Publié le 10 Octobre 2026

Peut-on être chrétien et antifasciste ?

Par Mario Scolas | Last Night in Orient — 10 octobre 2026

Alors que la droite identitaire et les politiques ultralibérales tentent de réduire l'héritage chrétien à un outil d'exclusion, l'Histoire et la théologie rappellent une tout autre vérité. De la résistance au nazisme à la critique des dérives marchandes actuelles, retour sur une exigence spirituelle fondamentale : l'incompatibilité radicale entre l'Évangile et le fascisme.« Sur chaque époque pèse le risque de construire un monde inhumain et plus injuste. Là où l’humanité court le danger de perdre son visage, nous, chrétiens, nous levons les yeux vers le Dieu qui s’est fait chair. »— Pape Léon XIV (Magnifica Humanitas)

 

Dans le débat public contemporain, la foi chrétienne fait régulièrement l’objet d’une instrumentalisation politique. De nombreux récits identitaires cherchent à la réduire à un marqueur culturel d'exclusion, l’invoquant comme le rempart xénophobe d’un Occident fétichisé. Pourtant, l’Histoire comme la théologie rappellent une réalité tout autre : pour quiconque prend le message évangélique au sérieux, la foi conduit inévitablement à refuser l’autoritarisme, le nationalisme exclusif et le fascisme.

 

Loin d’être un oxymore, l’antifascisme chrétien constitue une exigence spirituelle et éthique profondément ancrée dans la tradition évangélique.

1. Une éthique spirituelle incompatible avec le fascisme

Le fascisme repose sur la sacralisation de l’État, la hiérarchisation des peuples et le culte de la force. À l’inverse, l’Écriture sainte pose des fondements qui en déconstruisent radicalement la logique :

 

  • L’égale dignité universelle (Imago Dei) : La tradition judéo-chrétienne affirme que chaque personne est créée à l’image de Dieu (Genèse 1, 27). L’Apôtre Paul prolonge cette intuition en brisant les barrières de race, de nationalité et de statut :« Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. » — Galates 3, 28
  • Le refus de l’idolâtrie politique : Le fascisme exige une soumission absolute au chef ou à la nation. Pour la théologie chrétienne, accorder une telle allégeance à un pouvoir terrestre constitue une idolâtrie. Face à l’arbitraire d’État, les Apôtres posent une frontière infranchissable :« Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » — Actes 5, 29
  • L’altérité et la justice sociale : Le texte biblique ne conçoit pas la foi sans la protection active de l’opprimé. Le prophète Ésaïe met en garde contre les régimes qui font de la loi un outil de répression (Ésaïe 10, 1-2), tandis que le Lévitique élève l’accueil de l’étranger au rang de devoir sacré :« L’étranger qui séjourne parmi vous sera pour vous comme un autochtone ; tu l’aimeras comme toi-même. » — Lévitique 19, 34
2. D’un continent à l’autre : la résistance chrétienne incarnée

Tout au long du XXe siècle, face aux totalitarismes et aux dictatures, des croyants ont incarné cette résistance au péril de leur vie.

La résistance à l’hydre fasciste en Europe

Face à la nazification des Églises protestantes allemandes, des théologiens comme Dietrich Bonhoeffer et Karl Barth rédigent la Déclaration de Barmen (1934) et fondent l’Église confessante. Bonhoeffer dénonçait ce qu'il appelait la « grâce à bon marché », cette foi passive qui refuse le coût de l'engagement. Pour lui, suivre le Christ exigeait une résistance active contre la tyrannie, engagement qui lui coûta la vie en 1945.

 

En France, la résistance spirituelle s’organisa autour du journal clandestin Témoignage Chrétien, fondé en 1941 par le père Chaillet pour dénoncer le nazisme, l’antisémitisme et le régime de Vichy. Dès 1937, l’encyclique Mit brennender Sorge du pape Pie XI condamnait publiquement le racisme d’État et le néo-paganisme nazi.

La Théologie de la libération face aux dictatures

Dans les années 1960 et 1970, l’opposition chrétienne à la tyrannie a pris une dimension globale en Amérique latine. Face aux dictatures militaires d'inspiration fascisante (Chili, Argentine, Salvador), des théologiens comme Gustavo Gutiérrez ou Leonardo Boff, ainsi que des figures comme Monseigneur Óscar Romero, assassiné en 1980, ont élaboré la Théologie de la libération. Leur constat était sans appel : rester neutre ou silencieux face à la terreur d’État constitue une complicité directe avec l’injustice.

3. L'imposture de l'identité : de l'ultralibéralisme au piège du « Christ-Roi » de réaction

Aujourd'hui, à l'échelle internationale, l'autoritarisme prend un visage hybride : il associe les réformes économiques ultralibérales au discours identitaire d'extrême droite.

 

En Europe, l'exemple de la Belgique avec la coalition gouvernementale Arizona — menée par le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) aux côtés des libéraux du MR, des sociaux-chrétiens (Les Engagés et CD&V) et des socialistes flamands (Vooruit) — illustre la dangerosité de cet alliage. Sous couvert de rigueur budgétaire et de compétitivité, les politiques de marchandisation du travail, de précarisation des pensions et de contrôle des malades de longue durée réduisent la personne humaine à sa seule rentabilité économique. Cette détérioration des protections sociales crée un sentiment d'insécurité et de ressentiment que la droite dure exploite aussitôt, désignant le migrant ou l'allocataire social comme bouc émissaire.

 

Cette instrumentalisation franchit un nouveau cap lorsqu'elle capte directement les symboles sacrés à des fins d'autoritarisme politique. L'exemple récent du nouveau président colombien d'extrême droite, Abelardo de la Espriella, concluant son discours d'investiture sous les acclamations d'un « Vive le Christ-Roi ! » pour appuyer un programme ultra-sécuritaire et réactionnaire, illustre à quel point la foi est détournée en bannière d'alignement.

 

  • Le christianisme réduit à un musée identitaire : Pour légitimer le rejet de l'Autre ou l'alignement autoritaire, les courants ethno-nationalistes brandissent les « racines chrétiennes » ou le règne du Christ comme des armes d'exclusion. Ils transforment ainsi une foi fondée sur le don, le pardon et l'universalité en une frontière culturelle rigide.
  • La leçon d'humanité des Papes face au rejet : Utiliser les symboles chrétiens pour justifier la violence sociale ou le refus de l'autre constitue une falsification théologique. Dès la fin du XIXe siècle, face au drame des exodes forcés, le pape Léon XIII dénonçait déjà la dureté envers les migrants en rappelant l'impératif de charité évangélique :« Rien n’est plus propre à adoucir les peines des exilés et à leur rendre le courage que de trouver chez les nations étrangères l’image de la patrie et la charité de l’Église. » — Léon XIII (Sancta Dei Civitas)

 

De Léon XIII à Léon XIV aujourd'hui, le magistère social de l'Église réaffirme que les racines chrétiennes ne sont pas un patrimoine frileux à défendre contre l'étranger, mais un appel permanent à la justice sociale, à l'hospitalité et au respect inconditionnel de la dignité humaine.

 

L'ultralibéralisme et l'extrême droite partagent en réalité la même vision matérialiste : ils refusent de reconnaître la valeur absolue de l'individu dès lors qu'il n'est pas rentable ou qu'il ne possède pas la « bonne » origine.

La Méditerranée et la foi comme ponts, non comme frontières

Sur Last Night in Orient, nous rappelons régulièrement que la Méditerranée n'a jamais été une muraille, mais un espace fluide de passages, de métissages et de fraternités partagées. C'est sur la rive orientale de cette mer, au Proche-Orient, que le christianisme a vu le jour, bien avant d'être accaparé par les récits identitaires d'une Europe ou de régimes autoritaires repliés sur eux-mêmes.

 

L’histoire de l’antifascisme chrétien démontre que la foi n’a pas vocation à dresser des murs ni à servir de bannière à la peur. Pour le croyant comme pour l'humaniste engagé, refuser le fascisme, la xénophobie et l'imposture des discours identitaires ne relève pas d'une posture politique d’occasion : c’est l’affirmation vivante d’une promesse universelle d’émancipation, de justice et de fraternité pour toute l’humanité.

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #antifascisme, #Christianisme, #Catholicisme

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Publié le 10 Octobre 2026

Figurine homme au béret sur son âne

C'est une figurine souvenir artisanale du Pays Basque. On les vendait partout de Biarritz à San Sebastian dans les années 50-60 comme symbole du folklore local.

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Publié le 10 Octobre 2026

​ ​​Fuera del capitalismo: guía de la cultura, la vida y la fiesta alternativa en Bruselas
Fuera de las rutas trilladas: espacios de vida, cultura y fiesta solidarias que emancipan a Bruselas del capitalismo

​Resumen:

Más allá de los circuitos comerciales tradicionales y de las grandes arterias capitalinas, Bruselas alberga una red efervescente de creación, hospitalidad y resistencia festiva. Desde universidades populares, peñas y centros culturales latinoamericanos hasta emisoras libres, tiendas de ropa de segunda mano, cooperativas de alimentación, comedores a precio libre, espacios de acogida para personas migrantes y parques reapropiados durante la noche: adéntrese en el corazón de un ecosistema urbano donde se deconstruye la lógica mercantil para edificar, aquí y ahora, un modo de vida desalienado y solidario.

 

​Nota de la redacción – Last Night in Orient

En Last Night in Orient entendemos que explorar una ciudad exige sumergirse en sus latidos más auténticos y comprometidos. En Bruselas, la noche, la calle y los recintos comunitarios no se limitan al mero entretenimiento: se erigen en laboratorios de emancipación, intercambio intercultural, creación artística libre y celebración al margen de las dinámicas del lucro.

— Mario Scolas

​Bruselas dista mucho de ser una simple capital administrativa: constituye un territorio en permanente efervescencia donde se idean a diario prácticas de ruptura con la lógica del capitalismo. Para una juventud deseosa de sentido, salir de ocio, alimentarse, vestirse o informarse ya no se reducen a enriquecer a grandes multinacionales ni a frecuentar los grandes santuarios del consumo, como la Rue Neuve. Se trata, por el contrario, de habitar lugares portadores de convicciones profundas: justicia social, autogestión, reutilización, desmercantilización, educación popular y transición ecológica.

​Todas estas iniciativas comparten una misma ambición: situar la dignidad humana, la solidaridad, la inclusión y la recuperación del espacio público en el centro de la urbe.

​«Emanciparse del capitalismo en Bruselas no constituye una teoría abstracta: es una práctica cotidiana que encarna en nuestras pautas de consumo, en nuestras fiestas libres, en nuestros saberes compartidos y en la solidaridad vecinal.»

 

​A continuación, se ofrece un panorama exhaustivo y estructurado de los proyectos emblemáticos donde cobra vida esta Bruselas emancipada.

​I. Formarse, informarse y debatir: descolonizar las mentes de la lógica mercantil

​Para liberar el pensamiento del modelo comercial, el primer paso consiste en reapropiarse de los conocimientos y articular medios de comunicación independientes.

​1. Formación alternativa, educación popular y autodefensa intelectual
  • ​Las universidades populares (Cadavre Exquis, Universidad Popular de Bruselas): estos espacios organizan cursos vespertinos, conferencias y lecturas colectivas y críticas de obras sociológicas y políticas. En ellos se elabora una crítica fecunda de la economía de mercado y del productivismo mediante una metodología participativa, gratuita y accesible sin requisitos previos.
  • ​La autorreparación y la enmienda a la obsolescencia programada (CyCLO, Repair Cafés): romper el círculo de «comprar, tirar, volver a comprar». Colectivos como CyCLO o la red de Repair Cafés ofrecen talleres autogestionados para reparar bicicletas, arreglar electrodomésticos o fabricar objetos cotidianos, promoviendo la emancipación técnica y la sobriedad material.
  • ​Activismo en medios y creación comprometida (Mundo-B, Ateliers du Web, Séraphine): diversos recintos asociativos acogen módulos de capacitación en oratoria, organización de campañas y comunicación no violenta, mientras que talleres de imprenta instruyen en serigrafía y edición de folletos militantes al margen de los circuitos publicitarios.
​2. Emisoras libres y frecuencias independientes: las ondas sin publicidad
  • ​Radio Panik (105.4 FM): la emisora comunitaria y multicultural de referencia. Desde hace más de cuatro décadas, esta estación asociativa ajena a la publicidad comercial ofrece debates políticos, crítica social, creación sonora y programas dedicados a las luchas sociales e interculturales latinoamericanas.
  • ​Kiosk Radio: ubicada en un templete de madera en el Parque de Bruselas (Warandepark), esta emisora por Internet actúa como punto de encuentro diario para la escena musical independiente, ofreciendo una plataforma festiva, gratuita y abierta a todos bajo los árboles.
  • ​Radio Campus Bruxelles (92.1 FM) y Radio Alma (101.9 FM): la primera, vinculada a la Universidad Libre de Bruselas (ULB), prioriza la libertad de criterio, la ecología y las corrientes musicales minoritarias; la segunda promueve la ciudadanía, la solidaridad internacional y el diálogo intercultural con un espacio privilegiado para las voces hispanoamericanas.

​II. Consumir, nutrirse y producir de otro modo: la desmercantilización cotidiana

​Vestir sin explotar, alimentarse sin enriquecer a la agroindustria y revalorizar el reciclaje: he aquí el itinerario de las iniciativas económicas alternativas de la capital.

​1. Gastronomías del mundo, comedores solidarios y banquetes comunitarios: el rechazo a la comida basura

​Frente al modelo dominante de la comida rápida industrial (cadenas de hamburgueserías, freidurías comerciales y alimentos ultraprocesados), la juventud opta por la convivencia de las cocinas del mundo, la riqueza gastronómica latinoamericana y una alimentación saludable al alcance de todos.

  • ​Comedores ciudadanos, fondas y menús a precio libre (Cassonade en Molenbeek, La Kantiine, tienditas de Saint-Gilles): espacios comunitarios no comerciales que ofrecen una cocina casera, sabrosa y nutrida por las gastronomías populares de Latinoamérica (tamales, arepas, guisos comunitarios) y del Mediterráneo. Gracias al precio voluntario, los platos en solidaridad diferida y las mesas compartidas, el acceso a una buena nutrición deja de depender del poder adquisitivo.
  • ​Panaderías autogestionadas y talleres culinarios (Le Pain Levé en Schaerbeek): un colectivo panadero que aplica tarifas diferenciadas y solidarias para sustraer el pan —alimento de primera necesidad— a la especulación, valorizando harinas locales y de comercio justo.
  • ​Mesas de invitados asociativas y cocinas de barrio: en numerosos centros socioculturales, voluntarios y colectivos de migrantes preparan semanalmente comidas interculturales a partir de excedentes alimentarios revalorizados, brindando una alternativa acogedora, popular y de residuo cero a la restauración comercial.
​2. Moda ética, tiendas de segunda mano y trueque: poner freno a la moda efímera
  • ​Establecimientos de la economía social (Les Petits Riens, Oxfam Vintage): baluartes de la recuperación textil. Adquirir prendas o libros de ocasión en estos recintos financia directamente la lucha contra la pobreza, esquivando los abusos de la industria de la moda de usar y tirar.
  • ​Boutiques de ropa usada y encuentros de trueque (Foxhole Vintage, Think Twice, Swap Parties): muy apreciadas por los jóvenes por su estilo desenfadado, estas tiendas, las ventas temporales al peso y las jornadas de intercambio demuestran la posibilidad de vestirse con elegancia sin fabricar una sola prenda nueva.
​3. Cooperativas de consumo y circuitos de cercanía: la soberanía alimentaria
  • ​Supermercados cooperativos y venta a granel (BEES coop, Babeleir, L'Achoppe, Färm): gestionados por sus propios socios sin accionistas que remunerar, estos establecimientos ofrecen productos ecológicos, locales y éticos a precios ajustados gracias al compromiso ciudadano y a la eliminación de envases.
  • ​Venta directa y solidaridad agrícola (GASAP, mercados del Parvis de Saint-Gilles y de Chasseurs Ardennais): los Grupos de Compra Solidaria financian directamente a los agricultores de la región sin intermediarios especulativos, mientras que los mercados de barrio —como el emblemático Parvis de Saint-Gilles, corazón palpitante del vecindario hispanohablante— tejen un vínculo directo y vivo entre la urbe y el campo.
​4. Pioneros de la economía circular: el valor frente al residuo
  • ​Reutilización en la construcción (Rotor / Rotor Deconstruction): referente europeo radicado en Anderlecht, Rotor combate el despilfarro en el sector de la edificación desmontando, recondicionando y comercializando materiales procedentes de derribos.
  • ​Proyectos circulares y centros de innovación (Le Champignon de Bruxelles, Brussels Beer Project, Greenbizz): iniciativas locales transforman los subproductos urbanos en recursos, como el cultivo de setas shiitake ecológicas sobre bagazo de cerveza o la elaboración de cerveza a partir de pan no vendido.

​III. Compartir y recuperar el espacio público: la ciudad como bien común

​Frente a la privatización paulatina del entorno urbano y las fronteras sociales, Bruselas reafirma el derecho a la ciudad, la gratuidad y la hospitalidad incondicional.

​1. Centros de vida, acogida y refugio para personas migrantes y sin papeles

​En contraposición a las dinámicas de rechazo y precarización, diversos colectivos ciudadanos erigen espacios de resguardo, dignidad y convivencia para personas migrantes y sin regularización administrativa.

  • ​Plataforma Ciudadana / BelRefugees y Centro Humanitario: estructuras de gran calado que coordinan el alojamiento solidario en hogares particulares, gestionan centros de acogida colectivos (como la Sister's House, destinada a mujeres migrantes) y brindan asistencia médica, jurídica y humana.
  • ​Casas culturales y centros de acogida para la comunidad latinoamericana (Casa de las Américas, Maison des Migrants, Convivial, DoucheFLUX): recintos históricos de referencia donde se articulan redes de solidaridad vecinal, regularización, orientación laboral y jurídica, combinando el apoyo material con el aprendizaje de idiomas y la preservación de la memoria política y cultural de los pueblos migrantes.
  • ​Ocupaciones temporales, espacios autogestionados y apoyo logístico (Proyecto Emil con Communa, La Serre, Cerveza 100PAP): proyectos de urbanismo transitorio rehabilitan inmuebles desocupados para convertirlos en viviendas compartidas con sus residentes. En paralelo, iniciativas militantes como la cerveza solidaria 100PAP sufragan el alquiler y la calefacción de inmuebles habitados por colectivos de personas sin papeles.
​2. Parques llenos de vida y uso libre del dominio público
  • ​El Parque del Cincuentenario y el Parque Josaphat: al caer la tarde, sus praderas se transforman en escenario de reuniones espontáneas, encuentros comunitarios, meriendas solidarias con sabores del mundo, debates informales y sesiones de música al aire libre sin costo alguno.
  • ​El Parque de Bruselas (Warandepark) y parques de barrio (Forest, Porte de Hal): puntos de encuentro estivales que albergan chiringuitos de gestión ecológica, charangas militantes, proyecciones gratuitas y actos ciudadanos que revalidan el parque como espacio de gratuidad y convivencia.

​IV. Vibrar, crear y celebrar: la cultura como baluarte de resistencia

​Cuando el arte y la fiesta rechazan convertirse en meras mercancías, recobran su condición de herramientas de liberación, diversidad y emancipación colectiva.

​«Desde el cine independiente y las peñas culturales hasta los grandes festivales de gestión ecológica, la cultura bruselense reafirma la calle y la fiesta como espacios de libertad, inclusión y ruptura con el capitalismo mercantil.»

 

​1. Festivales alternativos y grandes encuentros musicales comprometidos
  • ​Couleur Café (Parque de Osseghem): más que un festival de música, este acontecimiento emblemático demuestra que una gran convocatoria puede rechazar la búsqueda de beneficio a cualquier precio. Dedicado a las músicas del mundo, las sonoridades latinas contemporáneas, el dub y el hip-hop, Couleur Café destaca por una rigurosa política ambiental (eliminación de plásticos de un solo uso, reciclaje minucioso, restauración de proximidad) y por desplegar equipos de cuidado y acompañamiento (CARE team).
  • ​Jam'in Jette Outdoor (Jette) y festivales populares de barrio: eventos comunitarios, interculturales y de acceso totalmente gratuito en los parques urbanos. Al prescindir del cobro de entradas, eliminan la barrera económica y sitúan las artes escénicas en el centro del bien común.
​2. Peñas, centros culturales latinoamericanos y espacios de encuentro popular
  • ​Peñas culturales y recintos comunitarios latinos (Pianofabriek, Maison de la Création, locales asociativos de Saint-Gilles y Ixelles): verdaderos centros de resistencia cultural donde la música folclórica y tropical, la poesía militante, la salsa comunitaria y los talleres de teatro social se viven fuera de la lógica de los grandes clubes comerciales de ocio nocturno.
  • ​Cine latinoamericano e independiente (Cinéma Nova, Cinéma Galeries, Festival Peliculatina): el templo del cine alternativo Cinéma Nova y muestras como Peliculatina proyectan obras documentales y de ficción que visibilizan las luchas indígenas, campesinas, feministas y anticapitalistas de América Latina a precios accesibles y con debates abiertos.
​3. Cine independiente, proyecciones al aire libre y séptimo arte desmercantilizado
  • ​PleinOPENair y Bruxelles fait son cinéma (Citas estivales): el festival itinerante PleinOPENair (impulsado por el Nova) ocupa solares y recintos públicos amenazados por la especulación para combinar proyecciones al aire libre, conciertos y debates urbanísticos. Paralelamente, Bruxelles fait son cinéma ofrece cada verano proyecciones gratuitas en los 19 municipios de la capital.
  • ​Cinéma Aventure: situado en el centro urbano, este espacio aúna la exigencia artística, el respaldo a producciones independientes y muestras centradas en cuestiones sociales, feministas o de diversidad sexual.
​4. Espacios festivos, inclusivos y escenarios emergentes
  • ​Centros comunitarios y espacios de resguardo (RainbowHouse, The Crazy Circle): recintos acogedores que ofrecen debates, micrófonos abiertos, conciertos acústicos y veladas que celebran la diversidad y las culturas LGBTQIA+ al margen de la comercialización de las identidades.
  • ​Centros culturales alternativos y bastiones populares (Recyclart, Le VK): ubicados en antiguas estructuras urbanas de Molenbeek, estos centros de arte e inserción constituyen pilares históricos de la música electrónica, las culturas urbanas y la creación emergente no alineada con las industrias culturales de masas.
​5. Cafés culturales y recintos poéticos

​💡 Guía práctica para recorrer la Bruselas emancipadora:

  • ​Desplazamientos: Se recomienda priorizar el transporte público (STIB) o la bicicleta (red pública Villo! o talleres comunitarios de reparación).
  • ​Formas de pago: En comedores solidarios, tiendas de segunda mano y actos asociativos, es aconsejable llevar dinero en efectivo, ya que varios recintos funcionan a precio libre o carecen de datáfonos bancarios.

 

​Conclusión: edificar el mañana, aquí y ahora

​Formarse, informarse, vestirse, nutrirse, acoger, cultivarse y festejar: la juventud alternativa de Bruselas no se limita a criticar el capitalismo, sino que erige sus alternativas en el día a día. Al sustituir el consumo pasivo por espacios de aprendizaje popular, medios de comunicación libres, peñas comunitarias, comidas compartidas procedentes de las gastronomías del mundo y de América Latina, reutilización de bienes, hospitalidad incondicional y creación independiente, demuestra a diario que otro modelo urbano, deseable y solidario, no solo es posible, sino que ya está plenamente vivo.

​Llamada a la participación de los lectores:

​¿Y usted? ¿Qué espacios alternativos, peñas culturales, iniciativas de acogida, comedores a precio libre o recintos de emancipación prefiere en Bruselas? ¡Comparta sus sugerencias en los comentarios para enriquecer esta guía de Last Night in Orient!

 

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​Bibliografía y referencias académicas (Norma ISO 690)

​Monografías y ensayos

  • ​DECLÈVE, Marine y VANHAELEN, Yannick, 2022. Bruxelles, laboratoire du tiers-lieu et de l'urbanisme transitoire. Bruselas: Les Plats Pays.
  • ​DERRIDA, Jacques y DUFOURMANTELLE, Anne, 1997. De l’hospitalité. París: Calmann-Lévy. ISBN 978-2-7021-2795-7. [Edición en español: La hospitalidad. Traducción de Mirta Segoviano. Buenos Aires: de la Flor, 2000].
  • ​GENDRON, Corinne, 2006. L'économie sociale et solidaire : Entre marché et alternative. Montreal: Presses de l'Université du Québec. ISBN 978-2-7605-1443-0.
  • ​GORZ, André, 1997. Misères du présent, richesse du possible. París: Éditions du Seuil. ISBN 978-2-02-031022-2. [Edición en español: Miserias del presente, riqueza de lo posible. Traducción de Cristina Piña. Buenos Aires: Paidós, 1998].
  • ​HARVEY, David, 2013. Ciudades rebeldes: Del derecho de la ciudad a la revolución urbana. Traducción de Juanmarie Madariaga. Madrid: Ediciones Akal. ISBN 978-84-460-3792-7.
  • ​LEFEBVRE, Henri, 1969. El derecho a la ciudad. Traducción de J. González-Pueyo. Barcelona: Península.
  • ​OLDENBURG, Ray, 1989. The Great Good Place: Cafes, Coffee Shops, Bookstores, Bars, Hair Salons, and Other Hangouts at the Heart of a Community. Nueva York: Da Capo Press. ISBN 978-1-56924-681-8.
  • ​VAN CRIEKINGEN, Mathieu, 2021. Contre la gentrification : Le droit à la ville face à la métropolisation marchande. París: Éditions Amsterdam. ISBN 978-2-35480-230-1.

​Artículos de revistas y contribuciones en obras colectivas

  • ​REA, Andrea y TRIANDAFYLLIDOU, Anna, 2018. Les nouvelles dynamiques migratoires à Bruxelles : Entre solidarités citoyennes et précarités institutionnelles. Revue Européenne des Migrations Internationales. Vol. 34, n.º 2, pp. 45-68.
  • ​ZAMORA, Daniel y VAN CRIEKINGEN, Mathieu, 2015. Dans les cafés "branchés" de Bruxelles : mixité sociale ou nouvel entre-soi ?. En: Bruxelles, ville mosaïque : Diversité sociale et culturelle d'une capitale européenne. Bruselas: Éditions de l'Université de Bruxelles, pp. 112-134.

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