Publié le 19 Août 2026

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Rédigé par JACQUELINE

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Publié le 18 Août 2026

Si, comme moi, vous vous passionnez pour l'histoire fascinante et les racines profondes du Maghreb, plongez un instant dans cette époque charnière des Idrissides : à travers les ruelles de Fès et les prémices de ses arts, c'est toute l'âme de la musique marocaine qui commence à vibrer.

Mario Scolas

La dynastie des Idrissides (fondée à la fin du VIIIe siècle, en 788) a joué un rôle pionnier dans l'histoire de l'Afrique du Nord, notamment à travers la fondation de la ville de Fès, qui devint rapidement le cœur battant de la civilisation islamique maghrébine. Si les sources textuelles précises sur la musique profane de cette période ancienne restent fragmentées, l'essor musical sous les Idrissides s'inscrit dans un contexte de brassage culturel et d'urbanisation naissante :

  • Le creuset arabo-berbère et oriental : Avec la fondation de Fès par Idriss Ier et Idriss II, la région a vu converger des populations d'origines diverses : des Arabes du Moyen-Orient, des Berbères locaux, ainsi que des flux migratoires venus d'Al-Andalus et de Kairouan. Cette mixité a favorisé les premiers échanges artistiques, mêlant les traditions vocales et instrumentales autochtones aux nouveaux modes musicaux introduits depuis l'Orient abbasside et, un peu plus tard, d'Espagne musulmane.
  • Le rôle de la cour et de l'urbanisation : La création d'une capitale administrative et religieuse stable a permis l'émergence d'une classe dirigeante et d'une élite lettrée à même de patronner les arts, y compris la poésie chantée et la musique de cour, ancêtres des traditions classiques maghrébines.
  • L'essor de la spiritualité et du soufisme naissant : La période idrisside a vu s'enraciner l'islam sunnite sunnite et les premières expressions de spiritualité mystique au Maghreb (notamment autour du culte de Moulay Idriss). Les chants religieux, les invocations rythmiques (dhikr) et la psalmodie ont pris une place centrale dans la vie communautaire, posant les jalons des traditions de musiques sacrées et soufies qui pérennisent l'identité de la cité idrisside aujourd'hui encore.

​Bien que la musique andalouse proprement dite se soit surtout institutionnalisée sous les dynasties suivantes (notamment les Almoravides et les Mérinides), les Idrissides ont fourni le cadre géopolitique, urbain et culturel indispensable qui a permis au Maroc et à l'Afrique du Nord de se structurer comme un carrefour musical majeur.

Idrissides : Aux sources de la symphonie maghrébine

Bibliographie indicative et sources documentaires

​L'étude de la période idrisside repose principalement sur l'historiographie médiévale et les travaux modernes en histoire urbaine, en anthropologie culturelle et en musicologie maghrébine.

​1. Ouvrages historiques de référence sur la dynastie des Idrissides
  • Ibn Khaldûn, Le Livre des exemples (Kitāb al-ʻIbar), traduit et publié par William Mac Guckin de Slane, Introduction à l'histoire du Maghreb. (Source classique fondamentale pour l'histoire politique et le peuplement des villes fondatrices comme Fès).
  • Benchekroun, Chafik T., Les Idrissides : L'histoire d'une dynastie fondatrice du Maroc, Éditions La Croisée des Chemins, Casablanca.
  • Le Tourneau, Roger, Fès avant le protectorat : Étude économique et sociale d'une ville de l'occident musulman, Société Marocaine de Librairie et d'Édition, Rabat. (Ouvrage de référence pour comprendre le tissu urbain et le rôle culturel initial de la capitale idrisside).
​2. Études sur l'histoire de la musique et des arts au Maghreb
  • Guettat, Mahmoud, La Musique classique du Maghreb, Sindbad, Paris. (Analyse approfondie de la genèse des structures musicales andalouses et maghrébines et de leurs racines orientales).
  • El Fassi, Mohammed & Hajji, Mohamed, Historiographie du Maroc, Université Mohammed V, Rabat. Son parcours institutionnel et intellectuel s'est principalement concentré sur l'enseignement originel, la politique culturelle, et surtout en tant que grande figure de l'arabisation et du système éducatif du Maroc indépendant (en tant que premier ministre de l'Éducation nationale après l'indépendance et président du Conseil de l'Institut d'arabisation), axé sur l'arabe classique et littéraire.
  • Marçais, Georges, L'Architecture musulmane d'Occident : Tunisie, Algérie, Maroc, Espagne et Sicile, Arts et Métiers Graphiques, Paris. (Aborde l'essor urbain et les conditions de vie matérielle et artistique sous les premières dynasties maghrébines).
​3. Sources documentaires et patrimoniales complémentaires
  • Festival de Fès des musiques sacrées du monde — Archives audiovisuelles et publications de la Fondation Esprit de Fès (mettant en valeur la continuité des traditions spirituelles, soufies et patrimoniales de la ville idrisside).
  • Encyclopédie de l'Islam (Brill), notices consacrées aux « Idrisides » et à « Al-Maghrib » (sections relatives aux arts, à la musique et à l'histoire culturelle).

 

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Fés, #Musiques marocaines, #Maroc, #melhoun marocain

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Publié le 18 Août 2026

C'est la grande force de cette chanson : derrière sa apparente simplicité, Chava Flores parvient à capturer universellement ce sentiment de perte et de douce mélancolie face au temps qui passe. C'est comme s'il ouvrait un album de photographies anciennes et y insufflait toute la poésie et la tendresse de ses souvenirs d'enfance.

Mario Scolas

« Mi México de Ayer » constitue l'une des compositions les plus empreintes de nostalgie, de sensibilité et de lyrisme du célèbre auteur-compositeur-interprète mexicain Salvador Flores Rivera, plus communément appelé Chava Flores (surnommé le « Chroniqueur de la Ville »).

​À la différence de ses œuvres satiriques, humoristiques ou populaires ancrées dans la vie des quartiers (telles que La Bartola ou Sábado Distrito Federal), cette pièce se révèle comme un vibrant hommage poétique à l'enfance de l'auteur ainsi qu'à la métamorphose de la ville de Mexico.

​Portée thématique et signification

​L'œuvre s'apparente à une véritable fresque mémorielle, ouvrant une perspective sur le passé colonial et fin-de-siècle de la capitale mexicaine. Par le truchement de saynètes du quotidien, Chava Flores exhume des traditions et des usages irrémédiablement ensevelis par la modernité :

  • L'art culinaire traditionnel : Il dépeint avec minutie les réchauds à charbon (anafres) dressés sur les trottoirs, les tamales frits dans la graisse, les galettes de maïs parfumées à la cassonade et à la cannelle, les entremets lactés (natillas), le riz au lait servi dans de délicates terrines d'argile, la capirotada, les fruits d'aubépine confits (tejocotes), ainsi que l'incontournable atole champurrado.
  • Les cris de rue et les figures pittoresques : Il évoque la clameur mélodieuse des colporteurs (pregones) annonçant leurs marchandises — seaux, terreau pour les parterres, confiseries de mélasse, aguamiel et friandises sucrées.
  • Le décor urbain d'antan : Il esquisse le tableau de voies pavées, empreintes de quiétude, rythmées par la marche des troupes militaires et leurs fanfares, le passage des calèches et celui du vénérable tramway hippomobile.

​La quintessence émotionnelle de cette mélodie trouve son expression la plus pure au sein de son refrain emblématique :

Ces splendeurs d'autrefois,

telles que mon regard les a contemplées,

ont déserté ma terre natale,

elles ont à jamais disparu.

Certes, mon Mexique d'aujourd'hui resplendit

ainsi qu'il ne l'a jamais fait,

pourtant, aux jours de mon enfance,

il possédait un indicible charme...

 

​Extrait des paroles

Une jeune Indienne pleine de grâce installait son réchaud sur la chaussée,

sur son comal immaculé aux reflets d'encre, elle faisait frire des tamales dans le saindoux,

confectionnant ces galettes de pâte, de panela et de cannelle

que j'allais acquérir pour une obole en prenant le chemin de l'école.

Au crépuscule, l'on dressait sur les venelles des tables nettes et vénérables,

où l'on nous servait des crèmes onctueuses et du riz au lait en de minuscules terrines ;

la somptueuse capirotada, les tejocotes nappés de miel

et, pour clore le soir, un atole d'une si exquise saveur que nul n'en saurait retrouver l'égal...

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Rédigé par Last Night in Orient - LNO ©

Publié dans #Mi México de Ayer, #Chava Flores, #Mexico

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