492: El encubrimiento del Otro, Dussel articula una deconstrucción radical de la idea de «descubrimiento». Según el pensador de la liberación, hablar de «descubrimiento» responde a una ilusión eurocéntrica que presupone que el continente y sus habitantes no existían ontológicamente sino a partir del momento en que la mirada europea los registró. Dussel demuestra que 1492 no inaugura un «des-cubrimiento», sino un encubrimiento: la negación del Otro en su alteridad y su reducción a una mera proyección periférica de Europa. Para Dussel, antes del Yo pienso (Ego cogito) cartesiano de la racionalidad moderna, la Modernidad se erigió sobre el Yo conquisto (Ego conquiro) de la violencia colonial, convirtiendo el acto de conquista en la matriz sacrificadora del mundo moderno.

​3. Nada que celebrar, mucho que luchar: la memoria como campo de batalla

​Es precisamente en esta filiación crítica donde emerge y se impone con alcance continental la consigna «Nada que celebrar». Lejos de reducirse a una postura puramente reactiva o emotiva, esta fórmula condensa un proyecto político y epistemológico estructurado que rechaza la ideología del mestizaje asimilador tal como fue concebida por las élites criollas. Al articular el lema «Nada que celebrar» con su imperativo militante —«Mucho que luchar»—, los movimientos subalternos reafirman que la memoria no es un monumento estático expuesto a la contemplación, sino un campo de batalla ideológico y un catalizador de emancipación política para el presente.

​4. Colonialismo interno, territorialidad y cuerpo-territorio

​Esta crítica mordial cobra plena vigencia a partir del análisis del «colonialismo interno», concepto teorizado por Pablo González Casanova para definir la perpetuación, en el interior de las repúblicas independientes, de las estructuras de dominación raciales y territoriales heredadas de la Conquista. Desde esta perspectiva, la descolonización exige la desarticulación de las asimetrías socioespaciales que persisten en las sociedades latinoamericanas.

​En todo el continente —como atestigua la derriba de estatuas de conquistadores en Bogotá, Ciudad de México o Santiago—, la negativa a celebrar el 12 de octubre permanece sustancialmente ligada a la defensa de la territorialidad. El territorio no se concibe como un mero depósito de recursos extraíbles ni como una mercancía, sino como una matriz ontológica, cultural y política inseparable de la soberanía de los pueblos. Este marco analítico se ha enriquecido, además, con las aportaciones del feminismo comunitario y decolonial (impulsado por pensadoras como Silvia Rivera Cusicanqui o Lorena Cabnal), que vinculan la defensa de la tierra a la recuperación del «cuerpo-territorio» frente a la convergencia del patriarcado y el colonialismo.

​5. Transmodernidad y horizontes del Buen Vivir

​Esta contestación desemboca en la propuesta de nuevos horizontes societales. En oposición al modelo antropocéntrico y mercantil heredado de la modernidad europea, la afirmación del «Nada que celebrar» impulsa la promoción de epistemologías alternativas fundamentadas en filosofías originarias como el Suma Qamaña o el Buen Vivir (Vivir Bien). En la perspectiva dusseliana de una transición hacia la «Transmodernidad», ya no se busca la legitimación del Norte global, sino el restablecimiento de un diálogo intercultural genuino en el que las culturas históricamente subalternizadas se reafirmen como sujetos soberanos.

​En suma, la consolidación continental del «Nada que celebrar» da cuenta de una transformación profunda en las condiciones de producción de la historia en América Latina. Al rechazar los marcos interpretativos impuestos por el eurocentrismo y reproducidos por las élites nacionales, los pueblos originarios, los movimientos feministas y los pensadores críticos no se constriñen a la lamentación del pasado. Se afirman, por el contrario, como los arquitectos de una modernidad alternativa, demostrando que la descolonización de la memoria y el reconocimiento del Otro constituyen la condición de posibilidad indispensable para la justicia espacial, la plurinacionalidad y la soberanía recuperada del continente.

​Referencias bibliográficas (Norma ISO 690)
  • ​DUSSEL, Enrique, 1992. 1492: El encubrimiento del Otro: Hacia el origen del "mito de la Modernidad". Madrid: Ediciones Nueva Utopía. ISBN 84-87264-08-3.
  • ​GONZÁLEZ CASANOVA, Pablo, 1965. El colonialismo interno. El Trimestre Económico. Octubre-diciembre de 1965, vol. 32, n.º 128, pp. 894-918. ISSN 0041-3011.
  • ​QUIJANO, Aníbal, 2000. Colonialidad del poder, eurocentrismo y América Latina. En: LANDER, Edgardo (ed.). La colonialidad del saber: eurocentrismo y ciencias sociales: Perspectivas latinoamericanas. Buenos Aires: CLACSO, pp. 201-246. ISBN 950-9231-51-7.
  • ​RIVERA CUSICANQUI, Silvia, 2010. Ch'ixinakax utxiwa: Una reflexión sobre prácticas y discursos descolonizadores. Buenos Aires: Tinta Limón. ISBN 978-987-25178-5-4.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

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